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ISBN : 2757871099
Éditeur : Points (08/03/2018)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 215 notes)
Résumé :
« On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.

– Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.

J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  15 avril 2017
J'adore Hannelore Cayre, c'est ma Daronne du polar à moi. On l'attendait depuis 2012, et enfin, La Daronne revient. Aussi fou que Ground XO, aussi incisif que Commis d'office, le roman est du kif en barre: 170 pages sur la morne existence de Patience Portefeux, veuve de 53 ans mère de deux enfants, fille d'une grabataire placée dans une EPHAD, traductrice judiciaire mal rémunérée, et qui un jour, franchit la ligne rouge.
Il faut dire que Patience a de qui tenir. Fille d'un pied-noir PDG véreux, elle a vécu au rythme des magouilles du paternel, passé de l'argent dans ses robes à smocks, appris à se servir d'un 357 Magnum. Grâce aux écoutes téléphoniques qu'elle retranscrit de l'arabe au français pour les enquêteurs judiciaires, Patience sait tout du trafic de drogue, des tarifs et des réseaux. C'est un Master en Deal obtenu sur écoute, "La vie des autres" à la sauce chichon. A la manière de Gerd Wiesler, le capitaine de la Stasi, Patience se prend d'intérêt pour une famille de trafiquants marocains et s'immisce à distance dans leur existence, jusqu'à ce que le destin lui offre une occasion inespérée de toucher elle aussi sa part du gâteau.
La Daronne est un portrait de femme que l'on oublie pas. Quinquagénaire brisée par son veuvage et son déclassement, épuisée par une lutte quotidienne d'abord pour élever ses enfants, ensuite pour subvenir aux besoins de sa mère malade, la vraie Patience est restée en sommeil trop d'années. Le réveil brutal de la Femme qu'elle fut un jour va bouleverser sa vie et celle de ceux qui sont sur écoute: " Je me suis déshabillée et me suis plantée devant le miroir de la salle de bains pour retirer mes lentilles de contact mais, en me regardant, j'ai eu un choc en voyant le visage fermé qui me fixait (…). Qu'est-ce que j'allais devenir, moi qui n'avais ni retraite ni sécu. Je n'avais rien à part mes forces déclinantes. Pas le monde sou de côté, mes maigres économies s'étant volatilisées dans l'agonie de ma mère aux Eoliades. Lorsque je n'aurais plus la force de travailler, je me voyais pourrir sans soin dans mon immeuble peuplé de Chinois qui m'empêcheraient de dormir avec leurs criailleries insupportables. »
Ce constat amer fait un jour dans un appartement moche de Belleville va transformer la veuve Portefeux en Daronne, et permettre à l'auteure de mettre au coeur de ce polar concis et percutant d'autres daronnes, à commencer par la mère de Patience, une ashkénaze rescapée des camps de la mort.
Hannelore Cayre n'a rien perdu de sa verve ni de son humour. On aime sa plume incisive, son ironie, la justesse des personnages si prestement et justement croqués. Avec elle tout coule de source, c'est enlevé et efficace, l'intrigue file à la vitesse d'un Go Fast remontant vers Paris. Dommage, c'est trop court.
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iris29
  07 mai 2017
Si vous souhaitez un polar français social, original , cash, rythmé et caustique , adoptez La Daronne .
Ou et comment passer du côté obscur de la loi ...
Avant, La Daronne , c'était Patience Portefeux : 53 ans , veuve, deux filles adultes et une mère qu'elle doit assumer financièrement et qui vit en EPHAD .
Avant, Patience , elle était employée modèle auprès du ministère de la justice , elle traduisait, de l'arabe, des écoutes téléphoniques de dealers ou autres sauvageons .
Et puis, un jour, elle a réalisé ( amère...),que le Ministère, la payait au black, qu'elle n'aurait pas de retraite, et qu'elle ne laisserait rien à ses filles comme héritage . Disparue la gentille Patience désormais , she's bad .
Coucou," le peuple de l'herbe", son surnom sera La Daronne et elle est plutôt futée comme mère ...
Hannelore Cayre , avocate de métier , nous livre un roman époustouflant d'originalité , sur le trafic de drogue mais pas que ... Elle traite avec autant de maestria le sort des personnes âgées dépendantes , le fardeau financier et émotionnel que cela représente pour leurs proches .
172 pages de pur ravissement en compagnie d'une ménagère de plus de cinquante ans maline et affutée qui dépote .
Sur la vie d'ma mère , j'te jure qu'elle déchire grave , cette Daronne ...
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domisylzen
  10 janvier 2018
C'est vrai qu'en ce premier samedi du mois de novembre, c'est un temps à bouquiner, comme me le faisait remarquer un membre de Babelio. Et puis que faire d'autre, à peine assis dans le fauteuil en face de la porte-fenêtre, Lily s'est littéralement scotché sur mes genoux et je sens bien qu'il ne faut pas que le dérange.
J'attrape le livre sans trop bouger pour éviter quelques grognements de lassitude.
J'ai commencé hier soir à pénétrer le découragement de l'existence de Patience Portefeux. Son mari décédé, elle erre entre la maison de retraite ou sa mère est enfermée, euh pardon résidente, et son boulot de traductrice judiciaire.
Mal payée et d'une manière fort peu légale, elle traduit de l'arabe aux français les conversations téléphoniques entre truands, les comptes rendus d'enquête ou les auditions de suspects.
Grâce à son boulot elle est courant de tous les faits et gestes de la racaille locale. Elle va franchir la ligne jaune sans aucun scrupule, le hasard lui permettant de récupérer un petit paquet de shit. 1200 kilos. Une paille. Et du meilleur en plus. L'a été à bonne école la daronne, papa a par le passé oeuvré déjà de ce côté-là.
Avec ce livre j'oublie le vent, la pluie été le froid qui règne dehors, les jambes crispées de ne pouvoir bouger. Car c'est un polar qui fait du bien. Bien sûr l'histoire est un peu loufoque mais quel plaisir de lire la verve de cet auteur que je ne connaissais pas. le rythme du récit est intense et les stratagèmes développés pour échapper aux flics sont tous plus incroyables les uns que les autres. Dans ce policier contemporain, la description des personnages est plus vrai que nature, ça sent le vécu à plein nez. L'humour est omniprésent et quand je relève la tête au mot fin je suis tout surpris qu'il fasse déjà nuit.
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Kittiwake
  30 décembre 2017
Bien curieux polar, qui se distingue tant par le style que par la personnalité et les frasques du personnage principal, Patience Hortefeux. Avec un nom comme ça, on pourrait croire que l'action se déroule au Québec. Mais non, on est à Paris, au Ministère de la justice, où Patience se consacre à une activité particulière : elle traduit les écoutes téléphoniques passées entre dealers et trafiquants. Son enfance bilingue et tortueuse la destinait à ce job peu banal.
Tout le problème est que quand on vit seule à 53 ans, avec une mère en maison de retraite, et des enfants, certes adultes, mais à qui on aimerait donner un coup de pouce, la tentation est grande de basculer du côté obscur….
Derrière la fantaisie du personnage, qui un atout majeur du roman, se dessinent en filigrane des questions de société bien communes : le quotidien peu enviable d'une femme seule, le dilemme de cette génération prise en étau entre des parents âgés et invalides et des enfants que la société infantilise au-delà du raisonnable, le travail au noir, y compris dans des instances officielles. Derrière tout cela, un miroir aux alouettes : trouver de l'argent pour apporter une solution partielle à tous ces problèmes.
Sujets graves, mais traités avec beaucoup d'humour dans un style impeccable.
On imagine immédiatement le film qui pourrait s'en inspirer.
Récompensé à juste titre, ce polar est un indispensable, pour sortir des clichés devenus classiques du vieux flic à casseroles (que l'on peut malgré tout apprécier de retrouver, à ceci près que l'on n'aura pas comme ici la surprise de découvrir une histoire originale ).
Auteur à suivre
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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jeunejane
  21 août 2017
Patience a grandi dans un milieu tout à fait atypique où son père se livrait à des transports plus ou moins louches avec les pays orientaux. Elle a étudié les langues arabes de façon approfondie.
Après la perte de son mari très apprécié, elle effectue des traductions pour le ministère de la Justice.
Son travail n'est pas déclaré. Elle assume ses deux filles et sa mère placée en maison de soins.
Elle demande à ne pas traduire les propos des terroristes car c'est humainement trop difficile.
C'est ainsi qu'elle est amenée à traduire des communications entre dealers marocains qui trafiquent de la drogue dont les plantes sont cultivées au Maroc, préparées et acheminées en France via l'Espagne.
Elle en arrive à éprouver beaucoup d'empathie pour eux et à connaître les ficelles de ce trafic illicite.
Réduite à la pauvreté, Patience Portefeux va avoir l'idée et surtout l'opportunité de passer de l'autre côté de la barrière et devenir à son tour revendeuse de drogue et blanchisseuse d'argent et ce, après 25 ans passés du côté "honnête".
Elle en prend des risques notre dame Patience surnommée "La Daronne".
Hannelore Cayre a un très beau style d'écriture,des références à la littérature, un humour on ne peut plus direct et caustique et un sens de la mise en scène perfectionné. Je vois bien le livre transposé au cinéma.
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critiques presse (2)
Telerama   21 juin 2017
Très juste et extrêmement drôle, ce roman noir bien serré est porté par une vigueur insolente, avec une vraie réflexion sociale et politique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   27 mars 2017
Au regard du reste de la production polar qui abonde en pavés, «la Daronne» est maigre, 172 pages. «La Daronne» est en réalité plein, pléthorique, et autant poignant que bidonnant.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
domisylzendomisylzen   21 mai 2018
On pouvait même dire sans exagérer que ça débordait de toute ma personne comme un égout après l'orage. Je m'observais en détail. Mes seins, mes cuisses, mes bras … tout était devenu une cause perdue. Mon corps entier appelait au secours. Je devais me rendre à l'évidence : je devenais vieille.
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OxoOxo   23 mai 2018
Vraiment excellent : on passe de délicieux moments avec la protagoniste. On lâche le bouquin avec regret... vivement le prochain !
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canelcanel   12 mai 2018
- Ils disent que les vieux doivent s'hydrater, mais je trouve régulièrement non entamées les petites bouteilles d'Evian que je lui apporte, parce que personne ne lui donne à boire... Et les jours où je ne suis pas là pour le nourrir, on lui pose le plateau-repas dans sa chambre et on ferme sa porte. 'Bon appétit, Monsieur Léger', mais qu'il mange ou non, tout le monde s'en fout... Et ma mère, vous avez vu comment ils l'ont habillée ? Elle porte un pull en laine alors qu'il fait 35... Et la fugue... Elle a été heurtée par une voiture sur la rampe d'accès du périphérique, comme un chien... Vous vous rendez compte si elle était allée plus loin ? Et la directrice qui nous demande de rembourser le bracelet antifugue qu'elle a arraché... Mais où passe tout ce qu'on paie ?
Chaque doléance contre l'institution relançait et nourrissait les sanglots de la fille. Ça aurait pu durer des heures, tant la situation de cette famille, que je connaissais par coeur, était atroce.
(p. 128-129)
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canelcanel   07 mai 2018
Au début ça me faisait marrer et puis un jour ça ne m'a plus fait rire du tout.
J'assistais un pauvre Algérien dans une audience d'indemnisation de la détention provisoire. C'est une juridiction civile où l'on débat du montant du dédommagement que l'Etat doit verser à un innocent pour avoir gâché sa vie. Ce jour-là, ce défilé d'erreurs judiciaires se tenait devant un magistrat particulièrement exécrable qui toisait chaque comparant d'une moue narquoise du genre 'Vous, innocent, et puis quoi encore...'
L'Arabe en question, un ouvrier du bâtiment qui avait ravalé la façade d'un immeuble où logeait une cinglée, avait fait deux ans et demi de détention provisoire pour un viol qu'il n'avait pas commis avant d'être acquitté par la Cour d'Assises après la rétractation de ladite cinglée.
Il m'avait tenu la jambe pendant l'heure qui avait précédé l'audience pour m'expliquer à quel point ce moment comptait pour lui, voyant là enfin une occasion de déballer tout ce qu'il avait sur le coeur : la promiscuité en prison, les brimades que ses codétenus réservaient aux pointeurs comme lui, les deux douches par semaine, sa femme repartie au bled avec ses enfants, sa famille qui ne lui parlait plus, son logement qu'il avait perdu... Il avait tant de choses à dire. Le tribunal aurait pu l'écouter cinq minutes, ne serait-ce que pour s'excuser qu'un juge d'instruction ait foutu sa vie en l'air pour l'avoir maintenu sans preuve en détention durant trente mois. Eh bien non, le président, méprisant, l'a coupé net : 'Monsieur, vous travailliez au noir à l'époque. Vous n'avez aucune prétention à réclamer quoi que ce soit. Pour nous, vous n'existez même pas !'
Je ne trouvais plus mes mots en arabe [pour lui traduire] tellement j'avais honte. Je n'arrivais même pas à le regarder en face. J'ai commencé par balbutier et puis c'est sorti tout seul : 'Moi aussi, monsieur le Président, je suis payée au noir, et par le Ministère de la Justice, en plus. Alors puisque je n'existe pas, débrouillez-vous sans moi !' Et je suis partie, laissant tout en plan.
(p. 28-29)
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PecosaPecosa   15 avril 2017
Son rêve avait été de monter un garage de voitures de luxe sur la Côte d'Azur. Il s'était conformé à tout ce que la société attendait de lui: ne pas traîner, se tenir à carreau, s'appliquer à l'école puisqu'il avait eu son B.T.S. conception et réalisation de carrosseries avec une mention très bien. Malgré tous ses efforts, à la sortie des études, il avait pris en pleine face le Grand Mensonge français. La méritocratie scolaire -opium du peuple dans un pays où on n'embauche plus personne, encore moins un Arabe- ne lui apporterait pas les moyens de financer ses rêves. Alors, on lieu de rester à bovaryser avec ses copains en bas de sa barre d'immeuble ou de fournir Daech en chair à canon, il était parti vivre dans le pays de ses parents avec son B.T.S. en poche et l'idée d'en repartir au plus vite..
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Avec La Daronne, Hannelore Cayre a réussi un joli coup. Elle a reçu le prix du Meilleur polar Européen
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