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Karine Louesdon (Traducteur)Aleksandar Grujicic (Traducteur)
EAN : 9782330176303
352 pages
Actes Sud (05/04/2023)
3.77/5   132 notes
Résumé :
En vacances à Majorque, la fille de Melchor, devenue une adolescente rebelle, est retenue prisonnière dans la villa d'un magnat de la com, réputé pour fournir à ses amis une large palette de "chair fraîche". Javier Cercas disait récemment dans un entretien que "l'antidote à l'injustice, c'est la solidarité et l'amour". Il le démontre ici dans un thriller révolté qui dénonce l'intolérable impunité des puissants et interroge la valeur des héros "ordinaires".
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
3,77

sur 132 notes
Avec le Château de Barbe-Bleue – El Castillo de Barbazul, en espagnol, j'adore ! – Javier Cercas clôt sa trilogie par un récit encore plus fort que les précédents, déjà excellents : Terra Alta et Indépendance.
Retrouver Melchor Marín, son héros pas épargné par la vie me plaît beaucoup, même s'il n'est plus dans la police mais… bibliothécaire ! Cette reconversion est assez logique, finalement, pour cet homme sauvé de la délinquance grâce à la lecture des Misérables de Victor Hugo. Après ses exploits face aux islamistes, il avait réalisé ensuite des prouesses en Terra Alta puis épousé la bibliothécaire de Gandesa, hélas assassinée, et c'est leur fille, Cosette, qui est au centre de ce troisième volet censé se dérouler en 2035.
Entre les deux, Melchor avait dû se dépatouiller avec une histoire de chantage à la sextape mettant en péril la maire de Barcelone, ce qui avait pu l'orienter vers les odieux assassins de sa mère qui se prostituait dans cette même ville.
Bien sûr, Javier Cercas rappelle, fait allusion aux événements précédents et continue dans l'autodérision en faisant parler plusieurs personnages de ces deux livres précédents que Melchor n'a toujours pas lus…
Côté sentimental, Melchor a une liaison avec Rosa Adell qui dirige les cartonneries du même nom. Si vous avez lu Terra Alta, ce nom vous dit sûrement quelque chose. Cet amour qui se construit avec cette femme qui a quinze ans de plus, est fort précieux pour lui car, avec Cosette, le courant ne passe plus. En effet, à l'adolescence, elle a changé. Quand elle apprend que son père ne lui a pas dit la vérité sur la mort de sa mère, elle est furieuse. Juste avant de partir pour les Baléares avec son amie Elisa, Cosette (17 ans) et Melchor se sont disputés.
Qu'importe, Melchor, toujours amateur de romans du XIXe siècle et, en particulier, de l'auteur russe Tourgueniev, attend sa fille à l'arrêt du bus de Gandesa. Surprise. Si Elisa arrive bien, pas de Cosette restée à Majorque d'après son amie. Traumatisé, Melchor tente d'appeler sa fille sans succès, rentre chez Rosa tel un somnambule. Débute alors une recherche palpitante menée encore une fois avec tout le brio dont est capable Javier Cercas.
Structuré en quatre grandes parties plus un épilogue, le Château de Barbe-Bleue est parfaitement maîtrisé par l'auteur. La première et la troisième parties se déroulent principalement en Terra Alta alors que les deux autres s'intitulent Pollença, cette ville touristique des Baléares où l'auteur m'entraîne sur les pas de Melchor. Chacune de ces quatre parties débute par un texte très dense, en italiques, dans lequel Cosette se confie, donne son point de vue, fait appel à ses souvenirs et permet de comprendre ce qu'elle vit.
S'il ne faut pas en dire plus, il est quand même important de parler de ce Barbe-Bleue comme est surnommé localement Rafael Mattson, multimillionnaire américain d'origine suédoise qui n'hésite pas à se divertir sexuellement en violant de très jeunes filles ou femmes, cela en compagnie de personnalités de tous bords.
J'ajoute enfin que Melchor retrouve de vieux compères comme Blai, Vàsquez, Salom plus une certaine Paca Poch qui ne manque pas d'allant et Damian Carrasco, relais primordial pour l'action entreprise.
Passionnant, émouvant, palpitant, fouillé sur le plan psychologique, ne négligeant rien pour suivre les déplacements de Melchor, le Château de Barbe-Bleue (Barbazul) est un formidable thriller que Javier Cercas sait conclure avec un épilogue complet et détaillé, essentiel pour le lecteur attentif que je suis, un peu triste de refermer un tel bouquin et d'abandonner un personnage aussi attachant que Melchor.

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Ce troisième et dernier opus de la trilogie de Javier Cercas mettant en scène son héros identitaire, Melchor, et une nouvelle héroïne, la fille de celui-ci, Cosette, affublée d'un prénom lié aux goûts littéraires de ses parents misérables mais inapproprié à sa personnalité, est une vraie réussite par sa structure et le rythme que lui a impulsé l'auteur.

Même s'il comporte de trop nombreux rappels de faits survenus dans les deux tomes précédents, rendant sa lecture compliquée pour ceux qui se lanceraient dans le château de Barbe Bleue sans avoir lu Terra Alta et Indépendance, il présente l'harmonie de deux parties qui, tout en laissant le lecteur se complaire des réflexions métaphysiques ou humoristiques de l'auteur, portent chacune un vrai suspense et deux vrais dénouements.

Dès le début du roman, Cosette disparaît, et cette première partie illustre parfaitement le désarroi de son père, ses investigations qui vont le mener assez vite vers la découverte d'une vérité qu'il est un peu dommage que le lecteur puisse pressentir aussi aisément. Néanmoins, le drame est bien installé et l'action ainsi que la réflexion sont au rendez-vous.

La deuxième partie, que je nommerais celle de la justice, revêt, malgré ses invraisemblances caractéristiques de nombreux polars, de belles études de personnalités, les différents protagonistes étant nombreux et présentant des caractéristiques variées qui font la richesse des développements. C'est le temps de la préparation de l'action qui porte en lui-même le suspense, Javier Cercas laissant finalement imaginer à ses lecteurs le déroulement d'une finale à laquelle il consacre finalement très peu d'espace. Ce procédé m'a paru très intéressant et original, installant une action avant même qu'elle se mette en place.

Au final, c'est un bon roman familial et policier, la dénonciation des crimes sexuels qu'y ont vu plusieurs lecteurs m'ayant semblé accessoire bien qu'elle tienne son rang, l'art de Javier Cercas étant de laisser ses lecteurs s'imprégner de ce qui va le plus les atteindre, selon leurs perceptions et la gestion de leurs émotions.
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Avec le château de Barbe-Bleue, Javier Cercas clôt avec brio sa trilogie policière commencée avec Terra Alta puis Indépendance. Et pour ceux qui n'auraient pas lu les deux premiers tomes ou auraient oublié, Javier Cercas prend soin de récapituler l'itinéraire de son héros.
On retrouve donc Melchor Marin. Hanté par la mort de sa femme, il a quitté la police, s'est installé dans le village de Gandesa en Terra Alta où il occupe un poste de bibliothécaire et se consacre à sa fille Cosette.
Celle-ci, 17 ans, ayant découvert que son père lui avait menti, que sa mère n'était pas morte accidentellement comme il le lui avait dit pour la protéger, mais que c'est son sens inflexible de la justice qui en était la cause, est partie quelques jours avec une amie aux Baléares.
Mais l'amie revient seule, Cosette étant restée à Majorque.
L'ancien policier, fou d'inquiétude, pressent rapidement que sa fille est en danger, celle-ci ne donnant bientôt plus signe de vie.
Il part sur ses traces, se rend sur place à Pollença et finit par découvrir que Cosette est sans doute séquestrée et victime de violences sexuelles dans la maison qu'un multimillionnaire suédois a bâtie à Formentor.
Pour lui, une seule solution : agir, mener l'enquête, et pour cela il est prêt à remuer ciel et terre pour retrouver sa fille et détruire ce prédateur, ce Barbe-Bleue des temps modernes qui semble intouchable et à l'abri des lois grâce à son immense fortune.
Javier Cercas nous entraîne avec lui en Espagne, dans une course effrénée et angoissante aux côtés de Melchor.
Et me voilà à tourner les pages tant la situation est haletante et bien que celle-ci soit noire et absolument inacceptable, je n'ai eu qu'une hâte, connaître le dénouement de cette affaire.
Javier Cercas a un talent incroyable pour tenir son lecteur en haleine tout en se penchant sur des sujets très forts. Ainsi, le château de Barbe-Bleue est un polar dans lequel l'enquête menée par Melchor et ses amis sert à dénoncer la corruption des politiques et des policiers, l'intolérable impunité des puissants et la violence à l'encontre des femmes et des plus jeunes. Il est question également de haine, de vengeance mais il fait une belle place à la solidarité et à l'amour et célèbre l'héroïsme d'hommes et de femmes ordinaires tout en soulignant la fragilité de notre humanité.
L'auteur n'hésite pas à se mettre ironiquement lui-même en scène et ce avec beaucoup d'autodérision.
On ne peut qu'être ému et bouleversé par l'amour que Melchor porte à sa fille, par la rage qui l'anime pour que justice soit rendue. Comment, en outre, ne pas être touché par cet homme passionné par les livres, ce Melchor qui grâce aux Misérables avait découvert sa vocation de policier. Dans ce troisième opus, nous le retrouvons absorbé par la lecture de Nid de gentilhomme, puis par Les mémoires d'un chasseur de Tourgueniev. Il sera également question du célèbre poème De Rudyard Kipling « If ».
Même le football s'invite dans ce polar avec un match Barça-Madrid en finale de la Champions qui aura un rôle stratégique de grande importance !
Le Château de Barbe-Bleue est un fabuleux polar, rythmé et nerveux, un très grand roman psychologique, une dénonciation bouleversante de la violence exercée à l'égard des femmes et de la corruption de notre société.

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C'est une fable.
Une fable sur le Bien, et le Mal, les puissants et les faibles, la Vengeance et la Justice.

L'histoire a déjà été contée.
Si vous êtes flic, et que votre propre fille se retrouve séquestrée par de drôles de types, des hommes sans scrupules soupçonnés d'être d'horribles prédateurs sexuels : alors vous ne pouvez faire qu'une seule chose : reprendre vos réflexes de flics et récupérer votre fille coûte que coûte.

Et même si celle-ci vous ait rendue – Cosette, que l'on connaît depuis « Terra Alta » et « L'indépendance » ne sera pas retrouvée morte comme bon nombre d'autres jeunes femmes qui n'auront pas la même chance – vous comprendrez vite qu'elle a vécu un tel traumatisme que vous réclamerez Justice.

Seulement voilà.

Avec ce type d'homme ultra-riche, la corruption est monnaie courante, et si celui-ci a corrompu la totalité de la justice locale et même au-delà, il ne vous restera qu'une alternative :
- Soit ne rien faire, et tenter de ramener Cosette à une vie normale
- Soit vous lancer dans un plan ultra dangereux destiné à éliminer ce Weinstein espagnol pour l'empêcher de nuire encore.


J'ai eu la chance d'entendre Javier Cercas en personne dans une rencontre littéraire parler de ce livre-ci.

« Ecrire un livre », dit-il, « c'est comme jouer à un jeu dont on découvre les règles au fur et à mesure, comme le lecteur découvre les règles au fur et à mesure qu'il les lit. »

« Les romanciers sont des charognards », a-t-il dit encore. « Ils se repaissent des crises, des guerres ou des catastrophes. »

Javier Cercas préfère parler de tryptique plutôt que de trilogie. Il assure que « le Château de Barbe Bleue » est le plus lumineux des trois. L'histoire se passe ans après « Terra Alta » et l'histoire du meurtre horrible des parents de Rosa, avec qui Melchor vit désormais.

Melchor est un « mauvais bon flic » selon l'expression de son auteur.
Javier Cercas cite aussi les deux vertus extraordinaires et nécessaires pour ces héros : le courage et le charisme. En précisant bien qu'il ne s'agit pas du charisme des politiciens, qui ont détourné cette qualité, mais le charisme initial qui fait que tout le monde vous suit même si vos plans sont très dangereux.

Ecrire un roman, c'est aussi pour lui une formuler une question complexe et ne pas y répondre.

La question essentielle de ce roman, disait-il aussi, est la suivante : « Est-ce que c'est légitime de rendre la justice par soi-même quand la justice humaine n'est pas au rendez-vous ? »

La littérature, selon lui, c'est interroger nos certitudes.
Et aussi s'attacher à des personnages qui ont un côté monstrueux (citant Richard III de Shakespeare, Crime et Châtiment de Dostoïevski ou le Parrain de Scorcèse).

Ce n'est pas difficile de s'attacher à Melchor. On est de son côté, bien sûr, et on est bien contents à la fin que le prédateur sexuel, un magnat ultra riche, se fasse pincer à la fin.

Comme plus globalement, on peut être en colère contre ces 1% qui pillent la planète à coup de vols en jet privés ou de bilan carbone faramineux. Les ultra-riches ne devraient-ils pas payer, au sens propre et figuré du terme ? Mais je m'éloigne, je m'égare un peu du roman de Javier Cercas, même si je suis persuadée qu'il y a quelque chose de réel dans ce sentiment de libération que l'on éprouve à la fin.

Un dernier mot de Javier Cercas qui racontait, lors de cette rencontre littéraire, qu'il devait participer à une conférence et résumer notre siècle actuel à une caractéristique. Et une demi-heure avant le début il ne savait pas ce qu'il allait dire. Mais il a eu une intuition.

Son intuition c'est que le drame de notre XXème et début du XXIème c'est que la moitié de l'humanité (en l'occurrence les hommes) aient assujetti l'autre moitié (donc le femmes) comme l'esclavage à une certaine époque. Et le scandale pour lui ce sont tous ces féminicides qui devraient devenir anachroniques et qu'on devrait punir le plus sévèrement possible. Les hommes doivent suivre ce courant féministe, très décrié par certains, et rétablir une véritable égalité entre les femmes et les hommes et mettre fin à cet assujettissement.

« le Château de Barbe Bleue » est le meilleur de la trilogie. Pas la meilleure intrigue – c'est « Terra Alta » qui l'emporte pour son enquête policière très bien ficelée – mais le plus libérateur.

Cette fable fait du bien, parce que le bien faible triomphe du mal obscène, et c'est comme un pansement qui se pose sur toutes les plaies féminines qui existent encore trop souvent sur notre planète.
Il ne nous reste plus qu'à espérer que la fable ou le conte de fée de Javier Cercas devienne enfin réalité.
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Il se pourrait que la mécanique littéraire de Javier Cercas ne soit pas si compliquée, il écrit et le lecteur le suit (ou pas). Comme si le fait d'agripper le lecteur était l'essence irréductible de sa prose, quel que soit le genre, quel que soit le sujet. le virage amorcé dans le polar avec sa série Terra Alta a révélé un auteur arrivé au bout d'un cycle et refusant de se singer, prêt à renouveler sa production, au risque de contredire son oeuvre passée ancrée dans le réel historique. Et il semble être le premier à en rire, la mise en abyme depuis le deuxième volet s'accentue ici où il sera question d'un romancier, Cercas, dont les policiers ont lu (ou pas) ses précédents livres en questionnant sa vraisemblance, eux qui ont vécu de l'intérieur les affaires qu'il relate :
« – Oubliez Cercas, lui conseille Rosa. Il invente tout.
– Je ne sais pas ce que Cercas raconte, mais l'histoire de l'assassinat est la version qui s'est imposée, soutient Blai en affichant une moue de mépris. […] La réalité nous ennuie. On préfère la fantaisie [...]»
Ici aussi la fantaisie prendra ses aises malgré l'affaire à venir inspirée de celle d'Epstein, elle se déploiera dans la manière cavalière de sa résolution. Même si Melchor s'en moque de tout ça, lui qui n'a pas lu Cercas, lui l'adepte des romans du 19ème. On retrouve le personnage charismatique de la série désormais bibliothécaire en Terra Alta, aux prises avec les dix-sept ans de sa fille Cosette qui vient de découvrir la vérité sur le décès de sa mère. Cette dernière n'étant pas morte dans un accident malencontreux comme lui avait toujours dit Melchor, mais dans un accident programmé, un assassinat déguisé.
Les lecteurs des deux volets précédents ne seront pas surpris, les autres n'ont pas à s'inquiéter. Cercas déploie toute son habileté narrative dans la première partie pour mettre tout le monde à égalité, en rappelant les éléments essentiels de sa trilogie tout en déployant les bases de l'affaire à venir. Dans le premier volet il avait été question de l'affaire Adell et du décès de la mère de Cosette, dans le second de chantage à la sextape à la mairie de Barcelone, mais aussi de l'assassinat de la mère de Melchor. le dernier volet se tourne résolument vers la troisième femme de la vie de Melchor, Cosette, partie en villégiature sur l'île de Majorque avec sa meilleure amie. le roman s'ouvre sur Melchor à l'arrêt de bus afin de la retrouver, il ne récupèrera que son amie. Cosette est restée à Majorque, et il faudra peu de temps pour admettre l'impensable : Cosette a disparu !
On se doute qu'il ne sera dès lors pas question pour « l'espagnolard » de rester les bras croisés, surtout si on connaît ses méthodes radicales contre l'injustice sous toutes ses formes, notamment celles faites aux femmes, qui plus est les siennes. Voilà un troisième volet qui clôt magistralement l'incursion de Javier Cercas dans le roman noir. J'ai été à peine surpris de tourner les pages avec frénésie dans cette affaire de prévarication au profit d'un magnat suédois ancré dans un système insulaire de viols, d'autant que l'auteur espagnol semble s'être mis au diapason du genre, en clarifiant le déroulé de son récit, en variant le rythme entre retours sur le passé, ou avancée dans la résolution de l'affaire. Il faudra s'y faire, Javier Cercas écrit tout simplement de bons romans. Chapeau l'artiste !
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critiques presse (5)
LesEchos
26 juin 2023
Dans « Le Château de Barbe-Bleue », l'écrivain espagnol poursuit un cycle entamé avec « Terra Alta » et « Indépendance ». Trois livres puissants, dans lesquels il se joue des codes du roman policier en orchestrant les aventures de Melchor Marin. En alternant ombre et lumière.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LeMonde
15 mai 2023
Dans Le Château de Barbe-Bleue, ­ultime volet de sa trilogie policière Terra Alta (Actes Sud, 2021 et 2022), Javier Cercas continue de sonder les thèmes de la justice et de la vengeance, à travers le personnage de Melchor Marin, ancien flic héroïque.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir
11 avril 2023
« Le château de Barbe-Bleue », titre du roman qui vient d’être traduit, évoque un lieu hanté par le mal. Ce n’est pas faux.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaCroix
11 avril 2023
Rencontre, à distance mais bien vivante, avec le plus populaire des écrivains espagnols alors qu’il publie, ces jours-ci, Le Château de Barbe-Bleue, troisième épisode de sa série de polars entamée en 2019.
Lire la critique sur le site : LaCroix
SudOuestPresse
11 avril 2023
L’ex-inspecteur Melchor Marin est contraint de reprendre du service après l’enlèvement de sa fille, retenue prisonnière dans la villa d’un milliardaire. Le romancier espagnol clôt sa trilogie sur les violences faites aux femmes.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Melchor sort de la clinique Mercadal pétri d’angoisse, et plusieurs kilomètres durant, il conduit sa voiture sans savoir exactement où il va. Quand il sort de Barcelone, le jour ne semble plus le même : le vent est en train de disperser les nuages et d’ouvrir le ciel à un soleil qui l’aveugle par moments. Il a la gorge sèche et une envie folle de s’arrêter n’importe où, d’acheter une bouteille de whisky et de la boire entièrement ; il a aussi envie de pleurer. Il ne s’arrête nulle part. Il ne verse pas une seule larme. Mais il lui revient à la mémoire la dernière fois qu’il a pleuré, quatorze ans plus tôt, alors qu’il nageait au point du jour au large de la plage de la Barceloneta après avoir passé la nuit dans une suite de l’hôtel Arts et résolu l’affaire Adell. Il pleurait alors pour sa femme et pour sa mère, mortes toutes les deux, et il se dit maintenant que dans les deux cas, les assassins avaient fini par payer pour ce qu’ils avaient fait : les uns, presque immédiatement ; les autres, des années plus tard ; les uns en faisant de la prison, et les autres de leur vie. Quoi qu’il en soit, ces deux crimes ne sont pas restés impunis.
Et le crime de Mattson, le restera-t-il ? se demande Melchor. Cet homme va-t-il payer pour ce qu’il a fait à Cosette ? Est-ce qu’il paiera s’ils portent plainte tous les deux contre lui ?
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Elle continua d'être une amatrice invétérée de romans, mais pendant des années elle ne toucha plus aux romans du XIXe; elle ne lisait pas non plus de nouveautés et ne parlait avec personne de ce qu'elle lisait, comme si la lecture était pour elle une activité exclusivement intime, un plaisir confidentiel, de la même manière qu'elle l'avait été pour son père avant qu'il rencontre sa mère.
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C’est un sentiment que certains adolescents éprouvent envers leurs parents : ils ont l’impression qu’ils ne pourront pas répondre à toutes les attentes qu’on a déposées en eux, qu’ils ne seront pas capables de leur rendre tout ce qu’ils leur ont offert, et cela peut se manifester de diverses manières, certaines très destructives ou plutôt autodestructives… Mais, dans le cas de votre fille, cela s’est mêlé à sa déception d’apprendre que vous lui aviez menti sur un point essentiel pour elle.
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Ana Elena est une femme d’un âge indéfini, de petite taille, bien en chair, aux joues rouges et rebondies, qui, depuis plusieurs années vit chez Rosa et s’acquitte des tâches domestiques. Quand il avait commencé à venir au mas, Melchor avait essayé de la convaincre de ne plus lui donner du « monsieur », mais il a fini par déclarer forfait. Ana Elena a deux enfants, un garçon et une fille, qui vivent avec leurs grands-parents dans un hameau près de Cochabamba ; Melchor sait qu’elle leur envoie chaque mois la quasi-totalité de son salaire.
(pages 26-27)
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Et, pour quelque raison inconnue, [Cosette] lisait davantage des auteurs que des livres ; quand elle aimait un écrivain, elle finissait tous ses livres, même si tous ne lui plaisaient pas, ou même si elle ne les comprenait pas (dans une rédaction, elle écrivit un jour qu’elle préférait les livres mauvais des auteurs qu’elle aimait aux bons livres des auteurs qu’elle n’aimait pas) : c’est ainsi qu’elle lut, avant ses dix-sept ans, tout Stephen King, tout Ursula K. Le Guin, tout Pere Calders, tout John Irving, tout Roald Dahl, tout Sergi Pàmies, tout Huraki Murakami.
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Grand entretien avec Javier Cercas, modéré par Guénaël Boutouillet.
38e édition Comédie du Livre - 10 jours en mai Samedi 13 mai 2023. 17h - Espace Albertine Sarrazin
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