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EAN : 9782749153902
576 pages
Éditeur : Le Cherche midi (09/02/2017)
4.07/5   152 notes
Résumé :
1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C’est dans ce contexte trouble qu’une femme appartenant à l’une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l’agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
4,07

sur 152 notes
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iris29
  02 mai 2018
" Mascarade est le deuxième volet d'une série de quatre ouvrages retraçant l'histoire du jazz et de la mafia pendant cinquante ans au XX ° siècle. selon un procédé inspiré par l'Oulipo, chacune des quatre parties présente une ville, une décennie, un morceau, un thème et des conditions météorologiques différentes".
Ainsi présenté par l'auteur en personne à la fin de ce roman, je vous invite à remonter le temps et à atterrir en 1922 à Chicago ,USA.
Louis Armstrong, vient d'arriver en ville . Deux détectives privés de la première agence au monde, (j'ai nommé la célèbre Agence Pinkerton ) sont chargés par une maman , de retrouver une jeune fille qui a disparu en même temps que son fiancé.
Al Capone charge Dante, ( un de ses anciens "soldats" débarqué de New-York ) , d'une enquête et un photographe de scène de crime "bosse" sur un cadavre qui pourrait bien relier tous ces personnages ...
Alcool frelaté, prohibition, attentats , macchabées, cocaïne , ségrégation, héroïne : il ne fait pas bon vivre à Chicago.
Heureusement, il y a le jazz , les clubs qui réunissent tout le monde, juste le temps d'une nuit : riches, pauvres , blancs, noirs, gangsters, putes , flics. Oui, heureusement qu'il y a la musique pour oublier... le jazz est en plein essor,
" On disait parfois parmi les musiciens que le jazz était né à La Nouvelle -Orléans et qu'il avait grandi à Chicago ."
D'une immense richesse historique, bourré d'anecdotes, ce projet de quatre romans , est sacrément ambitieux et intelligent. L'auteur est ultra documenté.
" Certains lecteurs auront peut-être remarqué que la structure du roman copie celle de l'enregistrement de " West End Blues" de Louis Armstrong telle qu'elle est décrite dans un des chapitres de la fin de l'ouvrage. J'avais l'intention de faire en sorte que mon livre suive fidèlement l'arrangement de ce morceau et que chaque personnage constitue un élément de l'instrumentalisation. je n'ai malheureusement pas tout à fait réussi "
Qu'importe ! Mascarade est comme une ballade dans les rues de Chicago dans les années 20, de jour et de nuit, , version noire, version blanche .
On sent cette ville pulser , la musique se déverser dehors sur les trottoirs. la mafia qui gangrène tout ...
On sent le monde qui change .
Un roman à offrir aux amoureux de musique , aux férus d'histoire des USA, aux amateurs de films de gangsters ...
Ne faites pas comme moi, commencez par le premier tome , "Carnaval ".
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Ichirin-No-Hana
  04 août 2017
Après avoir adoré Carnaval, c'est avec beaucoup de plaisir et d'attente que je commence ma lecture de Mascarade. Très bonne lecture, j'ai été, encore une fois, totalement happée par l'atmosphère que se dégage du roman et par son intrigue haletante ! Ray Celestin fait encore un sans-faute et nous démontre encore une fois qu'il est un auteur de policier plein de talent, vivement le prochain roman !
Neuf ans après Carnaval, nous retrouvons nos deux personnages Michael Talbot et Ida Davies, aujourd'hui associés. Après avoir arpenté les bayous de la Nouvelle-Orléans à la recherche du tueur à la hache dans Carnaval, nos deux détectives nous amènent à découvrir la ville de Chicago en 1928, là où le jazz et la mafia sont rois. Chicago est une ville aux nombreuses facettes et qui regorge de nombreux secrets. Un certain Louis Armstrong et Al Capone seront bien entendus de la partie.
En seulement quelques pages, Ray Celestin réussit le pari de nous immergé totalement dans une époque et une ville. On s'y croit réellement. Avec une plume fluide et de nombreux dialogues intelligemment écrits et percutants, l'auteur nous propose un bon petit pavé de plus de 500 pages qui se lit d'une traite. Les personnages Michael et Ida ont été un plaisir à retrouver.
Si on rajoute à tout cela une enquête policière qui mêle le clan d'al Capone et ses ennemis, on a un roman détonnant. L'intrigue policière bien que chargée d'action n'en reste pas moins plutôt dense et intrigante. Règlements de comptes, intrigues politiques, trafics en tous genres et antisémitisme seront les ingrédients principaux. On ressent encore une fois le travail titanesque de l'auteur au niveau de ses recherches. de nombreux personnages et d'événements sont inspirés de faits réels et cela rajoute réellement un plaisir supplémentaire à la lecture.
Mascarade, comme son prédécesseur, est bien plus qu'un simple roman policier. C'est un réel dépaysement pour le lecteur et c'est pour cela que je vous les conseille fortement.
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domi_troizarsouilles
  23 juin 2021
Second tome d'une quartologie (je ne sais pas si ça se dit ;) pour une saga en quatre tomes), dont le 4e opus ne sortira qu'à la fin de l'automne prochain en langue originale anglaise, ce livre propose une nouvelle multi-enquête époustouflante. Il reprend, en quelque sorte, les ingrédients qui ont fait le succès du premier, tout en proposant suffisamment de différences pour que ce ne soit pas un remake qui serait devenu fastidieux au fil des pages - ce qui n'est donc pas le cas ! Si je lui donne une note un tout petit peu plus basse (18 au lieu de 19/20 pour le premier), c'est peut-être parce que l'effet de surprise formidable du 1er tome, lu dans la première quinzaine de ce mois de juin, n'est désormais plus présent. Aurais-je dû lire ce 2e tome un peu plus tard, le temps de laisser couler et « d'oublier » toutes les sensations que cet auteur incroyable parvient à faire naître ?
Je crois d'ailleurs qu'on peut lire ce 2e volet sans avoir lu le précédent – bon, je n'en ai pas l'expérience, puisque je suis en train de tout lire « dans l'ordre », mais voilà : les deux personnages principaux ont mûri, on les retrouve 10 ans plus tard dans une autre ville, et si certains traits de leur passé apparaissent ici ou là (la mention à leur famille pour Michael, ou la relation avec Louis Armstrong pour Ida), ils sont de toute façon réexpliqués brièvement et ne gênent en rien ni la compréhension ni l'évolution de l'enquête.
Ainsi donc, peut-être au même titre qu'un personnage à part entière, c'est une nouvelle ville qui est mise à l'honneur : le Chicago de la fin des années 1920. Alors que La Nouvelle-Orléans était célébrée et réellement « aimée » dans le tome 1, malgré ses revers qui n'étaient jamais cachés, ici Chicago est présentée dans toute sa noirceur, sans aucune concession. On ne retrouve plus ce sentiment de profond attachement, qui n'est peut-être pas utile d'ailleurs, mais au contraire une certaine désespérance sans fond.
Mais peut-être est-ce davantage lié au contexte qu'à la ville même, quoique… Je m'explique : Ray Celestin place cet opus en pleine Prohibition, synonyme du florissement intempestif (et souvent couvert, voire encouragé par la police et les élus locaux) des réseaux de production clandestine et/ou de distribution d'alcools de contrebande – avec toutes les dérives, notamment au niveau de la santé des consommateurs, que cela implique. C'est l'âge d'or de la mafia (encore !) et en particulier d'un certain Al Capone, véritable roi de la ville, plus puissant que les puissants, richissime, c'est vraiment lui qui tire toutes les ficelles de ce trafic incroyablement lucratif (en y ajoutant quelques bordels et autres activités annexes) ; pourtant l'auteur n'hésite pas à le montrer comme très malade, aussi, ce qui paradoxalement le rend terriblement humain, presque « acceptable » (pour ne pas dire attachant, mais non, n'exagérons rien !) malgré tous ses méfaits.
Et, peut-être encore davantage que dans le 1er tome et une certaine indolence typique de cette ville sudiste qu'est La Nouvelle-Orléans, l'auteur dénonce la ségrégation qui règne à Chicago. A nouveau, il la montre à travers quelques exemples qui laissent pantois. On notera l'interdiction pour les orchestres de ce jazz de plus en plus à la mode, de réunir musiciens Blancs et Noirs, ce qui a conduit à l'appropriation du jazz par certains orchestres blancs, permettant ainsi de le diffuser dans des quartiers moins ghetto-isés, et l'amenant dès lors à un succès encore plus fulgurant, tandis que lesdits musiciens ne s'arrêtent pas, eux, à une différence de couleur, mais ne peuvent jouer ensemble que dans la clandestinité. On souligne le fait que les Blancs aisés paient des intermédiaires Noirs-mais-pas-trop pour aller s'encanailler dans les quartiers Noirs lors de certains de ces concerts, ou pour bénéficier des services de certaines jeunes filles, un autre business bien lucratif ! Surprenante aussi, et probablement vraie, la révélation selon laquelle les abattoirs de Chicago, alors parmi les plus importants au monde, n'ont pas réussi à mettre en place un quelconque syndicat pour ses très nombreux ouvriers, tout simplement parce que ceux-ci, issus de diverses origines (Polonais, Irlandais, Italiens, autre Européens arrivés après la 1re guerre mondiale, et Noirs bien sûr) ne s'entendant pas entre elles, restaient éternellement incapables de s'associer pour défendre leurs droits et intérêts pourtant communs… A noter aussi une autre forme de ségrégation, qui est ici touchée du doigt à quelques reprises : on parle d'homosexualité, alors tout à fait illégale et considérée comme une maladie, que les Blancs aisés font soigner à coups de psychanalyse et d'électrochocs en hôpital psychiatrique.
Ce qui me touche sans doute particulièrement ici, au-delà de l'Histoire, c'est que toute cette histoire de ségrégation semble avoir traversé le temps et reste accrochée à cette ville, peut-être même à tous les États-Unis (qui prétendent par ailleurs enseigner la démocratie au monde entier) ! Dans ce livre, on est à la fin des années 1920 comme je disais plus haut ; pourtant, Prohibition en moins et modernité en plus, ce sont les mêmes conditions de ghetto-isation qu'on retrouvait dans le magnifique « Devenir » de Michelle Obama, sa ville de naissance où elle a grandi à la fin du XXe siècle pourtant, situation dont elle avait pu s'extraire grâce à l'éducation (et probablement un bon lot de chance, notamment d'avoir eu des parents qui la poussaient en ce sens), mais dans le fond, c'est ahurissant de se dire que rien n'a fondamentalement changé en près d'un siècle…
Mais revenons à notre livre : on retrouve l'ex-policier Michael Talbot et l'ex-apprentie détective Ida Davis. Tous deux ont quitté La Nouvelle-Orléans pour Chicago, ils ont mûri avec 10 ans de plus, et travaillent désormais en équipe pour cette grosse agence de détectives qui employait déjà Ida. Michael reste l'image de l'incorruptibilité, il pose toujours ses divers choix dans cette optique-là, la plupart du temps avec une grande assurance, quel que soit le prix à payer. Ida quant à elle, grâce à son opiniâtreté et au soutien implicite de son aîné, a enfin obtenu un vrai poste d'enquêtrice et révèle de réelles dispositions pour ce métier. Elle reste amie, et le croise à plusieurs reprises, avec ex-Lewis devenu Louis Armstrong qui, après un passage raté par New York, est désormais en pleine ascension. Il fait partie d'un orchestre de jazz à Chicago et se découvre alors à lui-même plus que jamais, encore en début de carrière mais déjà avec la virtuosité et la reconnaissance d'un public de plus en plus conquis.
En parallèle à ces personnages du 1er tome, on a ici deux autres personnages principaux qui vont eux aussi mener la même enquête, en la prenant – comme c'était déjà le cas dans le 1er tome – par un bout différent car leurs points de départ ou motivations sont différentes.
On rencontre ainsi Jacob Russo, photographe professionnel, de plus en plus souvent armé de son tout nouveau Leica (en mentionnant au passage à quel point ce nouvel appareil a été une révolution pour les photographes !), qui immortalise les scènes de crime pour la police – nombreuses vu le taux de criminalité de cette ville ! Il rêvait de devenir lui-même policier, mais une cheville boiteuse fait qu'il a été recalé ; pourtant, il profite de son travail de photographe pour s'intéresser lui aussi aux enquêtes, soutenu par l'un ou l'autre enquêteur qui le connaissent, car il fait aussi preuve d'une grande sagacité souvent supérieure à celle d'autres policiers, et peut ainsi réaliser son rêve malgré tout, sous le titre « d'attaché » à la police.
Et on a aussi Dante Sanfelipe : ancien membre de la garde rapprochée d'al Capone, il s'est enfui à New York après le décès (par ingestion de champagne frelaté) de toute sa famille, morts plurielles dont il se sent responsable puisque c'est lui qui avait fait entrer chez lui ce champagne… Devenu héroïnomane, désabusé de la vie à laquelle il s'accroche pourtant, en compagnie de son chien bâtard aussi hirsute que fidèle qu'il a recueilli autrefois sans jamais le nommer, il retourne auprès d'al Capone qui lui confie la résolution d'une enquête qui s'avèrera (évidemment !) la même que celle de tous les autres, mais prise par un autre bout donc.
Pourtant, ici, et c'est sans doute (outre la présentation d'une nouvelle ville et la maturité des deux premiers personnages) le plus grand changement par rapport au 1er tome : les enquêtes sont menées en parallèle avec bien des différences, et offrent tout au long du livre des approches différentes dont on tente de comprendre les ramifications, mais cette fois ces différents enquêteurs vont réellement se rencontrer ! Et ainsi, les différentes facettes d'une même vérité bien complexe sont à nouveau présentées par petits bouts au lecteur (ce qui avait été un coup de génie dans le premier tome, du moins à mes yeux). Mais désormais l'auteur opte pour une approche un peu plus classique dans la résolution finale de l'enquête, en permettant à ces différents bouts de vérité de se recouper – cela dit, ça ne se fait pas en un instant ! ces « rencontres » sont mêmes tardives, et pas simultanées, ce qui permet d'entretenir un certain suspense dans le suspense – autrement dit, ce procédé des différents aspects d'une même solution est à nouveau exploité de façon magistrale, tout en permettant aux lecteurs plus « classiques » de s'y retrouver dans une résolution finale désormais complète.
À travers tout cela, au risque de me répéter, l'auteur réussit à créer un attachement fort envers ses différents personnages. La famille de Michael est nettement moins « présente » que dans le 1er tome, et à vrai dire ça m'a bien un peu manqué, mais c'est un moindre mal car son image d'incorruptible et quelque peu ténébreux détective est suffisante pour le rendre presque séduisant. Ida quant à elle prend toute son ampleur dans ce roman, entre ses contradictions toujours présentes mais mieux assumées, sa découverte de l'amour, ou son lien d'amitié indéfectible depuis l'enfance avec Louis –ce qui permet d'ailleurs de donner un « petit rôle » au musicien dans l'enquête, dépassant ainsi les seules limites du décor jazzy historique. Jacob est d'emblée attachant, peut-être à cause de son handicap qui l'a rendu pugnace, et son intelligence qu'il laisse s'exprimer. Enfin, même Dante, qui mérite sans doute un certain titre d'anti-héros (on le voit se piquer bien plus d'une fois ! pour ne citer qu'un exemple) est, à l'image d'al Capone pour qui il travaille, incroyablement humain dans son désespoir, ses regrets tout entachés de culpabilité, mais aussi son attachement pas assumé et pourtant réel envers son chien, ainsi que son désir de vivre malgré tout !
Tout cela est toujours sublimé par une écriture apparemment neutre mais toujours très précise, au scalpel, extrêmement bien traduite qui plus est. Elle est aussi très visuelle, notamment dans les scènes d'action – le passage d'Ida sur les toits du stade (chut je n'en dirai pas plus !) est vraiment exceptionnel et m'a donné des frissons !
C'est donc un nouveau tome magistral, qui fait écho au premier tout en étant probablement assez indépendant pour pouvoir être lu seul ; il est sans complaisance envers la ville de tous les délits, dans un contexte historique très lourd, mais avec énormément d'humanité dans tous ses personnages même les plus improbables. Pour moi une nouvelle, très grande réussite !
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Sharon
  20 février 2017
Je découvre cet auteur avec ce second volet des aventures des détectives Michael Talbot et Ida Davies et je dois dire que je n'ai pas été déçue - manière de dire que j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, dont l'épaisseur m'avait pourtant un peu effrayée au début. Epaisseur qui n'est pas gratuite : il n'est rien à retrancher dans cette enquête.
Des détectives chargés de retrouver une jeune fille disparue et, éventuellement, son fiancé : un classique. Ce qui l'est moins est la couleur de la peau des détectives - pourquoi une riche femme blanche engagerait-elle des détectives de couleur ? Ah, oui : parce que son futur gendre aimait à s'encanailler dans certains quartiers chauds. Surtout, pourquoi le père de la jeune fille et le père du jeune homme sont-ils bien d'accord sur un point : ne rien faire pour les retrouver. Tout détective respectueux de sa hiérarchie (il s'agit de la fameuse agence Pinkerton, tout de même) cesserait aussitôt d'enquêter. Sauf qu'ils sentent que quelque chose clochent. Sauf que leur hiérarchie restera toujours leur hiérarchie, il n'y aura pas de moyen de gravir les échelons pour Ida. Sauf que leur première cliente leur offre les moyens (peut-être) de quitter l'agence.
Parallèlement à cette enquête, nous découvrons Dante, qui revient à Chicago après plusieurs années hors de cette ville, plusieurs années pour oublier, pour survivre avec sa culpabilité. Il revient, parce qu'Al Capone a besoin de lui, lui que tous ou presque croyaient mort. Il l'était - presque - et son retour n'a rien d'une renaissance. Il se retrouve en pleine guerre des gangs, et presque tous les coups sont permis pour obtenir la suprématie sur un territoire le plus vaste possible.
Guerre des gangs ou pas, le noyau de ce livre est la famille, les siens, les proches. Que veut-on pour ses enfants ? le meilleur ? Mais le meilleur pour qui ? Pour Michael Talbot, c'est évident : permettre à ses enfants de faire des études de leur choix. Quand on dirige un gang ou quand on s'est enrichi de manière pas vraiment honnête, on pense avant tout aux apparences, à ce qui est mieux pour soi, piégeant parfois son enfant avec des directives contradictoires. L'époque veut cela, me dira-t-on : on ne demandait pas son avis à ses enfants. Certes. On peut cependant éviter de choisir le plus déraisonnable.
Et la musique ? Elle nous réserve de beaux moments, sincères. Louis Armstrong aide Ida Davies, mais il est aussi le joueur de jazz en plein ascension, bien décidé lui aussi à garder son indépendance musicale. Il est un homme, pris entre deux amours, dévoué à son neveu Clarence, handicapé mental depuis un accident.
Il est tant d'autres choses que j'aurai à dire sur ce livre. Tenez, je n'ai pas encore parlé de Jacob, le photographe qui aide lui aussi Ida, figure charismatique et émouvante.
Mascarade, un polar historique aux intrigues complexes et développées.
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Scopa
  29 août 2019

west end blues

Mascarade est le second volet de la tétralogie que prépare Ray Celestin. Il en reprend pourtant tous les éléments clé; une ville, une saison un contexte historique. En tout cas Mascarade est un roman noir et historique absolument pas frelaté. A l'inverse de l'alcool qui y coule...
L'histoire se déroule neuf années après celle de Carnaval, mais cette fois on est à Chicago et plus à La Nouvelle Orléans. le lecteur qui a Carnaval lu n'est pourtant pas dépaysé et retrouve les personnages d'Ida Davis, de Michael Talbot et de Louis Armstrong là où il s'attend à les trouver. Chacun a avancé dans sa vie, mais les petites péripéties qu'ils ont vécu n'ont pas fait dérailler le train de leur destin.
C'est évidemment la ville du crime, où Al Capone est roi. C'est également la ville du jazz et une ville moderne même si paradoxalement elle est à la fin d'une époque. Al Capone est de plus en plus contesté, la prohibition touche à sa fin, et New York attire de plus en plus les habitants et est en passe de surpasser Chicago.
Mascarade va permettre de toucher du doigt tous ces aspects. La disparition de la jeune van Haren est-elle liée au corps d'un homme blanc qui est retrouvé au même moment dans une ruelle du quartier noir.
Tout comme dans Carnaval, le lecteur va suivre ici plusieurs fils car Ray Celestin n'hésite pas à jeter de nombreux personnages dans l'aventure. Ainsi Jacob qui est photographe pour la police mène lui l'enquête sur le meurtre à coup de bouteille de champagne de l'homme blanc, qui travaillait vraisemblablement pour les gangs.
Pendant ce temps Al Capone fait venir de New York Dante, qui a fuit Chicago depuis des années. Capone veut que ce soit lui qui mène l'enquête pour savoir si une nouvelle guerre des gangs va se produire.
Tout cela se rapproche beaucoup de la construction de Carnaval avec l'ancien flic Luca D'Andrea qui menait également l'enquête pour la mafia en parallèle de Michael et d'Ida. Comme dans Carnaval, un raz de marée est également sur le point de se produire dans la ville.
Mais cette fois pas d'inondation, mais une marée humaine qui vient pour assister au match de boxe pour le titre de champion du monde entre Gene Tunney et Jack Dempsey. C'est évidemment l'approche de ce match qui fait office de compte à rebours pour le dénouement final.
Le tout est emmené avec un bon rythme et on est vraiment pris dans l'histoire. Les personnages sont détaillés avec soin. On sent l'évolution des personnages principaux, Michael, Ida et Louis. Mais les personnages secondaires sont également soignés. Comment ne pas s'attacher à Dante et Jacob. Comment ne pas mieux comprendre ce qui se passait dans la tête d'al Capone et de ces mafieux en quête de pouvoir.
L'enquête a son lot de retournements de situation et de surprises. Elles ne sont jamais cousues de fil blanc ni invraisemblables. Il faut rappeler que Mascarade est aussi un roman historique.
Ray Celestin a fait beaucoup de recherches ce qui permet de donner un contexte réel à l'histoire. Un certain nombre de personnages ou d'anecdotes sont aussi nés de la synthèse de plusieurs événements vécus. Cela contribue également au plaisir de lecture. Vivement la suite.
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Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   29 avril 2018
Les émigrés d'Europe de l' Est et les Noirs travaillent à l'abattage, les Mexicains s'occupent des congélateurs et des caves où on conserve les peaux. Les Irlandais gèrent le bétail . Les Allemands conduisent les trains et les bateaux. Ces groupes ont toujours eu des problèmes. Ils passent leur temps à s'entre-tuer. Ça arrange bien les patrons.
- Comment ça ? demanda Jacob.
Dés que les ouvriers essaient de se syndiquer, ça rate à chaque fois parce qu'ils n'arrivent pas à s'entendre entre communautés. Résultats, les salaires et les conditions de travail ne s'améliorent jamais. Diviser pour mieux régner, les gars !
+ Lire la suite
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iris29iris29   29 avril 2018
Il y a Charles Coulton senior, le banquier, et Charles Coulton junior , le branleur. Je ne comprends pas pourquoi tous ces riches donnent toujours leur prénom à leur fils.
(...)
Et le père, Coulton senior, tu sais quoi sur lui ?
- Il est riche et il est pas blanc-bleu. c'est un parvenu, un self-made-man.
- Il vient d'où ?
- Du côté sombre des ténèbres obscures et mystérieuses...
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iris29iris29   03 mai 2018
Ida se rappela ce que Louis [ Armstrong ] lui avait dit un jour : le jazz venait des ouragans de La Nouvelle- Orléans que des légions de gens du Sud en haillons avaient ramenés dans le Nord, cachés dans les pistons des trompettes et le creux des contrebasses, et quand ils jouaient, ils libéraient ces tempêtes et toute cette énergie d'un simple souffle des lèvres sur une embouchure, d'une pression des doigts sur un clavier, d'une torsion de corde.
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iris29iris29   07 juillet 2018
- Un jour, j'ai tué un homme à la Nouvelle-Orléans, dit-elle.
Elle ne tourna pas la tête vers Jacob mais, du coin de l'œil, elle vit qu'il réagissait calmement à sa révélation.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il essayait de me tuer.
- Alors ce n'était pas un meurtre.
- Sans doute pas. Mais ça fait le même effet.
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iris29iris29   02 mai 2018
C'était seulement dans ce genre de concert after-hours que les orchestres jouaient dans ce style très sudiste, rugueux et suffisamment lent pour permettre à leurs instruments de gémir et de grogner, de frémir et de s'entrechoquer en de multiples mélismes sinueux.
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