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Claude Leroy (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070318990
Éditeur : Gallimard (23/03/2006)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Comme l'indique Claude Leroy avec une réjouissante exactitude dans son introduction aux Poésies complètes, "poète, Cendrars n'aimait pas le genre poète." Car il était de ceux qui vivent la poésie avant de l'écrire, de ceux qui ne se contentent pas d'un destin sur le papier. « Cendrars, précise Claude Leroy, a voulu être celui par qui la modernité arrive – comme un scandale permanent. C'est le profond aujourd'hui qu'il s'attache à célébrer dans son jaillissement, sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  12 mars 2017
J'apprécie beaucoup Blaise Cendrars et je le repêche de temps à autre dans ma bibliothèque.
Pas la peine de chercher des règles strictes dans ses poèmes mais des mots que l'on met en musique dans les oreilles.
Pas d'emphase chez lui mais des réflexions concrètes sur les terres qu'il a traversées, les situations qu'il a vécues.
De temps en temps, une surprise, un petit mot qu'on a envie d'écrire d'une autre façon : mais non, il a voulu rattacher le petit mot à la suite qui se trouve deux lignes plus bas.
Aujourd'hui, j'ai relu "Tu m'as dit" et cela m'a permis un dérivatif de pensées bien agréable.
Pour terminer, avant de ranger le livre pour un petit temps seulement, je dirais que Blaise Cendrars nous offre des réflexions personnelles très spontanées sous forme de poésies.
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michfred
  31 octobre 2015
Cendrars c'est ma dope à moi..
.Cendrars c'est mon voyage, ma dose d'insolence salutaire, ma pincée d'humour, mon rail de chagrin, ma perf' de modernité éternelle..
J'y reviens toujours, il m'enchante, me fait rêver et rire. Il me bouleverse. Je le trouve d'une jeunesse étonnante, décapante, et en même temps sage comme un philosophe grec et vieux comme l'homme et le monde...
Je l'ai découvert en écoutant Serge Reggiani dire Pâques à New York - dont j'ai toujours l'enregistrement sur une bande probablement inaudible...
J'aime ce poème long et sombre. Je le connais presque par coeur.
C'est une descente aux enfers dans les cercles maudits des quartiers de New York, un soir de Pâques. Blaise, l'athée, y cherche une réponse divine à son angoisse. Mais, devant la misère des hommes, il éprouve durement le silence de Dieu . Fin de la nuit et de la seule crise mystique de son existence agnostique. Fin du poème.
Apollinaire, en entendant Cendrars lire "Pâques" dans l'atelier des Delaunay, a écrit ZONE...qui s'en inspire!
J'aime aussi la Prose du transsibérien.... autre merveille!
Un voyage et une incantation à toutes les aventures, du verbe et du corps, un poème-conversation entre Blaise le baroudeur et la petite Jehanne de France, pas pucelle pour un sou, celle-là, et même un peu putain, mais toute malheureuse d'être si loin de Montmartre..
Le poème a été mis en images et couleurs par la peintre Sonia Delaunay, dans une édition rare,que j'ai eu un jour l'insigne honneur de tenir entre mes mains et que j'ai eu le bonheur plus démocratique de revoir à l'exposition Delaunay: il se présentait sous la forme d'un dépliant "touristique"- peinture et texte se répondant en correspondances colorées... une forme ultra-moderne de communication simultanéiste!
Cendrars est plein de surprises, de chauds-froids étonnants: il prend comme une éponge les vibrations de son époque- peinture cubiste, art africain, musique de jazz, journal, publicité- et tout à coup, il vous cueille, au dépourvu, d' un uppercut, en plein coeur.
Emotion pure.
Un grand poète, qui a, brusquement, décidé d'arrêter la poésie, tout en continuant romans et nouvelles.
Sans doute parce que tout ce qu'il a écrit est poésie, même sans en porter le nom.
Sans doute parce que Cendrars EST la poésie. Tout bêtement.
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ericbo
  18 mars 2017
J'apprécie beaucoup ce recueil de Cendrars que j'emporte souvent en voyage avec moi. Particulièrement la prose du Transsiberien. Lorsqu'on le lit à voix haute, on a l'impression que ses mots sonnent comme le bruit des roues du train sur les rails. Il parvient à mêler le réel avec l'imaginaire et nous faire rencontrer tout un tas de personnages étonnants et vivre des situations tout aussi improbables. D'ailleurs, il ne dira jamais s'il l'a vraiment pris, ce train.
Je pourrais egalement citer sa traversée de l'Atlantique et son arrivée au Brésil.
J'aime cette poésie du mouvement.
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vincentf
  01 juillet 2010
On est d'abord frappé par l'hétéroclite du corpus réuni, par la distance entre la poésie avant-gardiste des débuts et les comptes-rendus poétisés de voyages, puis on réfléchit et on se dit que tout ça n'est pas aussi incohérent qu'il n'y paraît, que toute cette poésie est traversée par la démystification du langage poétique, presque prose bien souvent, article de journal découpé en vers, récits de voyage découpés en tranches fines, mais remystifié par le mystère du monde, par l'extraordinaire présence des choses et des hommes à tous les coins de rue, dans tous les ports, dans toutes les gares mais surtout dans les bateaux ou les trains qui emmènent le poète d'un lieu à un autre.
Tout bouge dans Cendrars, tout est en perpétuel déplacement, comme se déplace sans cesse la frontière entre prose et poésie, au rythme de ce transsibérien dont la prose est sans doute ce que Cendrars a écrit de plus poétique. Tout va vers et rien ne vient de, l'enfance est effacée, le nom est réinventé, le monde passé laisse sa place à la prochaine escale dans le regard du poète, qui arrête parfois artificiellement le temps pour prendre la photographie poétique d'un instant, qui cède sa place à l'instant suivant, parce jamais rien ne s'arrête véritablement quand on choisit non l'exil mais son contraire, le voyage.
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chartel
  07 juin 2011
C'est parce que j'apprécie la littérature non conventionnelle, riant aux nez des doctes académiciens, que je me suis rapproché de la poésie de Blaise Cendrars. Ce recueil publié par Gallimard regroupe l'ensemble de ses oeuvres poétiques, écrites essentiellement à la Belle époque, la Grande guerre et l'Entre-deux-guerres.
Comme si le retour en arrière avait un caractère anxiogène et fatal, le recommencement est incompatible avec le travail de Cendrars, il se tournera ensuite vers d'autres modes d'expression : roman, reportage, Mémoires.
Ce recueil montre d'ailleurs bien cette écriture en mouvement, cette perpétuelle évolution et recherche de nouvelles voies. C'est pour cette raison qu'il est impossible de rattacher l'oeuvre de Cendrars à un quelconque mouvement littéraire ou artistique, bien qu'il collabora souvent avec de nombreux auteurs et artistes.
Il ne pouvait se tenir à suivre une ligne droite. Et bien que j'aie pu dire que le retour, chez Frédéric Sauser (son véritable patronyme), était impossible, son oeuvre tourne en rond… mais elle tourne vers l'avant. Elle fait le tour du monde et le tour des images, si elle revient sur un objet ou un lieu déjà rencontré, c'est pour y déceler ce qu'il a de nouveau, de changé, de transformé, jamais pour se remémorer. C'est cet esprit nouveau et cette forme nouvelle, faite d'associations d'images, de prose faussement versifiée et de collages, qui toucha tant le public de son temps, offrant une poésie ancrée dans la modernité, l'industrie, les transformations urbaines ou le développement des moyens de transports, des thèmes inattendus et surprenants en ce début de XXe siècle en poésie.
Comme quoi l'anticonformisme a du bon!
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Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   31 octobre 2015
Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
Des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.
Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous à la Potence,
Je sais que vous daignez sourire à leur malchance.

Seigneur, l’un voudrait une corde avec un noeud au bout,
Mais ça n’est pas gratis, la corde, ça coûte vingt sous.
Il raisonnait comme un philosophe, ce vieux bandit.
Je lui ai donné de l’opium pour qu’il aille plus vite en paradis.

Je pense aussi aux musiciens des rues,
Au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l’orgue de Barbarie,
A la chanteuse au chapeau de paille avec des roses de papier ;
Je sais que ce sont eux qui chantent durant l’éternité.
Seigneur, faites-leur l’aumône, autre que de la lueur des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l’aumône de gros sous ici-bas.

Seigneur, quand vous mourûtes, le rideau se fendit,
Ce qu’on vit derrière, personne ne l’a dit.
La rue est dans la nuit comme une déchirure
Pleine d’or et de sang, de feu et d’épluchures.
Ceux que vous avez chassé du temple avec votre fouet,
Flagellent les passants d’une poignée de méfaits.
L’Etoile qui disparut alors du tabernacle,
Brûle sur les murs dans la lumière crue des spectacles.
Seigneur, la Banque illuminée est comme un coffre-fort,
Où s’est coagulé le Sang de votre mort.

Les rues se font désertes et deviennent plus noires.
Je chancelle comme un homme ivre sur les trottoirs.
J’ai peur des grands pans d’ombre que les maisons projettent.
j’ai peur. Quelqu’un me suit. Je n’ose tourner la tête.
Un pas clopin-clopant saute de plus en plus près.
J’ai peur. J’ai le vertige. Et je m’arrête exprès.
Un effroyable drôle m’a jeté un regard
Aigu, puis a passé, mauvais comme un poignard.
Seigneur, rien n’a changé depuis que vous n’êtes plus Roi.
Le mal s'est fait une béquille de votre croix.



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jeunejanejeunejane   12 mars 2017
Tu m'as dit

Tu m'as dit si tu m'écris
Ne tape pas tout à la machine
Ajoute une ligne de ta main
Un mot un rien oh pas grand chose
Oui oui oui oui oui oui oui oui

Ma Remington est belle pourtant
Je l'aime beaucoup et travaille bien
Mon écriture est nette et claire
On voit très bien que c'est moi qui l'ai tapée

Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire
Vois donc l'oeil qu'à ma page
Pourtant, pour te faire plaisir j'ajoute à
l'encre
Deux trois mots
Et une grosse tache d'encre
Pour que tu ne puisses pas les lire.

Blaise Cendrars
Du monde entier au cœur du monde
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PiatkaPiatka   07 février 2014
À BÂBORD

Le port
Pas un bruit de machine pas un sifflet pas une sirène
Rien ne bouge on ne voit pas un homme
Aucune fumée monte aucun panache de vapeur
Insolation de tout un port
Il n'y a que le soleil cruel et la chaleur qui tombe du ciel
et qui monte de l'eau la chaleur éblouissante
Rien ne bouge
Pourtant il y a là une ville de l'activité une industrie
Vingt-cinq cargos appartenant à dix nations sont à quai
et chargent du café
Deux cents grues travaillent silencieusement
( À la lorgnette on distingue les sacs de café qui voyagent
sur les trottoirs-roulants et les monte-charge continus
La ville est cachée derrière les hangars plats et les grands
dépôts rectilignes en tôle ondulée )
Rien ne bouge
Nous attendons des heures
Personne ne vient
Aucune barque ne se détache de la rive
Notre paquebot a l'air de se fondre minute par minute et de couler lentement dans la chaleur épaisse de se gondoler et de couler à pic

Feuilles de route, 1924
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PiatkaPiatka   06 février 2014
ÎLES

Iles
Iles
lles où l’on ne prendra jamais terre
Iles où l’on ne descendra jamais
Iles couvertes de végétations
Iles tapies comme des jaguars
Iles muettes
Iles immobiles
Iles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais
bien aller jusqu’à vous

Feuilles de route, 1924
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coco4649coco4649   22 janvier 2016
POÈMES DIVERS

                    ?


Ma belle intelligence
Où t’en es-tu allée
Je ne suis pas un ange
Je ne suis plus ailé

Mon cœur en chair de poule
Frissonne et puis s’éteint
Ma tête est comme une boule
Et mon œil est éteint

Je suis tout déplumé
Je ne ronge plus ma cage
Les hivers les étés
Tombent avec mon plumage

Soleil Ô poumon noir
Tu pourris dans un coin
Je reste sur mon perchoir
Et vais crever de faim

J’ai la gale et mes ailes
Ne sont plus que moignons
Et puent comme du fiel
Puent comme un troufignon

Je grelotte et m’ébroue
Et n’en ai nulle envie
Les arbres aussi secouent
Ce qui leur reste de vie

Aujourd’hui l’univers
Descend comme une taie
Entre l’œil et la paupière
J’y vois, je suis maté

Alors tout à coup avec colère je me souviens d’avoir sur-
 volé les grandes charognes
Du plus haut des airs
Mon œil impérissable n’a jamais vu que les plus grandes
 charognes
Merci
Je suis rassasié
                    St Paul, mai 1924.

p.289-290
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Videos de Blaise Cendrars (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Blaise Cendrars
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 15 février 2019 :
Un si petit oiseau de Marie Pavlenko aux éditions Flammarion https://www.lagriffenoire.com/136126-romans-pour-enfants-un-si-petit-oiseau.html
La main coupée de Blaise Cendrars aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/19750-poche-la-main-coupee.html
Une vie sans peur et sans regret de Denise Bombardier aux éditions Plon https://www.lagriffenoire.com/140028-article_recherche-une-vie-sans-peur-et-sans-regret.html
La Ferme du bout du monde de Sarah Vaughan aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/108846-divers-litterature-la-ferme-du-bout-du-monde.html
Anatomie d'un scandale de Sarah Vaughan aux éditions Préludes https://www.lagriffenoire.com/137154-nouveautes-polar-anatomie-d-un-scandale.html
L'Empreinte de Alexandria Marazano-Lesnevich et Héloïse Esquié aux éditions Sonatine https://www.lagriffenoire.com/137702-divers-litterature-l-empreinte.html
Le chant des âmes le chant des âmes de Frédérick Rapilly aux éditions Critic https://www.lagriffenoire.com/140029-article_recherche-le-chant-des-ames.html
Le chant du diable de Frédérick Rapilly aux éditions Pocket 9782266223768
Dragon noir de Frédérick Rapilly aux éditions Critic https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=125490&id_rubrique=409
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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