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EAN : 9782020016674
93 pages
Éditeur : Seuil (01/04/1961)
  Existe en édition audio
4.12/5   4 notes
Résumé :
Aimé Césaire, auteur de Cahier d’un retour au pays natal, a établi le concept de « négritude ». Poète, dramaturge et homme politique, il est l’auteur d’une poésie qui captive par l'originalité de ses images, saluée notamment par Jean-Paul Sartre et André Breton (un « grand moment lyrique de ce temps… ») et aujourd’hui mondialement reconnue. Ce recueil est constitué de la version définitive de Soleil cou coupé et de Corps perdu, réunis sous le titre général de Cadast... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Cronos
  02 mai 2016
Des textes très encrés dans son passé, on ressent encore la colonisation que l'auteur a dû subir, la violence des termes laisse le lecteur subjugué par les mots, comme une rébellion poétique, un mélange entre une vague de sincère empathie pour ceux qui ont vécu la même chose et une incitation à ne plus voir ces événements reproduits.
Le recueil raconte une histoire, ce ne sont pas simplement des poèmes placés là sans rapport entre eux, les thèmes abordés sont variés et ça m'a bien plu.
Je ne connais pas très bien Aimé Césaire, mais j'ai bien envie de me pencher un peu plus sur sa vie et ses autres oeuvres. Une belle découverte !
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PatrickCasimir
  30 août 2017
A la manière des gueules noires, le poète extrait ses mots de l'humus d'Afrique, d'Amérique et du tout monde et de la chair nègre.
il les trempe dans le creuset des souffrances noires, mais pas seulement, et en façonne, ainsi qu'un potier, au tour d'une langue qu'il admire et maîtrise, ses textes qu'il jette à la face des mémoires oublieuses... Pat.
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Theleme
  24 octobre 2012
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
IrisaIrisa   15 janvier 2011
Naissances

Rompue.
Eau stagnante de ma face
sur nos naissances enfin rompues.
C'est entendu,
dans les stagnantes eaux de ma face,
seul,
distant,
nocturne,
jamais,
jamais,
je n'aurai été absent.

Les serpents ?
les serpents, nous les chasserons
Les montres ?
les monstres – nous mordant
les remords de tous les jours
où nous ne nous complûmes – baisseront le souffle,
nous flairant.

Tout le sang répandu
nous le lécherons,
en épeautres nous en croîtrons,
de rêves plus exacts,
de pensées moins rameuses.
Ne soufflez pas les poussières,
l'anti-venin en rosace terrible équilibrera l'antique venin ;

ne soufflez pas les poussières ;
tout sera rythme visible,
et que reprendrions-nous ?
pas même notre secret.
Ne soufflez pas les poussières
une folle passion toujours roide étant ce par quoi tout sera étendu,
ce seront plus que tout escarboucles émerveillables
pas moins que l'arbre émerveillé
arbre non arbre
hier renversé

et vois,
les laboureurs célestes sont fiers d'avoir changé
ô laboureurs labourants
en terre il est replanté
le ciel pousse
il contre-pousse

arbre non arbre
bel arbre immense
le jour dessus se pose
oiseau effarouché
+ Lire la suite
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IrisaIrisa   15 janvier 2011
Sommation

toute chose plus belle

la chancellerie du feu
la chancellerie de l'eau

une grande culbute de promontoires
et d'étoiles
une montagne qui se délite en
orgie d'îles en arbres chaleureux
les mains froidement calmes du soleil
sur la tête sauvage d'une ville détruite

toute chose plus belle toute chose plus belle
et jusqu'au souvenir de ce monde y passe
un tiède blanc galop ouaté de noir
comme d'un oiseau marin qui s'est oublié en plein vol
et glisse sur le sommeil de ses pattes roses

toute chose plus belle en vérité plus belle
ombelle
et térébelle
la chancellerie de l'air
la chancellerie de l'eau
tes yeux un fruit qui brise sa coque sur le coup de minuit
et il n'est plus MINUIT
l'Espace vaincu le Temps vainqueur
moi j'aime le temps le temps est nocturne
et quand l'Espace galope qui me livre
le Temps revient qui me délivre
le Temps le Temps
ô claie sans venaison qui m'appelle

intègre
natal
solennel
+ Lire la suite
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IrisaIrisa   15 janvier 2011
Chevelure

Dirait-on pas bombardé d'un sang de latérite
bel arbre nu
en déjà l'invincible départ vers on imagine un sabbat de splendeur
et de villes l'invincible et spacieux cri du coq

Innocente qui ondoies
tous les sucs qui montent dans la luxure de la terre
tous les poisons que distillent les alambics nocturnes
dans l'involucre des malvacées
tous les tonnerres des saponaires
sont pareils à ces mots discordants écrits par l'incendie des bûchers
sur les oriflammes sublimes de ta révolte

Chevelure
flammes ingénues qui léchez un coeur insolite
la forêt se souviendra de l'eau et de l'aubier
comme moi je me souviens du museau attendri
des grands fleuves qui titubent comme des aveugles
la forêt se souvient que le dernier mot ne peut être
que le cri flambant de l'oiseau des ruines dans le bol de l'orage

Innocent qui vas là
oublie de te rappeler
que le baobab est notre arbre
qu'il mal agite des bras si nains
qu'on le dirait un géant imbécile
et toi
séjour de mon insolence de mes tombes de mes trombes
crinière paquet de lianes espoir fort des naufragés
dors doucement au tronc méticuleux de mon étreinte
ma femme
ma citadelle
+ Lire la suite
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PatrickCasimirPatrickCasimir   05 juillet 2020
Depuis Akkad depuis Elam depuis Sumer

Eveilleur, arracheur,
Souffle souffert, souffle accoureur
Maître des trois chemins, tu as en face de toi un homme qui a beaucoup
marché.
Depuis Elam. Depuis Akkad. Depuis Sumer.
Maître des trois chemins, tu as en face de toi un homme qui a beaucoup
porté.
Depuis Elam. Depuis Akkad. Depuis Sumer.
J'ai porté le corps du commandant. J'ai porté le chemin de fer du
commandant. J'ai porté la locomotive du commandant, le coton du
commandant. J'ai porté sur ma tête laineuse qui se passe si bien de
coussinet Dieu, la machine, la route - le Dieu du commandant.
Maître des trois chemins j'ai porté sous le soleil j'ai porté dans le
brouillard j'ai porté sur les tessons de braise des fourmis manians. J'ai
porté le parasol j'ai porté l'explosif j'ai porté le carcan.
Depuis Akkad. Depuis Elam. Depuis Sumer.
Maître des trois chemins, Maître des trois rigoles, plaise que pour une
fois - la première depuis Akkad depuis Elam depuis Sumer- le museau
plus tanné apparemment que le cal de mes pieds mais en réalité plus
doux que le bec minutieux du corbeau et comme drapé des plis amers
que me fait ma grise peau d'emprunt (livrée que les hommes
m'imposent chaque hiver) j'avance à travers les feuilles mortes de mon
petit pas sorcier
vers là où menace triomphalement l'inépuisable injonction des hommes
jetés aux ricanements noueux de l'ouragan.
Depuis Elam depuis Akkad depuis Sumer.
+ Lire la suite
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IrisaIrisa   15 janvier 2011
Fils de la foudre

Et sans qu'elle ait daigné séduire les geôliers
à son corsage s'est délité un bouquet d'oiseaux-mouches
à ses oreilles ont germé des bourgeons d'atoll
elle me parle une langue si douce que tout d'abord je ne comprends pas mais à la longue je devine qu'elle m'affirme
que le printemps est arrivé à contre-courant
que toute soif est étanchée que l'automne nous est concilié
que les étoiles dans la rue ont fleuri en plein midi et très bas suspendent leurs fruits
+ Lire la suite
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Vidéo de Aimé Césaire
Extrait du recueil RÉCITATIF AU PAYS DES OMBRES de Rodney Saint-Éloi
Je marche. Je marche. le poème est un cheval fou, se rappeler, la barque est la route. L'horizon est dans le regard du promeneur. Découvrir une chose douce et amère: des îles, il faut se résigner à foutre la mer dehors afin de pouvoir marcher librement pour célébrer la terre, dans le récitatif qui offre aux mots et aux choses le contrepoint du chant: éloge et mystère. Surtout l'élégance. L'élégance sauve le poème comme le soleil l'été.
Poète, écrivain, essayiste, éditeur, né à Cavaillon (Haïti), il est l'auteur d'une quinzaine de livres de poésie, dont «Je suis la fille du baobab brûlé» (2015, finaliste au prix des Libraires, finaliste au Prix du Gouverneur général), «Jacques Roche, je t'écris cette lettre» (2013, finaliste au Prix du Gouverneur général). Il dirige plusieurs anthologies. Il a publié «Haïti Kenbe la!» en 2010 chez Michel Lafon (préface de Yasmina Khadra). Pour la scène, il a réalisé plusieurs spectacles dont «Les Bruits du monde», «les Cabarets Roumain», «Senghor, Césaire», «Frankétienne». Il est l'auteur de l'essai «Passion Haïti» (Septentrion, 2016). Lui a été décerné le prestigieux prix Charles-Biddle en 2012. Il a été reçu en 2015 à l'Académie des lettres du Québec. Il devient Compagnon de l'Ordre des Arts et des Lettres du Québec en mai 2019. Il dirige la maison d'édition Mémoire D encrier qu'il a fondée en 2003 à Montréal. «Les racistes n'ont jamais vu la mer», coécrit par Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban, paraîtra en octobre 2021.
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