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EAN : 9782757803967
192 pages
Éditeur : Seuil (30/11/-1)

Note moyenne : 4.51/5 (sur 45 notes)
Résumé :
"Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de personne"

Au plus près des bouleversements qui affectent son existence et son époque, Paul Cela signe avec "La Rose de personne" son livre souvent considéré comme le plus important. Sa dimension politique est affirmée dès la dédicace liminaire en souvenir du poète juif russe Ossip Mandelstam, victime du stanilisme.
Dans ces poèmes qui tiennen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Bruidelo
  15 novembre 2020
Des textes très forts, d'une grande intensité.
La Rose de personne porte en elle la mémoire de la Shoah, est profondément imprégnée du tragique de l'existence humaine - mais pas que. Dans cette mystique négative, il y a un élan vital malgré tout, nous ne sommes rien, mais nous voulons fleurir - du moins, c'est ce que je ressens, étant entendu qu'une des grandes forces de la poésie de Paul Celan est d'être ouverte à de multiples interprétations.
«Personne ne nous repétrira de terre et d'argile,
personne ne bénira notre poussière.
Personne.
Loué sois-tu, Personne.
Pour l'amour de toi nous voulons
fleurir.
Contre
toi.
Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur:
la rose de rien, de personne.»
Paul Celan dit ne pas voir «de différence entre une poignée de main et un poème», sa poésie touche, étreint, on ne la comprend pas vraiment, jamais complètement, mais quelque chose de fort se passe. C'est dense, et ça vibre.
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melina1965
  04 novembre 2013
Ecrire après la Shoah...

Paul Celan est né à Czernowitz -en Bucovine, province actuelle de l'Ukraine-, en 1920. Sa vie et son oeuvre sont marquées par la persécution des Juifs : ses parents meurent dans un camp nazi, il est lui-même l'un des survivants d'un camp moldave.
S'il est reconnu comme le plus grand poète juif et le plus grand poète de langue allemande du 20ème siècle, il écrit une poésie universelle, un cri contre l'inhumain poussé dans une langue qui est celle-là même des bourreaux mais à laquelle il redonne vie en l'ouvrant vers le salut et la rédemption.
Bien qu'il compose une poésie difficile d'accès et hermétique, il est celui qui écrit :
« A UN QUI SE TENAIT DEVANT LA PORTE, un
soir :
à lui
j'ouvre ma parole »
et c'est ce qu'il fait pour chaque lecteur qui veut bien accepter de se laisser conduire par les mots sur un chemin qui va de l'obscurité vers la réhabilitation de l'« espèce humaine ».

La très intéressante postface de la traductrice, Martine Broda, éclaire les différents aspects symboliques de la rose dans ce recueil. Ses « métamorphoses prouveront que le livre fait ce qu'il dit qu'il fait, que sa composition est un trajet, un itinéraire. Il est une quête, et il trouve quelque chose ou arrive quelque part ».
+ Lire la suite
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Henri-l-oiseleur
  08 novembre 2015
Paul Celan, poète roumain d'origine juive et d'expression allemande, est quelqu'un de difficile à rencontrer : sa poésie est âpre, austère, aussi elliptique parfois que du René Char (mais sans ses concetti tarabiscotés), et elle se prête mal à l'effusion lyrique et au partage. C'est peut-être pour cela que je n'ai eu accès à lui que par divers médiateurs : Rachel Ertel (dans son essai-anthologie sur la poésie de l'anéantissement, "Dans la langue de personne"), Norman Manea et, plus modestement, à la faveur d'une mode passagère qui ramena la problématique de la littérature juive à l'honneur en France, dans les années 80 et les milieux informés. L'attention fut attirée aussi par l'entretien qu'il eut avec Heidegger, dont la philosophie fait une place bien particulière à la poésie. En un mot, ses poèmes sont magnifiques, et pour une fois les modes littéraires n'ont pas eu tort de l'amener à la lumière.

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chartel
  14 octobre 2016
Paul Celan nourrit sa poésie des traditions kabbalistes. Il y a du mystère dans ses vers, de la mysticité! Mais cette obscurité est aussi pleine de lumières, les poèmes de ce recueil tracent les transmutations de la Rose de Personne, on passe des gouffres béants du Néant solitaire aux constellations irradiantes de l'universel.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   04 janvier 2016
Ta demeure est deux, Eternel, in-
habitable. Aussi
bâtissons-nous, bâtissons. Aussi
est-il dressé, ce lit
pitoyable - sous la pluie, là
dressé.

Viens, aimée.
Que nous soyons couchés ici, c'est
la cloison - : Lui
se suffit alors à lui-même, deux fois.

Laisse-le, qu'il
se possède tout entier, la moitié,
puis encore la moitié. Nous,
nous sommes le lit de pluie, qu'il
vienne et nous fasse sécher.

.....................................

Il ne vient pas, ne nous fait pas sécher.

---------
Zweihäusig, ewiger, bist du, un-
bewohnbar. Darum
baun wir und bauen. Darum
steht sie, diese
erbärmliche Bettstatt, - im Regen,
da steht sie.

Komm, Geliebte,
Daß wir hier liegen, das
ist die Zwischenwand -: Er
hat dann genug an sich selber, zweimal.

Laß ihn, er
habe sich ganz, als das Halbe
und abermals Halbe. Wir,
wir sind das Regenbett, er
komme une lege uns trocken.

....................................

Er kommt nicht, et legt uns nicht trocken.
+ Lire la suite
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WalktapusWalktapus   01 décembre 2015
PSAUME

Personne ne nous repétrira de terre et de limon,
personne ne bénira notre poussière.
Personne.

Loué sois-tu, Personne.
Pour l’amour de toi nous voulons
fleurir.
Contre
toi.

Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de
personne.

Avec
le style clair d'âme,
l'étamine désert-des-cieux,
la couronne rouge
du mot de pourpre que nous chantions
au-dessus, au-dessus de
l'épine.

----------------------------
PSALM

Niemand knetet uns wieder aus Erde und Lehm,
niemand bespricht unsern Staub.
Niemand.

Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen.

Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend:
die Nichts-, die
Niemandsrose.

Mit
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sangen
über, o über
dem Dorn.
+ Lire la suite
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WalktapusWalktapus   18 décembre 2015
MANDORLA

In der Mandel – was steht in der Mandel ?
Das Nichts.
Es steht das Nichts in der Mandel.
Da steht es und steht.

Im Nichts – wer steht da? Der König.
Da steht der König, der König.
Da steht er und steht.

Judenlocke, wirst nicht grau.

Und dein Aug – wohin steht dein Auge?
Dein Aug steht der Mandel entgegen.
Dein Aug, dem Nichts stehts entgegen.
Es steht zum König.
So steht es und steht.

Menschenlocke, wirst nicht grau.
Leere Mandel, königsblau.
----

Dans l’amande – qu’est-ce qui se tient dans l’amande ?
Le Rien.
Le rien se tient dans l’amande.
Il s’y tient, s’y tient.

Dans le Rien – qui se tient là ? Le Roi,
Là se tient le Roi, le Roi.
Il s’y tient, s’y tient.

Boucle de juif, tu ne grisonneras pas.

Et ton œil – vers quoi se tient ton œil ?
Ton œil se tient face à l’amande.
Ton œil face au Rien se tient.
Soutient le Roi.
Ainsi il se tient, se tient.

Boucle d’homme, tu ne grisonneras pas.
Amande vide, bleu roi.
+ Lire la suite
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BruideloBruidelo   18 novembre 2020
S’il venait, 
venait un homme,  

venait un homme au monde, aujourd’hui, avec 

la barbe de clarté 

des patriarches : il devrait,

s’il parlait de ce 

temps, il 

devrait
bégayer seulement, bégayer, 

toutoutoujours 

bégayer.  
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hupomnematahupomnemata   02 février 2013
LES SYLLABES DOULEUR

Il s'offrait à Toi dans ta main :
un Tu, sans mort,
auprès duquel tout le Je revenait à soi. Autour
circulaient des voix sans mots, des formes vides, tout
passait en elles, mêlé,
démêlé,
et à nouveau
mêlé.

Et des nombres étaient
tissés dans
l'innombrable. Un, mille, et ce qui
devant, derrière,
était plus grand que soi, plus petit, mené
à terme, puis dans une métamorphose
à rebours et suivie,
transformé en un
jamais germinant.

De l'oublié harponna
du bientôt-oublié, parties du monde, parties du coeur
nageaient,
sombraient et nageaient. Colomb,
le colchique
dans l'oeil, hors-temps, la fleur-
mère,
massacra mâts et voiles. Tout prit le large,
libre,
à la découverte,
la rose des vents s'épuisa en fleurs, s'effeuilla,
un océan
fleurit en masse et au jour, dans la lumière noire
de la déroute du gouvernail affolé. Dans des cercueils,
des urnes, des canopes,
s'éveillaient les petits enfants
Jaspe, Agathe, Améthyste - peuples,
tribus et familles, un aveugle

Soit-il

se noua dans
le cordage libre
à tête de serpent -: un
noeud
(contre-noeud, anti-noeud, non-noeud, jumeau et multiple
noeud), auquel
la couvée aux yeux de nuit-carême
des étoiles-martre dans l'abîme
ép-, ép-, é-
pelait.
+ Lire la suite
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Videos de Paul Celan (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Celan
Paul Celan et Ingeborg Bachmann : Le Temps du cœur, correspondance (2012 / France Culture). Diffusion sur France Culture les 3, 4, 5, 6 et 7 septembre 2012. Pages choisies et présentées par Julie Aminthe. Traduction de Bertrand Badiou. Réalisation : Étienne Vallès. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Avec : Bruno Paviot (Paul Celan), Élodie Huber (Ingeborg Bachmann), Hélène Lausseur (Narration). Prise de son et mixage : Éric Boisset. Assistance technique et montage : Pierre Henri. Assistante à la réalisation : Lise-marie Barré. Musique : Pascal Dusapin : Arditti quartet, quatuor à cordes et trios « Quatuors II ». Pascal Dusapin : Concerto avec Sonia Wieder Atherton, Juliette Hurel, Alain Trudel « Cello ».
00:00 : Épisode 1 : Champ de coquelicots 24:44 : Épisode 2 : Et que prouve donc ton cœur ? 49:28 : Épisode 3 : Claire est la nuit qui nous a inventé des cœurs 1:14:01 : Épisode 4 : Le cœur saura vivre 1:38:43 : Épisode 5 : Nous creusons dans le ciel, une tombe.
« Les deux êtres qui se rencontrent dans la Vienne de 1948 encore occupée par les troupes alliées, sont issus de cultures et d’horizons différents, voire opposés : Ingeborg Bachmann est la fille d’un instituteur, protestant, ayant adhéré au parti nazi autrichien avant même l’accession de Hitler à la chancellerie du Reich (1932) ; Paul Celan, né dans une famille juive de langue allemande de Czernowitz, au nord de la Roumanie, a perdu ses deux parents dans un camp allemand et a connu l’internement en camp de travail roumain pendant deux ans. Cette différence tout comme la tension pour la dépasser, le désir et la volonté de renouer sans cesse le dialogue par-delà les malentendus et les conflits déterminent leur relation et la correspondance qu’ils échangent du premier jour, en mai 1948, où Paul Celan fait cadeau d’un poème à Ingeborg Bachmann jusqu’à la dernière lettre adressée en 1967. L’écriture est au centre de la vie de chacun des correspondants, dont les noms apparaissent dans les comptes rendus critiques, dès le début des années 1950, souvent au sein d’une même phrase, comme étant ceux des représentants les plus importants de la poésie lyrique allemande de l’après-guerre. Mais écrire n’est pas chose simple, ni pour l’un ni pour l’autre. Et écrire des lettres n’est pas moins difficile. L’imperfection du dire, la lutte avec les mots, la révolte contre le mutisme, occupent une place centrale dans cet échange épistolaire. » Note de l’éditeur
La correspondance entre Ingeborg Bachmann et Paul Celan est parue aux éditions du Seuil dans une traduction de Bertrand Badiou, dans la collection « La Librairie du XXIème siècle ».
Source : France Culture
+ Lire la suite
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