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EAN : 9782373090062
170 pages
Éditeur : L'Echappée (16/04/2016)

Note moyenne : 2.91/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Vous êtes accro à la salle de sport ? Vous ne comptez plus les moutons mais vos calories pour vous endormir ? Vous vous sentez coupable de ne pas être suffisamment heureux, et ce malgré tous vos efforts ? Alors vous souffrez sûrement du syndrome du bien-être.
Tel est le diagnostic établi par Carl Cederström et André Spicer. Ils montrent dans ce livre comment la recherche du bien-être optimal, loin de produire les effets bénéfiques vantés tous azimuts, provoqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nameless
  09 juin 2016
Avant même de rédiger le premier mot de cet avis, je tiens à solliciter votre indulgence, votre bienveillance, car je m'en vais piller quelques phrases lues hier dans le Canard Enchaîné du 08.06.16, qui sont dûes à Jean-Luc Porquet, auteur de l'article : “Je me sens plus nul que nul”, page 5 de l'hebdomadaire cité. J'espère bien que pour ce copié-collé affectueux et fidèle à ce volatile, cet anatidé quelquefois susceptible ne m'enverra un pan sur le bec ! On verra !

Voulez-vous apprendre à libérer votre moi profond ? A développer vos compétences, votre potentiel ? A devenir plus performant, plus productif ? Sachez que vous êtes responsables de votre propre bonheur, et personne d'autre. Soyez créatif, c'est un ordre ! Ayez la “bonne attitude”.

Travaillez sur vous. Prenez un coach. Ecoutez votre corps. Soignez votre image. Ayez une bonne hygiène de vie. Fréquentez la salle de sport. Faites du jogging avec des collègues. Ou du fitness. On va vous installer un tapis de marche dans votre bureau. Vous êtes trop gros. Vous êtes trop maigre. Suivez un régime. Mangez équilibré. Arrêtez de fumer, c'est dégoûtant : mépriser ainsi votre organisme, vous devriez avoir honte. Arrêtez de boire. C'est malsain. Repoussez vos limites. Travaillez plus. Pour gagner plus ? Ne soyez pas mesquin.

Voilà un livre qui passe au crible l'actuelle et omniprésente propagande du bien-être. Et qui met à nu sa logique : en nous intimant l'ordre de nous sentir bien dans notre peau, ce n'est pas tant notre bonheur qu'elle vise. Elle cherche surtout à nous faire adhérer au système de valeurs aujourd'hui dominant : le chacun-pour-soi, la compétition, le règne de l'image -si tu es bien dans ta peau, il faut que ça se voie ! Et à discréditer tout désir de transformation sociale.

Ainsi, sous prétexte de vivre pleinement sa vie, laquelle est forcément pleine d'aléas et d'imprévus, il faudrait accepter la précarisation du travail. Et croire Laurence Parisot quand elle dit : “La vie est précaire, l'amour est précaire, pourquoi le travail ne le serait-il pas ?” Il faudrait que chacun développe ses compétences en matière de flexibilité, de malléabilité et d'adaptabilité. Les chômeurs doivent s'en persuader : s'ils n'ont pas de travail, ce n'est pas à cause de la situation économique, mais parce qu'ils cherchent au mauvais endroit, qu'ils ne savent pas se vendre ni surmonter leurs “obstacles intérieurs”. S'ils étaient heureux, ils en trouveraient du boulot !

Toute une industrie moderne (savantes formations, ronflants discours) se consacre activement à ce bourrage de crâne généralisé. Dans un premier temps, racontent les auteurs, des chômeurs ayant suivi des stages basés sur ces beaux principes “eurent l'impression grisante d'être complètement libres et autonomes, avant d'être peu à peu rattrapés par un profond sentiment de découragement”. Ils n'ont pas réussi à décrocher un emploi. L'euphorie a vite cédé la place à la culpabilité et à la haine de soi : “Je me sens plus nul que nul”.

Pour leur remonter le moral (aux chômeurs), rien de tel que ce conseil de Macron : “la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler”.

Jean-Luc Porquet – le Canard Enchaîné du 08.06.16

Nul mieux que ce journaliste aurait su restituer ce que je ressens, alors pourquoi tenter d'expliciter son analyse si limpide en l'affadissant avec mes pôvres mots ?
 
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Doctaignorancia
  01 juin 2016
Livre très intéressant, éclairant et aux positions atypiques. Une très bonne lecture pour comprendre la société contemporaine et son rapport au bien-être.
Une vision étonnamment politique y est notamment développé, ce qui était une bonne surprise.
Je suis cela dit resté un peu sur ma fin car j'aurais aimé que l'auteur nous présente sa vision du bien-être indépendamment des dangers qu'il évoque. de plus, les arguments des "adversaires" me paraissaient parfois traités à la fois avec condescendance voire un soupçon de mauvaise foi.
Je recommande néanmoins vivement !
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LettresItBe
  03 décembre 2017
Il est de notoriété publique que la pratique (très) assidue du sport puisse être perçue comme une accoutumance, pire, une dépendance. Après une bonne séance, alors que la sueur a recouvert chaque centimètre carré de votre corps, votre cerveau se met à libérer de la dopamine, le même médiateur chimique que lorsque vous ressentez du plaisir et/ou du désir. Autant dire que l'on s'habitue vite à cette bonne chose. Mais au-delà de cette constatation plutôt scientifique, la pratique du sport est en train de devenir également un marqueur social fort. C'est tout l'objet du livre de Carl Cederström et André Spicer, le syndrome du bien-être publié chez L'Echappée.


Carl Cederström est suédois, André Spicer est américain. Les deux compères se lancent, à travers leur ouvrage commun, dans une déconstruction en règle de ce culte du corps, ce corps sculpté par le sport, par cette tyrannie consentie de la performance et de la concurrence. On y lit alors la vision des deux auteurs sur tout cela, leur interprétation de cette société des objectifs, du dépassement de soi, apparemment comme un logique reliquat de notre société capitaliste.

Le culte de la performance, l'obligation d'atteindre ses objectifs, l'amélioration de son « moi », le recentrage indispensable sur son être et son bien-être … Toutes ces différentes figures sont ici mises en relation avec la pratique du sport, par les deux auteurs. Un essai qui se fait donc éminemment politique, social, et où sont critiquées les nouvelles vertus conférées au sport. On regrettera tout de même une conclusion un peu hâtive, fortement relative, et qui s'habille plus de la tenue du constat orienté que de l'apparat des solutions potentielles. Car si le culte du corps par le sport est un absolu à combattre, il est aussi le résultat d'une société où les individus demeurent libres et disponibles pour faire ce choix. le syndrome du bien-être, le symbole d'une liberté ?
La suite de la chronique sur le blog de Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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pipige
  17 septembre 2016
Un livre qui colle à notre société actuelle, ou le culte de la performance est à son extrême, et son corolaire : "si on veut, on peut" . le gros atout de cet exposé, outre l'écriture léchée et agréable, est sa grande documentation. L'auteur fait appel à de nombreuses études, parfois assez stupéfiante. le hic serait peut-être de ne pas voir ou veut en venir l'auteur, à part le fait d'énoncer un état de fait.
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vanhecke
  27 janvier 2017
bien en phase avec société actuelle !
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   17 février 2017
Le syndrome du bien-être résulte pour une grande part de la croyance selon laquelle nous sommes des individus autonomes, forts et résolus, qui devons nous efforcer de nous perfectionner sans relâche. Or c’est précisément le fait d’entretenir cette croyance qui entraîne l’émergence de sentiments de culpabilité et d’angoisse.
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paulhaderachpaulhaderach   22 mars 2016
Nous devrions admettre que nous n'avons pas que des "forces"; en tant qu'êtres humains, nous avons aussi des "faiblesses". Et il n'y a pas de quoi avoir honte. reconnaître nos limites et notre finitude nous permettrait de prendre conscience que nous ne pourrons jamais être parfaits et tout contrôler. Vivre, c'est nécessairement faire l'expérience de la douleur et de l'échec, accepter que certaines choses puissent nous faire défaut et, dans une certaine mesure, apprendre à faire contre mauvaise fortune bon coeur. En définitive, nous aurions tort de vouloir continuer à rechercher le plaisir à tout prix. Cette quête frénétique contribue certes à faire grimper en flèche notre indicateur de bien être national. MAis il faut bien admettre qu'à la fin nous n'en sommes que plus seuls et repliés sur nous-mêmes. Au lieu de nous apitoyer encore et toujours sur notre sort, nous aurions tout à gagner à nous ouvrir et à penser un peu plus à autrui.
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aschrodaschrod   26 juillet 2020
Au cœur de ces contrats de travail précaires, on retrouve toujours l’idée que nous sommes responsables de tous nos choix de vie. Nous devons sans arrêt choisir notre apparence, nos amis et notre plan de carrière. Et il ne dépend que de nous d’être positifs, productifs et ouverts au changement. Les emplois temporaires sont souvent présentés comme un moyen de se donner plus de choix, pas seulement du point de vue de l’employeur, mais aussi de celui des employés. Dès lors, cet état d’incertitude constant nous incite « à agir comme des entreprises : à planifier nos buts à l’échelle de notre vie, à faire des investissements à long terme, à être flexibles, à restructurer l’organigramme de notre vie et à prendre les risques nécessaires pour accroître nos profits ». Ce qui implique de faire continuellement des choix pour déterminer qui nous sommes, tout en sachant que nous pourrions à tout moment prendre la mauvaise décision. Cette injonction paradoxale ne peut que contribuer à nous plonger dans un sentiment d’angoisse profond, car les choses pourraient toujours être différentes – si seulement nous en avions décidé autrement. Une telle prise de conscience nous fait entrer dans une zone grise existentielle, dans laquelle nous sommes en panique. Face à la tyrannie du choix, nous perdons nos moyens. Quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons – de la plus simple, comme choisir un fromage au supermarché, à la plus compliquée, comme choisir un métier ou un partenaire pour la vie – la part de contingence et d’indécidabilité inhérente au choix nous met face à un cruel dilemme. Et ce qu’il y a de plus terrible encore, c’est que la décision nous appartient toujours. Par conséquent, si les choses tournent mal, nous serons les seuls fautifs. Ayant à faire un choix entre leurs multiples moi potentiels, il devient plus facile de comprendre pourquoi l’homme et la femme contemporains sont rongés par l’anxiété.
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aschrodaschrod   17 août 2020
Grâce à l’arrivée sur le marché de nouveaux appareils de mesure, les employeurs ont l’embarras du choix pour pister, surveiller et manipuler leurs employés. Outre leurs performances professionnelles (comme le rendement ou le nombre d’heures passées sur le lieu de travail), ils peuvent s’intéresser de très près à des aspects aussi fondamentaux que leur niveau de « bien-être ». Cette surveillance accrue reconfigure en creux la forme des dispositifs de contrôle traditionnels. À présent, la vie intime des employés est soumise au regard de l’entreprise, qui a la possibilité de savoir à tout moment ce que mangent les salariés, combien de temps ils dorment, quelle quantité d’eau ils boivent, etc. Nous sommes entrés dans une phase « néo-orwellienne » du contrôle total, comme l’a parfaitement montré Deleuze dans son court article intitulé « Post-scriptum sur les sociétés de contrôle. » Il y soutient la thèse que le contrôle ne relève plus d’un lieu au sens propre, c’est-à-dire d’institutions disciplinaires comme l’école ou la prison, lesquelles se caractérisaient par des frontières délimitées aussi bien dans le temps que dans l’espace. Dans nos sociétés de contrôle actuelles, ces frontières sont devenues diffuses et invisibles. Tout comme les étudiants sont les connaissances sont de plus en plus évaluées au moyen du contrôle continu, les employés sont surveillés à distance par leur entreprise (via leur smartphone qui ne s’arrête jamais de vibrer au fond de leur poche.) Cette nouvelle forme de contrôle, à la fois envoûtante et pernicieuse, a fini par s’immiscer dans les moins recoins de notre vie. 
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aschrodaschrod   17 août 2020
Reste que s’il y a bien un argument qui devrait finir de convaincre les plus sceptiques, c’est celui de la pleine conscience présentée comme le remède à tous les problèmes endémiques du capitalisme industriel : angoisse, stress et sentiment d’insécurité existentielle. Comme le soulignent Ron Purser et David Loy : « Les entreprises ont jeté leur dévolu sur cette technique car elle leur permet de faire porter le fardeau à l’employé. Le stress étant considéré comme un problème d’ordre personnel, la méditation de pleine conscience s’offre à lui comme la solution miracle pour travailler avec plus d’efficacité et de sérénité dans un environnement toxique. » Ces entreprises se servent insidieusement de la pleine conscience pour rendre l’individu responsable de son propre mal-être social. Au lieu de s’attaquer aux racines du problème, cette méthode se borne donc à lui fournir des « outils » de développement personnel. Du reste, elle ne traite jamais le stress, l’angoisse ou la dépression comme des troubles résultant de son cadre de travail. Ces maux sont toujours la conséquence de ses propres habitudes mentales qui tendent vers le laisser-aller et la dispersion. Si nous éprouvons du stress parce que nous croulons sous le travail, ou si nous ne sommes pas rassurés quant à l’issue du prochain plan de restructuration de notre entreprise, nous n’avons qu’à chasser toutes nos pensées négatives, respirer profondément et nous concentrer sur nous-mêmes. Et le tour est joué !
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