AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2912667771
Éditeur : Finitude (21/05/2010)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 9 notes)
Résumé :

Berlin 1930. Fausta K, une jeune photographe, se lance à la recherche d'un ami d'enfance disparu sans laisser de traces. Par hasard, dans la vitrine d'un galeriste, elle découvre ses traits sur un tableau dont la signature, Engel, sera le point de départ d'une quête dans les milieux de l'avant-garde artistique berlinoise, le point de départ aussi d'un long voyage intérieur qui nourrira son propre travail de photographe, bient... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
MarianneL
  06 août 2015
Dans les premières convulsions de l'Allemagne nazie, le parcours de la photographe Fausta K., ou l'absence au monde comme clé de la construction d'une oeuvre.
Biographie d'artiste, extraits du catalogue d'exposition, rétrospective des oeuvres de la photographe Fausta Kinsel, roman poétique avec une intrigue fascinante, «Engeland», paru en 2010 aux éditions Finitude, semble se situer en un territoire énigmatique, en lisière du fantastique, et l'on ressort de cette lecture comme d'une séance d'hypnose, sans se souvenir de tout mais fasciné.
Séparée d'avec son ami d'enfance Houdini, qui vit reclus dans une pièce depuis l'accident brutal dans un chantier de Berlin qui l'a privé de l'usage de ses jambes, et qui n'a plus avec Fausta qu'un contact épistolaire, la photographe Fausta Kinsel (1898 – 1996) parcourra le sombre vingtième siècle, habitée par l'ombre de son ami et par une solitude essentielle à son oeuvre.
Quelques années après la disparition d'Houdini, Fausta, dans le milieu artistique berlinois des années 1930, est ramenée sur les traces de celui-ci en découvrant son portrait, signé d'un certain Engel. Elle recherche l'identité de ce mystérieux peintre, toujours dans l'ombre de cette âme soeur disparue.
«Plus tard, critiques et biographes expliqueront cette distance un peu solitaire qui, selon eux, annonce un artiste en devenir. L'amitié d'Houdini en serait l'origine. Pas un jour ne se passe sans que l'un ne se dédouble en pensée dans l'autre. La réalité brutale de l'accident n'y change rien. La correspondance qu'ils échangent l'affirme d'une manière surprenante : si tout désormais sépare Fausta d'Houdini, rien ne peut les désunir. Cette absence qui les éloigne d'autrui les rend âprement présents l'un à l'autre.
Bâillonnez le visible et l'invisible se met à crier à pleine voix. Cet hiver-là, au milieu d'une leçon, Fausta éprouve la violence d'un appel.»
Témoin des sombres palpitations de l'Histoire, tandis qu'en Allemagne «une grande partie de l'industrie se reconvertit dans l'armement», Fausta K. ne fait que côtoyer ces événements, et avance, solitaire, sur le chemin de sa quête intérieure, vers un vide désencombré de l'artifice au coeur de l'univers, pour dévoiler dans son oeuvre ce qui ne se voit pas.
«… lorsque dans l'oeil du photographe le visible ne montre que lui-même, on assiste à une sorte de déréalisation du réel ; regardez les couvertures des magazines, les images d'actualité, toutes ces photos sans issues… La réalité n'est pas le visible qu'on enregistre à l'aide d'une technique, avec cette efficacité vide, cette vitesse privée de vision, que l'on voit aujourd'hui sur les écrans.
Le réel, commentait-elle ailleurs, c'est la sensation vaste du fleuve, l'exultation calme qui s'empare de vous quand, en marchant longtemps dans le vent, une sorte de lumineux anonymat descend sur vos pas.»
Dans les ombres discrètes de Prague et d'un écrivain aux initiales similaires, F.K., ce superbe roman, avec lequel «Archives du vent» (éditions le Tripode, septembre 2015) entrera en résonance très particulière, est habité de secrètes correspondances, comme cette coïncidence entre la disparition d'Engel et celle du magicien Harry Houdini, et des thèmes qui traversent l'oeuvre de Pierre Cendors, du double et de la gémellité, du silence et du détachement de la réalité visible essentiels à la création artistique, thème central de «L'invisible dehors».
«Le chasseur des steppes et le photographe nomade parcourent un territoire identique. Ils savent que tout chemin entrave la vraie progression, que la pensée d'un but à atteindre abolit la vision. Il n'y a ni chemin, ni but ni pensées. Rien.
Mes photographies sont des raccourcis vers ce rien.»
Retrouvez cette note de lecture, et toutes celles de Charybde 2 et 7 sur leur blog ici :
https://charybde2.wordpress.com/2015/08/04/note-de-lecture-engeland-pierre-cendors/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Pouletitto
  21 novembre 2011
Un roman sur le regard d'une photographe, un sujet peu commun!
D'autant plus qu'il est traité ici avec beaucoup de sensibilité, de douceur.
Fausta Kinsel, née à Berlin, traverse les événements du XXe siècle, affûtant sa lecture du monde et sa démarche artistique, à la recherche d'un ami d'enfance, mystérieusement surnommé Houdini.
Pensant l'avoir perdu à jamais dans un accident, la jeune femme tombe un jour sur un portrait peint du garçon, dans une vitrine.

La peinture, la photographie, le théâtre : les différentes disciplines artistiques disent l'errance de ces personnages qui s'accrochent et s'effritent aux tumultes de l'Histoire.
Une construction savante, une écriture ténue et caressante pour décrire ce que l'on ne peut pas voir. Challenge réussie!
Belle découverte, dans la librairie Préférences de Tulle.

Commenter  J’apprécie          80
delitterys
  05 octobre 2012
Engeland : le titre porte en lui la promesse d'une terre d'anges dépossédés, non de leurs sexes, mais de leurs noms. Sur la couverture, un regard, tourné vers l'au-delà, semé de neige comme des trouées d'absence, évite la silhouette sombre d'un homme sans visage, juché sur un building privé de ses hauteurs. L'absence, comme serment de lecture.
La photographe Fausta K. a construit sa vie et son oeuvre autour du vide – celui dans lequel son ami d'enfance, Houdini, est un jour tombé, celui de la disparition progressive de ce jumeau psychique, celui qui hante ses photos taciturnes. Hantée par le manque de celui qui, après son accident, lui a été caché et avec qui elle correspond par fragments jusqu'à ce qu'on lui annonce sa mort, elle cherche, à travers l'art photographique, à exprimer les « raccourcis vers le rien », les « empreintes du silence » qui façonnent sa vie. La photographie est moins, pour elle, l'écriture de la lumière que le révélateur des ombres, des vides solitaires, « paradoxalement saturés de lumière », que tressent nos manques de présence au réel.
On suivra son parcours, entrecoupé de descriptions de photographies inexistantes, qui cisaillent le récit de leurs remuements invisibles, à travers un vingtième siècle où se dépouillent les identités, et à travers le doute : qu'est-il réellement arrivé à Houdini ? Que lui veut ce Valère, cet ancien professeur, qui se prétend Engel, peintre, dramaturge, photographe ? Quel homme se cache derrière les toiles d'Engel ? Qu'est-il véritablement advenu de celui avec qui Fausta aimait tant à imaginer les pays rayés du monde, disparus des cartes ?
Et comment le lecteur peut-il se fier à ces personnages...
La suite par ici : http://www.delitteris.com/au-fil-des-pages/engeland/
Lien : http://www.delitteris.com/au..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Norbert-Jacques
  26 décembre 2015
Déçu par ce roman. Ai arrêté 20 pages avant la fin. Ai voulu y croire jusqu'à ce que j'accepte l'évidence : Tout y est kitch comme la couverture, mais d'un kitch sans élégance contrairement à la couverture. J'espérais lire quelque chose de profond, car j'avais lu quelque part que Cendors avait eu une correspondance avec Juliet ; ai cru que le roman de Cendors allait avoir des liens profonds avec les récits de l'écrivain Charles Juliet, écrivain de l'humilité, de l'authenticité, de la compassion.
Hélas ! non ! ou seulement de manière plate, lisse.
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
PouletittoPouletitto   21 novembre 2011
Le temps lentement s'accumule. Les semaines font bientôt un mois, les mois, une saison. Dans la chambre blanche, assise sur une chaise, Fausta entrouvre les paupières. Sur les murs, des algues de lumière flottent, illuminées de soleil. Un silence la retient de se lever. Elle se redresse quand même, comme si quelqu'un venait d'entrer, mais il n'y a personne, qu'ombres et clartés l'entourant, et cette lumière rayonnante d'exténuation, l'automne. L'instant depuis longtemps attendu est arrivé.
De retour chez elle, elle ôte le portrait d'Houdini du mur, puis revient l'accrocher à celui de la chambre blanche. Elle se rend ensuite au cimetière, un paquet de ses lettres serré dans son sac. En les glissant une à une par la fente de la tombe, elle s'étonne de ne rien ressentir. Son geste a la légèreté des choses longuement mûries, qui se détachent sans gémir, sans plus un souffle de vie en eux.
Elle quitte Berlin au matin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Pierre Cendors (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Cendors
Extrait de l'intervention de Pierre Cendors au Café littéraire" de Bollène pour son roman "ENGELAND " (Editions Finitude) le 13 mai 2011.
autres livres classés : gémellitéVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les délices de Tokyo

Tokue et Wakano font un pacte sous

Le cérisier en fleurs
La marquise de la boutique
La pleine lune
Un arbre du sanatorium

12 questions
44 lecteurs ont répondu
Thème : Les délices de Tokyo de Durian SukegawaCréer un quiz sur ce livre