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ISBN : 1022606077
Éditeur : Métailié (09/03/2017)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 122 notes)
Résumé :
« On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.

– Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.

J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  15 avril 2017
J'adore Hannelore Cayre, c'est ma Daronne du polar à moi. On l'attendait depuis 2012, et enfin, La Daronne revient. Aussi fou que Ground XO, aussi incisif que Commis d'office, le roman est du kif en barre: 170 pages sur la morne existence de Patience Portefeux, veuve de 53 ans mère de deux enfants, fille d'une grabataire placée dans une EPHAD, traductrice judiciaire mal rémunérée, et qui un jour, franchit la ligne rouge.
Il faut dire que Patience a de qui tenir. Fille d'un pied-noir PDG véreux, elle a vécu au rythme des magouilles du paternel, passé de l'argent dans ses robes à smocks, appris à se servir d'un 357 Magnum. Grâce aux écoutes téléphoniques qu'elle retranscrit de l'arabe au français pour les enquêteurs judiciaires, Patience sait tout du trafic de drogue, des tarifs et des réseaux. C'est un Master en Deal obtenu sur écoute, "La vie des autres" à la sauce chichon. A la manière de Gerd Wiesler, le capitaine de la Stasi, Patience se prend d'intérêt pour une famille de trafiquants marocains et s'immisce à distance dans leur existence, jusqu'à ce que le destin lui offre une occasion inespérée de toucher elle aussi sa part du gâteau.
La Daronne est un portrait de femme que l'on oublie pas. Quinquagénaire brisée par son veuvage et son déclassement, épuisée par une lutte quotidienne d'abord pour élever ses enfants, ensuite pour subvenir aux besoins de sa mère malade, la vraie Patience est restée en sommeil trop d'années. Le réveil brutal de la Femme qu'elle fut un jour va bouleverser sa vie et celle de ceux qui sont sur écoute: " Je me suis déshabillée et me suis plantée devant le miroir de la salle de bains pour retirer mes lentilles de contact mais, en me regardant, j'ai eu un choc en voyant le visage fermé qui me fixait (…). Qu'est-ce que j'allais devenir, moi qui n'avais ni retraite ni sécu. Je n'avais rien à part mes forces déclinantes. Pas le monde sou de côté, mes maigres économies s'étant volatilisées dans l'agonie de ma mère aux Eoliades. Lorsque je n'aurais plus la force de travailler, je me voyais pourrir sans soin dans mon immeuble peuplé de Chinois qui m'empêcheraient de dormir avec leurs criailleries insupportables. »
Ce constat amer fait un jour dans un appartement moche de Belleville va transformer la veuve Portefeux en Daronne, et permettre à l'auteure de mettre au coeur de ce polar concis et percutant d'autres daronnes, à commencer par la mère de Patience, une ashkénaze rescapée des camps de la mort.
Hannelore Cayre n'a rien perdu de sa verve ni de son humour. On aime sa plume incisive, son ironie, la justesse des personnages si prestement et justement croqués. Avec elle tout coule de source, c'est enlevé et efficace, l'intrigue file à la vitesse d'un Go Fast remontant vers Paris. Dommage, c'est trop court.
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iris29
  07 mai 2017
Si vous souhaitez un polar français social, original , cash, rythmé et caustique , adoptez La Daronne .
Ou et comment passer du côté obscur de la loi ...
Avant, La Daronne , c'était Patience Portefeux : 53 ans , veuve, deux filles adultes et une mère qu'elle doit assumer financièrement et qui vit en EPHAD .
Avant, Patience , elle était employée modèle auprès du ministère de la justice , elle traduisait, de l'arabe, des écoutes téléphoniques de dealers ou autres sauvageons .
Et puis, un jour, elle a réalisé ( amère...),que le Ministère, la payait au black, qu'elle n'aurait pas de retraite, et qu'elle ne laisserait rien à ses filles comme héritage . Disparue la gentille Patience désormais , she's bad .
Coucou," le peuple de l'herbe", son surnom sera La Daronne et elle est plutôt futée comme mère ...
Hannelore Cayre , avocate de métier , nous livre un roman époustouflant d'originalité , sur le trafic de drogue mais pas que ... Elle traite avec autant de maestria le sort des personnes âgées dépendantes , le fardeau financier et émotionnel que cela représente pour leurs proches .
172 pages de pur ravissement en compagnie d'une ménagère de plus de cinquante ans maline et affutée qui dépote .
Sur la vie d'ma mère , j'te jure qu'elle déchire grave , cette Daronne ...
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jeunejane
  21 août 2017
Patience a grandi dans un milieu tout à fait atypique où son père se livrait à des transports plus ou moins louches avec les pays orientaux. Elle a étudié les langues arabes de façon approfondie.
Après la perte de son mari très apprécié, elle effectue des traductions pour le ministère de la Justice.
Son travail n'est pas déclaré. Elle assume ses deux filles et sa mère placée en maison de soins.
Elle demande à ne pas traduire les propos des terroristes car c'est humainement trop difficile.
C'est ainsi qu'elle est amenée à traduire des communications entre dealers marocains qui trafiquent de la drogue dont les plantes sont cultivées au Maroc, préparées et acheminées en France via l'Espagne.
Elle en arrive à éprouver beaucoup d'empathie pour eux et à connaître les ficelles de ce trafic illicite.
Réduite à la pauvreté, Patience Portefeux va avoir l'idée et surtout l'opportunité de passer de l'autre côté de la barrière et devenir à son tour revendeuse de drogue et blanchisseuse d'argent et ce, après 25 ans passés du côté "honnête".
Elle en prend des risques notre dame Patience surnommée "La Daronne".
Hannelore Cayre a un très beau style d'écriture,des références à la littérature, un humour on ne peut plus direct et caustique et un sens de la mise en scène perfectionné. Je vois bien le livre transposé au cinéma.
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michfred
  08 octobre 2017
Un polar réjouissant d'anticonformisme et de cynisme! Et tout à fait politiquement incorrect!
La Daronne galvaude un doctorat en langues arabes en faisant, pour la BRB, des traductions assez pointues de conversations très codées entre dealers, captées sur les écoutes téléphoniques.
Elle met à profit des antécédents familiaux assez lourds -qui l'ont en quelque sorte destinée à la magouille- pour s'insinuer dans les dites conversations, y jouer un rôle et s'y faire un nom- enfin : un blaze- : celui de la Daronne.
La marge est mince entre une zélée auxiliaire de la justice et de la police et une authentique racaille, sherpa du sac Tati bourré de H, reine du blanchiment à coup de Chamonix orange- je vous laisse découvrir!
Tout ça dans les meilleures intentions du monde: le métier d'interprète ne nourrit pas sa femme, et quand on est veuve et mère de deux filles en plein cursus studiorum, il faut bien vivre et faire vivre!
Derrière l'humour, regard douloureux - très certainement autobiographique- sur les mouroirs de vieux, sur les soins palliatifs conçus comme de l'acharnement thérapeutique, et vision décapante de la misère des banlieues - sans travail, sans espoir, sans issue- mises en coupe réglée par de petits caïds à la limite de l'idiotie congénitale, ou par des machos barbus et incultes qui n'ont que le coran à la bouche sans l'avoir même jamais lu. Tandis que les femmes, elles, bossent, là où les Céfrancs ne veulent plus aller: elles bossent à l' hôpital, elles bossent à l'EPHAD, elles bossent à la crèche, elles bossent avec dévouement, avec empathie, avec courage, et surtout ,elles bossent pour peau de balle...
Alors parfois l'une d'elles passe la ligne jaune, comme Khadidja, comme Madame Fo.
Comme la Daronne.
On les comprend, on s'identifie à elles, on tremble qu'elles ne soient découvertes...
Ce sont les modernes héroïnes de ce monde sans pitié.
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Archie
  26 août 2017
Authentique polar, La Daronne est un livre malicieux, original, et accessoirement, très politiquement incorrect.
C'est un polar, mais la narratrice et personnage principale, la curieusement nommée Patience Portefeux, n'a rien à voir avec Julie Lescaut, le juge Larrieu, ou une femme d'honneur. Fille d'un riche trafiquant international n'ayant jamais connu de problème de conscience, elle a vécu une enfance et une jeunesse dorées dont elle garde un souvenir nostalgique. Des circonstances funestes ayant mis fin à cette période de vaches grasses, Patience – drôle de nom, vraiment ! – s'est trouvée dans l'obligation de travailler pour survivre et élever ses deux filles, puis pour payer les lourdes factures mensuelles d'un EHPAD. Je dis bien un EHPAD, et non un EPHAD ou un EPAHD comme il est écrit dans le livre, puisqu'il s'agit – suivez les majuscules ! – d'un Etablissement où est Hébergée la Personne Agée Dépendante qu'est devenue sa vieille mère grabataire.
Pour dégoter un emploi, Patience disposait d'un atout majeur : sa maîtrise parfaite de la langue arabe. Elle pourra aussi compter sur une absence totale de scrupules, une singularité atavique, à n'en point douter, mais qui ne se révélera chez elle qu'après vingt-cinq ans de bons et loyaux services mal rémunérés en tant que traductrice-interprète judiciaire. Engagée alors par la police des stups, où personne ne comprend l'arabe, elle a pour missions de participer à l'interrogatoire des suspects et de traduire les conversations enregistrées sur écoutes téléphoniques. Un job qui lui ouvrira le champ de tous les possibles.
Prudence prend conscience qu'elle a toutes les cartes en main pour manipuler les petits malfrats originaires du Maghreb, d'autant plus que l'écoute téléphonique des trafiquants et des dealers est un gisement inépuisable d'informations, dans lesquelles il semble suffire de piocher pour s'en mettre plein les fouilles.
La Daronne n'est pas le premier roman policier d'Hannelore Cayre, qui exerce la profession d'avocate pénaliste. À ce titre, elle côtoie depuis des années le monde des petits délinquants, pour lesquels elle semble éprouver un mélange de mésestime et d'affection. Dans La Daronne, elle imagine des entourloupes savoureuses au nez et à la barbe de malfrats maghrébins – des machos et des crétins, semble-t-il ! –, sans éveiller de soupçons chez les flics – dans l'ensemble gentils mais lourdingues –. Nul doute qu'Hannelore Cayer a créé le personnage de Patience à son image et qu'elle s'est projetée avec jubilation dans ses tribulations de tatie arnaqueuse.
J'ai rigolé en lisant certaines assertions de la narratrice. Elles ne me choquent pas personnellement, ni dans leur à-propos, ni dans leur causticité, mais je n'aurais pas osé les émettre moi-même. Hors Coluche, disparu il y a plus de trente ans, rares sont ceux qui ont pu se permettre ce genre d'humour. Les cibles : les Arabes, surtout les loubards des banlieues, on l'a déjà compris ; les femmes juives anciennes déportées, un rôle tenu par sa mère ; les vieux des deux sexes, cantonnés dans ces mouroirs dénommés EHPAD (Vous vous en rappelez la signification, j'espère). Elle ne rate pas non plus une occasion de chambrer un fonctionnaire amorphe ou un magistrat imbu de son statut, pressé de rendre une justice expéditive pour ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre.
Une syntaxe parfaite, des tournures empreintes d'humour, des phrases mâtinées d'argot et de mots arabes, tout cela m'a ramené des années en arrière lorsque, adolescent, je passais de San Antonio en San Antonio. Quant aux exploits inavouables de la Daronne, ils m'ont fait remonter encore plus loin, à ma lecture des aventures d'Arsène Lupin, et peut-être même – faudra que j'en parle à mon psy ! – à mon enthousiasme d'enfant lorsque Guignol rossait le gendarme.
Une histoire un peu loufoque, totalement immorale, très agréable à lire et qui m'a bien fait marrer.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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critiques presse (2)
Telerama   21 juin 2017
Très juste et extrêmement drôle, ce roman noir bien serré est porté par une vigueur insolente, avec une vraie réflexion sociale et politique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   27 mars 2017
Au regard du reste de la production polar qui abonde en pavés, «la Daronne» est maigre, 172 pages. «La Daronne» est en réalité plein, pléthorique, et autant poignant que bidonnant.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
domisylzendomisylzen   10 décembre 2017
Racistes de tout bord, sachez que la première et la dernière personne qui vous nourrira à la cuillère et qui lavera vos parties intimes est une femme que vous méprisez !
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PecosaPecosa   15 avril 2017
Son rêve avait été de monter un garage de voitures de luxe sur la Côte d'Azur. Il s'était conformé à tout ce que la société attendait de lui: ne pas traîner, se tenir à carreau, s'appliquer à l'école puisqu'il avait eu son B.T.S. conception et réalisation de carrosseries avec une mention très bien. Malgré tous ses efforts, à la sortie des études, il avait pris en pleine face le Grand Mensonge français. La méritocratie scolaire -opium du peuple dans un pays où on n'embauche plus personne, encore moins un Arabe- ne lui apporterait pas les moyens de financer ses rêves. Alors, on lieu de rester à bovaryser avec ses copains en bas de sa barre d'immeuble ou de fournir Daech en chair à canon, il était parti vivre dans le pays de ses parents avec son B.T.S. en poche et l'idée d'en repartir au plus vite..
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nadiouchkanadiouchka   03 octobre 2017
Je ne dis pas que j’ai vécu comme une nonne pendant vingt ans, mais ma vie sexuelle se bornait à des rencontres d’un soir, toujours avec des avocats pénalistes par essence narcissiques, menteurs, coureurs et infidèles… et je parle d’un temps où ils me plaçaient encore dans la catégorie Milf – mother I’d like to fuck . Parce qu’une fois la quarantaine passée, c’était fini.
P.97
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jeunejanejeunejane   21 août 2017
Des filles naïves qui se faisaient mener par le bout du nez.
...leurs salauds de maris leur parlaient comme à des chiens...
A celles-là, je racontais ce que j'avais entendu dans mes écoutes. A quel point elles étaient prises pour des connes, afin qu'elles cessent d'aller deux fois par semaine au parloir chargées comme des mules de sacs de linge.
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nadiouchkanadiouchka   01 juillet 2017
En composant mes liasses, je suis tombée sur un billet écrit de deux cents euros qui s’était glissé parmi ceux que m’avait donné Scotch. En général ces billets étaient de petites coupures de cinq sur lesquels on lisait des messages écrits à la main dans toutes les langues du genre l’argent est roi, la dette souveraine (…) Que ces billets atterrissent entre les mains des trafiquants de stups, parangons du capitalisme, ne manquait pas d’ironie.
P.120
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Avec La Daronne, Hannelore Cayre a réussi un joli coup. Elle a reçu le prix du Meilleur polar Européen
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