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ISBN : 2757871099
Éditeur : Points (08/03/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.88/5 (sur 365 notes)
Résumé :
« On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.

– Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.

J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (139) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  15 avril 2017
J'adore Hannelore Cayre, c'est ma Daronne du polar à moi. On l'attendait depuis 2012, et enfin, La Daronne revient. Aussi fou que Ground XO, aussi incisif que Commis d'office, le roman est du kif en barre: 170 pages sur la morne existence de Patience Portefeux, veuve de 53 ans mère de deux enfants, fille d'une grabataire placée dans une EPHAD, traductrice judiciaire mal rémunérée, et qui un jour, franchit la ligne rouge.
Il faut dire que Patience a de qui tenir. Fille d'un pied-noir PDG véreux, elle a vécu au rythme des magouilles du paternel, passé de l'argent dans ses robes à smocks, appris à se servir d'un 357 Magnum. Grâce aux écoutes téléphoniques qu'elle retranscrit de l'arabe au français pour les enquêteurs judiciaires, Patience sait tout du trafic de drogue, des tarifs et des réseaux. C'est un Master en Deal obtenu sur écoute, "La vie des autres" à la sauce chichon. A la manière de Gerd Wiesler, le capitaine de la Stasi, Patience se prend d'intérêt pour une famille de trafiquants marocains et s'immisce à distance dans leur existence, jusqu'à ce que le destin lui offre une occasion inespérée de toucher elle aussi sa part du gâteau.
La Daronne est un portrait de femme que l'on oublie pas. Quinquagénaire brisée par son veuvage et son déclassement, épuisée par une lutte quotidienne d'abord pour élever ses enfants, ensuite pour subvenir aux besoins de sa mère malade, la vraie Patience est restée en sommeil trop d'années. Le réveil brutal de la Femme qu'elle fut un jour va bouleverser sa vie et celle de ceux qui sont sur écoute: " Je me suis déshabillée et me suis plantée devant le miroir de la salle de bains pour retirer mes lentilles de contact mais, en me regardant, j'ai eu un choc en voyant le visage fermé qui me fixait (…). Qu'est-ce que j'allais devenir, moi qui n'avais ni retraite ni sécu. Je n'avais rien à part mes forces déclinantes. Pas le monde sou de côté, mes maigres économies s'étant volatilisées dans l'agonie de ma mère aux Eoliades. Lorsque je n'aurais plus la force de travailler, je me voyais pourrir sans soin dans mon immeuble peuplé de Chinois qui m'empêcheraient de dormir avec leurs criailleries insupportables. »
Ce constat amer fait un jour dans un appartement moche de Belleville va transformer la veuve Portefeux en Daronne, et permettre à l'auteure de mettre au coeur de ce polar concis et percutant d'autres daronnes, à commencer par la mère de Patience, une ashkénaze rescapée des camps de la mort.
Hannelore Cayre n'a rien perdu de sa verve ni de son humour. On aime sa plume incisive, son ironie, la justesse des personnages si prestement et justement croqués. Avec elle tout coule de source, c'est enlevé et efficace, l'intrigue file à la vitesse d'un Go Fast remontant vers Paris. Dommage, c'est trop court.
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DanD
  02 décembre 2018
En classe de cinquieme le prof de sciences naturelles nous parlait des effets du vent. Il allait et venait entre les bancs, faisant lui-meme beaucoup de vent, sans s'apercevoir de l'Agatha Christie ouvert sur mes genoux. En classe de premiere, mon prof de philo, un moine bienveillant en sandales, s'ingeniait a ne pas deranger ma lecture d'un Simenon. J'ai donc de toujours prefere la philo aux sciences. Mais depuis, les americains ont debarque et ont democratise mes gouts. Ce n'est pas que j'aime tout, loin de la. Je n'aime pas les torrents de sang, je supporte mal le gore, je goute l'exploration sociale, j'apprecie l'humour.
La daronne est ma tasse de the. Une paumee sympathique, qui s'avere pas si paumee que ca, et qui reussit son coup, au nez et a l'oeil de voyous et de policiers, qui ne tue personne mais berne tout le monde, ca a de quoi me mettre en joie. Apres une lecture pareille je garde le sourire pendant des jours, je deviens plus attentionne envers mes proches et mes voisins, c'est le moment ideal pour rediger ma declaration d'impots.
Alors pour que la morosite ambiante ne vous fasse hospitaliser, un remede: La daronne (ou La reine des pommes de Chester Himes, ou Adios muchachos de Daniel Chavarria. Mme Hannelore Cayre fait partie de la bonne societe).
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iris29
  07 mai 2017
Si vous souhaitez un polar français social, original , cash, rythmé et caustique , adoptez La Daronne .
Ou et comment passer du côté obscur de la loi ...
Avant, La Daronne , c'était Patience Portefeux : 53 ans , veuve, deux filles adultes et une mère qu'elle doit assumer financièrement et qui vit en EPHAD .
Avant, Patience , elle était employée modèle auprès du ministère de la justice , elle traduisait, de l'arabe, des écoutes téléphoniques de dealers ou autres sauvageons .
Et puis, un jour, elle a réalisé ( amère...),que le Ministère, la payait au black, qu'elle n'aurait pas de retraite, et qu'elle ne laisserait rien à ses filles comme héritage . Disparue la gentille Patience désormais , she's bad .
Coucou," le peuple de l'herbe", son surnom sera La Daronne et elle est plutôt futée comme mère ...
Hannelore Cayre , avocate de métier , nous livre un roman époustouflant d'originalité , sur le trafic de drogue mais pas que ... Elle traite avec autant de maestria le sort des personnes âgées dépendantes , le fardeau financier et émotionnel que cela représente pour leurs proches .
172 pages de pur ravissement en compagnie d'une ménagère de plus de cinquante ans maline et affutée qui dépote .
Sur la vie d'ma mère , j'te jure qu'elle déchire grave , cette Daronne ...
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Kirzy
  17 juin 2018
Chère Daronne
Ok t'es pas bien épaisse avec tes 172 pages et dans un combat de free fight , t'aurais pas fait le poids face aux gros pavés polardeux du moment. Mais merci, au moins me suis pas pétée les biscotos à te tenir à bout de bras dans mon pieu.
T'as du bol, la Daronne, d'être tombée sur une auteure aussi douée qu'Hannelore Cayre ! Quelle verve pour décrire tes aventures de badass veuve ménopausée faisant des traductions d'arabe pour la brigade des stups puis reprenant sa vie en main pour devenir la reine du shit ! Qu'est-ce que je me suis marrée ! je me marre encore en repensant à la scène du Quick Hallal de Fleury, aux dialogues truculents qui font mouche à chaque fois comme ceux avec la voisine chinoise Colette Fo ou avec les trafiquants débiles que tu contactes pour écouler ton stock de came.
Tu m'as touchée aussi lorsque tu te débats avec ta mère complètement cramée dans son EPHAD indigne, lorsque tu repenses à ton enfance, à ta maison au bord de l'autoroute, à ton véreux de père.
Sacré bouquin qui renouvelle complètement le genre en hybridant réflexion sociale et politique, humour et polar sur fond de trafic de drogue. Culotté, jubilatoire, politiquement incorrect, féministe, pari réussi  quoi !
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domisylzen
  10 janvier 2018
C'est vrai qu'en ce premier samedi du mois de novembre, c'est un temps à bouquiner, comme me le faisait remarquer un membre de Babelio. Et puis que faire d'autre, à peine assis dans le fauteuil en face de la porte-fenêtre, Lily s'est littéralement scotché sur mes genoux et je sens bien qu'il ne faut pas que le dérange.
J'attrape le livre sans trop bouger pour éviter quelques grognements de lassitude.
J'ai commencé hier soir à pénétrer le découragement de l'existence de Patience Portefeux. Son mari décédé, elle erre entre la maison de retraite ou sa mère est enfermée, euh pardon résidente, et son boulot de traductrice judiciaire.
Mal payée et d'une manière fort peu légale, elle traduit de l'arabe aux français les conversations téléphoniques entre truands, les comptes rendus d'enquête ou les auditions de suspects.
Grâce à son boulot elle est courant de tous les faits et gestes de la racaille locale. Elle va franchir la ligne jaune sans aucun scrupule, le hasard lui permettant de récupérer un petit paquet de shit. 1200 kilos. Une paille. Et du meilleur en plus. L'a été à bonne école la daronne, papa a par le passé oeuvré déjà de ce côté-là.
Avec ce livre j'oublie le vent, la pluie été le froid qui règne dehors, les jambes crispées de ne pouvoir bouger. Car c'est un polar qui fait du bien. Bien sûr l'histoire est un peu loufoque mais quel plaisir de lire la verve de cet auteur que je ne connaissais pas. le rythme du récit est intense et les stratagèmes développés pour échapper aux flics sont tous plus incroyables les uns que les autres. Dans ce policier contemporain, la description des personnages est plus vrai que nature, ça sent le vécu à plein nez. L'humour est omniprésent et quand je relève la tête au mot fin je suis tout surpris qu'il fasse déjà nuit.
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critiques presse (2)
Telerama   21 juin 2017
Très juste et extrêmement drôle, ce roman noir bien serré est porté par une vigueur insolente, avec une vraie réflexion sociale et politique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   27 mars 2017
Au regard du reste de la production polar qui abonde en pavés, «la Daronne» est maigre, 172 pages. «La Daronne» est en réalité plein, pléthorique, et autant poignant que bidonnant.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   16 mars 2019
J'ai signé les papiers que me présentait la directrice et, de la même manière dont on se débarrasse avec hâte d'un gros animal qui pue, elle a appelé l'ambulance pour qu'on embarque aussitôt [ma mère] vers l'ultime case du jeu de l'oie de la déchéance humaine : le centre de soins palliatifs.
Page 75
Commenter  J’apprécie          90
gavarneurgavarneur   13 mars 2019
Caméléon qui louche n'amasse pas mouche.
(Titre du chapitre 4)
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ZilizZiliz   07 mai 2018
Au début ça me faisait marrer et puis un jour ça ne m'a plus fait rire du tout.
J'assistais un pauvre Algérien dans une audience d'indemnisation de la détention provisoire. C'est une juridiction civile où l'on débat du montant du dédommagement que l'Etat doit verser à un innocent pour avoir gâché sa vie. Ce jour-là, ce défilé d'erreurs judiciaires se tenait devant un magistrat particulièrement exécrable qui toisait chaque comparant d'une moue narquoise du genre 'Vous, innocent, et puis quoi encore...'
L'Arabe en question, un ouvrier du bâtiment qui avait ravalé la façade d'un immeuble où logeait une cinglée, avait fait deux ans et demi de détention provisoire pour un viol qu'il n'avait pas commis avant d'être acquitté par la Cour d'Assises après la rétractation de ladite cinglée.
Il m'avait tenu la jambe pendant l'heure qui avait précédé l'audience pour m'expliquer à quel point ce moment comptait pour lui, voyant là enfin une occasion de déballer tout ce qu'il avait sur le coeur : la promiscuité en prison, les brimades que ses codétenus réservaient aux pointeurs comme lui, les deux douches par semaine, sa femme repartie au bled avec ses enfants, sa famille qui ne lui parlait plus, son logement qu'il avait perdu... Il avait tant de choses à dire. Le tribunal aurait pu l'écouter cinq minutes, ne serait-ce que pour s'excuser qu'un juge d'instruction ait foutu sa vie en l'air pour l'avoir maintenu sans preuve en détention durant trente mois. Eh bien non, le président, méprisant, l'a coupé net : 'Monsieur, vous travailliez au noir à l'époque. Vous n'avez aucune prétention à réclamer quoi que ce soit. Pour nous, vous n'existez même pas !'
Je ne trouvais plus mes mots en arabe [pour lui traduire] tellement j'avais honte. Je n'arrivais même pas à le regarder en face. J'ai commencé par balbutier et puis c'est sorti tout seul : 'Moi aussi, monsieur le Président, je suis payée au noir, et par le Ministère de la Justice, en plus. Alors puisque je n'existe pas, débrouillez-vous sans moi !' Et je suis partie, laissant tout en plan.
(p. 28-29)
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RoggyRoggy   27 octobre 2018
- Ecoutez : ma mère va mourir dans les jours qui viennent. On l’a amenée dans un service soins palliatifs, il y a deux heures, pour une sédation profonde. Je pense que ça vous parle, vous qui aimez les bêtes. J’en ai amené deux à piquer alors je sais ce que c’est. Ils vous regardent quand on les endort et luttent pour que leurs yeux ne se ferment pas. Et vous savez pourquoi ? pour emmener avec eux une image de vous parce qu’ils vous chérissent et savent qu’ils ne vous verront plus. C’est intelligent un chien, c’est pas comme les gens… Ma mère n’aura même pas la chance d’un chien.

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PecosaPecosa   15 avril 2017
Son rêve avait été de monter un garage de voitures de luxe sur la Côte d'Azur. Il s'était conformé à tout ce que la société attendait de lui: ne pas traîner, se tenir à carreau, s'appliquer à l'école puisqu'il avait eu son B.T.S. conception et réalisation de carrosseries avec une mention très bien. Malgré tous ses efforts, à la sortie des études, il avait pris en pleine face le Grand Mensonge français. La méritocratie scolaire -opium du peuple dans un pays où on n'embauche plus personne, encore moins un Arabe- ne lui apporterait pas les moyens de financer ses rêves. Alors, on lieu de rester à bovaryser avec ses copains en bas de sa barre d'immeuble ou de fournir Daech en chair à canon, il était parti vivre dans le pays de ses parents avec son B.T.S. en poche et l'idée d'en repartir au plus vite..
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Videos de Hannelore Cayre (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hannelore Cayre
Patrick Raynal, conseiller littéraire du Festival du Livre vous présente Hannelore Cayre. La Daronne (Métailié, 2017) raconte comment, lorsqu?on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l?existence? qu?on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l?eau tout en élevant ses enfants? qu?on a servi la justice sans faillir, en traduisant des milliers d?heures d?écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir? on en arrive à franchir la ligne jaune.
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