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Critiques sur Moravagine (29)
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Merik
  23 avril 2018
Quand Raymond la science libère Moravagine pour l'étudier de plus près, on peut se demander qui est le plus timbré malgré la présentation préalable du détenu, monstre dont un travers favori consistait à éventrer la gente féminine, de préférence avec un foetus. Ils formeront un duo détonnant dans un périple autour du monde percutant.

En plus des personnages pour le moins azymutés, le roman paraît lui dynamité. Structure déroutante, narration inconstante, genre et ton virevoltants.... L'on y est bringuebalé à la lisière de l'anarchisme, du roman d'aventure, parfois de la poésie, tout semble possible dans ses 26 paragraphes inégaux agencés selon les lettres de l'alphabet, comme une manière de dire que l'on peut tout écrire avec ses 26 symboles.
Il semble convenu que l'auteur ait exorcisé ses démons dans ce roman à l'écriture au long cours, Moravagine représentant l'Autre pour Cendrars.

J'aimais lire du Cendrars dans mes vingts ans, il y a.... quelque temps. Si mes souvenirs sont encore bons il me semble que ce Moravagine est à part, ce que semble confirmer les avis récoltés ici là. Même si j'y ai reconnu de loin son style parfois suffocant de richesse syntaxique, d'autres fois bluffant de fulgurance poétique.
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michfred
  22 février 2015
Ce roman est une fleur vénéneuse, une fleur carnivore! On le dévore, dans la fascination et l'horreur!

le personnage de Moravagine, un psychopathe que je vous déconseille de rencontrer au coin d'une rue, mesdames,est une sorte de grand'oncle du Raspoutine de Hugo Pratt, qui descendrait de Raskolnikov par les femmes -de mauvaise vie- et adorerait échanger quelques recettes de dissection avec Jack l'éventreur, autour d'un verre de Guiness ou d'une vodka glacée (selon celui qui a le bon côté du bistouri)...

Bref, un monument d'originalité, de perversion maîtrisée et de dépaysement garanti!
Des pages sublimes, crues et violentes , céliniennes... A lire sans modération!
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la_fleur_des_mots
  01 février 2013
Ce roman à couper le souffle est totalement atypique dans l'oeuvre de Cendrars. Moravagine est un tueur de femmes (qui porte bien son nom...), il est dangereux, fou, malfaisant et attachant. Dans l'hôpital où il est interné, il fait la connaissance d'un jeune psychiatre qui, fasciné par ce personnage complexe à l'intelligence maléfique, organisera son évasion et l'accompagnera dans une fuite perpétuelle à travers le monde.
L'idée de Moravagine est née vingt ans plus tôt dans la tête de l'auteur, à l'époque où il était étudiant en psychiatrie. On sent dans l'écriture qui paraît instinctive toute l'implication personnelle de Cendrars qui, à travers son personnage, semble exorciser le double maléfique présent en chacun de nous. C'est roman sublime, hallucinant, terrifiant et poétique. Une lecture difficile et haletante, un livre incontournable !
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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Allantvers
  18 février 2019
Ce roman-là, il faut le digérer, le métaboliser pour qu'il exhale tout son sel. La digestion n'est pas simple, car elle tord les boyaux et met le feu à l'estomac; l'ingurgitation non plus, tant on est désorienté par les différentes consistances de ces morceaux de texte écrits dans le désordre à différentes périodes. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Moravagine, c'est ce monstre terrifiant et magnifique qui grandit dans une solitude perverse, dépasse l'horizon humain, éventre des femmes pour extirper le monde de leur présence mortifère, retourne à la solitude de l'asile, s'en enfuit dans un grand éclat de rire et s'en va ensemencer le monde de son mal.
Moravagine, c'est toute la folie et la grandeur du 20ième siècle naissant que ce presque gnome traverse en boitant, jouisseur et goguenard, anarchiste fomenteur de révolution en Russie, aviateur des 5 continents, dieu païen dans la jungle amazonienne.
Moravagine, c'est surtout une langue d'une puissance suffocante, tranchante, exaltée, nourrie aux source de la vie.

J'ai beau très mal connaître Blaise Cendrars, rarement j'ai eu la sensation en lisant Moravagine d'une oeuvre si organiquement liée à son auteur.
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Kittiwake
  16 février 2014
Dans la post face de Moravagine, Blaise Cendrars écrit « il pouvait être trois, quatre heures du matin quand je mis le point final à mon roman Moravagine et poussai un soupir de soulagement ». Je me sens en parfaite harmonie avec l'auteur, mais dans mon rôle de lectrice! Par bonheur, la punition fut de courte durée car le roman est relativement bref. Mais dense…


Moravagine est un fou furieux sanguinaire qui croupit au fond d'une cellule de l'hôpital psychiatrique de Berne lorsque le narrateur thésard intéressé par la neurologie fait sa connaissance. Et quoi de plus logique que de faire évader le spécimen. le but de ce coup monté m'a échappé (avec sans doute beaucoup d'autres choses…). Toujours est-il que les deux compères vont accomplir un périple abracadabrant les menant de la Russie à l'Amazonie , côtoyant tout à tour des terroristes slaves et des indiens réducteurs de tête jusqu'à ce que la Grande Guerre les sépare, pour mieux se retrouver, à peu près dans les mêmes circonstances que celles de leur première rencontre.

Le thème est intéressant, on est dans un roman d'aventures rocambolesques, mais on sent que l'intention initiale n'était pas de divertir le lecteur, mais plutôt de se libérer d'obsessions profondes. C'est sans doute pourquoi le fil rouge du roman, cette fuite avec un dément, ne parvient pas à captiver l'attention, le jeune neurologue ne se situe pas en position d'observateur, il vit pleinement les frasques de son ami. L'intention n'est donc pas expérimentale. Il est difficile de s'attacher à l'un ou l'autre des deux compères, sans parler de s'y identifier. C'est donc plutôt le contexte historique qui sauve le roman : les dessous de la révolution russe ou les coutumes des Jivaros, revus et corrigés par Blaise Cendrars sont édifiants.

Avec un peu d'ironie, l'auteur apparaît en fin de roman, chargé de rédiger le récit de ces aventures, alors que le narrateur peut difficilement se cacher d'être un double de Blaise Cendrars.

C'est peut-être l'écriture qui m'a posé le plus de problème: très dense, très riche, avec de multiples énumérations, qui témoignent d'un travail intensif sur la langue, mais rend l'ensemble assez indigeste (même le vocabulaire médical, que pourtant je connais bien, reste abscons, parce que daté - mais là, c'est inévitable puisque l'oeuvre date du début du vingtième siècle).

Rencontre un peu ratée, avec le sentiment d'être passée à côté de quelque chose
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Kickou
  22 octobre 2016
J'ai lu Moravagine il y a longtemps, je viens de le relire « en diagonal » et j'ai compris pourquoi j'en gardais un souvenir aussi vivace (comme c'est le cas de tous les livres de Cendrars). J'ai lu aussi et surtout le, très intéressant, Pro Domo (expression latine que j'ignorais ; sorte de post-scriptum ou de postface) que j'ai trouvé dans le recueil de textes choisis de l'édition Quarto-Gallimard, intitulé : Partir (pléonasme chez Cendrars !). Quand j'écris : très intéressant, je suis en-dessous de l'émotion, de l'engouement que provoque ce texte. Son « travail » sur ce roman y est décrit « à la Cendrars », de façon hyper-dynamique, sa mémoire se mêle à sa poésie intuitive et fulgurante. Pourtant, Cendrars n'est pas un romancier, ou un poète, il n'est pas un journaliste ou un nouvelliste ; il est plus que cela, il est littéralement un Ecrivain, car il y a autant de poésie dans ses romans que de romanesque dans sa poésie et autant de témoignages dans ses nouvelles que de souvenirs dans ses fictions. Il me semble aussi qu'il est le premier (voire le seul) écrivain à suggérer, à sous-entendre à son lecteur : Fais le toi-même ! Écris ! Tout est écriture ! En 1917, de sa main gauche peut-être, il note : « C'est pourquoi tous les beaux livres se ressemblent. Ils sont tous autobiographiques. (...) il n'y a qu'un sujet littéraire : l'homme. (...) il n'y a qu'une littérature : celle de cet l'homme, de cet Autre, l'homme qui écrit. »./
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Loutre_des_Rivieres
  19 mars 2013
Blaise Cendras a longtemps été hanté par cet homme, Moravagine, ce personnage qui s'est imposé à lui au fil des années et dont il a fini par réussir à lui consacrer un livre. Moravagine, descendant d'une longue lignée d'aristocrates d'Euope de l'Est, est un homme violent, un tueur anticonformiste ; il représente le côté sombre de Blaise Cendrars.
Ce livre, c'est un livre d'aventure et un livre de psychologie raconté par Raymond étudiant en psychiatrie né en 1900. La rencontre entre Raymond et Moravagine a lieu dans un centre hospitalier suisse où Moravagine est enfermé pour folie (et pour meurtre). Raymond, depuis ses nombreuses discussions avec Moravagine est obsédé par la personnalité de l'homme et finit par le libérer et partir avec lui.
Les deux hommes nous entraînent alors dans de nombreuses aventures qui commencent par du terrorisme en Russie et se poursuivent notamment par une fuite en Amérique du Sud et une expérience chez les indiens d'Amazonie.
Un roman inclassable et inoubliable.
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Julian_Morrow
  14 avril 2019
Vision épique et traversée du siècle à la vitesse du futurisme.
Un psychiatre libère un fou de sa cellule et le suit dans une course-poursuite à travers le monde. Des derniers jours de l'Empire Austro-hongrois à la jungle américaine. En passant par l'épisode halluciné de la révolution russe.
Un très grand roman.
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GrandGousierGuerin
  31 mai 2014
Moravagine, pensionnaire d'un asile pour nantis aliénés, séduit le médecin fraîchement diplômé qui est chargé d'en prendre soin. Sous couvert d'une étude clinique, le médecin libère son patient qui va pouvoir commettre ses méfaits et scelle ainsi le destin des deux protagonistes qui laissent derrière eux crimes, souffrance et révolution.
Mais sont-ils vraiment si différents ? Est-ce-que Moravagine ne serait pas le double du narrateur ? Ou encore de Cendrars lui-même ? En effet, la postface nous laisse entrevoir les difficultés éprouvées par Cendrars pour enfin mettre un point final au livre Moravagine.
Sous l'apparence d'un récit proche des péripéties d'un baron de Münchhausen avec une part d'ombre à la Jack l'éventreur, j'ai découvert plusieurs niveaux de lecture qui pourraient être d'ordre autobiographique (à vérifier), une critique voilée d'une société en déliquescence ou encore, de manière diffuse, certaines pratiques médicales dans le monde psychiatrique.
Moravagine nécessite donc une relecture qui sera sûrement ludique à la recherche des indices laissés par Cendrars.
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cicou45
  28 mai 2011
C'est une libraire qui m'a fait découvrir cet ouvrage alors que je faisais mon stage en librairie en 2007. et j'en garde un très bon souvenir. Moravagine incarne le mal et est en quelque sorte la partie de l'auteur qui n'est pas visible et est enfouie dans son inconscient. Je ne suis pas d'un esprit manichéen, je ne crois pas qu'une personne peut être soit totalement bonne, soit totalement mauvaise. Chacun comporte en lui son Eros et son Thanatos et c'est en cela que j'ai trouvé ce livre extraordinaire. Une histoire à la "Dr Jekyll et Mr Hyde"" qui est passionnante. A découvrir !
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