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EAN : 9782130588535
88 pages
Éditeur : Presses Universitaires de France (02/11/2011)
4.13/5   63 notes
Résumé :
La Prose du Transsibérien relate le voyage d’un jeune homme dans le transsibérien allant de Moscou à Kharbine en compagnie de Jehanne, "Jeanne Jeannette Ninette "qui au fil des vers et du trajet se révèle être une prostituée. La Prose du Transsibérien fait partie d’une série de poèmes que Cendrars écrit à la même époque concernant la thématique du voyage et la rêverie poétique qui l’entoure. Ces poèmes sont le fruit de plusieurs années de voyage entre Paris, Moscou,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  03 mai 2015
Je l'ai vu deux fois dans son édition originale -une fois chez un happy few qui en possédait un exemplaire, une autre fois à l'expo Delaunay, il y a peu, au MAM de Paris- un somptueux dépliant "touristique" ! Aux couleurs vives et chatoyantes de Sonia Delaunay, se mêlaient les mots magiques de Cendrars....Invitation au voyage...
le choeur des couleurs et des mots faisait sonner toutes les cloches des églises russes, grincer tous les boggies du transsibérien et tinter comme une douce antienne la petite voix de Jehanne, la prostituée parigote, demandant à Blaise: "Dis, Blaise, sommes-nous encore loin de Montmartre?"
Ce long poème a marqué le début du simultanéisme- de la collaboration étroite entre les peintres et les poètes de Montparnasse qui marqua le début du XXème siècle et ne devait pas résister à la deuxième guerre mondiale.
Il est plein de la vigueur de la jeunesse, de l'enthousiasme de la découverte, de la passion de l'aventure, de la boulimie des paysages et des rencontres, de l'ivresse de la nouveauté...et pourtant, derrière toute cette alacrité, se devinent des failles:
"Et pourtant, et pourtant
J'étais triste comme un enfant." ou encore:
"Ma pauvre vie
Ce châle
Effiloché sur des coffres remplis d'or
Avec lesquels je roule
Que je rêve
Que je fume
Et la seule flamme de l'univers
Est une pauvre pensée…"
Pour ce mélange subtil de lucidité et d'énergie, j'aime Cendrars le Bourlingueur et sa petite Jehanne aux yeux étonnés...
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Aela
  17 février 2011
Un écrivain dévoré par la boulimie des voyages, qui a perdu un bras pendant la première guerre mondiale.
Une grande expérience vagabonde.
Cette prose transsibérienne permet à l'écrivain de revivre un voyage en Mandchourie, en compagnie de la Petite Jehanne qui est la version française de la fille perdue tolstoïenne.
C'est un poème ferroviaire qui se présentait, dans l'édition originale, sous la forme d'un dépliant de deux mètres.
Un écrivain à la vie intense, aventureuse, à redécouvrir..
Rappelons l'hommage qui lui a été fait l'année dernière en 2010, à l'occasion de l'année de la Russie en France, lorsque nos plus grands écrivains ont pris le transsibérien "Blaise Cendrars" pour leur voyage culturel...
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Pachy
  22 mai 2020
La prose du Transsibérien est l'un des trois poèmes présents dans ce petit recueil. Les deux autres portent pour titre « Les Pâques à New-York » et « le Panama ou les aventures de mes sept oncles ».
Une lecture qui nous entraine dans un voyage poétique qui se veut être le récit autobiographique de Blaise Cendrars. Mais, comme il est sous-entendu dans les annexes de ce livre destiné aux lycéens, il n'est pas certain que l'auteur ait réellement effectué ce voyage du Transsibérien. Peu importe, ce poème atteint son but, nous la faire parcourir, nous, cette Russie. Et puis il y a ce parallèle entre cette petite Jehanne, prostituée blonde, immaculée et frêle trouvée au fond d'un bordel et Jeanne de France à qui il ne cesse de penser, à cette France à qui il ne cesse de penser.
Aussi peut-on l'écouter ce beau poème, grâce à la voix de Bernard Lavilliers sur son album « Baron samedi ».
Et puis, arrive cette adresse à Dieu, cette conversation avec Jésus Christ dans ces « Pâques à New-York ». Là aussi, c'est aussi un voyage. Ou plutôt un pèlerinage qui nous transporte à la période même où le Christ fut condamné et exécuté.
le plus fantasque des trois restera celui des récits imaginaires de ses sept oncles. Là, on approche du jubilatoire. Tout est possible et rien n'est vrai. C'est peut-être comme cela qu'il faut résumer cet ultime poème.
J'ajouterai pour terminer, car il faut bien en finir, que j'aime cette collection destinée aux lycéens. Les appendices sont bien faits, riches et ont cette faculté de nous ouvrir à d'autres oeuvres qu'elles soient littéraires ou picturales. Les groupements de textes, les fiches historiques, les arrêts sur lecture……
Donc, à recommander pour une bonne heure de lecture.
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Arnaud302
  14 mai 2012
A lire absolument, rien d'autre à dire!
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GODINHO
  14 mai 2021
Ce livre a été présenté ce jour à la Grande Librairie en poche , mais pas disponible en librairie, j'ai créé une alerte.... car cela fait des années que je cherche ce petit
bijou (surtout il est illustré par Sonia Delaunay😍)
Hâte de rencontrer ce jeune Adolescent et de monter avec lui dans son transsibérien.
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critiques presse (2)
Liberation   20 décembre 2011
La Prose du Transsibérien est l’un des premiers poèmes du siècle, celui du monde en vitesse. Publié en 1913, c’est aussi «le premier livre simultané», un long rouleau où le texte est coloré dans des tons vifs à l’aquarelle par Sonia Delaunay.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   10 novembre 2011
C'est l'occasion de (re)découvrir ces 445 vers hypnotiques et de monter dans le train de Cendrars entre Moscou, "la ville des mille et trois clochers et des sept gares" et Kharbine, en Mandchourie, via le lac Baïkal. Une révolution poétique est sur les rails.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   29 mars 2020
Et pourtant, et pourtant
J’étais triste comme un enfant.
Les rythmes du train
La « moëlle chemin-de-fer » des psychiatres américains
Le bruit des portes des voix des essieux grinçant sur les rails congelés
Le ferlin d’or de mon avenir
Mon browning le piano et les jurons des joueurs de cartes dans le compartiment d’à côté
L’épatante présence de Jeanne
L’homme aux lunettes bleues qui se promenait nerveusement dans le couloir et qui me regardait en passant
Froissis de femmes
Et le sifflement de la vapeur
Et le bruit éternel des roues en folie dans les ornières du ciel
Les vitres sont givrées
Pas de nature !
Et derrière les plaines sibériennes, le ciel bas et les grandes ombres des Taciturnes qui montent et qui descendent
Je suis couché dans un plaid
Bariolé
Comme ma vie
Et ma vie ne me tient pas plus chaud que ce châle Écossais
Et l’Europe tout entière aperçue au coupe-vent d’un express à toute vapeur
N’est pas plus riche que ma vie
Ma pauvre vie
Ce châle
Effiloché sur des coffres remplis d’or
Avec lesquels je roule
Que je rêve
Que je fume
Et la seule flamme de l’univers
Est une pauvre pensée…
+ Lire la suite
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AelaAela   17 février 2011
En ce temps-là j'étais dans mon adolescence
J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16 000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares
Et je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
J'ai passé mon enfance dans les jardins suspendus de Babylone
Et l'école buissonnière, dans les gares devant les trains en partance
Maintenant j'ai fait courir tous les trains derrière moi
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michfredmichfred   03 mai 2015
Je reconnais tous les pays les yeux fermés à leur odeur
Et je reconnais tous les trains au bruit qu’ils font
Les trains d’Europe sont à quatre temps tandis que ceux d’Asie sont à cinq ou sept temps
D’autres vont en sourdine, sont des berceuses
Et il y en a qui dans le bruit monotone des roues me rappellent la prose lourde de Maeterlinck
J’ai déchiffré tous les textes confus des roues et j’ai rassemblé les éléments épars d’une violente beauté
Que je possède
Et qui me force.
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michfredmichfred   03 mai 2015
Si tu veux nous irons en aéroplane et nous survolerons le pays des mille lacs,
Les nuits y sont démesurément longues
L’ancêtre préhistorique aura peur de mon moteur
J’atterrirai
Et je construirai un hangar pour mon avion avec les os fossiles de mammouth
Le feu primitif réchauffera notre pauvre amour
Samowar
Et nous nous aimerons bien bourgeoisement près du pôle
Oh viens!
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michfredmichfred   03 mai 2015
Nous étions dans le premier train qui contournait le lac Baïkal
On avait orné la locomotive de drapeaux et de lampions
Et nous avions quitté la gare aux accents tristes de l’hymne au Tzar.
Si j’étais peintre je déverserais beaucoup de rouge, beaucoup de jaune sur la fin de ce voyage
Car je crois bien que nous étions tous un peu fous
Et qu’un délire immense ensanglantait les faces énervées de mes compagnons de voyage.
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Vidéo de Blaise Cendrars
#Voyage #Cendrars #CulturePrime
Romancier de l'aventure, devenu grand reporter, Blaise Cendrars a parcouru le monde, de la Russie aux Amériques. Une vie de bohème marquée par un séjour, une ville qu'il chérit particulièrement.
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