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EAN : 9782070394562
128 pages
Éditeur : Gallimard (03/01/1996)
3.85/5   150 notes
Résumé :
« La vérité, là, tout simplement, la librairie souffre d'une très grave crise de mévente. Allez pas croire un seul zéro de tous ces prétendus tirages à 100 000 ! 40 000 !... et même 400 exemplaires !... attrape-gogos ! Alas !... Alas !... seule la "presse du cœur"... et encore !... se défend pas trop mal... et un peu la "série noire"... et la "blême"... En vérité, on ne vend plus rien... c'est grave ! le Cinéma, la télévision, les articles de ménage, le scoo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 150 notes
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Luniver
  31 juillet 2012
Pourquoi ce livre ? Céline s'explique d'entrée : son éditeur lui a demandé d'être un peu plus visible et de s'occuper un peu mieux de sa promotion. S'estimant trop laid pour passer à la télévision, et sa voix peu agréable, il ne lui reste plus qu'à passer par une «interviouwe». Il choisit pour la réaliser le professeur Y, qui lui est «tout à fait hostile». Céline demandera à plusieurs reprises le nombre de pages déjà écrites, pour ne pas prolonger la besogne trop longtemps.
Il défend ses oeuvres tout au long du récit. Les personnes qui ont visionné les dernières interviews qu'il a donné reconnaîtront les thèmes : Céline affirme avoir créé un nouveau style et avoir réussi à redonner l'émotion au langage écrit. Il considère l'ensemble des écrivains et des artistes en général comme des plagiaires, tout juste bons à copier les génies, à se copier l'un l'autre et à s'offrir mutuellement des Goncourt ou d'autres récompenses du même genre.
Il est difficile de savoir jusqu'à quel point il est sérieux dans ses affirmations, puisqu'il se moque de son éditeur, de lui-même, et que le livre finit de manière tout à fait burlesque, avec un professeur Y qui a complètement disjoncté, ce qui oblige le duo à parcourir la moitié de Paris sous les froncements de sourcils de la foule.
Le livre est savoureux quand on apprécie Céline. Dans le cas contraire, on le trouvera sans doute ennuyeux.
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CDemassieux
  10 août 2014
Ils avaient décrété, comme ça, dans l'immense gaudriole bien-pensante de l'après-guerre (et pas très regardante du côté des résistants du dernier quart d'heure !) : « Céline, on va l'ignorer ! Ce salaud qui n'a pas joué le jeu et qu'a osé, par-dessus le marché, créer de toute pièce un style révolutionnaire, alors que nous, dans l'ensemble, on patauge dans la répétition ! »
Céline, celui qui ne lâche rien, comme un chien – il adorait les bêtes ! –, son os, allait leur jeter à la face ce que c'était que son style !
Il allait se la faire son « interviouve » vérité, dans un délire schizophrénique et non-moins génial. Ce faux interviouveur, ce Professeur Y ou Colonel Réséda, d'abord conformément hostile, ira jusqu'à pisser sur lui d'extase à l'écouter parler cet écrivain maudit, pour enfin sombrer dans une folie paranoïaque. Parce que le verbe célinien est virulent pour les nerfs fragiles!
Dans ces Entretiens, Céline déverse évidemment sa rancoeur, comme toujours, mais pas seulement : il y expose sa cuisine littéraire dans le détail.
Il raconte comment il embarque le lecteur dans un métro qui ne s'arrête pas ; son souci de l'émotion – pas celle des romans compassionnels lourds ! – ; le langage parlé retranscrit tel quel.
« L'émotion à vif ! jamais à côté ! », écrit-il.
Ces Entretiens, aux allures de revanche, sont en fait un testament : celui d'un écrivain exclusif de lui-même, oui, mais un écrivain qui fait encore trembler dans les chaumières et les caboches : « le lecteur qui me lit ! il lui semble, il en jurerait, que quelqu'un lui lit dans la tête !...dans sa propre tête !... »
Puis il y a les dernières pages : un sommet de burlesque !
Une lecture indispensable, autant qu'éclairante, aux amateurs de Céline…
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Acerola13
  27 octobre 2013
Très curieuse quant à ce polémique auteur qu'est Céline, dont je n'ose attaquer l'une des oeuvres majeures par peur de ne pouvoir lui consacrer assez d'attention pour le moment, je me rabats sur ces écrits plus modestes.
Après avoir lu Casse-pipe, que j'avais d'ailleurs peu apprécié, je tente à nouveau une approche avec ce court essai (une centaine de pages) qui met en scène Céline lui-même et son entourage au sein de la maison Gallimard : Gaston, quelques personnages secondaires, et surtout le fameux professeur Y, engagé pour une interview dont le but est de redonner un souffle à Céline à travers la presse.
Le pauvre journaliste n'y survivra pas...Harangué par un Céline survolté, scandalisé, imbu de lui-même et de son style, il ne peut que placer quelques rares phrases, qui ne servent d'ailleurs en aucun cas le récit, montrant que son seul rôle est de consigner les dires de l'auteur.
Attaquant sur tous les fronts, Céline renie les auteurs de son siècle, ses lecteurs, ses critiques, son éditeur même, dont il tire un portrait peu flatteur. Uniquement préoccupé par le nombre de pages qu'il parvient à faire écrire au pauvre hère qui tremble devant lui, Céline en rajoute, allonge son argumentation, la répète afin de se faire comprendre, combat qu'il sait perdu d'avance. Sa véhémence et son agressivité auront raison du professeur Y, qui sombre dans la démence la plus profonde...
On comprend peut-être mieux dans cet essai à quoi pouvait ressembler la verve de Céline, et sa haine pour tout ce qui l'entourait...Son style des points de suspension, qui m'avait gênée dans la lecture de Casse Pipe, est ici expliqué et redéfini afin qu'on en comprenne mieux l'usage...Explication nullement nécessaire, puisque dans Entretiens avec le professeur Y, ils prennent leur place dans la pression croissante que subit le journaliste, et le lecteur en même temps que lui.
La tension s'accumule, et ne redescend que longtemps après avoir refermé le bouquin, qui m'a fait l'effet d'un ouragan.
Une expérience de lecture enivrante, destinée à quiconque s'intéresse au personnage de Céline ou même à l'édition et à l'actualité littéraire de l'époque.
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JeromeJeanJacques
  04 janvier 2020
C'est le manifeste du style Célinien, la grille de lecture du « langage parlé dans l'écrit », une sorte de manuel de la désobligeance de L.F Céline, une nouvelle provocation... tout ça à la fois.
Écrit dans le contexte de son retour au Danemark, ce livre s'adresse à tous les journalistes curieux de l'époque. Céline n'a pas encore publié « D'un château, l'autre » ; il s'agit d'une mise en appétit pour l'éditeur (Gallimard), et les futurs lecteurs de la trilogie Allemande.
On peut lire entre les lignes qu'il fût écrit à la demande de Gallimard pour — en quelques sortes — relancer la machine célinienne.
C'est aussi l'époque où l'auteur « s'inflige » des interviews pour se faire de la publicité ; Céline avouera lui-même plus tard qu'il fut à court de trésorerie, et que les publications de son retour en France trouvaient des motivations financières.
Loin de lui l'idée de faire son « Méa Culpa », il veut au contraire, défendre ses pensées et ses écrits. Il ne se positionne donc pas en tant que défenseur, il revêt même l'habit de l'accusation. Il reproche aux lecteurs leur médiocrité intellectuelle, leur vénalité aux éditeurs, l'incompréhension de la presse. Il crache son fiel acide sur tout ce qui bouge ; et ces considérations feront totalement corps avec son oeuvre à venir ; les provocations seront partie intégrante de l'écrivain, blessé dans son orgueil.
Dans la forme, Céline privilégie la métaphore continuelle pour parler de sa façon d'écrire : « ma petite musique », « les rails du métro, sur lesquels le lecteur est embarqué » ; il se compare aux peintres impressionnistes, il fait certaines approximations avec la littérature pour se placer comme un martyr avant-gardiste.
Désormais, comme dans le reste de son oeuvre à venir, il place des références à ses publications passées ; et cela renforce le sentiment d'attachement que l'on éprouve pour ce qu'il écrit.
Ce livre me mène d'ailleurs à penser, que l'on ne peut pas lire Céline sans se dispenser des affects qui gravitent autour de son auteur et de l'oeuvre ; ils sont indissociables ; de son aveu-même : son oeuvre est émotive. Alors, au delà-même des polémiques, il faut considérer que c'est une peine nécessaire à s'infliger lorsqu'on s'y plonge.
Henri Godard dit de Céline qu'il le considère comme un meilleur pamphlétaire que romancier. Je l'ai trouvé, en effet, très convaincant, notamment grâce à son talent de vulgarisateur.
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AlbertYakou
  04 avril 2021
Du pur Céline ! Un entretien imaginaire pour affirmer et magnifier son propre génie littéraire. Loufoque à souhait, drôle aussi, une sorte de pantalonnade où il règle ses comptes avec ses contemporains, tous plus nuls l'un que l'autre.
C'est toujours assez difficile à entrer dedans, car le style, extrêmement haché, constitué de phrases très courtes, souvent sans verbe, et d'une succession de points d'exclamation et de trois petits points rend la lecture parfois obscure. Il faut s'accrocher un moment avant de s'y habituer. Après, une fois l'acclimatation réussie (ou pas), ça roule tout seul.
Il se vante d'avoir introduit l'émotion dans l'écrit. Je ne suis pas sûr, comme il l'affirme, qu'il soit le seul...
On sent cependant en arrière plan beaucoup d'aigreur de n'être pas reconnu pour ce qu'il croit être : l'unique, l'incomparable Céline.
Amusant. Un peu triste aussi. Mais on doit reconnaître que Céline a introduit en littérature un style vraiment singulier, souvent copié comme il le dit lui-même. Il serait heureux de savoir qu'il est finalement entré dans le panthéon des grands écrivains.
Je ne suis pas spécialement fan, mais il faut reconnaître que c'est un écrivain remarquable qui ne laisse pas indifférent.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   04 août 2013
Je parle pas au pour, Professeur Y !... très sérieusement !... c’est une fatigue à pas croire le roman « rendu émotif »... l’émotion ne peut être captée et transcrite qu'à travers le langage parlé... le souvenir du langage parlé ! et qu'au prix de patiences infinies ! de toutes petites retranscriptions !... à la bonne vôtre !... le cinéma y arrive pas !... c’est la revanche !... en dépit de tous les battages, des milliards de publicité, des milliers de plus en plus gros plans... de cils qu'ont des un mètre de long !... de soupirs, sourires, sanglots, qu'on peut pas rêver davantage, le cinéma reste tout au toc, mécanique, tout froid... il a que de l’émotion en toc !... il capte pas les ondes émotives... il est infirme de l’émotion... monstre infirme !... la masse non plus est pas émotive !... certes !... je vous l’accorde, Professeur Y... elle aime que la gesticulade ! elle est hystérique la masse !... mais que faiblement émotive ! bien faiblement !... Y a belle lurette qui y aurait plus de guerre, Monsieur le Professeur Y, si la masse était émotive !... plus de boucheries !... c’est pas pour demain !...
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LuniverLuniver   31 juillet 2012
La vérité, là, tout simplement, la librairie souffre d'une très grave crise de mévente. Allez pas croire un seul zéro de tous ces prétendus tirages à 1.000.000 ! 40.000 !… et même 400 exemplaires !… attrapegogos ! Alas !… Alas !… seule la « presse du cœur »… et encore !… se défend pas trop mal… et un peu la « série noire »… et la « blême »… En vérité, on ne vend plus rien… C’est grave !… le Cinéma, la télévision, les articles de ménage, le scooter, l’auto ! 2, 4, 6 chevaux, font un tort énorme au livre… tout «vente à tempérament», vous pensez ! et « les week-ends » !… et ces bonnes vacances bi ! trimensuelles !… et les Croisières Lololulu !… salut, petits budgets !… voyez dettes !… plus un fifrelin disponible !… alors n'est-ce pas, acheter un livre !… une roulotte ? encore !… mais un livre ?… l'objet empruntable entre tous !… un livre est lu, c'est entendu, par au moins vingt… vingt-cinq lecteurs… ah, si le pain ou le jambon, mettons, pouvaient aussi bien régaler, une seule tranche ! vingt… vingt-cinq consommateurs ! quelle aubaine !… le miracle de la multiplication des pains vous laisse rêveur, mais le miracle de la multiplication des livres, et par conséquent de la gratuité du travail d’écrivain est un fait bien acquis.
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TibereTibere   01 mars 2012
- Ah, Monsieur le Professeur Y, je veux bien vous respecter et tout... mais je vous le déclare : je suis hostile !... j'ai pas d'idées moi ! aucune ! et je trouve rien de plus vulgaire, de plus commun, de plus dégoûtant que les idées ! les bibliothèques en sont pleines ! et les terrasses des cafés !... tous les impuissants regorgent d'idées !... et les philosophes !... c'est leur industrie les idées !... ils esbroufent la jeunesse avec ! ils la maquereautent !... la jeunesse est prête vous le savez à avaler n'importe quoi... à trouver tout : formidââââble ! s'ils l'ont commode donc les maquereaux ! le temps passionné de la jeunesse passe à bander et à se gargariser d' "idéass " !... de philosophies, pour mieux dire !... oui, de philosophies, Monsieur !... la jeunesse aime l'imposture comme les jeunes chiens aiment les bouts de bois, soi-disant os, qu'on leur balance, qu'ils courent après ! ils se précipitent, ils aboyent, ils perdent leur temps, c'est le principal !...
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LuniverLuniver   04 août 2013
[L]e faux triomphe ! la publicité traque, truque, persécute tout ce qui n'est pas faux !... le goût de l’authentique est perdu !... j'insiste ! j'insiste ! observez !... regardez autour de vous !... vous avez quelques relations ?... des gens capables... je dis capables : qu'ont la fortune ! qui peuvent s'acheter femmes, tableaux, bibelots !... eh bien, vous les verrez toujours invinciblement, ces gens capables, se ruer sur le faux ! comme le cochon pique à la truffe... Kif, le prolo, remarquez !... lui, c’est l’imitation du faux !... il se paye l’imitation du faux !...
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Immortale_peruvianaImmortale_peruviana   24 juin 2017
l’émotion ne peut être captée et transcrite qu'à travers le langage parlé… le souvenir du langage parlé ! et qu'au prix de patiences infinies ! de toutes petites retranscriptions ! le cinéma y arrive pas !… c’est la revanche !… en dépit de tous les battages, des milliards de publicité, des milliers de plus en plus gros plans!… de soupirs, sourires, sanglots, qu'on peut pas rêver davantage, le cinéma reste tout au toc, mécanique, tout froid… il a que de l’émotion en toc !… il capte pas les ondes émotives… il est infirme de l’émotion… monstre infirme !… la masse non plus est pas émotive !… certes !… je vous l’accorde, Professeur Y… elle aime que la gesticulade ! elle est hystérique la masse !… mais que faiblement émotive !bien faiblement !… Y a belle lurette qui y aurait plus de guerre, Monsieur le Professeur Y, si la masse était émotive !… plus de boucheries !… c’est pas pour demain !
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Vidéo de Louis-Ferdinand Céline
La Dame couchée Sandra Vanbremeersch Éditions du Seuil Collection Cadre rouge
De 2000 à 2019, une jeune femme a été l'assistante de vie de Lucette Destouches, veuve de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline. Ce roman retrace ces années passées dans l'univers à part de sa propriété de Meudon. Premier roman. ©Electre 2021
https://www.laprocure.com/couchee-sandra-vanbremeersch/9782021486650.html
De 2000 à 2019, une jeune femme a été l'assistante de vie d'une vieille dame tout sauf ordinaire, recluse dans sa propriété pavillonnaire de la ville de Meudon : Lucette Destouches, veuve de Louis-Ferdinand Céline. Voici le récit de ces années passées dans un monde à l'écart du monde, véritable plongée dans l'intimité de cette future centenaire dont la santé va déclinant, rythmée par le ballet des visites régulières des amis et de la faune gravitant autour de la Veuve, jusqu'aux animaux de compagnie, autres bestioles et spectres peuplant la mythique maison. Un premier roman écrit au cordeau, qui brosse le portrait tout en nuances de la femme d'un célèbre écrivain et restitue avec élégance et maestria un climat très singulier. ©Éditions du Seuil
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