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ISBN : 2742777954
Éditeur : Actes Sud (01/10/2008)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :

1945. Les attentats et assassinats qui secouent Madrid trouvent un écho dans la bande dessinée pourtant très conventionnelle que publie en feuilleton Enrique Montero, un ancien républicain communiste. Ses anciens amis demandent au dessinateur de reprendre du service pour aider à piéger l'un des leurs qui enfreint les consignes du parti... Mais Enrique ne veut ni résister ni survivre en trahissant : il voudrait avant tout... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
DamienR
  21 septembre 2013
Dans l'Espagne de Franco immédiatement après la Seconde Guerre Mondiale, la guerre civile est toujours présente dans les esprits et certains résistants républicains sont toujours actifs, mais en tant que terroristes : assassinats de balances, attentats... Dans ce contexte, nous suivons un dessinateur, ancien républicain, qui a perdu son métier d'instituteur. Il se reconvertit de la BD.
L'histoire est noire, oppressante exactement comme le signale la quatrième de couverture. Dans le même genre on peut voir les oeuvres d'Alberto Breccia sur l'Argentine dictatoriale. le dessin est très recherché : on est dans le noir et blanc à l'état pur, alors les auteurs jouent sur les formes, parfois fantastiques, et le trait, tantôt au pinceau, à l'aquarelle, et tantôt en ligne claire (pour les passages où on est dans la Bd de l'auteur présenté).
Le scénario est complexe, machiavélique tant on ne sait plus qui manipule vraiment qui. En tout cas, les forces franquistes sont de belles crapules.
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BMR
  30 octobre 2008
Après le très dérangeant Maus, voici un autre devoir de mémoire : le Piège.
Les points communs avec Maus sont multiples : deux albums en noir et blanc, deux périodes sombres qui ressurgissent du passé. le nazisme des camps de juifs pour Maus et le franquisme espagnol pour le piège.
Et dans les deux histoires, des portraits en demi-teinte ni tout à fait noir, ni tout à fait blanc. Étonnant parallèle.
Ce qui frappe en premier lieu dans le Piège, ce sont les dessins en noir et blanc, en noir surtout avec de grands aplats très graphiques. Certains dessins sont de véritables prouesses.
Avec en prime, une idée astucieuse : le scénario du Piège met en scène ... un dessinateur de BD et on a donc bien sûr droit à "la BD dans la BD". le héros prépare un épisode des aventures d'un super-héros en prise avec un affreux méchant. Les dessins de cette nouvelle BD s'intercalent dans la BD elle-même. Les dessins de la BD en création sont clairs et naïfs, les dessins de la vraie vie sont noirs et oppressants.
Peu à peu, au fil des pages, les deux histoires se rapprochent ou se répondent ...
L'autre versant du Piège , c'est bien sûr le franquisme.
Les années de l'après-guerre, de cette dictature policière que l'Espagne a tenté d'oublier en refermant le couvercle sur cette sombre période.
Plusieurs épisodes sont évoqués dans le Piège comme les camps de réfugiés en France ou encore le rapatriement d'un train de grandes oeuvres de peinture qui avaient été mises à l'abri en Suisse pendant la guerre.
Un album sombre et oppressant, comme ses dessins, que l'on doit à Felipe H. Calva (scénario) et Federico del Barrio (dessins).
Lien : http://bmr-mam.over-blog.com..
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jovidalens
  29 novembre 2012
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
jovidalensjovidalens   30 novembre 2012
1945 à Madrid : L’Espagne est sous la coupe du franquisme. Franco appuyé par l’Eglise et l’Armée impose une Espagne traditionnaliste et antimoderniste. C’est l’époque où les anciens républicains communistes comme Enrique doivent survivre sous cette chape de plomb. Il aimait enseigner et il a été radié. Il écrivait dans un journal républicain, il ne lui reste que ses talents de dessinateur pour survivre. Mais la censure veille et ses dessins humoristiques sont refusés. L’issue sera la BD. Sa première BD, il va la créer au moment où son passé le rattrape.
D’anciens camarades lui demandent de retrouver l’un des leurs qui, selon eux, trahit leur cause. Enrique veut oublier, mais il ne sait pas refuser et il ne veut pas trahir son ex-compagnon. C’est le temps de la délation et les services de police ne s’embarrassent pas de principes.
Parallèlement, Enrique compose sa BD : celle d’un justicier appelé par le maire pour sauver la ville des griffes d’un malfaiteur. Ce sont les épisodes de cette BD fictive qui rythme le récit. Et on comprend comment cet homme est tiraillé entre sa vie d’aujourd’hui, son passé et ses rêves. Elle est sa respiration, sa lumière dans cet univers où il étouffe, dans ce tunnel dont il cherche l’issue.
Superbe mise en images. Le dessin est noir, c’est le blanc qui cerne le trait, marque l’impact de la lumière. Comme lorsque les traits de sa femme sont vus au travers d’un verre qu’il porte à ses lèvres, ou les rais de lumière à travers les persiennes qui dessinent et la chambre et le lit et l’homme assis au bord, en lutte à ses insomnies. Les personnages sont bien identifiés uniquement par ce jeu d’ombre et de lumière. Quelle maîtrise pour faire ressentir comme ils la voient grise et sombre cette Madrid.
Et puis c’est aussi un hommage à tous ces anciens républicains qui ont trouvé dans la BD une nouvelle profession.
Ouvrage essentiel par son récit et sa qualité graphique.
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jovidalensjovidalens   24 novembre 2012
- Tu veux pas [...] qu'on aille au cinéma ?
- Tu sais bien...
- Oui, je sais bien que tu n'aimes pas faire le salut faciste avant le "NO-DO" , mais il suffit d'arriver juste après .

NO-DO= Noticiero Documental (journal d'information). La projection du NO-DO a été obligatoire dans tous les cinémas entre 1943 et 1976. Franco et son gouvernement y étaient souvent mis à l'honneur.
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jovidalensjovidalens   29 novembre 2012
- J'avais presque tout oublié. Et tout d'un coup...
- Je sais. Tais toi.
- Tout ce que je veux, c'est vivre. C'est égoïste ça, Josita ? Regarder passer les jours depuis la fenêtre, travailler des heures et des heures à faire des BD...qui seront lues par des gamins qui croient que le monde se divise entre les bons et les méchants et que le bien finit toujours par être récompensé
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jovidalensjovidalens   29 novembre 2012
C'est un train rempli de couleurs, qui traverse une France pleine de bruit et de fureur...en silence, sans lumière si ce n'est celle de son chargment...l'aurore de Mülberg, le ciel radieux du Guadarrama, la pénombre des forêts flamandes...
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jovidalensjovidalens   29 novembre 2012
- Comment trouvez-vous Madrid ? Vous ne trouvez pas que c'est comme si on l'avait peinte en gris ? (page 20)

[...]

- A quoi bon rester à Madrid ? [...] Dis, tu trouves pas que c'est comme si Madrid avait été peinte ne gris ? (page 28)
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