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EAN : 9782919090396
320 pages
Editions Arkuiris (26/09/2022)
3.6/5   5 notes
Résumé :
Ce fix-up – ou roman composé de nouvelles – est sous titré « Chronique d’une utopie modeste », mais il pourrait aussi s’appeler « Remède à l’écoanxiété ». Les personnes qui s’attristent de la dégradation accélérée de la planète seront en effet surprises par cet exploit de Philippe Caza, de nous présenter, à travers ses textes et dessins, une Terre d’après l’effondrement (la « Grande Bistouille ») qui ne soit pas déprimante. La performance est d’autant plus remarquab... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique

Étant du genre particulièrement éco-anxieuse, j'ai tout suite été interpellée par la promesse d'un remède à cette angoisse vendu en quatrième de couverture. Je me suis donc plongée dans Ginkoo-Bilooba avec un mélange de crainte et de curiosité. Alors, après avoir refermé les pages, est-ce un pari réussi ?

Tout d'abord, si l'ouvrage est un fix-up, c'est-à-dire un roman composé de nouvelles écrites indépendamment l'une de l'autre à des dates variées (notamment pour des revues et anthologies), cela ne se ressent que très peu. On suit en effet essentiellement les pérégrinations d'un personnage : Tina, factrice-journaliste-écrivain public de son état au petit village post-apo de Ginkoo-Bilooba. Un drôle de monde tropical, où l'on retrouve en France autruches et hippopotames, après la fin de la civilisation telle qu'on la connaît aujourd'hui. Pourquoi cet effondrement ? Ma foi, les explications varient, parfois réalistes, parfois carrément loufoques, dans un bouquin qui ne se prend pas trop au sérieux. le tout porté par une écriture bourrée de personnalité, très rigolote et qui aime jouer avec la langue (même si ça signifie, parfois, perdre un peu le lecteur ou la lectrice).

Remède à l'éco-anxiété, alors ? C'est vrai qu'il est agréable de lire un roman post-apocalyptique ensoleillé et positif, qui ne porte pas moins un regard acéré sur la société actuelle, surtout comparé au mode de vie plus simple que suivent les personnages - plus logique, aussi. Mais on ne peut pas non plus s'échapper totalement dans un livre qui mélange, à sa fiction aux éléments parfois incongrus, des notes plus théoriques ou idéologiques, qui nous mettent en déséquilibre entre le divertissement et la réalité. On retrouvera par exemple une chouette critique du monde technophile, un point sur le nombre de Dunbar (que je ne connaissais pas), mais aussi une sacré insistance sur la démographie explosive des humains. Et c'est là que l'éco-anxiété revient : pourquoi diable faut-il donc que ces bouquins tuent 90% de la population pour faire advenir un effondrement et un changement de société ? Parce que si la vie dans le village de Ginkoo-Bilooba a l'air très sympa, j'ai comme un doute sur mes chances de faire partie des 10% qui pourront en profiter (après avoir pris bien cher).

Bref, mis de côté ces considérations, même si vous êtes, comme moi, du genre à gamberger un peu trop, vous passerez un très bon moment dans cet univers résolument optimiste, avec comme guide la plume tourbillonnante de Phillipe Caza.

//Merci à Babelio et aux éditions Arkuiris de m'avoir permis de découvrir ce livre grâce à la Masse Critique d'octobre !//

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Voilà un post-apo sympathique et optimiste.

La planète est encore vivable et l'Humanité, bien que considérablement réduite, a survécu.

On sent la fibre humaniste et écologiste de Caza tout au long de cet assemblage de textes que certains auront pu glaner ici où là.

En suivant, la plupart du temps, Valentina et sa passion pour le savoir, l'écriture, la transmission et les relations humaines simples et sincères, Caza nous décrit un possible monde d'après.

Meilleur ? Différent.

C'est aussi une critique du monde d'avant - le nôtre - et de ses dérives.

Philippe Caza aime jouer avec les mots, les tordre, les mélanger, les détourner de leur sens premier, inventer des expressions saugrenues et humoristiques. On peut parfois avoir du mal à suivre certains de ses délires textuels...

Il nous offre également, et c'est tant mieux, quelques belles illustrations. J'aurais aimé en avoir plus...C'est mon côté fan de Caza le dessinateur.

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Je me suis d'abord dit "Une utopie, quelle tromperie !"... Et puis lecture faisant j'ai réfléchi à ce que je percevais de ce qu'est une utopie... Au préalable cela apparaît comme la recherche d'un plus incarné dans des structures, objets visibles. Or dans ce recueil post apocalyptique, ce qui faisait la matérialité du monde d'avant a disparu. Il ressort qu'en perdant cette matérialité, les personnages trouvent plus de temps partagé en communauté de taille réduite, la préoccupation des différentes catégories de personnes composant cette communauté. En fait cette utopie n'est-elle pas un retour au monde d'avant "avant" ? Une mise en abîme vertigineuse.

Ensuite, la quatrième de couverture met en avant un remède à l'éco-anxiété et la préface de Yann Quero nous annonce que l'auteur nous propose "plutôt de réfléchir au futur en rigolant, et en ne se privant pas de déconner". Si j'ai trouvé ces textes plein de fantaisie, de décalage qui m'ont parfois fait sourire, je n'ai pas perçu la légèreté apportée par le rire tant le rappel à ce qui n'est plus est présent, voir pesant. le monde créé par l'auteur est mis en valeur par la mention de tout ce qui n'est plus et qui reste à travers les noms oubliés, déformés de ce qui était.

J'ai adoré cette langue très poétique parfois un peu surréaliste. J'ai trouvé cela très beau. Quelle inventivité avec le jeu de la machine à écrire.

Dans ce monde où les relations d'humain·e à humaine·e sont directes l'utopie annoncée retrouve les relents du racisme par le nom donné à l'enfant noir adopté par Valentina.

Le recueil réunit des récits de plusieurs narrateurs-narratrice. L'ensemble donne corps à la destruction d'un monde et à l'image d'une société en mouvement, en construction. Les illustrations viennent ponctuer les interludes de manière très poétique aussi.

A découvrir !

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Ce recueil est écrit avec une plume originale qui m'a un peu dérouté dans un premier temps. Ceci dit j'ai fini par me prendre au jeu et à prendre beaucoup de plaisir à lire ce recueil. C'est un livre qui m'a grandement sortie de ma zone de confort mais qui est devenus presque addictif au fil des pages. D'ailleurs c'est son côté décalé et unique qui m'a plu.

L'histoire est vraiment déroutante et originale. Parfois un peu trop car elle est dérangeante et pose des questions. Mais aussi parce que la syntaxe nous plonge dans un futur où une partie du savoir humain a été effacé et donc l'orthographe pique un peu les yeux. Pour autant c'est aussi une des particularités qui m'a plu car cela m'a permis de me plonger dans l'histoire. En fait plus j'essaie de rédiger mon avis sur ce livre et plus je me retrouve face aux contradictions que j'ai éprouvé lors de la lecture.

Concernant le scénario, il est également déstabilisant car chaque nouvelle nous permet de vivre la fin du monde tel que le connait. Et la réinvention de la société en petit village, du moins de ce que l'on sait de l'univers. Ce que j'ai le plus aimé dans ce livre c'est justement toutes les thématiques que l'auteur met en avant à travers son scénario et son univers.

Philippe Caza nous montre une société alternative sans plastiques, sans industrialisation et sans électronique. On retrouve une société qui pourrait nous sembler moyenâgeuse mais qui m'a parut aussi plus humaine et plus communautaire que notre société actuel. D'ailleurs l'auteur met beaucoup de théories en avant, comme celle du chiffre de Dumbar, et nous questionne sur le rôle et l'utilité de l'art.

Du côté des personnages, là aussi j'ai été un peu dérouté. Les personnages sont intéressants et très différents les uns des autres. Ils ont une certaine liberté qu'on peut envier mais en même temps l'héroïne m'a parfois un peu agacé. Elle est une demoiselle, je sais tout, et a 1000 casquettes. Pour autant je l'ai trouvé intéressante et j'ai aimé son côté curieux. Par contre le second narrateur m'a déplu. Il est ancré dans notre époque et moralisateur. Je n'ai pas trouvé qu'il apportait quelques choses à l'histoire dans la dernière partie du recueil mais qu'il nous permettait de bien introduire l'univers et la destruction du monde.

Je ne sais pas trop quoi vous dire de plus. Car malgré le fait que j'ai fini le livre depuis plusieurs semaines maintenant je n'arrive toujours pas à me faire un avis sur ce livre.


Lien : https://uncoindebouquin.word..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation

Les souvenirs sont mes monstres préférés, j'aime en faire des puzzles... Les livres... Les reliques, la mémoire de l'espèce. Car oui, il en reste. Je les mets dans des cartons recyclés. Ils ne dorment jamais mais ils font des cauchemars, eux aussi, et leurs messages débordent furieusement des boîtes. Je leur donnerai des tisanes pour les soigner.

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Bref vous voyez le tableau. Ca explique que souvent il faut que j'aille me balader solitaire, dans les bois ou au bord du Dragon, dans un coin où il y a une cascatelle bruyante. Là pendant dix minutes, je hurle ! Je hurle tous les mots d'avant accumulés dans les coins de mon cerveau : "internet ! hélicoptère ! ordinateur ! ventilateur ! climatisation ! cloud ! gafam ! fake news ! émoji !"

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En dessous, mise à nu, la terre-La Terre ! Humus herbeux bourré de lombrics, arbres chevelus qui vacarment au vent, mer, eau verte, poissons et madrépore, carpes et lapins, bavardages des forêts, sang battant des artères, fourmis rouges et noires, cheveux poussés vers le ciel, ciel nuages, vent, vent, vent, nids de taupes, tatous sans tabous, bousiers et barbouillages.

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Mais c'est tellement inimaginable. Comment pourrais-je pleurer sur eux ? Pas plus qu'eux ne pouvaient pleurer sur les morts des pestes médiévales, sans doute... Je suis même forcée de les remercier d'avoir disparu, d'avoir vidé les lieux, d'avoir libéré la Terre de leur masse de ravage et d'avoir évacué avec eux leur béton, leur bitume, leur métal et leur plastik !

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La dégradation de TOUT se fit en une dizaine d'années et la dépopulation s'étala sur approximativement cinquante ans... Finalement il est peut-être resté un milliards d'habitants sur la planète... ou moins.

Un petit milliard de traumatisés. Un reste d'humanité comateuse.

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Video de Caza (1) Voir plusAjouter une vidéo
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