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ISBN : 2714307981
Éditeur : José Corti (22/06/2002)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 36 notes)
Résumé :
"Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de personne"

Au plus près des bouleversements qui affectent son existence et son époque, Paul Cela signe avec "La Rose de personne" son livre souvent considéré comme le plus important. Sa dimension politique est affirmée dès la dédicace liminaire en souvenir du poète juif russe Ossip Mandelstam, victime du stanilisme.
Dans ces poèmes qui tiennen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
melina1965
  04 novembre 2013
Ecrire après la Shoah...

Paul Celan est né à Czernowitz -en Bucovine, province actuelle de l'Ukraine-, en 1920. Sa vie et son oeuvre sont marquées par la persécution des Juifs : ses parents meurent dans un camp nazi, il est lui-même l'un des survivants d'un camp moldave.
S'il est reconnu comme le plus grand poète juif et le plus grand poète de langue allemande du 20ème siècle, il écrit une poésie universelle, un cri contre l'inhumain poussé dans une langue qui est celle-là même des bourreaux mais à laquelle il redonne vie en l'ouvrant vers le salut et la rédemption.
Bien qu'il compose une poésie difficile d'accès et hermétique, il est celui qui écrit :
« A UN QUI SE TENAIT DEVANT LA PORTE, un
soir :
à lui
j'ouvre ma parole »
et c'est ce qu'il fait pour chaque lecteur qui veut bien accepter de se laisser conduire par les mots sur un chemin qui va de l'obscurité vers la réhabilitation de l'« espèce humaine ».

La très intéressante postface de la traductrice, Martine Broda, éclaire les différents aspects symboliques de la rose dans ce recueil. Ses « métamorphoses prouveront que le livre fait ce qu'il dit qu'il fait, que sa composition est un trajet, un itinéraire. Il est une quête, et il trouve quelque chose ou arrive quelque part ».
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Henri-l-oiseleur
  08 novembre 2015
Paul Celan, poète roumain d'origine juive et d'expression allemande, est quelqu'un de difficile à rencontrer : sa poésie est âpre, austère, aussi elliptique parfois que du René Char (mais sans ses concetti tarabiscotés), et elle se prête mal à l'effusion lyrique et au partage. C'est peut-être pour cela que je n'ai eu accès à lui que par divers médiateurs : Rachel Ertel (dans son essai-anthologie sur la poésie de l'anéantissement, "Dans la langue de personne"), Norman Manea et, plus modestement, à la faveur d'une mode passagère qui ramena la problématique de la littérature juive à l'honneur en France, dans les années 80 et les milieux informés. L'attention fut attirée aussi par l'entretien qu'il eut avec Heidegger, dont la philosophie fait une place bien particulière à la poésie. En un mot, ses poèmes sont magnifiques, et pour une fois les modes littéraires n'ont pas eu tort de l'amener à la lumière.

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chartel
  14 octobre 2016
Paul Celan nourrit sa poésie des traditions kabbalistes. Il y a du mystère dans ses vers, de la mysticité! Mais cette obscurité est aussi pleine de lumières, les poèmes de ce recueil tracent les transmutations de la Rose de Personne, on passe des gouffres béants du Néant solitaire aux constellations irradiantes de l'universel.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   04 janvier 2016
Ta demeure est deux, Eternel, in-
habitable. Aussi
bâtissons-nous, bâtissons. Aussi
est-il dressé, ce lit
pitoyable - sous la pluie, là
dressé.

Viens, aimée.
Que nous soyons couchés ici, c'est
la cloison - : Lui
se suffit alors à lui-même, deux fois.

Laisse-le, qu'il
se possède tout entier, la moitié,
puis encore la moitié. Nous,
nous sommes le lit de pluie, qu'il
vienne et nous fasse sécher.

.....................................

Il ne vient pas, ne nous fait pas sécher.

---------
Zweihäusig, ewiger, bist du, un-
bewohnbar. Darum
baun wir und bauen. Darum
steht sie, diese
erbärmliche Bettstatt, - im Regen,
da steht sie.

Komm, Geliebte,
Daß wir hier liegen, das
ist die Zwischenwand -: Er
hat dann genug an sich selber, zweimal.

Laß ihn, er
habe sich ganz, als das Halbe
und abermals Halbe. Wir,
wir sind das Regenbett, er
komme une lege uns trocken.

....................................

Er kommt nicht, et legt uns nicht trocken.
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WalktapusWalktapus   01 décembre 2015
PSAUME

Personne ne nous repétrira de terre et de limon,
personne ne bénira notre poussière.
Personne.

Loué sois-tu, Personne.
Pour l’amour de toi nous voulons
fleurir.
Contre
toi.

Un rien
nous étions, nous sommes, nous
resterons, en fleur :
la rose de rien, de
personne.

Avec
le style clair d'âme,
l'étamine désert-des-cieux,
la couronne rouge
du mot de pourpre que nous chantions
au-dessus, au-dessus de
l'épine.

----------------------------
PSALM

Niemand knetet uns wieder aus Erde und Lehm,
niemand bespricht unsern Staub.
Niemand.

Gelobt seist du, Niemand.
Dir zulieb wollen
wir blühn.
Dir
entgegen.

Ein Nichts
waren wir, sind wir, werden
wir bleiben, blühend:
die Nichts-, die
Niemandsrose.

Mit
dem Griffel seelenhell,
dem Staubfaden himmelswüst,
der Krone rot
vom Purpurwort, das wir sangen
über, o über
dem Dorn.
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WalktapusWalktapus   18 décembre 2015
MANDORLA

In der Mandel – was steht in der Mandel ?
Das Nichts.
Es steht das Nichts in der Mandel.
Da steht es und steht.

Im Nichts – wer steht da? Der König.
Da steht der König, der König.
Da steht er und steht.

Judenlocke, wirst nicht grau.

Und dein Aug – wohin steht dein Auge?
Dein Aug steht der Mandel entgegen.
Dein Aug, dem Nichts stehts entgegen.
Es steht zum König.
So steht es und steht.

Menschenlocke, wirst nicht grau.
Leere Mandel, königsblau.
----

Dans l’amande – qu’est-ce qui se tient dans l’amande ?
Le Rien.
Le rien se tient dans l’amande.
Il s’y tient, s’y tient.

Dans le Rien – qui se tient là ? Le Roi,
Là se tient le Roi, le Roi.
Il s’y tient, s’y tient.

Boucle de juif, tu ne grisonneras pas.

Et ton œil – vers quoi se tient ton œil ?
Ton œil se tient face à l’amande.
Ton œil face au Rien se tient.
Soutient le Roi.
Ainsi il se tient, se tient.

Boucle d’homme, tu ne grisonneras pas.
Amande vide, bleu roi.
+ Lire la suite
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hupomnematahupomnemata   02 février 2013
LES SYLLABES DOULEUR

Il s'offrait à Toi dans ta main :
un Tu, sans mort,
auprès duquel tout le Je revenait à soi. Autour
circulaient des voix sans mots, des formes vides, tout
passait en elles, mêlé,
démêlé,
et à nouveau
mêlé.

Et des nombres étaient
tissés dans
l'innombrable. Un, mille, et ce qui
devant, derrière,
était plus grand que soi, plus petit, mené
à terme, puis dans une métamorphose
à rebours et suivie,
transformé en un
jamais germinant.

De l'oublié harponna
du bientôt-oublié, parties du monde, parties du coeur
nageaient,
sombraient et nageaient. Colomb,
le colchique
dans l'oeil, hors-temps, la fleur-
mère,
massacra mâts et voiles. Tout prit le large,
libre,
à la découverte,
la rose des vents s'épuisa en fleurs, s'effeuilla,
un océan
fleurit en masse et au jour, dans la lumière noire
de la déroute du gouvernail affolé. Dans des cercueils,
des urnes, des canopes,
s'éveillaient les petits enfants
Jaspe, Agathe, Améthyste - peuples,
tribus et familles, un aveugle

Soit-il

se noua dans
le cordage libre
à tête de serpent -: un
noeud
(contre-noeud, anti-noeud, non-noeud, jumeau et multiple
noeud), auquel
la couvée aux yeux de nuit-carême
des étoiles-martre dans l'abîme
ép-, ép-, é-
pelait.
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coco4649coco4649   01 juillet 2018
GEL, ÉDEN


Il y a un pays : Perdu,
où pousse une lune dans le roseau,
mort de froid avec nous,
il rayonne alentour et voit.

Il voit, alors il a des yeux,
qui sont de claires terres.
La nuit, la nuit, l'alcali.
Il voit, l'enfant-œil.

Il voit, il voit, nous voyons.
je te vois, tu vois.
Le gel ressuscitera
avant que l'heure se ferme.

p.35
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Videos de Paul Celan (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Celan
Les vignerons, Paul Celan Lu par Sylvia Bergé et Stéphane Varupenne
Dans la catégorie : Poésie allemandeVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Poésie allemande (73)
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