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EAN : 9782226172259
234 pages
Éditeur : Albin Michel (22/03/2006)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Adrien décrocha une lourde pertuisane et entreprit de monter l'escalier de pierre sur la pointe des pieds.
Il se sentit ridicule.
Il y avait de quoi : être un grand éditeur parisien et se retrouver dans sa vieille demeure ancestrale avec, à la main, une arme du xvème siècle dont il ne savait pas se servir, était risible.
Il ignorait alors que commençait pour lui une histoire qui bouleverserait sa vie...
Il allait découvrir le secret de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  11 décembre 2019
Belange, manoir ancestral et familial sis dans le Maine-et-Loire. Ses frondaisons, son parc, ses escaliers du XVème, ses cheminées monumentales, ses portraits d'aïeuls sévères, rappellent à Adrien qui en est l'héritier, ses souvenirs, son enfance, sa famille, ses racines. Sauf qu'il s'y est toujours mortellement ennuyé et rêve de s'en débarrasser... Mais il est tenu par une promesse faite à sa mère mourante : perpétuer le rite, la manie, le conditionnement de s'y rendre chaque week-end. C'est ainsi que tous les vendredis à 17h00 tapantes, abandonnant la maison d'éditions parisienne dont il est le patron courtisé, il emprunte les périphériques surchargés pour rouler vers la verdure et retrouver durant 48 heures le voisinage autrefois ordinaire des plantes et des arbres. Cette morne et invariable routine se grippe lorsque Adrien constate qu'un squatteur occupe Belange lors de ses absences. Au lieu d'alerter la maréchaussée, Adrien, dans un accès d'humanitarisme aussi inopiné que ridicule équivalant à un blanc-seing, laisse un petit mot sympathique à l'occupant clandestin... qui lui répond... Un lien épistolaire se noue entre les deux personnages ; d'un commun accord, ils se partagent la jouissance de la maison, l'inconnu la semaine, le propriétaire le week-end, sans jamais se croiser, jusqu'au jour où...

Belange est un roman bref, léger, drôle, touchant, une sorte de fantaisie impertinente au goût acidulé. Si l'intrigue simple n'offre pas de grande surprise, j'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l'humour du regretté Patrick Cauvin, sa vision du monde ici à la limite de la loufoquerie, l'affection indéfectible portée à ses personnages, son sens critique affûté sans être jamais méchant. Dans Belange, il évoque avec une férocité indulgente les pratiques dévoyées du monde de l'édition. Adrien est décrit comme un homme d'affaires opportuniste qui n'hésite pas, pour d'obscures mais juteuses raisons commerciales, à publier des nullités, salmigondis de mondaines mièvreries ou philosophie filandreuse, noyés dans un style « durassien-confiture-mélasse ». Passant allègrement sans cohérence, sauf financière, d'essais tels que « Du sibyllin à l'hermétique », « Strates et structures parcellaires dans l'élaboration objectivale du non-dit » à des mémoires factices ou scandales inventés par des margoulins qui fouillent dans les poubelles et en présentent le contenu avec une élégance de gandin, il est depuis peu sur un coup qui devrait battre tous les records de tirages : « Comment John Fizgerald Kennedy s'est suicidé ». Un document évidemment sérieux mais pas cafardeux puisqu'en 2006 déjà, les statistiques sont formelles, 70 % des lecteurs n'apprécient pas les livres tristes alors que 86 % aiment les livres sérieux. Il ne reste à l'éditeur avisé qu'à fixer l'impalpable frontière, l'invention du feel good est en bonne voie... Visionnaire Patrick Cauvin !

Tout ça pour dire que je me suis bien amusée lors de cette lecture, et que les morceaux choisis de l'ouvrage d'Héléna Berthold, « Psychologie et vision du monde du squatteur » qui séparent les chapitres, sont savoureux ! :-)
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ladesiderienne
  26 juin 2013
Adrien Beaurecourt, célèbre éditeur parisien, s'oblige chaque week-end à regagner sa vieille demeure familiale de province, à croire que l'autorité de feue Aphrosine de Belange, sa mère, de son vivant officier dans l'armée, est toujours d'actualité. Impossible en effet, de ne pas respecter la promesse qu'il lui a faite sur son lit de mort.
Mais voilà qu'un jour, il s'aperçoit qu'un squatteur loge à Belange pendant la semaine. L'un part lorsque l'autre arrive. Une correspondance s'instaure alors entre les deux personnages. Adrien, un peu misanthrope, reconnait alors que c'est la première fois qu'il apprécie de discuter, par courrier interposé, avec un de ses semblables, et décide alors d'organiser une rencontre...
Je reconnais qu'au départ, l'histoire était sans prétention mais la plume de Patrick Cauvin est d'une telle efficacité dans l'humour et la dérision que l'on se laisse prendre au jeu facilement.. Cette lecture a été un petit moment de bonheur plein de tendresse et de poésie. Entre chaque chapitre, place à la philosophie avec des extraits d'un livre "Psychologie et vision du monde du squatteur" d'Héléna Berthold. Bref, original et drôle.
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bbpoussy
  09 janvier 2018
Deuxième pioche dans ma PAL de 01/2018 de Sflagg.
Je crois que c'est le deuxième livre que je lis de cet auteur, le premier ne m'ayant pas laissé grand souvenir, lorsque j'ai vu ce livre dans un meuble d'échange je me suis dis qu'il serait déterminant pour savoir si cet auteur ferait parti de mes auteurs à lire. Résultat, je passe définitivement mon tour. Je me suis plus que largement ennuyée, ce livre n'est que digression. Un contenant sans contenu !
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saphoo
  09 janvier 2016
Voici un roman qui fait du bien, sans prise de tête, sans prétention, mais qu'est que c'est drôle. J'avais lu cet auteur, et j'en avais gardé un bon souvenir, cet achat d'occas s'est présenté et je n'ai pas hésité. Une bonne dose d'humour, de détente... On découvre la vie d'un éditeur du moins ses escapades du week-end dans la demeure familiale Belange, et le fameux visiteur mystérieux... le mystère doucement se dévoile et révèle sous un autre angle.
Adorable, marrant, avec une fin en coup de théâtre.

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Gatchounz
  05 août 2015
Livre léger, agréable à déguster.
Par Belange, j'ai redécouvert Patrick Cauvin dont j'avais aimé deux livres dans ma jeunesse: E=mc², mon amour, et Pythagore, je t'adore.
L'écriture est pleine d'humour. L'histoire nous donne un autre point de vue sur le squattage, la fin est inattendue. L'auteur pousse à sortir de nos habitudes, du quotidien pour aller à la rencontre de l'autre.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   24 juin 2013
Elle sourit.
Elle appartenait à cette catégorie de femmes qui savent, en montrant leurs quenottes, faire sauter les plombs, survolter la lumière, éclater les cuivres des neuf symphonies de Beethoven, et atteindre le niveau six sur l'échelle de Richter.
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namelessnameless   09 décembre 2019
Il s'examina : la quarantaine, pas de bide ou pas trop. Un léger dégarnissement pariétal, quelque chose de sportif dans les genoux et de mondain dans la cheville, un équilibre heureux entre l'habitué de Roland-Garros et l'invité à vie des cocktails Gallimard. Allons, conclut-il, pas besoin de me le cacher : j'ai l'air d'un con.
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ladesiderienneladesiderienne   26 juin 2013
Les ombres du parc se firent moins denses. C'était une tentative individuelle de chaque tronc, de chaque branche, de chaque feuille pour apparaitre, les murs de Belange forçaient de toutes leurs pierres pour passer de l'invisible au perceptible. Cette volonté créait le matin, la lumière n'était que cette force déployée par les choses pour être vues. Le jour n'était pas dû à la rotation des mondes mais naissait de l'énergie des choses vivantes ou inanimées à conquérir leur droit au visible...
L'aube venait.
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namelessnameless   09 décembre 2019
Il l'avait rencontrée deux ans auparavant dans un vernissage, à l'exposition d'un sculpteur tchétchène venu directement de la taïga sud-sibérienne. Il avait traversé deux continents sur son âne, avec un sac de cailloux sur le dos. Parti de Tomsk, il avait déposé son fardeau, en plein milieu d'une galerie du faubourg Saint-Honoré, après l'avoir préalablement trempé dans la peinture. Il en avait retiré une fortune colossale et était reparti en Porsche Carrera, sans doute pour aller chercher un autre sac. Personne n'avait revu l'âne.
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ladesiderienneladesiderienne   23 juin 2013
Le problème est que j'ai envie d'emmener Micheline, mais quand elle est là, j'ai une envie encore plus forte de ne pas l'avoir fait.
Bien mieux tout seul. Principe de base de toute vie. La solitude est la récompense des âmes nobles et bien trempées. Seuls en souffrent ceux qui s'ennuient avec eux-mêmes.
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Une minute, un livre. Hommage à Patrick Cauvin.
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