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ISBN : 2757833642
Éditeur : Points (07/03/2013)

Note moyenne : 4.88/5 (sur 8 notes)
Résumé :
On a pu dire de Schneepart que ce sont les " poèmes de 1968 ", en donnant à ce moment sa signification historique liée aux révoltes étudiantes, aux mouvements sociaux et au Printemps de Prague.
Au plus près de son époque et de lui-même, Paul Celan y réinvente sa diction. En janvier 1970, dans une lettre à Ilana Shmueli, Celan évoque, avec une fierté lucide, ces poèmes, qui ne seront publiés qu'après sa mort: " [Ce volume] est sans doute ce que j'ai écrit de p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Dixie39
  30 janvier 2015
« Partie de neige » de Paul Celan a été publié après la mort de l'auteur. Les poèmes qui composent ce recueil ont été écrits entre décembre 1967 et octobre 1968.
L'esprit du poète est accaparé par les évènements politiques : le printemps de Prague, l'assassinat de Martin Luther King, les manifestations étudiantes en Allemagne suite à l'attentat contre un dirigeant étudiant d'extrême gauche, les manifestations et revendications de mai 68...
Paul Celan est entre l'effervescence de voir cet espoir d'une « révolution sociale et antiautoritaire » qui pourrait transformer le monde, se réaliser sous ses yeux et la crainte de voir l'histoire « bégayer » et ses démons ressurgir.
« Les problèmes de la poésie se posent à moi avec une grande acuité, les évènements – tu imagines combien je suis affecté par ceux de Tchécoslovaquie – me sollicitent au milieu de ce que j'écris, de ce que j'essaie d'écrire », confie t-il en 1968.
« A TON OMBRE, A TON
ombre toute mal-sonnée aussi,
j'ai donné sa chance,
elle, elle aussi
je l'ai lapidée à coups de moi-même,
moi le droit-ombré, droit-
sonné -
étoile à six branches
à laquelle tu as
adonné ton silence,
Aujourd'hui
adonne ce silence où tu veux,
catapultant du sous-sacralisé par l'époque,
depuis longtemps, moi aussi, dans la rue,
je sors, pour n'accueillir aucun coeur,
jusque chez moi dans le pierreux-
multiple. »
Pour Paul Celan, la poésie est « datée » : elle est de l'Histoire, mais non ancrée dans un temps.
Elle est de ce lieu daté d'où parle le poète. Toute la création poétique à l'oeuvre a pour but d'atteindre cet autre lieu de la parole, ce non-lieu, universel et libertaire, guidée par cet imperceptible « fil d'espérance » qui, contre toute logique, ne rompt pas.
« OBSCUR-SURGIE, une fois encore,
ta parole s'en vient
jusqu'à la pousse pré-ombragée
du hêtre.
Il n'y a rien
à faire et tirer de vous autres,
tu tiens pour fief une étrangeté.
Infiniment
j'entends la pierre tenir en toi, droite. »
On ressent cette fébrilité de la création dans les poèmes, la quête et la tension du choix des justes mots, toujours ramassés, condensés, à vif chez Paul Celan. Les précieuses notes de Jean-Pierre Lefebvre nous éclairent et nous accompagnent tout en nous permettant de nous éloigner de la traduction qu'il nous propose. Il ne fige pas l'interprétation, il permet au lecteur, dont je suis, qui ne maîtrise pas toute la subtilité de l'alchimie linguistique mise en oeuvre par Paul Celan dans la langue allemande, de pouvoir entrevoir ce foisonnement de sens et se l'approprier.
« PARLER AVEC LES IMPASSES
de l'En-face,
de sa
signification
expatriée - ;
mâcher ce
pain avec
des dents d'écriture. »
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   27 janvier 2015
Le poète assume, dans l'univers de la parole, un rôle et une voix qui sont de témoignage et non de prophétie, en même temps que de réflexion continue sur le geste singulier de l'écriture poétique. Un rôle et une voix qui ne sont pas "de composition" comme dans l'univers du spectacle, mais authentifiés jour après jour dans et par l'existence, ses jeux, ses tragédies, ses rencontres y compris verbales. Chaque journée construit le mystère de ses coïncidences matérielles et mentales, et le poème authentique respecte ces mystères, les cristallise comme une neige, au risque de l'hermétisme : les dossiers génétiques, en exhibant les différentes phases de l'écriture, manifestent bien ce respect, et le traducteur doit compenser la perte inévitable de nombreuses corrélations intimes en proposant au lecteur des éléments d'information principalement sémantique, parfois historique ou personnelle.
(...)
La partie consiste en trois opérations : faire ricocher sur la glace rayée des rêves-cailloux plats, extraire à la pioche de leur gangue dure les ombres-mots et ombres de mots, et les disposer sans fioritures selon des mesures vivantes (les abrasses de l'écriture des vers entassés) tout autour de l'outil même, du fer de pioche qui les a dégagés, dans la pierre réduite à néant par le tourbillon des eaux glaciaires, dans le trou d'eau qui est aussi la source glottale de la parole.
Notice à Partie de neige, de Jean-Pierre Lefebvre
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HardivillerHardiviller   06 juin 2015
Avec une clé changeante
tu ouvres la maison , dans laquelle
tournoie la neige des choses tues .
Et au gré du sang , qui sourd
des yeux, de la bouche ou de l'oreille ,
ta clé change .
Change ta clé , change le mot ,
qui doit suivre le tournoiement des flocons .
Au gré du vent qui te pousse en avant ,
s'enroule autour du mot " la neige " .
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Dixie39Dixie39   27 janvier 2015
TOI AVEC LA FRONDE LANCE-TÉNÈBRES,
toi avec la pierre :

il est Au-delà-du-soir,
je luis derrière moi-même.
Viens donc me redescendre,
ne plaisante plus
avec nous.

DU MIT DER FINSTERZWILLE,
du mit dem Stein :

Es ist Überabend,
ich leuchte hinter mit selbst,
Hol mich runter,
mach mit uns
Ernst.
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Dixie39Dixie39   30 janvier 2015
NOUS LES SURCREUSÉS, esseulés
dans le sous-sol gelé.
Chaque vallée suspendue charrie un cil
vers l'empreinte des yeux,
et son noyau
de pierre.

WIR ÜBERTIEFTEN, geeinsamt
in der Gefrornis.
Jedes Hängetal karrt eine Wimper
an den Augenabdruck
und seinen Steinkern
heran.
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Dixie39Dixie39   27 janvier 2015
PARTIE DE NEIGE, droit cabrée jusqu'à la fin,
dans le vent ascendant, devant
les cabanes à jamais
défenêtrées :

faire ricocher des rêves plats
sur la
glace striée ;

dégager au pic
les ombres de mots, les empiler par toises
tout autour du fer
dans le trou d'eau.

SCHNEEPART, gebäumt, bis zuletzt,
im Aufwind, vor
den für immer entfensterten
Hütten ;

Flachträume schirken
übers
geriffelte Eis ;

die Wortschatten
heraushaun, sie klaftern
rings um den Krampen
im Kolk.
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Videos de Paul Celan (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Celan
Les vignerons, Paul Celan Lu par Sylvia Bergé et Stéphane Varupenne
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