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ISBN : 2253031798
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1983)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 148 notes)
Résumé :
Après la banlieue des Ritals, l'Allemagne et la Russie des Russkoffs et de la guerre, Cavanna rentre à Paris. Il faut survivre, sans argent et sans relations. Ses premiers dessins, il les donne au journal Le Déporté du Travail. Maria, la femme tant aimée, perdue en Russie, continue de hanter François. Il met des mes-sages sur le tableau de l'association des Déportés. Il y rencontre Liliane, « petite chèvre aux cornes agacées », rescapée des camps de concentration qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Meps
  09 juin 2019
Ce livre est la suite de deux autres livres autobiographiques de Cavanna Les Ritals et Les Russkoffs, qui détaillaient respectivement son enfance et son expérience de la Seconde Guerre Mondiale. Je n'ai pas lu ces premiers tomes (et l'auteur prend un malin plaisir à y faire référence régulièrement, en moquant ceux qui ne les ont pas encore lus !) mais j'ai tout de même pris plaisir à la lecture de Bête et Méchant qui décrit le retour en France et le démarrage de la carrière de dessinateur de l'auteur.
Le style est très riche, parfois encombré, mais le plus souvent drôle, lyrique, s'envole dans des considérations politiques ou des jugements à l'emporte-pièce sur l'humour. Il n'y a rien de mieux pour comprendre petit à petit ce qui a amené des jeunes gens à se réunir autour de l'idée d'un journal d'humour libre, affranchi des contraintes de la publicité, dans un monde qui voulait s'amuser après avoir vu toutes les horreurs, mais dont l'amusement devait avoir le bon goût de se circonscrire dans les limites de la décence définies par un général victorieux.
Cavanna n'est tendre avec personne et surtout pas avec lui-même, même s'il a une haute idée de l'humour que lui et ses amis pratiquent en comparaison avec celui des autres. Mais cette sorte de vanité est surtout ressentie comme une passion pour leur art, une envie de faire mieux, de viser plus haut (ou plus bas que la ceinture), de ne pas se contenter de ce qu'on leur demande. L'auteur transmet parfaitement cette fougue et on est transporté avec les protagonistes dans l'aventure Hara-Kiri et on tremble avec eux devant les difficultés qui s'amoncellent.
Décédé moins d'un an avant l'attentat qui endeuilla Charlie Hebdo, Cavanna n'aura sans doute pas bénéficié de l'hommage qui lui était aussi du quand on voit la part qu'il a pris dans l'aventure. Tout comme le professeur Choron, fortement critiqué pour sa gestion par certains mais dont Cavanna rappelle ici le rôle essentiel à la naissance de Hara-Kiri puis de Charlie Hebdo. Un livre qui prend donc tout son intérêt dans les derniers évènements, le regard du passé sur le présent est parfois très utile alors que c'est souvent le jugement du présent sur le passé qu'on porte aux nues.
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HORUSFONCK
  13 décembre 2016
Et Cavanna lança Hara-Kiri...
C'est tellement bien raconté, qu'on croit entendre Choron (Georget Bernier) tonitruer!
Hara-Kiri, cet extraordinaire mensuel bête et méchant qui affichait son intrigante couverture en photo couleur, sur la vitre latérale du kiosque à jounaux de mon enfance... Hara-Kiri poursuivi par une censure aussi bornée que malfaisante!
Les épreuves endurées par François Cavanna ont acéré sa plume. de graphiste, il est devenu scribe, journaliste, chroniqueur, écrivain. Hara-Kiri, mensuel bête et méchant est l'enfant d'encre et de papier de Cavanna. Un enfant turbulant, drôle, vachard et intransigeant face à la connerie et la vacherie humaine.
Merci, Cavanna!
Merci d'avoir fait naître ce souffle nouveau dans la presse satirique française, et de l'avoir fait perdurer dans ce Charlie Hebdo si durement atteint.
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sevm57
  08 janvier 2015
Bête et méchant n'est pas le livre de Cavanna que j'ai préféré, mais j'ai envie/besoin de l'ajouter à mes livres Babelio aujourd'hui car j'ai beaucoup pensé à lui et à ses amis qui l'ont rejoint là-haut, et pour dire tout simplement JE SUIS CHARLIE.
Merci aussi à tous les amis Babelio qui ont posté des citations toute la journée, cela montre que nous sommes nombreux à nous mobiliser et que la liberté d'expression sera la plus forte.
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LoongAlain91
  16 mai 2013
" Un livre ni bête ni méchant mais très tendre. Avec des bouffées de rire et beaucoup d'amour qui livre le troisième volet de l'autobiographie de Cavanna, avec les Ritals et les Russkoffs. Dans un style qui évoque avec bonheur la confession parlée ". Paris-Match " Voyage dans l'amour avec Liliane, la petite Polonaise martyrisée par les nazis ; voyage dans le travail avec les expériences journalistiques, graphiques, humoristiques ; voyage, enfin, dans l'amitié et les luttes, avec les potes de toujours. Dans un style alerte, à la plume juste, à l'adjectif décisif ".
François Cérésa, Le Nouvel Observateur
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LUKE59
  07 février 2014
Je me suis pris recemment à feuilleter cet émouvant récit autobiographique dont j' ai conservé la première édition publiée en 1981 chez Belfond. Il y est question, outre la vie sentimentale de l' auteur, de la création du célèbre Journal satyrique Hara-Kiri qui secoua le conformisme des années 70. RIP Monsieur Cavanna..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Lison50Lison50   12 janvier 2016
Une heureuse nature, Cabu. Son rire est toujours là, pas bien loin, prêt à fuser dans des effarements de pucelle chatouillée. Ses yeux de faïence à décor bleu, ses yeux de petit enfant à fossettes. Ils ne guettent que ça : l'occasion d'un fou rire. Il a vingt-trois ans, en paraît quinze, n'en aura jamais davantage, il a jeté l'ancre une fois pour toutes. Il trimbale une dégaine d'escogriffe qui use les fringues du grand frère, superpose les pull-overs tricotés par la tante restée demoiselle. Une tignasse de chien briard taillée au bol lui tombe aussi épais sur les yeux que sur la nuque, va savoir où est le côté de la queue, où est celui de la truffe. Cabu est resté le môme qui traîne son cartable sur le chemin de la communale, n'évitant aucune flaque, fendu jusqu'aux oreilles aux cochonneries que lui débite un copain.
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MepsMeps   08 juin 2019
L'humour est un coup de poing dans la gueule. L'allusion, l'ironie, la rosserie bien française nous semblaient pipi de chat. Rien n'est tabou, rien n'est respectable. Ceci cadrait à merveille avec mon matérialisme intransigeant. Tout rituel, tout symbole, procède d'une attitude magique. Foutons dehors à coups de pied au cul les vieux interdits, à commencer par le bon goût. A continuer par le sacré.

"Là, vous allez trop loin ! Il y a tout de même des choses auxquelles on n'a pas le droit de toucher !" Combien de fois nous l'a-t-on sortie, celle-là ! Non. Rien n'est sacré. Principe numéro un. Rien. Pas même ta propore mère, pas même les martyrs juifs, pas même ceux qui crèvent de faim. Rire de tout, de tout, férocement, amèrement pour exorciser les vieux monstres. C'est leur faire trop d'honneur que de ne les aborder qu'avec la mine compassée. C'est justement du pire qu'il faut rire le plus fort, c'est là où ça te fait le plus mal que tu dois gratter au sang. La faim, la torture, la misère, l'exploitation, la guerre... Et la connerie, l'universelle et sainte connerie, mère de tous ces beaux enfants !
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LoongAlain91LoongAlain91   16 mai 2013
Toute ressemblance entre des noms cités dans ce livre et des imbéciles vivants serait purement fortuite. J'ai en effet pris grand soin de changer les noms des imbéciles, car les imbéciles sont méchants, et moi je suis lâche.
Toute ressemblance entre des noms cités dans ce livre et des noms de personnes vivantes est donc un hommage rendu à la non-imbécillité desdites personnes. A moins, bien sûr, qu'elles ne s'empressent de donner la preuve, en me cherchant des histoires, que j'ai eu tort de leur faire confiance sur ce point.
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AustralAustral   17 octobre 2012
C’est comme la foi, il faut l’avoir d’avance. La foi est une excellente thérapeutique, à condition de ne pas savoir qu’elle n’est que ça. Si on le sait, ça ne marche plus. Il y en a que l’horreur du désespoir total soudain béant devant eux rend croyants sur-le-champ, et croyants d’un bloc, leur occultant la clairvoyance au point qu’ils oublient comment c’est quand on ne croit pas.
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AustralAustral   19 octobre 2012
Rien ne me fait plus chier que bonjour-bonsoir et l’idée que le voisin puisse venir m’emprunter le sel. Je préférerais acheter une énorme boîte à sel et l’accrocher à ma porte, à l’extérieur.
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Vidéo de François Cavanna
Les Ritals de François Cavanna. Adapté et joué par Bruno Putzulu. Grégory Daltin à l’accordéon. Mis en scène par Mario Putzulu.
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