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ISBN : 2226312366
Éditeur : Albin Michel (29/10/2014)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Eté 1940, Joseph a sept ans. L'Alsace est annexée à l'Allemagne. Du jour au lendemain, Joseph et les habitants de son village sont contraints de parler allemand et de se plier à la dictature du Reich. Les livres en français sont brûlés, la cathédrale de Strasbourg fermée, les juifs et les insoumis expulsés. Soudain, le père de Joseph est arrêté. Il ne reviendra que six ans plus tard, prisonnier de ses obsessions et de son passé. Un passé dont le secret se cache dans... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
mariech
  11 janvier 2016
A l'ombre des vainqueurs c'est l'histoire de Joseph , âgé de 7 ans en 1940 , qui habite dans une petite ville alsacienne.
Des habitants sont expulsés , les noms sont germanisés , le nom des rues changent , tous les livres français sont brûlés publiquement, et puis le drame personnel de Joseph , son père est fait prisonnier , son père grand blond aux yeux bleus qui ressemble si fort à ces hommes sur les affiches de propagande du troisième Reich .
6 ans après son père revient , terriblement changé , le regard fou , son fils ne peut admettre qu'il s'agit bien de son père .
Et puis la vie continue , Raoul , c'est le nom du père va se reconstruire peu à peu , se sortir de sa folie , il va essayer d'expliquer à son fils ce qui s'est passé .
Mais à 15 ans peut -on comprendre ? , il y a un fossé terrible entre le père et le fils , le fossé des générations mais aussi le conflit père - fils , c'est un veritable gouffre entre eux , l'époque a tellement changé et Joseph veut se construire comme il l'entend , avec ses propres idées , sa propre sensibilité , il ne veut pas être l'otage du passé .
Il y a aussi dans ce livre l'histoire tragique des Alsaciens , sont - ils vraiment français ?
Il y a de l'espoir comme l'histoire de ce jeune instituteur qui nie l'évidence , il n'y a pas eu de camps de concentration en Alsace , et puis qui reconnaît son erreur .
J'avoue que je n'avais jamais entendu parler de ça non plus , comme je ne savais
pas non plus qu'ils y avaient des soldats alsaciens lors du massacre d'Oradour .
Faut - il oublier , aller de l'avant ou remuer le passé au nom de la justice ?
Le livre pose des questions essentielles , des questions qui sont sans réponse car il y a trop de choses que ne nous maîtrisons pas , des questions qui divisent , qui déchirent .
Vivre en temps de guerre est si difficile , difficile aussi de revenir sur cette période sombre où des hommes ont dû abdiquer leur honneur .
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dcombier
  15 mai 2016
Voilà un livre qui cache bien son jeu !
Derrière un titre et une couverture façon « roman terroir » se cache un excellent livre d'Histoire et de réflexion sur l'Alsace et surtout les Alsaciens dans la première moitié du XXème siècle.
La famille Muller (ou Müller selon que l'Alsace est française ou allemande) vit dans un village alsacien lambda. Les parents ont, en 30 ans, changé 4 fois de nationalité, le grand-père s'est battu dans l'armée allemande en 14-18, le père dans l'armée française en 40, puis a été arrêté comme "résistant" et intégré de force aux armées allemandes après l'armistice.
Le fils, Joseph (Josef), est le narrateur de l'histoire qui commence en 1940 alors qu'il a 9 ans. Il vit, sans tout comprendre, les exactions des nazis qui germanisent les noms, interdisent de parler alsacien ou français, ferment les lieux de culte, brûlent les livres, expulsent les indésirables, pourchassent les « résistants », exercent le chantage sur les hommes en âge de combattre pour qu'ils s'engagent dans l'armée, voire dans la Waffen SS s'ils correspondent aux canons du parfait arien.
Après la libération, il vit pleinement le mépris de la France qui voit les alsaciens comme des allemands francisés, des lâches n'ayant pas voulu résister aux nazis, qui dénie jusqu'à l'existence des « Malgré-Nous » et des camps nazis de "discipline" en Alsace.
Tout cela amène le questionnement de Joseph, devenu adulte, sur son identité lorsqu'il comprend que ce qui intéresse ces deux pays, c'est la possession du territoire, mais qu'ils n'ont rien à faire des alsaciens. Est-il Allemand, Français, Alsacien ou est-il tout cela à la fois et au-dessus un citoyen du Monde ? Il fera son choix : La Paix.
A travers ce roman historique, l'auteur raconte l'histoire de ces alsaciens vivant "à l'ombre des vainqueurs" quels qu'ils soient, et aussi de ces "Malgré-Nous", qui furent envoyés sur les fronts les plus durs, celui de l'Est en particulier, où beaucoup furent fait prisonniers par les soviétiques et envoyés dans des camps qui n'avaient rien à envier aux camps nazis. Après la victoire ceux qui revinrent, revinrent au compte-goutte et le dernier ne revint qu'en 1955, 10 ans après la fin de la guerre !
Un superbe livre, justement récompensé en 2015 par "Le prix du roman historique des Rendez-vous de l'Histoire".
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PIRAE
  12 mai 2015
Ce beau roman mérite toute votre attention : c'est le témoignage poignant de la situation tragique des Alsaciens annexés par l'Allemagne nazie, qui ont cumulé les problèmes par rapport aux "français de l'intérieur" occupés. Tragédie des incorporés de force, les "malgrés nous", dont certains envoyés sur le front russe, le pire, d'autres en camp de concentration : Schirmek et le Struthof (en territoire alsacien ! ).L'auteure parcourt le passé douloureux de 2 générations qui ont changé plusieurs fois de nationalité dans leur vie, à travers la vie quotidienne dans un petit village : situations qui dressent certains contre leurs concitoyens, divise les familles….Roman d'une famille, relations père-fils, mère-fils, conflits de générations d'après guerre, exacerbés par les évènements que les très jeunes ne peuvent comprendre, et que ceux qui l'ont vécu adulte veulent soit oublier, soit en perpétuer la mémoire. C'est aussi le récit d'héroïsmes individuels, déroulés avec tendresse, humour parfois. Un très beau roman, qui a le mérite de rendre justice à nos concitoyens alsaciens, viscéralement attachés à la France, et qui malgré cela ont pu être suspectés de collusion avec l'Allemagne nazie, entre autres à l'occasion du procès d'Oradour sur Glane.
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DHALLUIN
  29 décembre 2015
Joseph vit à l'ombre des vainqueurs d'avant-hier, d'hier et de maintenant. L'avant-hier que fait revivre son grand-père, l'hier et l'aujourd'hui de sa mère et de son père : l'occupation de 40-44 et la libération de quoi et de qui ?
Mittelheim en Alsace, Joseph Müller est un enfant lors de la deuxième guerre mondiale. Il vit dans l'ombre et ne comprend pas tout ce qui se passe autour de lui : son grand-père si gentil et qui aime l'ordre prussien, son père Raoul qui disparaît et aussi le postier qui outrepasse sa tâche journalière et que tout le monde craint. Et l'après-guerre n'est pas si réjouissant comme à Paris. Certains Alsaciens sont montrés du doigt : n'ont-ils pas combattu sur le front russe et été faits prisonniers à Tambov ? Joseph découvre petit à petit toute l'horreur de la guerre.
Marie-Laure de Cazotte décrit avec beaucoup d'élégance et de sérénité des réalités abjectes et inhumaines. Elle révèle des vérités trop peu connues et qu'il faut étaler par souci historique de mémoire.
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MarcDessart1976
  03 novembre 2017
Avec A L'Ombre Des Vainqueurs, Marie-Laure de Cazotte signe son second roman et évoque un épisode peu connu de la seconde guerre mondiale, celui de l'annexion par le IIIe Reich de l'Alsace.
Si l'histoire met un certain temps à démarrer, l'écriture est fluide, agréable. le récit gagne énormément en intensité lorsque Raoul, suite à la défaite allemande, revient dans son village, après avoir été, comme beaucoup de jeunes hommes alsaciens, incorporé de force dans la Wehrmacht (et même, dans son cas, dans les Waffen-SS), devenant ainsi un de ceux qu'on appelle les « Malgré Nous ».
Son fils, Joseph, ne reconnait pas son père, qui semble n'être plus que l'ombre de celui qu'il était avant son départ, avant son incorporation forcée. du haut des certitudes de sa jeunesse, il se révolte contre lui, lui reproche sa collaboration avec l'ennemi, son inertie.
Un jour, rentrant chez ses parents le visage tuméfié, Joseph, devenu jeune adulte, raconte qu'il a été blessé en se battant contre, je cite, un intellectuel pédéraste (lisez un homosexuel). Un conflit éclate entre le père, qui réprouve ce comportement et le fils, qui ne comprend pas pourquoi ces reproches lui sont faits.
La rupture entre le père et le fils semble consommée, le second ne voulant plus pour père d'un lâche, ayant collaboré avec l'ennemi, se complaisant dans le souvenir des horreurs du passé. Et prenant pour le surplus la défense d'un homosexuel.
Joseph finira par apprendre que Tonino, le jovial boulanger du village, avait dû fuir celui-ci pendant la guerre, après que son compagnon, Jean, ait été arrêté, déporté et mis brutalement à mort pour homosexualité. Il finira également par comprendre que certains des « choix » de son père lui ont été imposés par ce qui risquait d'arriver à sa famille en cas de désertion.
Marie-Laure de Cazotte signe un livre dur, mais très émouvant. Un livre sur la guerre, ses atrocités et les sillons de désolation qu'elle laisse dans l'âme de celles et ceux qui la vivent. Un livre sur cette question plus difficile qu'il n'y paraît – et qu'elle traite tout en retenue – des choix que l'on semble toujours être libre de faire. Un livre qui est aussi un beau témoignage des rapports entre un père et son fils. Les pages qu'elle écrit sur le sort réservé aux homosexuels sous le joug nazi, les premières réactions fermées du clergé et de la noblesse, l'humanité et le bon sens de Raoul, sa colère face au curé et au baron, pourtant ses amis, sont très dures, mais salutaires.
Un très beau livre. le témoignage poignant de gens – il y en a eu tant, me direz-vous – meurtris par la folie de la guerre.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
EtoilesonoreEtoilesonore   12 septembre 2015
Je me demande si la vraie folie n'est pas là: quand on ne regarde pas ce qui vous est donné. Ta mère, je l'ai battue deux fois à mon retour. Je l'ai jetée à terre. J'aurais pu la tuer tellement cette vie qu'elle avait en elle me faisait mal. Elle n'a jamais pleuré, elle ne s'est pas réfugiée comme une souris sous un meuble. Elle n'avait pas peur de moi. Elle m'a montré, jour après jour, comment retrouver mon visage, mes mots, un quotidien. Elle m'a démontré que j'étais un être indispensable à son corps et à sa vie. Que j'avais en moi la puissance de la rendre heureuse.
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dcombierdcombier   14 mai 2016
Ici, maintenant, tout vient de Paris. Avant, tout venait de Berlin. J'ai changé quatre fois de nationalité, comme tout le monde chez nous. Ça use, Monsieur Stéphane, mais cela ne se dit pas. La réalité est que nous sommes devenus très... comment dire. Nous avons une chanson : Dr Hàns im Schnockeloch, le Jean dans le trou à moustiques. Ce Jean, il a tout ce qu'il veut, et ce qu'il a, il n'en veut pas. Et ce qu'il veut, il ne l'a pas. Il peut faire tout ce qu'il veut, mais ce qu'il peut faire, il ne le fait pas, et ce qu'il fait ne lui réussit pas. C'est exactement ce que nous sommes : des gens dans un trou à moustiques, tellement envahis par les ordres, les contrordres et les piqûres que nous ne savons plus ce que nous sommes.
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mariechmariech   11 janvier 2016
Tuer est le destin du soldat : certains le font mécaniquement. Nombreux sont ceux qui donneraient ce qu'ils ont de plus cher pour ne pas y être obligés et qui obéissent par peur . Le soldat n'est pas un philosophe ; il agit à l'intérieur d'un groupe .
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EtoilesonoreEtoilesonore   12 septembre 2015
Une heure venait de s'écouler. Ce qu'elle emporta dans ses eaux n'aurait pu se dire. Il y avait ce calme que ressentit Joseph face à son père, ses yeux qui se posèrent sur lui en acceptant chaque ride, chaque geste. un confort physique, une forme de joie, de confiance, de pitié aussi.
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rkhettaouirkhettaoui   02 mars 2015
On a toujours le choix. Celui de se prendre une balle dans la nuque, d’accepter que sa famille soit déportée ou d’obéir aux ordres. Quand cela arrive, on comprend confusément que l’on met le pied dans un territoire sans nom, mais on ne réalise pas ce que cette signature fait de soi : un ersatz d’homme. Une marionnette de chair, une mécanique, un gladiateur dans un cirque sans spectateurs.
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