AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070792803
Éditeur : Gallimard (04/05/2017)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois offic... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
18 avril 2014
Rencontré au Salon du Livre de Paris 2014, Fabien Cerutti y présentait avec vivacité et générosité (et oui !) son premier roman de fantasy paru chez Mnémos, le Bâtard de Kosigan : L'Ombre du pouvoir.
D'ores et déjà, que peut-on demander à un bon roman de fantasy historique ? Un aspect fantasy assumé, quelque soit les biais utilisés pour cela, ensuite une incrustation crédible au sein de la trame historique dans lequel il prend place, et enfin, évidemment, un ou plusieurs personnages, inventés pour l'occasion, qui tirent leur épingle du jeu. Et puis, s'il y a un certain talent d'écriture pour lier le tout, c'est évidemment un bonus bienvenu. Pour chacun de ces critères tout à fait personnels et parfois fluctuants, ce Bâtard de Kosigan remplit tout à fait son office et on lit en peu de temps ces aventures de Pierre Cordwain de Kosigan au cours du mois de novembre de l'an de grâce 1339.
L'aspect fantasy de ce roman est de deux types : tout d'abord, nous pénétrons dans une certaine uchronie, nous y reviendrons, et ensuite, nous voyons poindre ça et là quelques allusions à l'utilisation de la magie (très réglementée cela dit) et à l'apparition de certaines créatures ou peuplades bien connues comme des elfes, des orcs ou des « changepeaux », et bien d'autres même s'ils sont surtout abordés de manière plutôt allusive pour l'instant. L'incrustation dans la trame historique classique est, elle, largement foisonnante. Agrégé d'histoire certes, mais surtout passionné par l'Europe du XIVe siècle, Fabien Cerutti développe tous les aspects possibles et imaginables d'un chevalier, assassin et mercenaire, usant de diplomatie et de combat pour s'imposer dans la politique franco-bourguignonne des années 1330. Si les scènes de tournoi resteront en mémoire un petit bout de temps, la profondeur du récit est surtout facilitée par les connaissances de l'auteur. Économie, politique, quotidien : les détails ne manquent pas pour se faire une idée plus que précise de ce monde (l'aspect « manuel historique » irait plutôt bien avec la récente charte graphique des éditions Mnémos d'ailleurs, soit dit en passant), d'autant que l'ensemble est déroulé avec une fluidité très agréable, et c'est avec une légère déception que nous pourrions découvrir que ce monde est en fait une variante issue du jeu de rôle Neverwinter Nights. Toutefois, et ça n'enlève évidemment rien aux qualités stylistiques, évocatrices et enjouées, et après précision apportée par l'auteur, il s'agit bien d'un module créé par lui-même. Enfin, il y a en effet un personnage surtout qui fend le récit comme il fait plier les boucliers de ses adversaires. Qu'ils soient chevaliers, assassins ou héritières bien dotées (les doubles sens sont toujours intéressants), ils sont peu à avoir les moyens de résister aux assauts du Bâtard de Kosigan. Coups bas, stratégies en tous genres, diplomatie affûtée et sourires ravageurs, quels atouts n'a-t-il pas d'autant qu'il multiplie les alliés en tous genres et aux pouvoirs très particuliers ? Heureusement, il se crée en conséquence des ennemis à sa hauteur.
C'est finalement des détails plus ou moins notables qui pourront agacer de temps en temps et (à peine) gâcher l'ensemble de cette aventure. Pour poursuivre sur le personnage principal, ce Bâtard de Kosigan semble bien invincible – serait-ce une dérive de rôliste ? – et les rares fois où il peut être surpris sont balayées par les révélations des derniers chapitres. de plus, justement, la fin peut laisser un goût amer (notamment, le chapitre 78, pour être tout à fait précis, qui m'a profondément déçu), tant du point de vue de l'image des femmes que des intentions du personnage principal. D'ailleurs, notons que l'action en 1339 se déroule sur uniquement 10 jours ! et que de péripéties en si peu de temps ! Enfin, je finis par un maillon cruellement manquant de cette critique : Kergaël de Kosigan. Ce personnage intervient quasiment dans un chapitre sur deux avec des lettres destinées à ses proches ou ses collaborateurs ; or, il se trouve qu'il est le descendant du fameux Bâtard et qu'il vit à la toute fin du XIXe siècle ! le parallèle est intéressant, d'autant que ce personnage est largement attachant, allant de découvertes en découvertes dans son travail de « professeur-archéologue-aventurier ». Malheureusement, le peu de liens tangibles entre les deux lignes scénaristiques est vraiment dommageable, la fin venant à peine rectifier cela, même si nous pouvons au moins deviner une résolution commune dans une éventuelle suite. C'est donc une très bonne idée, ce descendant, au vu des dernières révélations, mais une idée qui sous-entend des liens véritables plus forts que ce que nous avons, pour l'instant, l'occasion de lire.
Cette Ombre du pouvoir au sein de la saga du Bâtard de Kosigan vaut donc le coup, c'est certain ; même si la fin peut paraître agaçante, le héros trop puissant et certains choix non justifiés, les sous-entendus, le style et les péripéties, eux, rendent l'ensemble très agréable à la lecture, et c'est bien là l'essentiel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          506
Alfaric
02 juillet 2014
Un vrai bon livre de fantasy historique, avec lequel les éditions Mnémos renouent avec leurs origines car ici les rôlistes parlent aux rôlistes et oh mon Dieu cela fait du bien !

Fabien Cerutti, fort de son vécu sur "Neverwinter Nights", nous livre un réjouissant worldbuilding digne d'un bon jdr :
- D'un côté nous avons un background de High Fantasy qui réutilise très sympathiquement les classiques du genre : les Orcs d'Espagne, les derniers Sidhes des Îles Britanniques, les nains forgerons d'Europe centrale et septentrionale, les elfes blancs de Bretagne et d'Ardennes, les Elfes noirs de Ligurie et tout plein de trucs dont je vous laisse la surprise… ^^ Et ces éléments ne sont pas là que pour le décorum comme les Sillfay'sin de la Garde elfique de Troyes !
- D'un autre côté nous avons un background historique bien troussé avec une France toujours en construction certes, la Guerre de Cent Ans n'ayant pas encore débuté, la Peste Noire n'ayant encore rien ravagé, mais également toujours en concurrence avec l'Angleterre d'Edouard III et avec le Duché de Bourgogne d'Eudes IV (la rivalité entre Français et Bourguignons a donc quelques générations d'avance puisque la seconde maison de Bourgogne n'est pas encore aux manettes de l'ancienne Lotharingie)
Si on mentionne les ambitions de l'Eglise catholique, les méfaits de l'Inquisition romaine, les croisades blanches contre les infidèles et les croisades noires contres les anciennes races, ces éléments ne sont pas là que pour le décorum car pas mal de guest stars font leur apparition au fil des pages comme le Prince Noir, Guillaume le Maréchal, ou les rois sans couronne de Jérusalem et de Byzance… et je me fais peut-être un film, mais il m'a semblé que l'auteur avait transformé le Robert d'Artois de Maurice Druon en Robert de Navarre…
Comme dans le jdr vidéoludique "Lionheart", dont la démarche uchronique n'est pas si éloignée, les côtés fantasy et historique se marient très bien, l'auteur ayant bien potassé les deux aspects, mais doit-on en être surpris quand on sait que la Fantasy est née de l'inclusion d'éléments fantastiques dans des aventures historiques (remember l'oeuvre d'un R.E. Howard) ?
Il s'agit clairement d'un premier roman bien maîtrisé :
- avec une unité de lieu, car en dehors de l'introduction et de la conclusion tout se déroule à Troyes
- avec une unité de temps, car toute se déroule en 10 jours entre le 1er novembre 1339 et le 10 novembre 1339
- avec une unité d'action, car le héros est au centre des rivalités franco-bourguignonnes pour annexer la Champagne, la Comtesse Catherine, alias Cathern an Aëlenwil, veuve de feu le Comte Thibaut, n'hésiter pour sauver ce qui peur encore l'être à jouer son va tout en engageant le sulfureux Bâtard de Kosigan… On sent la soeur cachée de la Galadriel de Tolkien, mais avec une garce attitude qui pourra bien plaire !
Tout est raconté à la 1ère personne à travers le point de vue de Pierre Corwain de Kosigan qui nous fait partager ses réflexions sarcastiques et ses manipulations cyniques. C'est un bad boy très intelligent, mais qui n'hésite pas longtemps quand il s'agit de recourir à la violence, c'est un enfant illégitime issu d'une mésalliance qui fréquente assidûment la haute société, c'est le détenteur de sombres secrets et de sombres pouvoirs et c'est un indécrottable séducteur qui fait tomber toutes les femmes dans sa couche, des plus humbles aux plus puissantes… J'ai cru comprendre que certains lecteurs avait trouvé à redire au côté too much du personnage pour lequel on ne peut pas trembler car rien ne saurait lui arriver. Arrivé à un moment, il faut accepter la suspension d'incrédulité : dans une histoire à la Ian Fleming, c'est normal que le héros à la James Bond pense comme James Bond et agisse comme James Bond face à des situations à la James Bond. Dans le cas contraire, on se retrouverait avec le Jack Ryan de Tom Clancy, et niveau coolitude c'est déjà nettement moins bien… Car oui, tel le Sean Connery des grands jours, Pierre Corwain de Kosigan campe un chouette James Bond médiéval. Encore qu'on peut imaginer dans le rôle, et sans grands efforts, un Pierce Brosnan ou un Daniel Craig et c'est tant mieux. Passé un cap, je me disais même qu'ils ne manquaient plus que l'eyecatch à la fin de l'introduction et le générique idoine…
On sent ainsi une parenté avec notre Pierre Pevel national, dans le trope uchronique, dans le trope arcanepunk aussi, mais d'abord et surtout dans le mélange roman d'espionnage / roman de cape et d'épée. On alterne joliment scènes d'intrigues et scènes d'action à parts égales avec tous les classiques des deux genres : banquets et tournois certes (tous très réussis d'ailleurs), mais aussi enlèvements, assassinats, chantages, extorsions, infiltrations, exfiltrations, opérations commandos…
Et à mon humble avis Fabien Cerutti est encore plus agréable et encore plus intéressant que son illustre aîné.
Mais comme tout est construit autour du personnage principal, les dialogues sont peu nombreux et centrés sur les scènes de drague et/ou de provocation dudit personnage principal, ce qui nous laisse un peu (beaucoup ?) orphelin des interactions avec les très sympathiques membres de sa compagnie, car il ne fait pas oublier que notre héros est d'abord et avant tout le capitaine d'un troupe de mercenaires d'élite aussi à l'aise dans l'intrigue que dans l'action : Janvier, Gérard de Rais, Edric l'écuyer, Qu'un-Coup le sniper, Gerfaut le fauconnier, Dunevici Il'lavaelle la transformiste inhumaine… (Gageons que dans les suites ils seront davantage mis à l'honneur !) Dois-je préciser qu'il y a un côté "Compagnie noire" de Glen Cook dans tout cela ?
Car au fil des péripéties, on découvre que le héros narrateur joue un jeu, puis un double jeu , puis un triple jeu avant les révélations finales qui nous apprennent que… SPOILERS !
Et vu que le héros adore « les plans qui se déroulent sans accroc » alors qu'ils ont propension à frôler systématiquement la grosse catastrophe, j'ai aussi senti un petit côté "Agence Tous Risques" pas du tout déplaisant pour un sou. ^^
Niveau plume et style, c'est vraiment pas mal du tout : on est carrément au-dessus du « tout venant » fantasy !
Du survirgulage dans la scansion, rien de bien méchant, mais cela pourrait faire tiquer à la longue surtout avec des récits plus fournis en nombre de pages, mais si cela m'a gêné ici un chouia c'est peut-être aussi à cause d'une mise en page peu aérée avec un police d'écriture plutôt petite… L'ouvrage aurait été encore plus agréable sans cela.
Je suis navré devoir reconnaître être totalement passé à côté des interludes racontant les investigations de Kergaël de Kosigan, le lointain descendant du héros. Ils m'ont paru hacher inutilement le récit et j'ai fini par lire en diagonale les passages concernés pour ne pas sortir du récit principal, car l'histoire du Batârd de Kosigan est suffisamment remplie et rythmée pour se suffire à elle-même :
- peut-être s'agit-il d'un foreshadowing pour la suite, dans ce cas wait and see…
- peut-être s'agit-il d'un jeu d'écriture sur sa démarche uchronique, mais une Mary Gentle avait davantage réussi son coup avec ses notes archéologiques et historiques rassemblées en fin de volumes dans ses "Livres de Cendres"…

Nous somme le 1er juillet 2014 : amis fantaisistes, si vous êtes à la recherche d'un bon roman de cape et d'épée pour vos vacances estivales, celui-ci est un bon candidat et je vous le recommande !
Pour l'auteur, mais plus encore pour nous autres lecteurs, j'espère tout plein de suites par la suite…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          3813
Pavlik
30 septembre 2014
Je vais commencer par rendre à César ce qui lui appartient, en remerciant messieurs Dionysos89 et Alfaric dont les critiques m'ont données envie de lire cet excellent roman. Point de suspens donc, j'ai adoré le Bâtard de Kosigan et ce pour plusieurs raisons :
-l'univers : de la fantasy historique pur jus, très bon mélange entre une France moyenâgeuse (1339), même si l'auteur prend quelques libertés avec la réalité historique (on s'en fout, c'est cohérent en diable), et des éléments de fantasy classique (Elfes, Orcs, Esprits de la nature, magie), bien dosés, essentiellement présents pour l'ambiance. La réalité d'une Eglise catholique plus forte que jamais, extrêmement méfiante à l'égard des restes des Peuples Anciens, complexifie d'avantage un jeu politique déjà bien chargé entre Français, Bourguignons, Anglais et menace sarrasine toujours existante (même si à peine évoquée). Ainsi à côté des croisades bien connues, destinées à bouter le maure hors de Jérusalem, se sont déroulées des croisades contre les Elfes et autres races anciennes.
-le style : vif, rythmé, avec quelques éléments de vocabulaire made in XIVéme siècle pour l'atmosphère, mais qui ne nécessitent nullement des connaissances en vieux français. Les unités de mesure et de monnaie employées tout au long de l'histoire rajoutent encore au charme de l'ensemble (il est appréciable d'avoir un lexique nous présentant leurs équivalences actuelles en fin d'ouvrage). Les chapitres sont cours et donne beaucoup de rythme au récit.
-l'intrigue : met en avant le personnage de Pierre Cordwain de Kosigan, noble banni de sa famille, car issu d'une union illégitime. Mercenaire de son état, à la tête d'une "compagnie d'élite", le monsieur est certes doué, mais côté valeurs chevaleresques on repassera. En effet, Pierrot croit d'abord en son pourcentage, en la valeur de son équipe ensuite et ne fait, pour ainsi dire, confiance à personne (en même temps, on devine à l'évocation de son passé qu'il a quelques bonnes raisons pour cela). L'ensemble de l'histoire se déroule à Troyes, à l'occasion du tournoi de la Saint Rémi, qui est l'occasion, pour les Français et les Bourguignons, de s'affronter, que ce soit ouvertement ou en sous-main, pour la conquête de la main de Solenne, fille de la comtesse Catherine de Troyes, car qui prend la main, prend le comté qui va avec. Au milieu de cette lutte sans merci le Bâtard n'oublie pas qu'il est d'abord au service de son propre intérêt et manipule habilement les uns et les autres pour tirer son épingle du jeu. Alternant phases d'action et d'intrigue on est d'emblée pris par ce récit qui, l'honneur en moins, s'apparente davantage à une histoire de cape et d'épée dans un univers médiéval fantastique.
Quelques réserves néanmoins : les interludes racontant la découverte de son héritage par le descendant de Pierre (Kergaël de Kosigan), en 1899, sont, certes, intéressants en soi, mais n'apportent rien à l'intrigue principale (peut-être dans un prochain tome ?), c'est bien dommage car on s'attendait à une influence bien plus forte du passé sur le présent. le personnage principale, ensuite, omniprésent et, malgré la sympathie qu'il inspire d'emblée, mi Hannibal Smith, mi James Bond (ne m'en veut pas Alfaric si j'emprunte tes images pour le caractériser, elles sont très justes et je n'ai pas trouvé mieux), j'aurais aimé que les membres de son équipe soient davantage mis en avant (le peu qui en ai dit est, en effet, fort alléchant).
Mais ceci n'est que broutille qui ne m'empêchera nullement de mettre cinq sur cinq à un roman qui contribue, sans conteste, à tirer la fantasy vers le haut.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          343
boudicca
08 mars 2015
Compagnons, enfourchez vote cheval, empoignez votre lance et préparez-vous à vivre une aventure exaltante aux côtés du décrié mais néanmoins renommé bâtard de Kosigan ! Pour son premier roman, Fabien Cerutti nous invite à assister à un tournoi organisé en 1339 à Troyes par la comtesse de Champagne et réunissant la fine fleur de la noblesse française et étrangère de l'époque. On trouve cela dit également parmi les participants un certain Pierre Cordwain de Kosigan, bâtard issu d'une prestigieuse lignée bourguignonne et exerçant le dangereux mais lucratif métier de mercenaire. Et justement, il semblerait que quelqu'un l'ai engagé pour venir mettre son grain de sel dans les affaires du comté de Champagne, tiraillé depuis la mort du dernier comte entre ses deux allégeances à la France et à la Bourgogne. A ces chapitres consacrés aux subtiles machinations élaborées par notre rusé et déterminé bâtard viennent s'en ajouter d'autres se déroulant cette fois à Paris en 1899 et mettant en scène un descendant lointain de notre héros, Kergaël de Kosigan, bien décidé à en apprendre davantage sur son ancêtre du XIVe siècle et l'histoire de sa famille. Une alternance de temps et de point de vue habilement maîtrisée par l'auteur qui en profite pour maintenir le lecteur en haleine jusqu'à la toute dernière page de ce roman qui constitue mon premier coup de coeur de l'année.
Je serais en effet bien en peine de trouver un quelconque défaut à ce premier opus tant les aventures du bâtard de Kosigan m'ont captivée. L'auteur est parvenu à donner naissance à un héros charismatique auquel on s'attache rapidement bien que l'on peine pour le moment à complètement le cerner. Et ce sont d'ailleurs ces zones d'ombres qui touchent non seulement à son caractère mais aussi à son histoire et son passé qui font de lui un personnage si ambiguë et si passionnant à suivre. L'intérêt du roman tient également aux plus ou moins discrètes divergences historiques affectant le XIVe siècle dans lequel évolue le héros. Ne vous étonnez donc pas d'apprendre que la Bourgogne comme la Champagne y jouissent d'une indépendance bien plus importante que celle mentionnée par l'histoire officielle à l'égard du royaume de France. Ne soyez pas non plus surpris d'y croiser elfes, trolls, nymphes, sorciers ou lutins, évoluant tout naturellement parmi les humains avec lesquels ils entretiennent des rapports plus ou moins conflictuels. L'idée ne manque pas de piquant et Fabien Cerutti parvient à la rendre plus passionnante encore à mesure que l'on réalise les quelques ajustements historiques qu'implique l'existence de ces créatures légendaires (notamment en ce qui concerne la réaction de l'église).
Difficile enfin de ne pas être sensible à la qualité du travail de reconstitution effectué par l'auteur grâce auquel on se retrouve véritablement immergé l'espace de trois cent pages dans un tournoi dont on découvre par le détail les règles, les dangers et l'excitation sans que cela ne soit le moins du monde rébarbatif. Bien au contraire. Peu habituée à visionner du sport je ne peux vraiment me permettre la comparaison, pourtant on suit chaque épreuve du tournoi avec ce que je crois être la même fébrilité et le même enthousiasme avec lesquels on suivrait un match de football ou de rugby impliquant son équipe favorite. On se félicite de la réussite de certains, s'insurge du manque de fairplay d'autres, tremble à l'idée de voir notre coqueluche du moment confronté à tel adversaire jugé dangereux... J'ai retrouvé lors de cette lecture le même plaisir que j'avais pu ressentir, bien que plus brièvement, à la lecture d'une des nouvelles de G. R. R. Martin (« Le chevalier errant ») consacrée elle aussi au déroulement d'un tournoi. Si le suspens se fait déjà énormément ressentir à l'occasion des passes d'armes opposant notre héros à ses adversaires, il atteint toutefois son apogée lorsque le lecteur en vient enfin à réaliser la subtilité des manigances mises en oeuvres par le héros et la hauteur de l'enjeu. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas tourné aussi fébrilement les pages d'un roman, redoutant et espérant ce qui allait suivre.
Fabien Cerutti signe avec ce premier tome des aventures du bâtard de Kosigan un roman passionnant qui constitue sans aucun doute mon premier gros coup de coeur de cette année 2015. Une intrigue captivante de bout en bout, un héros charismatique, un univers prometteur empruntant à la fois à l'histoire et à la fantasy... : autant d'ingrédients qui font de cet ouvrage une véritable réussite. C'est avec beaucoup d'impatience que j'attends la sortie du deuxième opus prévu chez Mnémos pour le mois d'avril...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Stelphique
18 juin 2017
Ce que j'ai ressenti:…Jeux d'ailes et d'épées…
Autant vous le dire tout de suite, j'ai adoré le personnage principal! le Bâtard de Kosigan est un filou de première, quasi irrespectueux des conventions, secret et manipulateur, charmeur et irrésistible, plus intelligent que ce que ses adversaires peuvent croire! Donc, à suivre un bout-en-train avec une épée à la main et de sacrées cartes dissimulées dans son jeu de pouvoir, cela nous donne une lecture énergique et pleine de rebondissements chevaleresques!
« Plus grands sont les pouvoirs que l'on cherche à contrôler et plus grandes sont les contreparties que l'on doit être prêts à concéder pour les obtenir. »
Mercenaire émérite, et sacré adversaire en joute, ce Bâtard à la réputation sulfureuse, va séduire les femmes, mais va mener la vie dure aux hommes! Surtout qu'il possède quelques jolis avantages attribués par la Nature et, en fricotant avec les Elfes, il se peut que ces pouvoirs en seront sûrement augmentés, mais cela il faudra sans doute le vérifier avec la suite que je suis déjà impatiente de découvrir! En tout cas, c'est lui qui mène la danse, et même en situation délicate, il sort son épingle du jeu, grâce à son équipe tout aussi truffée de talents que son chef!
« Dieu est au coeur de chaque homme, apparemment. Mais, la plupart du temps, il demeure trop bien caché pour qu'on puisse le trouver. »
J'ai une passion pour le Moyen-Age et ici, je trouve que l'auteur rend bien cet esprit de stratégies et de complots en ces périodes troubles de lutte pour le Pouvoir et le Règne, avec ses mariages arrangés, ses trahisons et meurtres commandités. Ces jeux d'honneur et ses duels à l'arme blanche auront toujours ce charme particulier qui rende palpitante cette lecture. Les scènes de combats sont vivantes, les alliances se font et se défont au gré du son trébuchant de l'or des bourses, mais la victoire reste incertaine et tout est question de timing, très serré…
« Celui qui vit par l'épée finit presque toujours par s'en prendre une dans le ventre. Il y a là comme une sorte de règle. »
J'ai bien sûr été agréablement surprise de trouver dans cette revisite historique, une pointe féérique! Parmi les bassesses humaines, ses elfes donnent une certaine envolée pleine de charme et de magie. Je suis enchantée du projet de la Comtesse Elfique Catherine, et il me tarde d'en savoir plus…
La Magie est de ses pages, le Féérique tournoie en robe aussi à ses tournois de croisées d'épées, sans compter que l'impertinence pétillante des dialogues et la croisade fantastique nous donne un spectacle en mille mots et couleurs. Un roman d'aventure comme on les aime!
Ma note Plaisir de Lecture 9/10

Lien : https://fairystelphique.word..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380

Les critiques presse (1)
Elbakin.net26 mars 2014
La mise en parallèle de deux récits, les nombreuses pistes restées encore sans réponse, les enjeux nouveaux qui découlent de la fin du livre et le charisme de Kosigan et de sa petite troupe de mercenaires qui n’a encore dévoilé qu’une partie de ses membres représentent autant d’éléments qui peuvent donner envie de connaître la suite des aventures de ce « James Bond moyenâgeux ».
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations & extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos8926 avril 2014
Le plaisir et la mort s’entremêlent parfois de manière étrange, tout homme de guerre expérimenté vous le dira. Il y a de cela six ou sept ans, à la veille du premier engagement de ma compagnie à la bataille de Cortona, un de mes gars m’avait demandé comment, moi, je préfèrerais mourir, et je me souviens clairement lui avoir répondu que, premièrement, cela ne faisait pas partie de mes projets et que, deuxièmement, si jamais cela advenait, j’aimerais autant que cela soit entre les bras d’une jolie femme. Il faut toujours se méfier de ce que l’on souhaite.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
Dionysos89Dionysos8924 mars 2014
Celui qui vit par l'épée finit presque toujours par s'en prendre une dans le ventre. Il y a là comme une sorte de règle.
Chacun d’entre nous espère secrètement y échapper, par on ne sait quel miracle, mais il faut admettre que les chances pour que cela arrive sont plus minces que celles d’un crucifié de survivre à sa mise à mort. Encore que, d’après les Évangiles, ce genre de chose peut arriver parfois. De temps à autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
Dionysos89Dionysos8906 mai 2014
Le seul inconvénient notable des prières chrétiennes, c’est que leur efficacité semble toujours aléatoire, et qu’il faut, paraît-il, croire plus dur que le fer avant d’avoir une chance d’obtenir un résultat. Dieu est au cœur de chaque homme, apparemment. Mais, la plupart du temps, il demeure trop bien caché pour qu’on puisse le trouver.

Commenter  J’apprécie          300
AlfaricAlfaric23 juin 2014
La Champagne est célèbre dans toute la chrétienté et jusqu’aux portes de l’Orient. Deux fois par an, les plus grands marchands du monde s’y donnent rendez-vous, et, pour quelques semaines, le commerce devient roi. On y voit les gros teutoniques de la Ligue hanséatique y négocier pied à pied avec les fiers Vénitiens ou de rusés Génois, les marchands parisien et anglais discutent ensemble comme si leurs souverains respectifs étaient amis, quant aux Catalans, aux Maures et aux Byzantins, ils se mélangent, sans sourciller, aux Elfelins de Bretagne, aux Korrigans de Tarane ou Tagalls de Dalmanie. Durant trois semaines, l’argent n’a plus ni patrie, ni race, et Troyes devient le centre d’un monde en effervescence, qui tinte au son des écus en or, des gros en argent et des billons en cuivre. Tout s’y vend et tout s’y achète. Aussi bien de la soie et des épices de Syrie ou de la lointaine Cathay, que de la dentelle des Flandres, ou des tissus enchanté du Norval. On y négocie à bon prix de l’ambre de Riga, de l’or fin d’Assyrie, des gemmes bleues de Bithynie ou d’immenses défenses d’ivoires venues, paraît-il, des lointains confins du désert. Beaucoup de bétail aussi, du blé de Beauce, de la bière naine d’Arbundingen et certains vins fins du sud, cédés aux enchères, qui ne trouvent acquéreur qu’à des prix indécemment élevés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
PavlikPavlik20 septembre 2014
-Consolez-vous en vous disant que vos enfants auront peut-être un jour des droits sur le trône de France. Et que votre beauté est telle que vous n'aurez pas le moindre mal, si jamais vous en avez envie, pour faire en sorte que Robert de Navarre ne soit leur père...que de nom (...)
-Allons messire, ce genre de chose ne se dit pas, lorsqu'on est bien élevé. Surtout à une jeune fille
-Je le sais, Votre Altesse, mais cette impolitesse a l'excuse d'être la vérité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Videos de Fabien Cerutti (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fabien Cerutti
Je vous retrouve pour mon avis sur ce superbe roman de fantasy : le batard de Kosigan, t1 : l'ombre du pouvoir, de Fabien Cerutti Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Aimez, partagez, ou abonnez vous ;) ca fait toujours plaisir !Plus de vidéos : http://goo.gl/hCnYmr . Déroulez pour plus d'infos :)
_ ? Me contacter
SITE : http://www.leblogdeptitelfe.fr/ FACEBOOK : http://goo.gl/huya0v TWITTER: https://twitter.com/Ptitelfe1982 - @ptitelfe1982 INSTAGRAM: https://instagram.com/leblogdeptitelfe MAIL: contact@leblogdeptitelfe.fr
A bientôt! Hélène
autres livres classés : fantasyVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

La fantasy pour les nuls

Tolkien, le seigneur des ....

anneaux
agneaux
mouches

9 questions
899 lecteurs ont répondu
Thèmes : fantasy , sfff , heroic fantasyCréer un quiz sur ce livre
. .