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EAN : 9782864248804
208 pages
Éditeur : Editions Métailié (04/10/2012)
3.7/5   30 notes
Résumé :
Parfois dans une société organisée il arrive que des mondes se télescopent.

Le flamboyant Étienne Marsant a été une immense star avant son infarctus. Aujourd’hui il ne boit plus, ne fume plus, ne tourne plus, il s’ennuie et accepte de présider un festival de cinéma de seconde zone à Colombey-les-Deux-Églises.

Tout près, à Chaumont, s’ouvre le procès d’Abdelkader Fournier, un petit voyou qui a cambriolé une douzaine de succursales bancai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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umezzu
  13 novembre 2018
Ce petit roman judiciaire et cinématographique mérite son sous-titre « petite fable judiciaire ». Cayré, en avocate pénaliste ayant fait du cinéma, s'amuse à croiser ces deux mondes, au travers de personnages tout à la fois proches de la caricature, mais rappelant aussi par de nombreux côtés les travers et états d'âmes d'individus connus.
Étienne Marsant, le vieil acteur, vedette réfugié en Suisse pour raisons fiscales, a du mal à envisager son métier comme faisant partie du passé. Jean Bloyé, avocat d'assise, parcourt la France d'hôtels en hôtels, accompagné de son épouse Anne, qui est tout à la fois sa collaboratrice, l'organisatrice de sa vie, et celle qui lui remonte le moral, quand il a des coups de mou. Lui aussi est en fin de carrière. Il se trouve confronté à Chaumont à un président de Cour d'assise intransigeant, qui parvient toujours à manipuler les jurys pour obtenir le lourdes condamnations. Et c'est ce qui pend au nez d'Albelkader Fournier, minable auteur de braquage en série, sans méchanceté et sans intelligence.
Une fois que Bloyé comprend que défendre son client Fournier dans ce contexte va être épuisant, sa déprime le reprend. Marsant, lui, traîne son blues à Colombey les deux églises, dans le même hôtel que les époux Bloyé. Convié à présider un festival cinématographique, il erre, discute avec une jeune et jolie serveuse, adepte de Facebook, se croit encore jeune homme, fait bonne figure et lance quelques bons mots.
Bloyé et Marsant partagent beaucoup, et leur rencontre va permettre à chacun de prendre une petite revanche.
Après un démarrage un peu à vide, où Cayré fait dans le parisianisme se moquant de la Province profonde, les considérations intimes des personnages prennent le dessus. Quelques saillies font mal, mais sont pourtant justes. le livre tourne à la gentille comédie, avec cependant un certain respect des acteurs (cinématographiques comme judiciaires). de ci de là, Cayré sort quelques phrases pertinentes qui donnent de la profondeur à sa petite fable.
Tout cela se lit fort bien, en appréciant le regard acéré de l'auteure.
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Bazart
  21 octobre 2012

Pendant toute la lecture de "Comme au cinéma", le tout nouveau roman d'Hannelore Cayre, que j'ai lu grace à l'opération Masse Critique de Babelio, je n'ai cessé d'avoir en tête et de la fredonner à haute voix (au grand dam de ma copine) la chanson éponyme d'Alain Delon, une des rares interventions du grand Alain dans le monde de la chanson (certes un peu moins mémorable que son Paroles, Paroles avec la diva Dalida)....
Je ne sais si la romancière y a pensé en choisissant le même titre que cette chanson, mais il faut dire qu'Etienne Marsant, un des personnages centraux de ce roman, pourrait être une sorte d'Alain Delon, un acteur jadis très populaire et qui désormais un peu hors service et passé de mode. Cela dit, on pense plus à Belmondo ou à Claude Brasseur, vu que l'Etienne Marsant en question a joué des rôles dans lesquels tous les français pouvaient s'identifier, ce qui n'est pas forcément le cas de notre Alain Delon national.
Bref, au début du roman, l'ancienne gloire Etienne Marsant est invitée à un festival de cinéma dans une petite ville de Haute Marne, Colombey les 2 églises, commune évidemment connue grâce au général De Gaulle.
Parrallélement à ce festival, se tient, à Chaumont, bourgade voisine, le procès d'un jeune braqueur de banques récidiviste qui pourrait prendre gros, vu la férocité du magistrat, dit le boucher de Haute Marne. Jean Bloyé, grand avocat las et déprimé, assure sa défense assisté par sa femme avocate aussi.
Les deux histoires, qui n'ont au départ rien en commun, vont vite se rejoindre, car Hannelore Cayre va nous démontrer dans sa fable judiciaire (le sous titre de ce Comme au cinéma) le parrallèle entre justice et cinéma, où chacun y joue un rôle, et où le cynisme y est roi...
Les thèmes ne sont pas étrangers du tout à l'auteur : Hannelore Cayre connaît en effet parfaitement bien les décors de ces deux mondes puisqu'elle est avocate pénaliste, et a également réalisé un film, Commis d'Office tiré d'un de ses premiers romans.
J'ai une vraie tendresse pour l'auteur, et notamment pour ce Commis d'Office, le livre, portrait trés jubilatoire sur les coulisses du monde judiciaire (même si le film, avec Rochdy Zem dans le rôle principal était plus faible).
Dans son nouveau roman, qui vient juste de sortir, on retrouve dès les premières pages sa verve habituelle, sa façon de parler de choses graves sur notre société avec fantaisie et légereté.
Et elle est incontestablement l'une des romancières les plus douées pour peindre l'univers judiciaire à la fois avec réalisme et beaucoup d'humour (un humour totalement dépourvus des pavés de John Grisham par exemple).
Parfois, le trait est un peu appuyé et certaines remarques des protgagonistes laissent entrevoir une vision un tout petit peu réactionnaire de la société (avec notamment une attaque en règle d'Internet qui laisse percer des artistes à la Justin Bieber), mais les rouages de l'intrigue sont parfaitement noués, et la fin, qui se permet toutes les audaces avec un vrai aplomb, est vraiment jouissive.
Sans oublier que Cayre n'a définitivement pas son pareil pour camper des personnages en quelques pages, même certains trés secondaires.
Dans la jungle de mes lectures (et films) un peu déprimants lus et vus en cette rentrée, ce Comme au cinéma m'a fait l'effet d'une vraie parenthèse divertissante de haute tenue à conseiller à tous les étudiants en droit cinéphiles, et aussi tous les amoureux de bonne littérature évidemment!!!
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Seraphita
  13 avril 2013
Un acteur de renom que le temps a flétri. Un jeune avocat général qui attend impatiemment sa mutation à Paris. Un couple d'avocats qui parvient toujours à défendre, avec succès, les plus ignobles mécréants. Une jeune employée désoeuvrée d'un hôtel de province sans âme. Cette galerie de personnages pittoresques va converger fortuitement vers un même lieu : la Cour d'assises de Chaumont, où va se tenir le procès d'Abdelkader Fournier, un séduisant braqueur de banques, sous la houlette d'un Président au surnom évocateur : le boucher de la Haute-Marne. Les beaux discours des époux Bloyé semblent bien inoffensifs face à la masse monstrueuse qu'incarne le boucher et le pauvre Abdelkader qu'ils tentent de défendre risque gros… peut-être la perpétuité. C'est sans compter sur l'ingéniosité du couple qui va tirer parti de la présence d'un poids lourd de la renommée et du verbe ! La Cour d'assises se transforme alors en une scène de spectacle et le public afflue… « Comme au cinéma ».
Cette « petite fable judiciaire » se savoure goulument, du début à la fin, dans maints éclats de rire… jaune ! Les personnages sont croqués d'un trait joyeusement caricatural et sans complaisance. La description des jurés potentiels est un moment d'anthologie :
- Bien, reprenons, le numéro douze, M. Perret.
« M. Perret. Cheminot. La cinquantaine également. Un air gouailleur. Adore la convivialité syndicale. A une tête à applaudir les voleurs au cinéma quand le casse de la banque a réussi. On garde. »
[…]
- Numéro douze : M. Royan.
« Trente ans. Au chômage donc interdit bancaire : on garde. »
- Numéro trente et un : M. Tervuren.
« Employé des pompes funèbres. Que peut bien penser d'un braquage un type qui consacre sa vie à pomponner des cadavres ? Aucune idée. Par curiosité, on garde. » (p. 84-86)
Une fable réjouissante, caustique à souhait, qui laisse une question en tête après avoir tourné la dernière page : est-ce la fiction qui dépasse la réalité… ou l'inverse ?
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Patmarob
  18 août 2020
Avec « Comme au cinéma : Petite fable judiciaire » Hannelore Cayre s'est amusée à camper des personnages « invraisemblables » dans un contexte des plus sérieux : une cour d'assises.
Le décor est planté dans le rural « profond » à Chaumont (Haute Marne). Là ,sévit un magistrat dont le surnom suffit à dresser le portrait : le « boucher » de Haute Marne. L'accusé est un voyou récidiviste, plus sympathique que dangereux ( il attaque les banques avec un pistolet en plastique). Il est défendu par un avocat déprimé qui veut se reconvertir , seule sa femme et collègue lui permet de poursuivre… le jeune procureur attend sa mutation pour Paris. A Colombey-Les -Deux –Eglises, un festival cinématographique invite un acteur malade et hors circuit. Une jeune serveuse, adepte des reportages diffusés par Facebook, lui manifeste une admiration sans borne. Quant aux jurés, ils présentent les profils types des provinciaux aux idées préconçues, images stéréotypées qui conditionnent le refus ou l'acceptation par la défense.
Et là, l'idée originale qui livre le comique, l'humour, l'ironie de l'auteur frappe. L'avocat jette l'éponge, et confie la défense à l'acteur qui trouve là son dernier rôle ! Il faut compter avec l'intervention de la sous-préfète à la libido volcanique !
Chaque personnage joue son rôle dans une interprétation inhabituelle et décalée. L'auteur déroule un scénario improbable avec des regards tantôt justes, tantôt forcés. La petite fable judiciaire confine à la farce avec cette distance qui mêle humour et ironie. le roman n'est plus alors un policier, il s'apparente au scenario d'une comédie divertissante.
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YvPol
  10 octobre 2012
Hannelore Cayre sous-titre son livre, Petite fable judiciaire. Si elle avait fait appel à moi avant, je lui aurais suggéré plutôt : Petite farce judiciaire. Mais bon, tant pis pour vous Hannelore -vous permettez que je vous appelle Hannelore ?- vous avez préféré la jouer solo sans mon avis éclairé. Néanmoins, je ne vous en veux pas. D'abord parce votre sous-titre, bien que moins bon que le mien, il va sans dire, n'est pas mal non plus, et surtout parce que votre roman est très bien. Voilà, c'est dit, c'est clair.
Je suis passé par beaucoup de phases :
- celles où j'ai ri : Jean Bloyé est totalement désabusé, blasé. Il regarde la vie et son métier avec une ironie et une causticité permanentes. Etienne Marsant est dans le même genre, le cynisme en plus voire même la goujaterie que lui permet son statut de Star et dont il joue.
celles où je me suis insurgé, contre le racisme, l'homophobie et la xénophobie faciles et malheureusement crédibles du juge Anquetin
- celles où je ne pouvais croire la tournure ubuesque que prenait l'histoire, mais elle me faisait rire, donc ça passait.
- celles où je me suis énervé contre le parisianisme exacerbé de Anne Bloyé (Pitié, Hannelore, dites-moi que ce n'est que votre personnage et pas vous !)
- celles ou j'ai ri de nouveau
- celles où je me suis dit : (je me cite, alors, je mets mes propos en italique) "mais finalement, les réflexions de Jean sur le monde actuel, sur cette mode de faire d'un ado, Augusteen Granger -ersatz de Justin Bieber- un modèle pour des millions d'autres ados, les remarques sur la futilité de ce qu'on nous présente comme étant la culture, de ceux qu'on nous dit être les nouvelles stars, mais qui comme les étoiles filantes ne dureront que le temps de les voir s'éteindre (c'est beau, on dirait du Verlaine), la tendance à prendre comme baromètre de la société un pré-pubère chantonnant des niaiseries qui masque les inégalités, les violences de cette même société, tout cela est assez proche de ce que je peux penser. Oh, non, Yv tu es vieux ! Désabusé, blasé, comme Jean ! Mais que nenni, je vais résister !
Voilà donc mes différents états d'esprit en lisant ce roman, qui emporte l'adhésion, très aisément, grâce également à une écriture, drôle, caustique, franche. Chez Hannelore, un chat est un chat et un con un con ! Elle mène son histoire à un rythme qui ne laisse pas de temps mort, pas de répit à ses lecteurs. Et, cerise sur le gâteau, à chaque fois qu'un nouveau personnage apparaît, on a le droit à une description détaillée, moqueuse voire méchante mais tellement jouissive. En l'espèce, la sélection des jurés pour le procès est un vrai régal.
Lien : http://lyvres.over-blog.com/
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
aideraider   19 janvier 2018
Rassurez -vous , c'est normal que tout cela vous paraisse compliqué : ma génération a structuré sa pensée au moyen de liens hypertextes alors que la vôtre a appris grâce aux livres. C'est pour ça que les sociologues vous appellent la génération Gutenberg.
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collectifpolarcollectifpolar   29 août 2020
Pour canaliser ce trop-plein d’énergie, faute de ne pouvoir être pour de vrai le pompier d’une plateforme pétrolière en feu, le héros d’une révolution ou un chirurgien opérant sous les bombes, il le déversait dans le moule des rôles qu’on lui proposait, buvait comme un trou et s’abrutissait de cachets comme un damné. Ainsi, pendant trente années, il avait enchaîné comme un boulimique les films, y donnant toute sa voix, tous ses effets, sans le moindre contentement. Il avait été plus de cinquante hommes différents à l’écran : flic, chômeur, aristocrate, médecin, pilote de course, amoureux, résistant, poète… mais à chaque succès qu’il atteignait, à chaque distinction qu’il obtenait, il ne s’arrêtait que pour mépriser son triomphe. Enquillant parfois cinq films dans l’année, il se jetait sur tous les projets et, avec la rage d’un gamin qui arrache les emballages des paquets-cadeaux à la recherche d’un joujou qu’il ne trouve pas, il torturait ses personnages jusqu’au sublime.… Ce fut dans cette escalade qu’un infarctus vint lui déchirer littéralement le cœur en deux. Les médecins l’avaient récupéré de justesse en le rafistolant avec des morceaux de chair et de plastique et avaient fait naître en lui la peur de la mort. Une peur panique, du genre de celle qui vous fait vous planquer sous le caillou de votre aquarium pour que Dieu ne vous remarque surtout plus.
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umezzuumezzu   04 novembre 2018
- Vous savez, ici, à la base, y a pas de boulot. Les gars qui sont restés, c'est ceux qui n'ont pas pu partir. les mecs du coin, quoi... Enfin, vous voyez... le genre tise, foot, shit et compagnie.
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YvPolYvPol   10 octobre 2012
Anquetin est un gros con. Pas d'une gentille connerie débonnaire... Non... D'une connerie butée, contente d'elle-même. Son esprit est un rendez-vous de banalités racistes et de préjugés épidermiques. Et si un avocat ose lui démontrer qu'une chose n'est pas comme il croit qu'elle est, il prend un air dédaigneux qui s'opiniâtre à mesure qu'il insiste. (p.65)
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collectifpolarcollectifpolar   29 août 2020
– Un crime passionnel… C’est bien, ça, de nous le placer en début de session. Les jurés adorent qu’on leur déballe les mystères du lit conjugal… Même ceux qui n’ont pas été tirés au sort restent.… Ils sont au spectacle. Vous prévoyez trois jours, pourquoi si peu ? l’interrogea Anquetin, la bouche pleine.


Le jeune procureur, en fixant l’énorme morceau de Morteau gisant dans son assiette, fut assailli par une pensée parasite. Avec un pincement au cœur il se souvint de la petite salade de gésiers dégustée juste la veille en compagnie de son prof de natation des Gay Dauphins à la terrasse d’un restaurant de Paris.
Il chassa de son esprit cette image en se concentrant sur sa Morteau. Cette session serait enfin la dernière qu’il passerait dans cet obscur purgatoire de province. Tulle, Guéret, Chaumont… Il les avait tous faits, ces tribunaux. Sept longues années de nourriture toxique, de portions trop grosses et de salles de gym pourries avant d’avoir le droit d’être muté à Paris. Encore un peu de patience et il accèderait enfin au bonheur mérité par son âme raffinée de pédé.
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