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Critique de Pavlik


Pavlik
  19 juillet 2015
Quel plaisir de retrouver messire de Kosigan et sa compagnie de mercenaire !
Après un premier tome de haute volée ("l'Ombre du pouvoir") "le Fou prend le Roi" maintient un niveau de qualité littéraire élevé et corrige certains défauts de l'histoire précédente.

1340 : alors que débute la guerre de Cent ans, entre la France et la perfide Albion, Pierre Cordwain de Kosigan, et ses Loups, sont engagés par Guillaume le Maréchal, sénéchal d'Edward III, roi d'Angleterre, afin de mettre au jour un complot visant à assassiner Philippe VI, souverain de France et de Navarre. Bien évidemment les choses ne sont jamais aussi simples qu'elle ne paraissent et la machination se révélera à multiples tiroirs...Parallèlement nous suivons les aventures de Kergael de Kosigan, pour l'heure dans le coma, suites aux évènements du premier tome, descendant, à la fin du XIX siècle, du chevalier de Kosigan, et dont les investigations mènent sur les traces d'un passé magique, un moyen-âge pas si fantasmé que ça, et qui diffère grandement de l'Histoire officielle...

Si, dans "l'Ombre du Pouvoir", le chevalier de Kosigan était véritablement au centre du récit, flamboyant, charismatique, leader incontesté, jamais pris en défaut, il est, dans "le Fou prend le Roi", beaucoup plus malmené et se révèle davantage humain. Ceci est plutôt bien vu car cela évite l'agacement qu'aurait pu inspirer le personnage, en cas de récidive, et illustre parfaitement la pertinence de la maxime "à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire". de façon concomitante, Fabien Cerutti choisit de mettre en avant des autres membres de la compagnie, notamment Edric et Dun, et on a, pour le coup, vraiment l'impression d'avoir affaire à une équipe.

Et l'équipe n'est pas de trop pour permettre à notre héros de se sortir des griffes de ses ennemis, lui qui semblait, dans le tome précédant, avoir toujours un coup d'avance, est ici davantage à la peine. Il faut dire que ce n'est pas seulement l'avenir du comté de Champagne qui est en jeu cette fois-ci mais bien celui de l'ensemble du monde occidental. Ce récit, d'une tonalité générale plus dramatique (il faut voir l'hécatombe dans les rangs des Loups), avec des aspects horrifiques assumés (liés aux cultes des anciens dieux), est aussi l'occasion, pour l'auteur, de développer son univers dont les éléments propres à la fantasy sont d'ailleurs bien plus nombreux que dans "l'Ombre du Pouvoir".

Par ailleurs, les pérégrinations, sous forme épistolaire (qui ne sont pas sans rappeler "Dracula") de Kergael sont plus fluides et hachent moins l'histoire principale, tout en y étant davantage connectées. En clair, même s'il reste beaucoup de questions en suspend, et que de nouvelles apparaissent, les choses avancent et, contrairement aux aventures de messire de Kosigan, qui peuvent se lire indépendamment les unes des autres, celles de Kergael semblent devoir constituer le fil rouge des tomes à venir.

Quelques petites réserves néanmoins : la fin est, à mon sens, un peu rapide et la confrontation finale, entre Kosigan et son adversaire principale (dont je ne dirai rien, afin de ne pas spoiller l'intrigue) manque d'intensité même si elle met bien en lumière les enjeux, à un niveau personnel, pour notre condottiere préféré et laisse entrevoir de multiples possibilités d'intrigues futures. Enfin je trouve que, malgré des atouts certains, le personnage d'Adélys de Quiéret n'est pas assez exploité.

C'est franchement presque rien et ça ne m'empêchera pas de mettre cinq étoiles à un roman que j'ai dévoré et dont j'attends la suite avec grande impatience. Après l'histoire de cape et d'épée en plein moyen-âge et le récit de fantasy historique, à tendance apocalyptico-horrifique, que nous réserve Mr Cerutti pour le tome trois ?
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