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Karine Louesdon (Traducteur)Aleksandar Grujicic (Traducteur)
EAN : 9782330150143
320 pages
Éditeur : Actes Sud (05/05/2021)
3.85/5   47 notes
Résumé :
Melchior, un policier au nom de roi mage, ex-repris de justice et fils d’une prostituée, qui a fait des Misérables de Victor Hugo son vade-mecum vital, mène l’enquête sur les terres de l’Ebre, à l’extrême sud de la Catalogne. Mais ici plus qu’ailleurs "tôt ou tard, tout s’explique par la guerre" et il devra faire sien le dilemme de Jean Valjean : "Rester dans le paradis, et y devenir démon, rentrer dans l’enfer, et y devenir ange !".
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Merik
  09 juin 2021
On a connu Javier Cercas spécialiste de non-fiction dans Anatomie d'un instant, capable de disséquer sur des centaines de pages d'un récit dépourvu de la moindre fantaisie littéraire la tentative de coup d'état espagnol du 23 février 1981. On l'a lu se questionner sur la fiction dans L'imposteur, en érigeant là-aussi sans la moindre fanfaronnade romanesque la biographie d'un homme qui avait quant à lui fait de sa vie un roman. On le connait pour sa passion envers la vérité et l'histoire espagnole, spécialiste de récit du réel, ayant un rapport particulier à la fiction. Difficile dans ces conditions de l'imaginer auteur de polar.
C'est pourtant bien sur ce terrain que nous plonge d'emblée cette fiction, par la découverte macabre d'un triple assassinat dans la comarque de Terra Alta. Les Adell n'avaient certes que peu d'amis dans le secteur, peu ou prou de vie sociale, le patriarche en cacique à la tête de son entreprise des Cartonneries d'Adell, adepte de management à l'ancienne. Mais de là imaginer et surtout comprendre ce carnage et cette torture avant la mise à mort du couple d'industriels nonagénaires - sans trop s'attarder sur la domestique roumaine, la horde d'enquêteurs dépêchés sur les lieux aura bien du mal à le faire. Y compris Melchor. Surtout Melchor devrait-on dire, lui l'étranger transféré au commissariat de la comarque pour se mettre à l'abri d'éventuelles représailles barcelonaises. C'est d'ailleurs tout autant sur lui que se portent d'emblée le mystère et le récit en s'installant dans un ping-pong narratif au gré des chapitres, le lecteur avide des deux histoires, celle de l'enquête au présent et celle sur le passé de Melchor, se demandant en découvrant sa bio comment elles vont bien pouvoir se rejoindre. Il faut dire que le personnage vient de loin. Un fils de prostituée assassinée et de père inconnu, à la jeunesse tumultueuse finalement incarcérée, ayant semble-t-il trouvé sa voie dans la police et sa raison d'être dans la lecture des romans du XIXe siècle, Les misérables en tête d'affiche : " la rancune et le désespoir de l'orphelin transformèrent le roman en un vade-mecum vital ou philosophique, en un livre oracle ou sapiential, ou en un objet de réflexion à faire tourner comme un kaléidoscope."
Si Melchor hésitera à s'identifier à Jean Valjean ou à Javert, le lecteur fidèle à Cercas aura quant à lui vite fait d'identifier l'auteur ibérique. le genre change, mais l'empreinte reste. On retrouve dans ce polar addictif son obsession de la vérité voire la justice incarnée dans l'acharnement d'enquêteur de Melchor, tout comme l'histoire récente de l'Espagne s'invite dans le déroulé de l'intrigue, car "ici, tôt ou tard, tout s'explique par la guerre". Mais on ressent surtout son talent indicible à accrocher le lecteur dans ses histoires.
Une trilogie est annoncée.... alors vivement la suite.
"Le problème, c'est que la réalité est pleine d'invraisemblances. Et en cela, elle ne ressemble pas aux romans, n'est-ce pas ?"

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montmartin
  14 juillet 2021
Pour sa sécurité personnelle, afin d'éviter de possibles représailles, Melchor a été rattaché à l'unité d'investigation de la Terra Alta, il fait parfois des cauchemars liés à son autre vie. En Terra Alta il ne se passe jamais rien, c'est une terre inhospitalière, très pauvre. Une terre de passage, où ne restent que ceux qui n'ont aucun autre endroit où aller. Une terre de perdants.
Deux morts à l'intérieur d'un mas, deux personnes âgées, deux amas de chair ensanglantés, mélange de sang et de viscères qui ont aussi éclaboussé les murs. le mari était un homme d'affaires de premier rang. La chambre du couple a été mise à sac, la domestique roumaine tuée elle aussi, d'une balle dans la tête. Un boulot d'experts.
Un récit noir, qui nous raconte une haine qui empoisonne une vie jusqu'à la moelle pendant plus de soixante-dix ans. le récit alterne l'enquête sur ces sordides meurtres avec le passé de Melchor : son enfance, son arrivée en Terra Alta, sa rencontre avec Olga. Javier Cercas nous raconte minutieusement cette enquête en nous plongeant dans la vie d'un commissariat. Melchor, le personnage central est une sorte de cow-boy solitaire, complexe, séduisant et attachant dont le lecteur se doute bien qu'il traîne un lourd passé, qui sera révélé peu à peu. Tout au long de ce roman plane l'Histoire de l'Espagne en général et de la Catalogne en particulier avec une référence permanente aux « Misérables » de Victor Hugo.
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tynn
  12 juillet 2021
Javier Cercas, qu'on ne présente plus au vu de sa remarquable bibliographie, sort de sa zone littéraire orientée « enquête historique », pour nous offrir une nouveauté: un roman noir, premier d'une trilogie, avec un personnage d'enquêteur original, délinquant repenti devenu policier.
Affecté en Terra Alta pour reprendre son souffle après une opération particulièrement musclée, il y trouve à la fois le bonheur personnel et la violence de sa profession, au plus profond de son intimité familiale.
J'ai aimé le ton de cette narration, dans un décor de comarque catalan qui prend une place essentielle, panorama de ruralité et de désert aride et dépeuplé. L'auteur nous entraîne dans une enquête policière à l'ancienne, virtuose pour planter un décor, sonder l'âme de ses personnages et maîtriser jusqu'aux dernières pages cette histoire de vengeance.
En attente avec un plaisir anticipé de la suite...
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Verdure35
  15 juin 2021

Cet auteur espagnol délaisse l'histoire tragique au XXième de son pays,( qoique que) et s'investit dans un polar éminemment littéraire. Et la littérature espagnole est rarement concise. J'aurais pourtant aimé lire cet Actes Sud d'une traite.
L'intrigue se passe de nos jours au sud de la Catalogne, une région pauvre, aride, mais où sont plantées à perte de vue des éoliennes.
Melchor, un "flic" venu de Barcelone pour des raisons obscures arrive à Terra Alta alors que vient de se produire un triple assassinat; un couple de nonagénaires très riches et une employée.
Ces gens , les Adell, des artisans importants font travailler beaucoup de monde, ils sont respectés, aimés c'est autre chose.
L'histoire se déploie donc , avec des retours sur la vie de Melchor.
La guerre d'Espagne est présente dans le lointain.
Un roman superbe qui pourrait donner lieu à une trilogie.
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traversay
  17 mai 2021
Figurant sans conteste parmi les plus grands écrivains espagnols contemporains, Javier Cercas se renouvelle totalement avec Terra Alta, le premier volet d'une trilogie annoncée. Pour son retour à la fiction, l'auteur a choisi un genre inattendu, le polar, ce qui ne l'empêche pas évidemment de revenir à quelques uns de ses thèmes de prédilection : l'identité et la justice, auxquels s'ajoute la vengeance, légitime ou non. Son héros, Melchor, un flic, anciennement délinquant, est un personnage complexe et tourmenté, qui a toutes les peines du monde à trouver sa place dans le monde. Outre l'intrigue purement policière et la personnalité de son personnage principal, Terra Alta vaut aussi pour le portrait de la comarque éponyme, tout au sud de la Catalogne, rocailleuse, pauvre et inclémente. Dans les environs a eu lieu la bataille de l'Ebre, la plus sanglante de la guerre civile espagnole. Ce n'est pas un coïncidence si le roman se déroule en ces lieux car il y a un lien ténu avec l'enquête pour triple meurtre qui occupe Melchor mais ceci n'est révélé qu'à la fin de l'ouvrage. En revanche, la présence des Misérables de Hugo est une constante dans le livre, véritable compagnon de route de son héros qui s'identifie à Javert, ce "faux-méchant." Terra Alta est bien un polar mais plus que la résolution des crimes, c'est la peinture intime d'un homme et de toute une région qui, au fond, lui ressemble, qui lui donnent une ampleur vertigineuse et complètent parfaitement une oeuvre qui ne cesse d'être passionnante. Il n'y a désormais plus qu'à attendre sagement les nouvelles aventures de Melchor en terre catalane.
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critiques presse (8)
LeDevoir   12 juillet 2021
Manigances, secrets enfouis, passé ambigu : Melchor, personnage complexe et déchiré, sait que « la réalité est pleine d’invraisemblances », tout comme les romans, qui ne connaissent pas de règles.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaPresse   28 juin 2021
Encore une fois, l’écrivain espagnol, qui nous avait charmés et captivés avec L’imposteur et Le monarque des ombres, fait mouche. Terra Alta plaira aux amateurs de roman policier autant qu’à ceux qui s’intéressent à l’Histoire avec un grand H.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaCroix   10 juin 2021
L’immense écrivain, catalan d’adoption mais d’expression castillane, revient à la fiction par le biais d’un roman policier haletant et abyssal. Une réussite radicale.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeMonde   25 mai 2021
Histoire d’un livre. Avec ce premier d’une série de romans policiers, l’écrivain délaisserait-il son sujet, l’histoire tragique de l’Espagne au XXe siècle ? Bien au contraire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir   17 mai 2021
« Terra Alta », le premier volume, a reçu le Prix Planeta 2019. Le romancier brille dans ce registre auquel il ne nous avait pas habitués.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   14 mai 2021
Avec "Terra Alta", le grand écrivain espagnol renoue brillamment avec la fiction.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesInrocks   11 mai 2021
Le grand auteur espagnol Javier Cercas s’adonne avec brio au roman policier. Le premier tome de “Terra Alta” vient de paraître chez Actes Sud.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
SudOuestPresse   07 mai 2021
L’écrivain espagnol suit l’enquête d’un policier qui a fait des « Misérables » de Victor Hugo son vade-mecum et signe une réflexion romanesque où se mêlent la noirceur des âmes et la persistance du souvenir.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   10 juillet 2021
Melchor vécut les jours qui suivirent les attentats terroristes dans un tourbillon de confusion absolue. Le bilan des attaques fut dévastateur : seize morts et une centaine de blessés à Barcelone ; un mort et six blessés à Cambrils. Au total, six terroristes abattus dont quatre par Melchor. (Les autres terroristes de la cellule qui avait organisé et perpétré les attentats, douze en tout, furent eux aussi tués ou arrêtés.) Pour Melchor, en revanche, le bilan fut différent. Bien qu’on tentât dès le premier instant de préserver le secret de son identité, afin d’éviter de possibles représailles islamistes, il devint du jour au lendemain le héros officiel de la corporation : les félicitations de ses collègues, de ses supérieurs et des politiques pleuvaient, ces derniers cherchant la manière d’exploiter son fait d’armes. La presse, à sa façon, essaya elle aussi de l’exploiter. On le surnomma « le héros de Cambrils » et des rumeurs sur lui ne tardèrent pas à circuler : on dit que c’était une femme, on dit qu’il était un ancien légionnaire, ce qui expliquait sa réaction et son adresse dans le maniement des armes, on partit du principe qu’il était rattaché au commissariat de Cambrils.
Melchor ne se sentait pas particulièrement fier de ce qu’il avait fait et vivait la situation avec une inquiétude grandissante, paralysé par cette agitation qui l’empêchait de penser clairement. Une phrase des Misérables ne cessait de lui marteler le cerveau : « C’est un homme qui fait de la bonté à coups de fusil ». Aussi Vivales dut-il prendre les choses en main et exiger que le syndicat de police fasse parvenir une protestation formelle au ministère de l’Intérieur dans laquelle on regrettait que le gouvernement catalan ait laissé filtrer dans la presse certaines données personnelles et une photo de Melchor, prise de dos et presque de profil, recevant les applaudissements de ses collègues, de ses supérieurs et même du président de la généralité, Carles Puigdemont, ce qui entrait en criante contradiction avec l’objectif qui était, en théorie, de le protéger des acolytes des terroristes ; la lettre du syndicat exhortait également le ministère à mettre en place les mesures appropriées pour garantir l’anonymat absolu et la sécurité de Melchor.
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Charybde2Charybde2   10 juillet 2021
Javert l’éblouit. Ce que Melchor éprouvait pour cet individu marginal et marginalisé était bien plus complexe et plus subtil que tout ce qu’il avait éprouvé pour Jean Valjean. Javert était le méchant du roman, l’auteur l’avait créé pour que son antipathie rocailleuse, sa véhémence légaliste et son fanatisme parfois diabolique fassent naître le mépris chez le lecteur. Mais Melchor savait aussi que, peut-être malgré l’auteur, Javert avait un autre visage, et il sentait que derrière sa défense entêtée des règles, derrière ses efforts inflexibles pour combattre le mal et imposer la justice, il y avait une générosité et une pureté diamantines, une volonté idéaliste, chevaleresque et sans faille de protéger tous ceux qui avaient pour seul recours la loi, une conscience héroïque du fait que quelqu’un devait sacrifier sa réputation et son bien-être personnel pour préserver le bien-être commun. Face à la mielleuse vertu publique de M. Madeleine, Javert incarnait la vertu déguisée en vice, la vertu secrète, la vertu véritable.
À la fin du roman, il était bouleversé, persuadé qu’il n’était plus la même personne que lorsqu’il avait commencé sa lecture et qu’il ne le serait jamais plus. Cette fois, quand il rapporta le livre à la bibliothèque, le Français lui demanda ce qu’il en avait pensé. Encore secoué par sa lecture, Melchor lâcha ex abrupto ce qui lui sortait des entrailles :
– Putain, c’est génial !
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Charybde2Charybde2   10 juillet 2021
C’est la première fois que Melchor est confronté à une scène de meurtre depuis qu’il est en Terra Alta. Avant cela, il en a souvent été témoin, mais il ne se souvient pas d’avoir jamais rien vu de semblable.
Deux amas ensanglantés de chair rouge et violacée se trouvent face à face, sur un canapé et un fauteuil baignés d’un liquide grumeleux – mélange de sang, viscères, cartilages, peau – qui a aussi éclaboussé les murs, le sol et même la hotte de la cheminée. Une violente odeur de sang, de chair torturée et de supplice flotte dans l’air, ainsi qu’une impression étrange, comme si ces quatre murs avaient conservé les hurlements du calvaire auquel ils ont assisté ; en même temps, Melchor croit percevoir dans l’atmosphère de la pièce – et c’est probablement ce qui le trouble le plus – comme un parfum d’exultation ou d’euphorie, quelque chose qu’il ne parvient pas à définir avec des mots et qui, s’il les trouvait, se laisserait éventuellement définir comme les vestiges festifs d’un carnaval macabre, d’un rituel dément, d’un joyeux sacrifice humain.
Fasciné, Melchor avance vers ce double amoncellement de chair terrifiant, prenant garde de ne pas piétiner d’indices (il y a par terre deux morceaux de tissu déchirés et trempés de sang, qui ont sans doute servi à bâillonner quelqu’un) et, s’approchant du canapé, se rend tout de suite compte que les deux masses ensanglantées sont les deux cadavres méticuleusement torturés et mutilés d’un homme et d’une femme. On leur a crevé les yeux, arraché les ongles, les dents et les oreilles, on leur a coupé les mamelons, on leur a ouvert le ventre de haut en bas pour en extirper les tripes et les éparpiller tout autour. Hormis cela, il suffit de voir leurs cheveux d’un gris blanchâtre et leurs membres décharnés et flasques (ou ce qu’il en reste) pour comprendre qu’il s’agit de deux personnes âgées.
Melchor se dit qu’il pourrait contempler ce spectacle durant des heures à la lumière asthénique de la lampe suspendue au plafond.
– Ce sont les Adell ? demande-t-il.
Mayol, resté à quelques mètres de distance, s’approche, et il réitère sa question.
– Je crois bien, répond le patrouilleur.
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montmartinmontmartin   07 juillet 2021
Pasternak était poète, dit Olga. Tu aimes la poésie ?
— Pas tellement, reconnut Melchor qui avait lu peu de poésie. Les poètes, pour moi, ce sont des romanciers paresseux.
Olga eut l’air songeur.
— Peut-être, dit-elle. Mais pour moi, presque tous les romanciers sont des poètes qui écrivent trop. 
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montmartinmontmartin   05 juillet 2021
Ici c'est une terre inhospitalière, très pauvre. Elle l'a toujours été. Une terre de passage où ne restent que les gens qui n'ont d'autre solutions que de rester, ceux qui n'ont aucun autre endroit où aller. Une terre de perdants.
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Vidéo de Javier Cercas
Sous les feux de la critique cette semaine, deux livres :
"Terra Alta" de Javier Cercas - Sur des terres catalanes qui portent encore les stigmates de la bataille de l'Èbre, Terra Alta est secouée par un affreux fait divers : on a retrouvé, sans vie et déchiquetés, les corps des époux Adell, riches nonagénaires qui emploient la plupart des habitants du coin. La petite commune abrite sans le savoir un policier qui s'est montré héroïque lors des attentats islamistes de Barcelone et Cambrils, et c'est lui, Melchor, qui va diriger l'enquête. Laquelle promet d'être ardue, sans traces d'effraction, sans indices probants. Or l'énigme première – qui est l'assassin ? – va se doubler d'une question plus profonde : qui est le policier ?
Car avant d'être un mari et père comblé, coulant des jours heureux dans cette paisible bourgade, le policier converti en justicier obsessionnel fut un ancien repris de justice, élevé par une prostituée dans les bas-fonds de Barcelone. Alors qu'il se pensait perdu par la rage et par la haine du monde, la lecture fortuite des Misérables de Victor Hugo est venue exorciser ses démons et bouleverser son destin. Il aurait pu être Jean Valjean… s'il ne s'était changé en Javert.
À Terra Alta, plus qu'ailleurs, bien des secrets plongent leurs racines dans la guerre. Et, pour résoudre l'affaire qui lui est confiée, Melchor doit avoir conscience que l'amour de la justice absolue peut s'avérer la plus absolue des injustices. Il va lui être donné de partager le dilemme de Jean Valjean : “Rester dans le paradis et y devenir démon ! Rentrer dans l'enfer et y devenir ange !”
"Les carnets du crocodile" de Qiu Miaojin - Laz, jeune étudiante taïwanaise, passe une grande partie de son temps seule à écrire et décoder ses obsessions jusqu'au bout de la nuit. Amoureuse d'une camarade qui s'acharne à lui souffler le chaud et le froid, épuisée de danser sans relâche sur la frontière du désir et de la haine, Laz va chercher du réconfort auprès de sa bande d'amies et d'amis, tous vifs d'esprit, artistes quelque peu moroses, amants autodestructeurs, insoumis et surtout queers.
Dans son journal, Laz écrit l'urgence de vivre, le désir, les sentiments brûlants... elle parle aussi de crocodiles qui portent des manteaux d'humains ! Les médias les traquent, craignent une épidémie : peuvent-ils se reproduire ? Quand, de leur côté, les crocodiles échangent sur leurs goûts littéraires et musicaux, adorent la glace à la crème, font des courses, prennent des bains...Un guide de survie pour les inadaptés de tous bords, pour tous ceux qui s'identifient parfois à un monstre caché dans un manteau humain.
Pour en parler, aux côtés de Lucile Commeaux : Marie Sorbier, rédactrice en chef du magazine I/O Gazette et productrice de Affaires en cours sur France Culture et François Angelier, producteur de l'émission Mauvais Genre sur France Culture.
+ Lire la suite
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