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ISBN : 9791092100976
Éditeur : L'atelier Mosésu (19/10/2017)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Colombe est maquilleuse sur des pornos gay. Malik est punk, et vit dans la rue.

Alcool, drogue et soirées destroy, tout semble les réunir, mais les jeunes gens ont chacun leurs démons. Commence alors une inévitable descente aux enfers.

Sans tabous, la plume incisive de Morgane Caussarieu nous plonge dans l'intimité d'un couple torturé, disséquant leur psychologie et leur sexualité avec un réalisme des plus crus. La scène alternative par... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Walkyrie29
  06 juin 2018
« On voulait dire aux poseurs que le punk, c'est pas que pogoter et boire des bières et se défoncer. C'est pas que se vider la bombe de laque sur la tête tous les matins. C'est aussi aller aux manifs, agir, les gars. »p. 137
Morgane Caussarieu, depuis le temps que j'en entends parler, j'avais très envie de découvrir cette auteure, son univers punk et son écriture que j'avais lu, douée pour retranscrire le style marginal, tout en étant riche, poétique, net, sans fioriture, juste et parfaitement adaptée. J'en avais surtout entendu parlé pour ses écrits sombres et horrifiques « Dans tes veines » ou encore « Je suis ton ombre » pour ne citer qu'eux, bref, cette auteure m'attirait. Il faut dire qu'elle présente un look qui se remarque, une allure qu'elle arbore avec beaucoup d'aisance, elle est plutôt canon la dame, joliment tatouée et percée, à mon sens autant la romancière que la personne ne doit pas laisser indifférent. Univers glauque et look punk, j'étais conquise avant d'en lire un seul mot. Chéloïdes se dévore, se lit sans aucune difficulté et pourtant le style est là, présent, imposant, fracassant, l'auteure nous happe et ne nous laisse certainement pas indemne. Vous êtes prévenus !
Colombe est une jeune femme de dix-neuf ans, déjà bien blasée de la vie et souffrant d'une peur de la solitude qu'elle éteint à coup de pastis et de bières dans des soirées qu'elle partage avec son ami Roman bien plus âgé qu'elle. Des saouleries qu'elle accumule, toujours plus, toujours plus profondes, pour oublier. Colombe, c'est aussi une maquilleuse professionnelle pour le cinéma, pour le moment elle se fait les mains sur des acteurs de pornos gay, savamment produits par son meilleur ami. Au final, un personnage un peu naïf, déprimé, Colombe a besoin que l'on s'occupe d'elle et est prête à tous les sacrifices pour ne pas être seule. Et puis, il y a ce petit truc qui va vite poser problème dans sa relation avec Maalik.
« Même si ça se passe pas cool, un rapport sexuel, ça dure combien de temps ? Trente minutes à tout casser, une heure ou deux si le mec est en forme… Et tous les combien ? Tous les deux, trois jours, si je m'en sors bien… En vrai, ce n'est pas la mort. Je peux endurer. Plutôt ça que d'être seule. Seule avec mes monstres en latex. Elles n'ont pas trop de conversation. »p.46
Maalik est un punk de vingt – six ans, un SDF qui vit dans la rue et passe des journées perché sur une statue à siroter des binouzes. Un homme qui prend la vie comme elle vient et surtout comme il l'entend. Maalik, c'est aussi un beau métissage aux yeux clairs, des pleurs inattendues, une passion dévorante, un tactile qui aime les rapports charnels, la fusion des corps et de l'esprit dans ses amours. Au final, un personnage excessif, passionné avec des convictions un peu extrêmes. Et puis, il y a cette petite chose qui va vite poser problème dans sa relation avec Colombe.
« Quand il bouge, Maalik est juste magnétique. Parce qu'il s'éclate, parce qu'il n'arbore pas la mine d'enterrement des vampires sous lexomil qui l'entourent. » p.39
Deux personnages qui viennent éclabousser les paillettes habituelles des romances plus ordinaires, pourtant on parle bien évidemment de romance ici. de deux personnages qui se rencontrent, s'attirent, même si Colombe y met son véto et Maalik est nettement plus pressé. La vitesse, c'est ça qui va conditionner leur relation, vitesse de mise en couple, vitesse de rapports, vitesse dans leur chute. Car comme toute romance, elle va démarrer de manière plutôt romantique avec toutefois ce fond quelque peu « malsain », cette perdition de soi à travers l'alcool et les soirées goth – punk où la musique vrille les tympans et emporte avec ses beats, boum boum, en symbiose avec le coeur, la tête, une transe où l'on se libère, plus d'attache, plus de société, plus d'obligations, ça coule à flot, ça transpire… Dans les gogues, on s'amasse, pour tirer son coup rapide ou pour se droguer, un petit cachet magique ou une poudre à sniffer et c'est reparti pour un tour sur le « dancefloor ». Une atmosphère bien particulière donc ce milieu underground, mais qui m'a bien plu ! Pas franchement des bases solides pour nos deux tourtereaux qui vont chacun vivre cette relation en marge l'un de l'autre, s'y perdre même, Colombe parce qu'elle cache certaines choses, qu'elle sacrifie une part d'elle-même, Maalik parce qu'il est aveugle, imposant et instable, ça va forcément se déchirer, se rabibocher et sombrer toujours plus profondément l'un avec l'autre.
Évidemment, il convient de garder à l'esprit que cette romance est bien éloignée du Harlequin et tutti quanti bien connus pour nous conter fleurette où tout est beau, gentil, où tous défauts se voient vite effacer, à nous les coeurs fleur bleue (et je sais ce que c'est, j'assume pleinement apprécier les romances du genre enfin pas toutes mais là n'est pas le débat…), ici les névroses psychologiques des personnages sont alimentées par l'alcool et la drogue, les excès, toujours plus, toujours plus loin. Alcool, sexe et soirées hardcore, pas de place au romantisme au sens propre du terme, ici c'est crade, cru, glauque, trivial, c'est franchement trash parfois, certains moments m'auront fait plisser le nez (les puces de lit, le stérilet, la blackroom…), mais sans jamais m'arrêter, embarquée que j'étais dans cette lecture (que mon homme qualifiera de « bizarre pour changer »…). Et jusqu'à la fin, jusqu'à ces derniers mots « pas encore », on est complètement pris pas cette histoire, cette relation tragique qui pourrait virer au drame, cette relation toxique où la violence, les excès, et la dépravation n'ont plus aucune limite. Les personnages se dézinguent l'un et l'autre, l'une par des relations douteuses, des mauvaises rencontres et surtout une certaine faiblesse psychologique, l'autre par sa passion amoureuse et ses névroses, tout, tout de suite, pas de limite, pas de négativité, qui vont virer au psychodrame.
Le style de l'auteur là aussi, il est de qualité, avec un vocabulaire très spécifique entre l'argot et le verlan qui m'a demandé certains efforts de compréhension, (et là tu comprends la nécessité d'apprendre à étudier le contexte d'un mot), on sent que l'auteure est très familière de tout ça, elle sait de quoi elle parle et la peinture peut-être interprétée selon deux sens ; comme une déchéance, entre sexe, alcool, drogue sans limite, mais aussi comme une forme de liberté, comme un gros f… à toutes ces commodités sociétales tout en assumant ses idéaux. le regard de l'auteure sur ce monde marginal est très intéressant et instructif, on la sent sensible, décalée cela va de soi, mais surtout très humaine.
En bref, une oeuvre à ne pas mettre entre toutes les mains, c'est une évidence, pourtant l'ouvrage mérite beaucoup d'attention parce qu'il est assez unique, qu'il est justement bien écrit, qu'il présente deux personnages aux antipodes des romances classiques, que l'univers underground dépeint est plutôt passionnant et que malgré toutes les horreurs qu'il contient, cela reste une romance avant tout ! Une auteure que je vais suivre, peut-être avec son dernier bébé « Rouge toxic » qui est a priori nettement moins sombre et glauque que celui-ci, un peu plus de légèreté (enfin tout est relatif avec Morgane Caussarieu) avant d'attaquer l'un des deux autres titres qui s'annonce bien plus horrifique et gore…
Lien : https://songesdunewalkyrie.w..
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UnKaPart
  10 octobre 2017
Caussarieu, j'en entends parler depuis un bon moment. Chéloïdes est mon premier, le roman du dépucelage (ou baptême du feu, selon que tu préfères les métaphores guerrières aux sexuelles). Pas le dernier, tu peux me croire !
Ce bouquin n'a qu'un seul défaut, celui d'être compliqué à chroniquer. La quatrième résume l'essentiel, en ayant le bon goût de ne pas spoiler à mort. Ce que je pourrais dire par-dessus tiendrait de la paraphrase.
L'histoire de deux jeunes, marginaux, paumés dans leur vie et dans leur tête, qui se rencontrent et vivent une love story trashouille. Tu les suis dans des coins plus underground les uns que les autres. du sexe, de la drogue, de l'alcool, de la musique, dans une ambiance glauque et autodestructrice.
(C'était donc un paragraphe de paraphrase offert par la maison.)

Sur le papier, ce n'est le genre de bouquin qui part gagnant avec moi.
Les romances, histoires d'amour, bluettes et autres love stories ne me parlent pas. J'ai la capacité émotionnelle d'une brique et pas des masses de patience avec les happy ends ou fins tragiques vues et revues depuis quatre siècles.
Beaucoup d'histoires d'errance ont tendance à tourner en rond. La perdition des personnages paume le lecteur dans le tsointsoin psychologique à deux balles, l'ennui et/ou le trash pour le trash sans profondeur derrière. Niveau crédibilité des milieux underground, neuf auteurs sur dix ne savent pas de quoi ils parlent. Vive le tour de manège dans la foire aux stéréotypes en mode reportage M6.
Chéloïdes, rien de tout ça, l'antithèse même. Lu d'une traite et adoré.
Cette “chronique punk” tient les promesses de son sous-titre. Les péripéties des tourtereaux, les lieux où ils traînent, les personnages qu'ils rencontrent, enfin un récit qui ne sent pas la seconde main. Vrai, juste et crédible, voilà comment ça sonne. Caussarieu sait de quoi elle parle, on le sent – une allusion aux milieux qu'elle a fréquentés viendra le confirmer dans les remerciements.
S'ajoute une grande qualité d'écriture en termes de style. Cru, argotique, plein de verlan mais pas dénué d'un certain lyrisme, une espèce de poésie punk trash et tragique. Et comme le style, c'est ce qui manque à 99% des bouquins qui te parlent de gens qui s'aiment, j'étais bien content d'en trouver. Merci, Morgane.

C'est pessimiste comme du Céline… avec sa musique omniprésente, référencé comme un Bret Easton Ellis qui pointerait sa lorgnette à l'autre bout du spectre social d'American Psycho… défoncé comme Trainspotting et porteur de la même puissance destructrice inéluctable qu'un Requiem for a Dream… barge comme du Fight Club (le bouquin plus que le film)… désabusé comme du Nirvana…
En un mot No future (ce qui en fait deux, mais je suis une bille en calcul mental).
Roman nihiliste, oui et non. Dans sa thématique, oui, on l'aura compris. Mais non dans le sens où Caussarieu ne fait que raconter (une chronique, quoi, c'est marqué dessus, comme le Port-Salut). En tordu, glauque, malsain, on trouvera de quoi dans le bouquin mais sans glorification ni jugement… et même sans neutralité froide et clinique, l'attachement de Caussarieu pour les mondes en marge et leur peuple est perceptible.

Tout mis bout à bout, je plains l'auteur qui va devoir supporter le cliché du bouquin “OVNI” dans moult avis. Oui, Chéloïdes est barré, original, marquant, mais n'a rien d'un vaisseau solitaire et déconnecté de tout. Confer les nombreuses références dans le texte même du roman. Il s'inscrit dans la mouvance punk, soit une belle flotille d'OVNIs depuis une cinquantaine d'années, bien plus que toutes les navettes de Vega de tous les épisodes de Goldorak.
Un bouquin peut être excellent et sortir du lot sans se voir affublé des qualificatifs galvaudés habituels (en plus d'OVNI, je te laisse le choix entre “addictif”, “claque”, “pépite”, ………….., ………….., et t'offre même de la place pour compléter la liste).
Bref…
Entre un punk à chien qui fait la manche et un banquier en costard, je préfère de loin confier mon argent à celui qui ne porte pas de cravate. En auteurs, pareil, je préfère le combo tatouages/piercings au Goncourt/sucette.
Chéloïdes ne plaira pas à tout le monde. Les amateurs d'historiettes fleur bleue risquent de pleurer leur mère tout le long du bouquin. D'un autre côté, c'est l'occasion de sortir du monde des Bisounours et de découvrir celui des Punkounours. Gens “comme il faut”, lisez cette romance punk, vous en apprendrez beaucoup sur les marginaux que vous matez de loin avec une moue pincée de dégoût – et qu'ont plus d'humanité que vous ne l'imaginez (voire plus que vous tout court).
Lien : https://unkapart.fr/cheloides/
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OmbreBones
  22 octobre 2017
En bref, Chéloïdes est un roman que j'ai adoré, il bouscule les habitudes, surfe sur la vague punk à laquelle l'auteure appartient, sans le moindre doute. Il est vrai, profond, intense, se dévore avec facilité, et se repose avec difficulté. On ne sort pas indemne de ce récit, que je recommande très chaudement… Aux lecteurs qui ont l'esprit ouvert et qui possèdent une certaine sensibilité à la noirceur. Ce n'est pas un livre à mettre entre toutes les mains, même si toutes les mains devraient se précipiter pour le tenir.
Lien : https://ombrebones.wordpress..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
UnKaPartUnKaPart   10 octobre 2017
On voulait dire aux poseurs que le punk, c'est pas que pogoter et boire des bières et se défoncer. C'est pas que se vider la bombe de laque sur la tête tous les matins. C'est aussi aller aux manifs, agir, les gars.
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Walkyrie29Walkyrie29   06 juin 2018
« Même si ça se passe pas cool, un rapport sexuel, ça dure combien de temps ? Trente minutes à tout casser, une heure ou deux si le mec est en forme… Et tous les combien ? Tous les deux, trois jours, si je m’en sors bien… En vrai, ce n’est pas la mort. Je peux endurer. Plutôt ça que d’être seule. Seule avec mes monstres en latex. Elles n’ont pas trop de conversation. »p.46
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