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Jean-Pierre Lefebvre (Traducteur)
EAN : 9782757801567
263 pages
Éditeur : Points (30/11/-1)

Note moyenne : 4.61/5 (sur 31 notes)
Résumé :
C’est après la publication de La Rose de personne, Die Niemandsrose, en 1963, que Paul Celan écrit les poèmes du présent livre. En avril 1967, quelques mois avant la parution de Renverse du souffle, Atemwende, Celan écrit à son fils : « Tu sais, je pense, qu’un nouveau recueil de poèmes doit paraître en septembre aux Éditions Suhrkamp (mon nouvel éditeur à Francfort), c’est une date importante dans ma vie, car ce livre, à plusieurs égards, dont, avant tout, celui de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Tandarica
  16 décembre 2016
Un des derniers recueils publiés du vivant de Paul Celan qui ne manque pas de cumuler un certain nombre de paradoxes. D'abord, Celan a écrit ses poèmes durant une période très difficile, marquée par des séjours en hôpital psychiatrique, mais il était très fier de l'oeuvre qui avait atteint une forme de densité, d'amplitude selon lui. C'est aussi une oeuvre cosmopolite où l'on croise les villes de Hambourg, Copenhague, Prague ou Mangalia où il s'est rendu avec Petre Solomon et Nina Cassian, des amis roumains. L'allemand employé par Celan, du fait de sa polysémie et de l'usage érudit extrêmement travaillé des mots composés, souples dans la langue de Goethe, est toutefois intraduisible. Jean-Pierre Lefebvre a eu recours aux notes, sans doute bien plus étendues que le texte, dont beaucoup très intéressantes (Rosa Luxemburg et les buffles de Roumanie pour le poème "Coagula" par exemple). Par-delà mes lacunes, j'ai regardé souvent l'allemand, puisque, il n'est pas inutile de le rappeler, il s'agit d'une édition bilingue. Celan avait indéniablement raison d'être fier, même si son impeccable technique le rendait plus hermétique. Il a laissé la clé de son recueil dans le poème "Un vacarme" : "C'est/la vérité même qui/est entrée/parmi les hommes/ au beau milieu/des bourrasques de métaphores". Rien que le titre, "Atemwende", "La Renverse du souffle", changement de respiration, la bourrasque du souffle métaphore, vacarme de la respiration qui renverse tout. Germanophone né roumain dans une ville aujourd'hui ukrainienne puis résident français (sa nationalité?), pour Celan le changement c'était (!) tout le temps, comme il respirait jusqu'au... dernier souffle.
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Pirouette0001
  16 janvier 2020

C'est une poésie à la fois dure, dans son contenu, et complexe, dans son expression, mais il faut se remémorer la vie de ce poète Paul Antschel de son vrai nom, né en 1920 en Roumanie dans une famille juive de langue allemande. Il a été interné dans un camp roumain et sera libéré par l'armée rouge. Ses parents, eux, moururent dans le camp où eux avaient été placés.
C'est toute cette douleur qui transparaît à chaque instant dans ces méandres de poésie qu'il nous a laissés. C'est beau et, à la fois, j'ai l'impression qu'une partie m'a échappé. du reste, à lire les autres critiques, je pense effectivement qu'il y a un sens subliminal plus intellectuel qui n'est pas facilement perceptible.
Il n'en reste pas moins que, même en traduction, on apprécie de lire cette immense poésie. Et quelle joie cela doit être d'entendre les sonorités et les rythmes imprimés dans la langue allemande pour ceux qui savent la lire.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
MoovanseMoovanse   24 août 2015
Fais que ton œil dans la chambre soit une bougie, ton regard une mèche,
fais moi être assez aveugle pour l'allumer.

*******

À la source de tes yeux
vivent les filets des pêcheurs d'eaux folles.

À la source de tes yeux
la mer tient sa promesse.

Je jette là
un cœur qui a vécu parmi les hommes,
jette bas mes vêtements et l'éclat d'un serment
Plus noir dans le noir je suis plus nu.
Infidèle seulement je suis fidèle.

Je suis tu quand je suis je.

À la source de tes yeux
je suis emporté et je rêve de rapine.
Un filet a pêché un filet :
nous nous séparons enlacés.

À la source de tes yeux
un pendu étrangle sa corde.


(Louange du lointain du Recueil Pavot et Mémoire)
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   15 juillet 2017
La NUIT, quand le pendule de l'amour balance
entre Toujours et Jamais,
ta parole vient rejoindre les lunes du cœur
et ton œil bleu,
d'orage
tend le ciel à la terre.

D'un bois lointain,
d'un bosquet noirci de rêve
l'Expiré nous effleure
et le Manqué hante l'espace, grand comme les spectres du futur.

Ce qui maintenant s'enfonce et soulève
vaut pour l'Enseveli au plus intime :
embrasse, aveugle,
comme le regard que nous échangeons,
le temps sur la bouche.
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sabine59sabine59   17 octobre 2017
Tremble aux feuilles qui brillent blanches dans les tenèbres.
Ma mère jamais n'eut les cheveux blancs.
L'Ukraine est verte comme les dents- de- lion.
Ma mère si blonde n'est pas rentrée.
Nuage de pluie, tu hésites là, aux puits?
Ma mère si douce pleure pour tous.
Étoile ronde, tu enroule la traîne d'or.
Ma mère avait au coeur une blessure de plomb.
Porte de chêne, qui t'a soulevée hors des gonds?
Ma mère si tendre ne peut pas venir.

( La mère de Paul Celan est morte en camp d'internement, sans doute d'une balle dans la tête.. .)
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Pirouette0001Pirouette0001   19 janvier 2020
DANS LA LANIERE DE PRIERE BLANCHE - le
Seigneur de cette heure
était
une créature d'hiver, c'est
pour lui plaire
qu'est arrivé ce qui est arrivé -
ma bouche en grimpant s'est accroché avec les dents, une fois encore,
quand elle t'a cherchée, toi, trace de fumée,
là-haut,
silhouette de femme,
toi en voyage vers mes
pensées de feu dans le gravier noir
au-delà des mots de fission à travers
lesquels je t'ai vue marcher, haut
perchée sur tes jambes avec
ton opiniâtre tête aux lèvres
lourdes
sur le corps
tenu vivant par mes
mains
mortellement précises.

Dis à tes
doigts qui t'accompagnent
jusque dans les gouffres, combien
je t'ai connue, combien je t'ai
poussée loin dans les profondeurs, où
mon rêve le plus amer
a de coeur couché avec toi, dans le lit
de mon inarrachable nom.
+ Lire la suite
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TandaricaTandarica   06 juin 2015
RESTE CHANTABLE – la silhouette
de celui qui à travers
l'écriture-faucille a percé sans bruit,
à l'écart, au lieu de neige.

Tourbillonnant
sous des sourcils-
comètes
la masse de regard, vers
laquelle dérive l'infime
satellite-coeur obscurci
avec
l'étincelle capturée au-dehors.

-Lèvre privée du droit à la parole, fais savoir
qu'il arrive quelque chose, encore,
non loin de toi.
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Videos de Paul Celan (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Celan
Paul Celan et Ingeborg Bachmann : Le Temps du cœur, correspondance (2012 / France Culture). Diffusion sur France Culture les 3, 4, 5, 6 et 7 septembre 2012. Pages choisies et présentées par Julie Aminthe. Traduction de Bertrand Badiou. Réalisation : Étienne Vallès. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Avec : Bruno Paviot (Paul Celan), Élodie Huber (Ingeborg Bachmann), Hélène Lausseur (Narration). Prise de son et mixage : Éric Boisset. Assistance technique et montage : Pierre Henri. Assistante à la réalisation : Lise-marie Barré. Musique : Pascal Dusapin : Arditti quartet, quatuor à cordes et trios « Quatuors II ». Pascal Dusapin : Concerto avec Sonia Wieder Atherton, Juliette Hurel, Alain Trudel « Cello ».
00:00 : Épisode 1 : Champ de coquelicots 24:44 : Épisode 2 : Et que prouve donc ton cœur ? 49:28 : Épisode 3 : Claire est la nuit qui nous a inventé des cœurs 1:14:01 : Épisode 4 : Le cœur saura vivre 1:38:43 : Épisode 5 : Nous creusons dans le ciel, une tombe.
« Les deux êtres qui se rencontrent dans la Vienne de 1948 encore occupée par les troupes alliées, sont issus de cultures et d’horizons différents, voire opposés : Ingeborg Bachmann est la fille d’un instituteur, protestant, ayant adhéré au parti nazi autrichien avant même l’accession de Hitler à la chancellerie du Reich (1932) ; Paul Celan, né dans une famille juive de langue allemande de Czernowitz, au nord de la Roumanie, a perdu ses deux parents dans un camp allemand et a connu l’internement en camp de travail roumain pendant deux ans. Cette différence tout comme la tension pour la dépasser, le désir et la volonté de renouer sans cesse le dialogue par-delà les malentendus et les conflits déterminent leur relation et la correspondance qu’ils échangent du premier jour, en mai 1948, où Paul Celan fait cadeau d’un poème à Ingeborg Bachmann jusqu’à la dernière lettre adressée en 1967. L’écriture est au centre de la vie de chacun des correspondants, dont les noms apparaissent dans les comptes rendus critiques, dès le début des années 1950, souvent au sein d’une même phrase, comme étant ceux des représentants les plus importants de la poésie lyrique allemande de l’après-guerre. Mais écrire n’est pas chose simple, ni pour l’un ni pour l’autre. Et écrire des lettres n’est pas moins difficile. L’imperfection du dire, la lutte avec les mots, la révolte contre le mutisme, occupent une place centrale dans cet échange épistolaire. » Note de l’éditeur
La correspondance entre Ingeborg Bachmann et Paul Celan est parue aux éditions du Seuil dans une traduction de Bertrand Badiou, dans la collection « La Librairie du XXIème siècle ».
Source : France Culture
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