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EAN : 9782330027100
345 pages
Actes Sud (08/01/2014)
4.08/5   131 notes
Résumé :

A l'été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tete et devient un habitué de leur QG, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone.

Bientôt ils l'entraînent de l'autre côté de la "frontière", au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l'initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots.

Le garçon navigue entre les deux rives... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
4,08

sur 131 notes
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latina
  13 juin 2017
« Même si c'est rassurant de trouver une explication à ce qu'on fait, la plupart de nos actes n'ont pas qu'une seule explication, à supposer même qu'ils en aient une »
Tout, je dis bien absolument tout ce qui est raconté dans ce roman est en accord avec cette citation.
Car le héros Ignacio Cañas, surnommé « le Binoclard » (mais qu'est-ce qu'un héros ?) a été un jeune homme de 16 ans, fils de famille honnête et travailleuse, et s'est retrouvé, l'espace d'un été, membre d'une bande de délinquants.
Ses raisons ? Il n'y en a pas qu'une, à supposer même qu'il y en ait une...
Et des années plus tard, sous la forme d'un entretien avec un écrivain voulant parler de Zarco, le chef de la bande, il essaie de retrouver la vérité, sa vérité et celle des autres.
Et donc il y a Zarco, ce jeune blond charismatique n'ayant peur de rien, petite frappe spécialiste des vols de sac à l'arraché, des vols de voitures et des braquages de banques. Zarco et Tere, la « plus belle fille du monde » selon le Binoclard, secrètement amoureux.
Qu'ont-ils à faire de la vie, ces deux-là ? Pourquoi ont-ils accepté le Binoclard dans leur bande ?
Leurs raisons ? Il n'y en a pas qu'une, à supposer même qu'il y en ait une...
Si, « à 16 ans, toutes les frontières sont poreuses », l'été tourne sot, l'attaque d'une banque tourne court , et le Binoclard repasse la frontière, celle marquée par le parc de la Devesa, à Gérone, entre le territoire des besogneux, des miséreux, s'abritant dans des logements provisoires et celui des « honnêtes gens », vivant dans des appartements et des maisons confortables.
Et pourtant, il y croyait, Ignacio alias le Binoclard, malgré ce que lui avait dit Zarco :
« T'es pas comme nous.
Parce que tu vas à l'école et pas nous. Parce que t'as une famille et pas nous. Parce que t'as peur et pas nous. Tu penses la peur, pas nous. T'as des choses à perdre, pas nous.
Laisse tomber. Casse-toi, mec. Retourne à ta famille, reprends l'école et ta vie d'avant.
J'ai passé en taule quelques mois, mais toi, la taule te passera dessus. Aussi dur et fils de pute que tu veuilles être. A cause de ça aussi, t'es pas comme nous.
En plus nous avons que cette vie, alors que toi, t'en as une autre. Fais pas le con, laisse tomber. »
C'était la fin des années 70, encore blessées par les reliquats de la dictature morte en 75.
Et puis nous voilà fin des années 90. Zarco, Tere et Cañas se retrouvent. Cañas est un avocat renommé, Zarco est en prison.
Pourquoi se retrouvent-ils ?
Leurs raisons ? Il n'y en a pas qu'une, à supposer même qu'il y en ait une...
J'ai beaucoup apprécié l'écriture de Javier Cercas, mêlant l'intime et le social, décortiquant la psychologie et le coeur de quelques-uns et les brassant avec la vie d'une ville et d'une région.
Ce roman se lit lentement, car tout, je dis bien absolument tout, a une portée qui dépasse les apparences.
L'échec, la fidélité au passé, l'aide gratuite, le bien et le mal, l'amour, la vérité : tout ceci s'entremêle et nous fait réfléchir, à travers les entretiens menés par l'écrivain où Cañas s'épanche, mais où le policier ayant mené l'enquête dans les années 70 et le directeur de la prison de Gérone donnent aussi leur propre version des faits.
Alors, Cercas nous a-t-il raconté des faits divers ? Peut-être, car j'y ai cru ! Je suis même allée voir sur Google si la bande à Zarco avait existé...
Mais au-delà du fait divers, il a touché l'universel.
Pourquoi ai-je aimé ?
Mes raisons ? Il n'y en a pas qu'une, à supposer même qu'il y en ait une...
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Pecosa
  23 mars 2014
Cercas replonge dans les années post-franquistes et nous offre un beau roman qui serait le pendant juvénile de son oeuvre, Anatomie d'un instant consacrée au 23 F, un roman fort sur le fin de l'enfance, sur l'adolescence et l'intensité des liens que l'on peut nouer ces années là.
L'image de la movida madrilène a tellement pris le pas dans l'inconscient collectif sur la réalité de l'Espagne de la fin des années 70 - "Franco était mort depuis trois ans , mais le pays, régi encore par les lois franquistes, avait l'exacte odeur du franquisme: il puait la merde."- qu'on a oublié la misère qui y régnait alors, et l'explosion de la violence et de la drogue qui en découla.
En 1978, à Gerone, un gamin de la classe moyenne, Ignacio Cañas alias le Binoclard, se lie par hasard d'amitié avec El Zarco, un jeune voyou charismatique des bidonvilles d'à côté, et tombe amoureux de sa petite amie Tere. Les braquages, la drogue et l'argent facile deviennent son quotidien jusqu'à ce que leur route se sépare brutalement. Cañas, qui avait "franchi la frontière", tait sa complicité avec la bande, retrouve le droit chemin et devient un avocat prospère, tandis qu'El Zarco, sorte de Robin des bois héroïnomane aux yeux de l'opinion publique, est le prisonnier le plus célèbre d'Espagne. Vingt ans plus tard, Cañas accepte de défendre un Zarco au bout du rouleau et renoue avec son passé.
L'habileté de Cercas à déboulonner le mythe du braqueur au grand coeur est telle que je réalise au bout de la centième page (!) par une allusion aux chansons des Los Chichos et des Chunguitos, que le personnage del Zarco ressemble étrangement à Juan José Moreno Cuenca, El Vaquilla, un des délinquants les plus emblématiques de l'époque. C'est un pan de la littérature et du "cine quinqui" (Los últimos golpes de El Torete ,Yo, "El Vaquilla", El lute...) qui resurgit, des noms de types morts d'overdose, du sida ou sous les balles, toutes ces histoires de perros callejeros qui ont nourri les chansons flamencas et les récits tirés "de faits rééls" à la fin des années 70.
Avec Les lois de la frontière, Cercas fait revivre ceux que l'on appelle "la génération perdue de l'héroïne". C'est avec beaucoup de lucidité sur le contexte économique et social de l'époque, sans aucune fascination pour cette jeunesse avide de liberté et en rupture totale avec la société que Javier Cercas exhume pour le lecteur une Espagne qui commençait sa mutation dans la douleur.
Quand vingt ans plus tard, à travers le parcours del Zarco, le Binoclard pointe sous Cañas et que l'homme mûr se confronte enfin aux protagonistes les plus importants de sa jeunesse, il ne peut énoncer une seule vérité sur les choix qui marquèrent cet été 1978, ni sur les lois de la frontière.
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sandrine57
  23 juin 2014
Gerone, été 1978. Ignacio Cañas vient de vivre une année scolaire difficile, souffre-douleur de certains élèves de sa classe. Les congés scolaires sont une libération. Il évite la bande qui le maltraite en se réfugiant dans une salle de jeux. C'est là qu'il rencontre Zarco et Tere, deux voyous culottés qui vivent dans les quartiers populaires, de l'autre côté du fleuve. Subjuguée par Tere qui le rebaptise Le Binoclard, il entre dans la bande à Zarco, devient le complice de leurs larcins, vols de voitures, cambriolages, braquages de banque, découvre l'alcool, la drogue, les prostituées. La fin de l'été sonne le glas de sa carrière de délinquant. Dénoncée, la bande tombe dans un guet-apens de la police. Le Binoclard s'en sort de justesse, retrouve le chemin du lycée et plus tard des études de droit. Pendant ce temps, Zarco est devenu l'icône de la jeunesse espagnole, bandit sans peur et sans reproches, il est Robin des bois, il est celui qui défie l'Etat, la police, le personnel pénitentiaire. Les braquages, la violence, la drogue n'entachent en rien sa légende. Avocat respecté, Ignacio a toujours suivi les ''exploits'' de son ancien ami et quand, bien des années plus tard, Tere vient lui demander d'obtenir la libération conditionnelle d'un Zarco vieillissant et repentant, il accepte sans trop se faire prier.

Interviews fictives d'un écrivain préparant un livre à propos de Zarco et s'adressant à Cañas mais aussi au directeur de la prison de Gerone et au policier qui a arrêté la bande en 78, le récit de Javier Cercas commence dans l'Espagne post-franquiste, moment-clé dans l'histoire du pays qui entame sa marche vers la démocratie. Après des années de dictature, le processus est lent, les vieilles (et mauvaises) habitudes sont profondément ancrées dans les mentalités. La jeunesse, trop longtemps bridée, se cherche, teste les limites, joue avec le danger, franchit les frontières, entre le bien et le mal, entre les classes sociales, entre petite délinquance et grand banditisme. Dans cette nouvelle société qui se cherche des modèles, le personnage de Zarco apparaît comme un voyou au grand cœur, légende fondée sur rien, sinon les élucubrations journalistiques et les rumeurs populaires. C'est pour rétablir la vérité, ou tout du moins ses vérités, que Cañas accepte de participer à un livre sur Zarco. C'est aussi l'occasion pour lui de s'interroger sur son passé de délinquant, qui fut court mais marquant. Il analyse ses motivations, ses sentiments, ses rapports avec Zarco et Tere et aussi les choix, les chances, les rencontres qui ont décidé de son avenir. De cet été, il a gardé toute sa vie la trace et trente ans après il parle encore avec émotion de Tere et Zarco qui le fascinaient. Pourtant cette génération post-franquiste, sacrifiée, abandonnée, a connu plus d'échecs que de prestige, tombée sous les balles, terrassée par la drogue ou le sida. Pour l'avocat qui s'en est bien sorti, ce retour en arrière se fait dans la douleur et pour le lecteur, c'est l'occasion de découvrir une période de l'Histoire espagnole bien loin de l'euphorique et médiatique Movida.
Un roman beau, triste et désenchanté, comme un air de flamenco.
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Chrisdu26
  30 juin 2014
Après trente ans d'un régime phalangiste, l'Espagne en pleine agonie passe d'une dictature à une démocratie. Franco est mort depuis trois ans, les espagnols à genoux se relèvent peu à peu. Nous sommes en 1978, dans le petit village de Gérone, deux quartiers sont opposés. Celui d'Ignacio, garçon de famille modeste et celui de Zarco, le caïd, et sa bande de loubards. Les lois de la frontière les séparent mais leur chemin se croise et son destin en sera à tout jamais bouleversé.
Zarco, la sulfureuse Tere et la bande sont les terreurs de la ville. Ils vivent de petits deals, vols, braquages de banques, d'amour et ont soif de liberté. Alors quand Ignacio, cet adolescent timide et introverti, va croiser le charismatique Zarco et que la belle Tere va lui faire découvrir les prémices de l'amour, Ignacio ne voit là qu'une bouffée d'oxygène lui si engoncé dans sa petite vie conventionnelle et sécurisée.
L'été 78 sera l'été de tous les changements. Zarco initie le jeune à la délinquance et à l'adrénaline. Malgré la ligne franchie, Ignacio n'est pas du même bord, le sang de la révolte ne coule pas dans ses veines et la voix de la sagesse se rappellera à lui. La police ne les lâche plus, l'étau se resserre jusqu'à l'ultime dénouement.
Dans la première partie nous marchons pas à pas au côté d'Ignacio. Nous suivons le déroulement de ce qui le mène à défier les lois, franchir la frontière entre le bien et le mal, la justice et l'injustice. Son intégration auprès de la bande sera difficile et les liens qui le soudent à Zarco bouleverseront la vie du jeune étudiant et celle de sa famille.
La deuxième partie s'étalera sur une trentaine d'année. Ignacio, malgré son passé troublant devient un avocat réputé et respecté de tous. Il va suivre pas à pas, année par année, le mythe Zarco. La presse le suit et le cinéma l'idolâtre. Condamné à 150 ans de détention, toutes peines confondues, Zarco vient de passer plus de la moitié de sa vie en prison. Alors, Tere revient vers Ignacio et lui demande de défendre l'illustre récidiviste. La passion non assouvie entre ses deux êtres jaillira de plus belle et leur révèlera les années perdues.
Durant 346 pages, j'étais en immersion totale dans la vie d'Ignacio et Zarco. J'ai franchi ces lois, j'étais dans la fascination d'un être que rien n'arrête. Ce livre parle d'une forte amitié, du regard d'un père, du mutisme protecteur d'une mère, mais aussi du silence et des non-dits qui étouffent et éloignent alors qu'un seul mot suffit pour réunir deux être qui s'aiment violement. Javier Cerca connait bien le sujet dont il parle. Il décrit superbement un pays qui vient de subir des décennies de fascisme, avec cette difficile transition que fut le passage de l'oppression à la liberté, de ceux qui ont su profiter d'un régime franquiste et les autres encore dans la douleur de la perte et de la souffrance. Cette histoire me parle et me touche car il me renvoie à mes racines, à ma famille, les opprimés. Ce roman déborde d'amour, de tolérance. Il raconte les bas-fonds de l'Espagne, de la révolte, des lois immuables de la vie, de la mort, des erreurs qui nous rendent plus fort, des choix qui nous poussent à certains renoncements et du Pardon.
Les lois de la frontière … la ligne est franchie…Merci !

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fbalestas
  26 juin 2020
Par désoeuvrement peut-être ou par intérêt pour Tere sans doute, par fascination pour Zarco probablement, celui qu'ils surnomment le Binoclard les rejoint.
Avec Zarco et Tere, il va former un trio soudé par une amitié, qui les liera à la vie et à la mort.
Durant un été, ils vont sévir dans le Nord Est de l'Espagne sans avoir vraiment conscience de ce qu'ils font : cambriolages, braquages, consommation de drogue, tout y passe. Ce n'est que lorsqu'ils se font arrêter que le jeune adolescent, après un ultime braquage manqué, se rend compte qu'il est en train de risquer tout son avenir.
Or, tout sépare Zarco et Ignacio : leurs origines, leur passé, leurs enjeux. Zarco n'a absolument rien à perdre, Ignacio pourrait reprendre un cours de vie dit normal. Entre les deux, un trait d'union : la mystérieuse Tere, qui fascine Ignacio.
C'est plusieurs années plus tard que commence le roman lorsque, épargné miraculeusement par la police, Ignacio est devenu avocat et croise à nouveau son ami Zarco dans des circonstances bien différentes de celles de l'été 1978 – pour le défendre et le faire sortir de prison, lui qui est devenu la coqueluche des médias et une icône pour une jeunesse en quête de symbole.
L'originalité de ce récit tient à sa forme : sous couvert d'entretiens avec Ignacio ou avec le policier en charge de l'enquête sur la bande, ou encore avec le Directeur de la prison où a été enfermé le caïd, un écrivain (dont on ne saura rien) a pour mission de reconstituer l'épopée de Zarco et de sa bande, symbole d'une époque particulière. L'interview dévoile peu à peu l'histoire d'Ignacio, sa fascination pour le chef de bande, et le rôle trouble joué par Tere, dont Ignacio ne sait toujours pas quelle place elle occupe auprès de Zarco.
Et puis il y a la question de la frontière.
Celle qu'Ignacio traverse à chaque fois qu'il rejoint la bande : une frontière invisible qui sépare le monde de la classe moyenne et le monde de la délinquance. Une frontière bleue aussi, celle d'une série télévisée que les jeunes de cette époque regardent avec passion et qui évoque une histoire de Robin des Bois version asiatique. Et une frontière temporelle : le passé peut-il s'oublier et la page se tourner définitivement ?
Mais aussi la frontière entre le bien et le mal, avec cette question de savoir jusqu'où on est prêt à aller par amitié. Que s'est-il passé précisément ? Zarco était-il un idéaliste ? ou un mythomane ? Tere était-elle une manipulatrice ou une manipulée ? Ignacio a-t-il couru derrière une ombre ? La rédemption existe-t-elle ?
Tout le mérite de Javier Cercas est de maintenir l'ambiguïté pour inciter le lecteur à se forger sa propre opinion.
Tous les personnages sont intéressants, y compris les personnages secondaires : Maria Vera par exemple, la compagne officielle de Zarco (qui va se faire appeler désormais Gamallo), qui manipule les médias tout autant qu'elle se fait manipuler. En se rebaptisant Gamallo, le malfrat tente de faire oublier Zarco, mais Zarco ne veut pas non plus disparaître des radars des médias, ce qui l'amène à un comportement chaotique, parfois incohérent, dans une sorte de course en avant dans laquelle il entraîne son avocat – au risque de les faire chuter tous les deux, si Ignacio n'y prend pas garde.
Avec beaucoup de maîtrise, Javier Cercas brouille donc les cartes habituelles : pas de prêchi-prêcha sous forme de morale pour nous expliquer qu'il faut préférer une vie de classe moyenne à une vie de délinquant.
Un récit qu'on ne lâche pas jusqu'à la dernière minute qui restitue l'atmosphère d'une époque dite de démocratie et de prospérité – mais qui fait bien ressortir aussi son miroir aux alouettes.

Lien : https://www.biblioblog.fr/po..
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critiques presse (5)
Liberation   17 février 2014
A travers les destins croisés d’un avocat et d’un truand, Javier Cercas dresse le portrait de l’Espagne postfranquiste.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lhumanite   10 février 2014
Javier Cercas signe un livre labyrinthe qui reconstitue le climat de l’Espagne postfranquiste à travers le portrait d’une jeunesse des milieux populaires en perdition.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lexpress   20 janvier 2014
Dans ce cinquième roman traduit en français, Javier Cercas, 51 ans [...] a pris le parti d'une succession d'entretiens, rapportés à la première personne : avec Ignacio, ayant accepté de prendre la défense de Zarco sur l'insistance de Tere; avec un policier et un directeur de l'administration pénitentiaire. D'où l'effet très oral, puissant, du livre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   09 janvier 2014
Un roman. Un beau roman habité par le désenchantement que peuvent éprouver ceux ayant le sentiment d'être des reliques «d'un monde aboli, en ruines, de choses oubliées de tous dans cette ville et qui n'intéressaient plus ­personne».
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   08 janvier 2014
C'est sans effet, mais en lui conférant une grande intensité, que Javier Cercas déploie ainsi son intrigue – et développe la méditation sur la destinée humaine qui la sous-tend.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Chrisdu26Chrisdu26   17 juin 2014
« Tu n’aimes toujours pas la musique, Binoclard, a-t-elle dit alors. J’en écoute rarement, c’est ça le problème. Et pourquoi ? a demandé Tere. J’allais lui dire que je manquais de temps mais je ne l’ai pas fait. En regardant les boitiers des CD, Tere a ajouté, amusée et déçue à la fois : En plus, ces noms de me disent rien. Je me suis levé, je me suis accroupi à côté de Tere, j’ai mis un CD de Chet Baker et j’ai mis I Fall in love too Easily… Puis elle s’est mise à danser toute seule, avec un verre de vin à la main et les yeux fermés, comme si elle cherchait à percer le rythme caché de la chanson ; quand elle semblait l’avoir trouvé, elle a posé son verre sur la chaine, s’est approchée de moi, m’a passé les bras autour du cou et m’a dit : On ne peut pas vivre sans musique, Binoclard. Je l’ai prise par la taille et j’ai essayé de suivre ses pas. Je sentais ses hanches contre mes hanches, sa poitrine contre ma poitrine et ses yeux dans mes yeux. Tu m’as manqué Binoclard, a susurré Tere. »
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Chrisdu26Chrisdu26   15 juin 2014
A première vue, il m'a semblé qu'elle avait à peine changé, sans doute parce que son corps svelte, son jean, sa veste en cuir usée et son sac porté en bandoulière lui conservaient un air jeune ; mais j'ai vite reconnu les marques de l'âge : la peau tirée, les pattes-d'oie et les cernes de fatigue, les commissures des lèvres tombantes, les cheveux grisonnants; seuls ses yeux étaient aussi verts et intenses que vingt ans auparavant, comme si la Tere que j'avais connue avait trouvé là son refuge, indifférente au passage du temps.
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tristantristantristantristan   06 juin 2020
Le résultat de cette réflexion fut que je ne répondis même pas à la lettre de Zarco. Et le résultat de ce résultat fut que je me sentis tout à coup super léger et souverain, comme si on venait de m'enlever d'autour du cou un collier de plomb dont j'ignorais jusqu'alors l'existence.
Texte original:
El resultado de esta reflexion fue que ni siquiera contesté la carta del Zarco. Y el resultado de este resultado fue que de un golpe me senti ligerisimo y soberano, como si acabaran de quitarme del cuello un collar de plomo con el que no sabia que cargaba.
(p. 324 ed. de bolsillo, espana, 2004)
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michfredmichfred   02 août 2015
Pendant qu'elle continuait de parler, j'ai aperçu par delà son épaule, sur l'autre rive et entre les arbres, à trois cents mètres à peu près, les immeubles de la rue Caterina Albert et à ce moment-là , je me suis dit- pour la première fois- que ma maison et les logements étaient à la fois très près et très loin, et c'est seulement alors que j'ai senti que c'était vrai, que je n'étais pas comme eux.
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fbalestasfbalestas   26 juin 2020
On s’est remis à rire encore plus fort. C’est toujours comme ça, mecs, a alors philosophé le Gros, brusquement très sérieux, en caressant sa chevelure fixée par de la laque. Les bons perdent et les méchants gagnent. Fais pas ton con, le Gros, a tranché Zarco. C’est ce qui arrive quand les bons sont des couillons et les méchants des malins. Mec, mec, mec, est alors intervenu le Mec avec une innocence que j’ai interprétée comme étant une forme d’ironie. Putain, ne me dis pas que tu veux maintenant être un bon ! Zarco a eu l’air d’hésiter, il semblait réfléchir à sa réponse ou se rendre compte qu’on l’attendait tous et qu’on avait cessé de rire. Mais bien sûr, pas toi ? a-t-il fini par dire. Sauf que je préfère être méchant que couillon. C’est ainsi que l’histoire s’est terminée.
- Vous essayez de me dire que pendant cet été-là, vous voyiez Zarco non seulement comme un gagnant né mais aussi comme un type bien, converti par les circonstances en incendiaire ?
- Non. Je vous ai seulement raconté une petite histoire qui fait partie d’une histoire plus grande ; vous pouvez la comprendre comme vous voulez, mais pas avant que je ne vous raconte l’histoire complète. Souvenez-nous : des faits, non des explications ; demandez-moi de raconter, mais pas d’interpréter.
- Très bien. Racontez-moi alors.
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Vidéo de Javier Cercas
Sous les feux de la critique cette semaine, deux livres :
"Terra Alta" de Javier Cercas - Sur des terres catalanes qui portent encore les stigmates de la bataille de l'Èbre, Terra Alta est secouée par un affreux fait divers : on a retrouvé, sans vie et déchiquetés, les corps des époux Adell, riches nonagénaires qui emploient la plupart des habitants du coin. La petite commune abrite sans le savoir un policier qui s'est montré héroïque lors des attentats islamistes de Barcelone et Cambrils, et c'est lui, Melchor, qui va diriger l'enquête. Laquelle promet d'être ardue, sans traces d'effraction, sans indices probants. Or l'énigme première – qui est l'assassin ? – va se doubler d'une question plus profonde : qui est le policier ?
Car avant d'être un mari et père comblé, coulant des jours heureux dans cette paisible bourgade, le policier converti en justicier obsessionnel fut un ancien repris de justice, élevé par une prostituée dans les bas-fonds de Barcelone. Alors qu'il se pensait perdu par la rage et par la haine du monde, la lecture fortuite des Misérables de Victor Hugo est venue exorciser ses démons et bouleverser son destin. Il aurait pu être Jean Valjean… s'il ne s'était changé en Javert.
À Terra Alta, plus qu'ailleurs, bien des secrets plongent leurs racines dans la guerre. Et, pour résoudre l'affaire qui lui est confiée, Melchor doit avoir conscience que l'amour de la justice absolue peut s'avérer la plus absolue des injustices. Il va lui être donné de partager le dilemme de Jean Valjean : “Rester dans le paradis et y devenir démon ! Rentrer dans l'enfer et y devenir ange !”
"Les carnets du crocodile" de Qiu Miaojin - Laz, jeune étudiante taïwanaise, passe une grande partie de son temps seule à écrire et décoder ses obsessions jusqu'au bout de la nuit. Amoureuse d'une camarade qui s'acharne à lui souffler le chaud et le froid, épuisée de danser sans relâche sur la frontière du désir et de la haine, Laz va chercher du réconfort auprès de sa bande d'amies et d'amis, tous vifs d'esprit, artistes quelque peu moroses, amants autodestructeurs, insoumis et surtout queers.
Dans son journal, Laz écrit l'urgence de vivre, le désir, les sentiments brûlants... elle parle aussi de crocodiles qui portent des manteaux d'humains ! Les médias les traquent, craignent une épidémie : peuvent-ils se reproduire ? Quand, de leur côté, les crocodiles échangent sur leurs goûts littéraires et musicaux, adorent la glace à la crème, font des courses, prennent des bains...Un guide de survie pour les inadaptés de tous bords, pour tous ceux qui s'identifient parfois à un monstre caché dans un manteau humain.
Pour en parler, aux côtés de Lucile Commeaux : Marie Sorbier, rédactrice en chef du magazine I/O Gazette et productrice de Affaires en cours sur France Culture et François Angelier, producteur de l'émission Mauvais Genre sur France Culture.
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