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ISBN : 208070012X
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 204 notes)
Résumé :
Un ouvrage unique en son genre, relation écrite par l'acteur principal du drame qu'elle fait revivre, et publiée pendant cette guerre de huit ans, à des fins de propagande personnelle : un tour de force, qui ne fut jamais répété. Cette histoire d'un conflit prolongé est un livre de combat, en même temps que le témoignage le plus ancien et le plus important sur les origines de la France, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne rhénane et la Grande-Bretagne.
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  28 octobre 2013
En ouverture je voudrais poser la question de savoir si nous vivons bien en démocratie ? Personnellement j'en doute , car pour ce que j'en sais , des versions non modifiées des sources abondantes de l'antiquité classique , sont toujours enfermées sous clefs ( maintenant dans un cimetière numérique ) , sous prétexte qu'elles sont dérangeantes moralement ..
Alors que la pudibonderie menace à nouveau d'enterrer et d'engloutir le peu et le dramatiquement pas assez utilisé , très fantasmé , témoignage ( assez « hot » ) du décalage de civilisation ( je reste pudique ) entre nos belles sociétés libérales et l'antiquité soi-disant presque décadentes ou post soixante-huit hard avant l'heure et à manier avec précaution , surtout en ces temps troublés . Des documents qui pourtant ont eu le bonheur d'echapper à de nombreuses destructions partielles .
Je pense qu'il est de mon devoir absolu d'ami de l'antiquité , de vous rappeler ce que Suétone disait De César : « César était le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris. » . Cet homme , qui a jeté les bases de la notion d'empire en Europe , ne dédaignait donc pas d'être passif et de s'offrir généreusement à des hommes libres !
César avait pour objectif politique de prendre le pouvoir , seul ou pas trop seul , cela s'est modifié au grés des contingences politiques et au fil du temps , au début avec Pompé ensuite seul contre tous .
Il avait pour but de recentrer la République , dans une perspective plus nettement au bénéfice de la plèbe . Quitte à ce que les institutions en soient potentiellement modifiées , mais pas très en profondeur cependant , plus dans leur poids respectifs et dans leur économie globale que dans leur nature .
L'espace celtique continental est à ce moment encore très vaste , même s'il est en repli très net ( devant les poussées germaniques et slaves , indirectement ) , du Languedoc au Rhin et sur une partie des Alpes c'est un espace principalement celtique qui domine .
Rome a déjà fait antérieurement la conquête de la Transalpine ( celtique de la plaine du po ) , de la Narbonnaise ( donc du Languedoc , de la Provence , de Marseille ... ) .
César avait assez peu de soutient parmi les patriciens romains ( hormis Pompée ) .
La conquête de la Gaule chevelue , lui apportera à la fois , deniers en abondance , prestige politique et moyens militaires personnalisés .
Avec César et son passage du Rubicon , avec les guerres civiles qui ont précédées , et celles qui suivront , c'est un climat qui montre et montrera que le régime républicain , qui à bâtit Rome , semblait condamné à évoluer vers autre chose , sous la pression des maisons patriciennes rivales et opportunistes , mais aussi sous la pression des pronunciamientos militaires , et des tensions sociales amenées par une plèbe exigeante et nombreuses .
César , un nom gentilice , en viendra à définir une institution ( César a donné Tzar par exemple ) , la fonction impériale naitra officiellement avec Auguste son « successeur «.
Ce régime continuera d'un point de vue politique à tirer sa légitimité du Senat et du Peuple de Rome , mais également de ses couteuses et efficaces armées populaires et polyvalentes .
Les intérêts de césar sont parfaitement lisibles dans ce texte où il a pour ambition d'asseoir sa légitimité politique au jugé et à proportion de ses compétences et de ses capacités .
Le plus gros du texte est De César et Cicero ( le républicain forcené ) en vantera d'ailleurs les qualités de style , qui font selon lui de ces commentaires , un texte , franc , non excessivement élusif , clair , très factuel ...
Le lecteur appréciera chez l'auteur , l'art subtil de se mettre en valeur sans mépriser et sans trop dévaloriser l'ennemi ( du moins de ne pas le faire systématiquement et sans mesure ) et , sans dévaloriser non plus ses subordonnés , mais au contraire , en montrant qu'il sait les mettre en valeur , mais pas trop non plus non plus et nécessairement . César est l'homme du peuple romain et il aime ses hommes qui ne sont pas que des soldats . le lecteur contemporain ne dois pas l'oublier . Ils sont le peuple de Rome en marche ( pour la plupart encore , à cette période républicaine tardive )
César offre à Rome et à la plèbe de cette citée, la Gaule chevelue sur un plateau , et c'est ses qualités de stratèges et de politiciens aguerris qui lui ont permis de le faire , c'est le message des commentaires .
Cependant césar avait effectivement , beaucoup de qualités , c'est incontestable . le fait est que son égo est très peu surdimensionné en fait et de fait !
La guerre des Gaules est un texte très agréable à lire , que tout à chacun devrait lire , car ces évènements ont finalement modifié radicalement notre pays en profondeur et , en jetant les bases d'une Gaule latine , c'est la France que nous connaissons qui deviendra possible , et c'est un univers culturel entier qui sombrera dans l'oubli en contre mesure ( l'heritage celte ) .
Ces commentaires sont des textes passionnants , très vivants , circonstanciés et très pragmatiques , de portée très éclectique .
Ils sont véritablement une fabuleuse opportunité de découvrir des civilisations , des mentalités , des pays, des climats , des dieux , des temples , des institutions variées et pas seulement politiques , une géographie humaines .
Cependant c'est aussi un texte qui permet de saisir le caractère époustouflant des armées romaines et de leurs nombreuses compétences variées et multiples . C'est ainsi que César fait construire et détruire un pont sur le Rhin en un rien de temps . Vous serez étonnée de savoir que les gaulois portent des pantalons , qu'ils fabriquent des tonneaux , qu'ils ne font pas d'imago de leurs dieux , qu'ils n'écrivent pas les choses sacrées , qu' ils ont le culte des sources , que leur batelerie est d'une efficacité redoutable , que les druides sont les ennemis viscéralement acharnés de Rome , et que les gaulois ne sont pas vraiment des barbares au sens où vous l'entendez peut être .
Cependant ces textes traitent de campagnes militaires ( passionnantes ) et de stratégies avant tout , mais aussi et César l‘a voulu ainsi , ils traitent aussi de civilisation , de religio , et de politique ...
Apres avoir lu ce texte , avec ceux de Strabon ( géographie ) et de Tacite ( vie d'Agricola ) , assez peu de chose donc , vous aurez lu tous ce que l'antiquité classique à trouvé à nous dire sur ces irréductibles gaulois aux coutumes aussi raffinées que brutales , car finalement César n'est pas méchant au point de nous dire tous le mal qu'il aurait pu nous léguer sur la celtique , et oui ...
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Dionysos89
  19 juillet 2016
À la fois notre meilleure source et la plus trompeuse sur cette fameuse "Guerre des Gaules", ces commentaires sont le fruit des écrits journaliers de Caius Julius César alors en pleine campagne (on se doute qu'il aura pris soin de réécrire le tout et de le mettre en forme une fois revenu à Rome et réélu consul).
Les tournures latines perceptibles dans toute bonne traduction et le parti-pris du narrateur qui parle de lui à la troisième personne pourront agacer quelques lecteurs, mais il n'empêche que pour se mettre à la place du conquérant qui tente de comprendre ses adversaires et de justifier leur anéantissement, c'est quand même un régal !
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Gwen21
  27 novembre 2012
Voici sans doute l'une des critiques les plus complexes que j'ai à écrire dans le cadre de mon challenge littéraire !
Ouvrage historique et culturel fondamental, la "Guerre des Gaules" est avant tout un récit écrit par César lui-même (enfin dicté mais c'est pareil) pour servir sa propre gloire et légitimer ses actes militaires, assurant ainsi ses prétentions politiques. de là découle une narration très flatteuse pour lui-même et son indéniable compétence de stratège et un ton condescendant bien qu'adroitement équilibré lorsqu'il s'agit de décrire les actes de ses ennemis, nos ancêtres les Gaulois.
Pour moi qui suis peu habituée aux récits militaires, j'avoue que je n'ai pas toujours pris mon pied à lire celui-ci. Non pas que ce soit mal écrit, loin s'en faut, c'est même extrêmement bien rendu, avec un sens de la synthèse et de la précision impeccable. C'est davantage de mon propre fait et de mon incapacité à mieux comprendre le récit qu'incombe cette partielle insatisfaction. Mouvements incessants de légions et de cohortes, tactiques d'encerclement, de débarquement, d'attaque, de siège, de poursuite... c'est dans ces moments-là que je me filerais des gifles pour avoir arrêté les maths et la géométrie en Seconde ! Difficile pour moi en effet de me projeter dans l'espace et de m'investir "sur le terrain" dans la stratégie guerrière aux côtés des valeureux et endurants soldats romains, en lutte perpétuelle avec les peuples autochtones.
Heureusement, j'avais quand même pour moi une bonne connaissance des équipements romains et gaulois, de la configuration d'un camp et de la topographie des sites de Gergovie et d'Alésia (le contraire me rendrait honteuse étant donné que j'habite à 3km du site d'Alésia et du superbe Muséo-parc dédié à la bataille du même nom!), ce qui m'a quand même permis d'appréhender dans "de bonnes conditions" cet autre aspect du récit.
Enfin je dirais que, si on met de côté la subjectivité du narrateur, les 8 livres qui composent la Guerre des Gaules permettent d'en apprendre long sur nos origines, sur le climat politique du Ier siècle avant JC, sur la force armée de Rome et sur les us-et-coutumes latines et gauloises. Sauf si vous êtes agrégés sur le sujet, je doute que vous arriviez à mémoriser la longue cohorte des noms de peuplades gauloises, bretonnes et germaines qui regroupe les peuples "barbares" des Gaules conquises par l'Envahisseur ! Mais au-moins aurez-vous touché du doigt sa diversité, son désir de cohésion, sa volonté de rébellion, sa quête de liberté, son identité épique, son courage, ses faiblesses et ses aspirations.

Challenge ABC 2012 - 2013
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Levant
  02 juin 2018
C'est après avoir arpenté le site de Bibracte dans toutes ses dimensions que j'ai fait l'acquisition de cet ouvrage auprès du très beau musée qui a été construit au pied de la colline du Mont Beuvray. Formidable mise en scène iconographique de la vie de nos ancêtres à grand renfort de techniques audio visuelles modernes. Perché sur ce modeste sommet bourguignon, je suis resté quelque peu méditatif à l'idée d'avoir sous les yeux les vues profondes d'un paysage que Jules César a pu contempler lui-même, y ayant séjourné à plusieurs reprises. L'imaginant s'avancer non sans fierté sur ce promontoire qui garde le nom de terrasse et toiser les peuplades des vallées environnantes avec surement un soupçon de morgue dans le regard.
Les Héduens, la tribu gauloise implantée sur cet oppidum, était alliée de Rome. Alliance parfois un peu lunatique et imprévisible mais alliance quand même, en cette année 58 avant notre ère. Sans doute par crainte non pas des légions romaines, quoique, mais plutôt de celle des Helvètes et autres Germains en quête de terres fertiles pour nourrir leurs tribus grandissantes à l'étroit dans les vallées alpines. En échange de bons procédés, les Héduens avaient trouvé en Jules César un allié de poids pour assurer leur tranquillité en leurs terres entre Saône et Loire. César avait quant à lui trouvé un point d'ancrage, une région d'hivernage au centre de gravité des Gaules qu'il convoitait.
Pour ce qui est de la civilisation gauloise pré romaine, les amateurs de spectaculaire en matière vestiges en seront pour leur frais, à Bibracte comme ailleurs. Les Gaulois étant de vrais promoteurs du développement durable, c'est à dire bio dégradable, c'est sous d'épaisses couches de terre qu'il faut rechercher les fragments de bois et de poterie qui témoigneront de l'occupation du site avant que les romains n'inspirent à leurs nouveaux sujets des techniques constructives plus pérennes. De celles qui laisseront des traces visibles à nos yeux de contemporains du XXIème siècle avides de légendaire. Heureusement que le site lui-même est mis en valeur avec bonheur dans son spectacle de nature et que le musée à lui seul justifie le détour.
La Guerre des Gaules est le récit de ces campagnes qui entre l'invasion de notre pays par les Helvètes en 58 et la défaite de Vercingétorix en 51 avant notre ère, soit environ sept années, ont permis à Rome d'étendre sa domination au-delà de ce qui était déjà sous sa domination jusqu'alors : la Gaule cisalpine – nord de l'Italie actuelle – et la Gaule transalpine – Provence et Roussillon. Les faits et méfaits de la guerre étant racontés par celui qui les a vécus lui-même : le grand Jules César. C'est dire si les faits seront portés à son crédit et les méfaits à ceux de nos ancêtres.
D'aucuns affirment pourtant que César avait pour les peuplades gauloises une certaine sympathie. De celle qui se cultive sans doute à coups de glaive et parades de boucliers. Le grand consul n'en dresse pas moins un portrait qui n'est pas forcément à leur avantage. Il n'accorde de mérite à nos belliqueux ancêtres que lorsque cela lui confère d'autant plus de gloire de les avoir vaincus. Il se fait plus souvent fort de souligner leur versatilité, division, désorganisation qui les ont pénalisés et empêchés de stopper l'avancée des troupes romaines qui quant à elles brillaient par leur cohésion et leur discipline, y compris quand le nombre était en leur défaveur. Ses harangues au front des troupes ont retourné des situations plus que compromises. Sa seule apparition sur le théâtre des opérations galvanisait les troupes à une hauteur que n'a jamais pu atteindre un Vercingétorix. Il n'en reste pas moins que même si le résultat est incontestable, l'auteur de la Guerre des Gaules ne brillait pas par modestie.
Il y a plusieurs lectures de ce que César appelait ses commentaires. Il y a pour contrecarrer le vertige des luttes sanglantes auxquelles se livraient les protagonistes une lecture qui met à jour les moeurs de l'époque et tant d'autres aspects que les historiens ont pu exploiter avec bonheur. La Guerre des Gaules est un récit qui conserve un intérêt évident allant bien au-delà de la relation de campagnes militaires. Même si c'est un ouvrage qui devait avant tout servir les intérêts de son auteur auprès de ses compatriotes romains, il reste un témoignage écrit exceptionnel sur la Gaule, les Gaules doit-on dire à l'instar de César tant les divisions prévalaient. Bien que faussé par l'intention première de son auteur, il a conservé un intérêt culturel et géographique indéniable. Il compense de ce point de vue la discrétion de nos ancêtres en matière d'archives laissées à notre curiosité. Les historiens ont su décoder le travestissement de la réalité que César a pu commettre. Mais force nous est malgré tout de relever avec un soupçon d'honnêteté, dans les propos du magnanime parlant de lui à la troisième personne, quelques fondamentaux dont la persistance nous vaut encore quelques critiques en matière de tempérament. A chacun ses défauts. Mais rassurons-nous, si lorsqu'on s'ausculte on s'accable, quand on se compare on se rassure.
La Guerre des Gaules est donc un récit quelque peu déprimant quand se range du côté de nos ancêtres. Mais le coq gaulois étant le seul être vivant capable de chanter avec les deux pieds dans le fumier, il se glorifie d'avoir été vengé par Uderzo et Goscinny lesquels se sont plus à faire enrager le grand César des défauts qu'il attribuait à nos ancêtres. Par Toutatis et par Belenos ! Ne sont-ils pas fous eux-mêmes ces Romains ?
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Walktapus
  31 août 2012
C'est un peu la malédiction des gaulois que d'être connus par les écrits de celui qui les a soumis. La Gaule est alors une société plus riche et complexe que la majorité des gens ne pensent, en voie d'urbanisation. Et les gaulois ne sont pas plus désunis ni querelleurs que les grecs si on regarde bien. Mais ils ne pratiquent pas l'écriture, leur culture est orale et il ne nous en reste rien.
César écrit ce livre pour se faire de la pub. C'est un politicien habile autant qu'un chef de guerre exceptionnel. Il s'appuie sur la représentation effrayante que les romains se font des celtes (héritée de l'invasion de Brennus, plus de trois siècles auparavant). Il se met en valeur. Il cherche des justifications à la conquête. Mais il n'est pas tout seul dans ses campagnes, et n'a pas que des francs partisans avec lui (Labienus prendra parti contre lui lors de la guerre civile). Il peut au mieux enjoliver ou déformer les faits - et pas de manière trop flagrante - pas les inventer.
C'est toute l'ambivalence de ce livre passionnant, à lire non pas en pensant aux mensonges, mais surtout aux ellipses, à tout ce qui n'est pas dit, soit que ça allait de soi, soit que César juge préférable de le taire.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   17 avril 2014
Cum tridui viam processisset, nuntiatum est ei Ariovistum cum suis omnibus copiis ad occupandum Vesontionem, quod est oppidum maximum Sequanorum, contendere [triduique viam a suis finibus processisse]. Id ne accideret, magnopere sibi praecavendum Caesar existimabat. Namque omnium rerum quae ad bellum usui erant summa erat in eo oppido facultas, 2 idque natura loci sic muniebatur ut magnam ad ducendum bellum daret facultatem, propterea quod flumen [alduas] Dubis ut circino circumductum paene totum oppidum cingit, 3 reliquum spatium, quod est non amplius pedum MDC, qua flumen intermittit, mons continet magna altitudine, ita ut radices eius montis ex utraque parte ripae fluminis contingant, 4 hunc murus circumdatus arcem efficit et cum oppido coniungit. 5 Huc Caesar magnis nocturnis diurnisque itineribus contendit occupatoque oppido ibi praesidium conlocat.

38 - Après trois jours de marche, on lui apprit qu’Arioviste, avec toutes ses forces, se dirigeait vers Vesuntio, la ville la plus importante des Séquanes, pour s’en emparer, et qu’il était déjà à trois jours des frontières de son royaume. César pensa qu’il fallait tout faire pour éviter que la place ne fût prise. En effet, elle possédait en très grande abondance tout ce qui est nécessaire pour faire la guerre ; de plus, sa position naturelle la rendait si forte qu’elle offrait de grandes facilités pour faire durer les hostilités : le Doubs entoure presque la ville entière d’un cercle qu’on dirait tracé au compas ; l’espace que la rivière laisse libre ne mesure pas plus de seize cents pieds, et une montagne élevée le ferme si complètement que la rivière en baigne la base des deux côtés. Un mur qui fait le tour de cette montagne la transforme en citadelle et la joint à la ville. César se dirige vers cette place à marches forcées de jour et de nuit ; il s’en empare et y met garnison.

1691 - [Le Livre de poche n° 1446/1447, p. 87]
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LydiaBLydiaB   13 février 2011
Sur cet avis, César y envoie, au milieu de la nuit, plusieurs escadrons, avec ordre de se répandre dans la campagne d'une manière un peu bruyante. Au point du jour, il fait sortir du camp beaucoup d'équipages et de mulets, qu'on décharge de leurs bagages ; il donne des casques aux muletiers, pour qu'ils aient l'apparence de cavaliers, et leur recommande de faire le tour des collines. Il fait partir avec eux quelques cavaliers qui doivent affecter de se répandre au loin. Il leur assigne à tous un point de réunion qu'ils gagneront par un long circuit. De Gergovie, qui dominait le camp, on voyait tous ces mouvements, mais de trop loin pour pouvoir distinguer ce que c'était au juste. César détache une légion vers la même colline ; quand elle a fait quelque chemin, il l'arrête dans un fond et la cache dans les forêts. Les soupçons des Gaulois redoublent, et toutes leurs troupes passent de ce côté. César, voyant leur camp dégarni, fait couvrir les insignes, cacher les enseignes, et défiler les soldats du grand camp dans le petit, par pelotons pour qu'on ne les remarque pas de la ville ; il donne ses instructions aux lieutenants qui commandent chaque légion, et les avertit surtout de contenir les soldats que l'ardeur de combattre et l'espoir du butin pourraient emporter trop loin ; il leur montre le désavantage que donne l'escarpement du terrain ; la célérité seule peut le compenser ; il s'agit d'une surprise et non d'un combat. Ces mesures prises, il donne le signal, et fait en même temps monter les Héduens sur la droite par un autre chemin.
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LydiaBLydiaB   13 février 2011
César ayant atteint son but, fait sonner la retraite et faire halte à la dixième légion, qui l'accompagnait. Mais les autres n'avaient pas entendu le son de la trompette, parce qu'elles étaient au-delà d'un vallon assez large ; et bien que, pour obéir aux ordres de César, les lieutenants et tribuns s'efforçassent de les retenir, entraînées par l'espérance d'une prompte victoire, par la fuite des ennemis, par leurs anciens succès, et ne voyant rien de si difficile qu'elles n'en pussent triompher par leur courage, elles ne cessèrent leur poursuite qu'aux pieds des murs et jusqu'aux portes de la ville. Un cri s'étant alors élevé de toutes les parties de l'enceinte, ceux qui étaient les plus éloignés, effrayés de cette confusion soudaine, croient les Romains dans la ville et se précipitent des murs. Les mères jettent du haut des murailles des habits et de l'argent, et s'avançant, le sein découvert, les bras étendus, elles supplient les Romains de les épargner et de ne pas agir comme à Avaricum, où l'on n'avait fait grâce, ni aux femmes ni aux enfants. Quelques-unes, s'aidant de main en main à descendre du rempart, se livrèrent aux soldats. L. Fabius, centurion de la huitième légion, qui, ce jour même, avait dit dans les rangs, qu'excité par les récompenses d'Avaricum, il ne laisserait à personne le temps d'escalader le mur ayant lui, ayant pris trois de ses soldats, se fit soulever par eux et monta sur le mur. Il leur tendit la main à son tour, et les fit monter un à un.
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NMTBNMTB   16 décembre 2016
Les druides estiment que la religion ne permet pas de confier à l'écriture la matière de leur enseignement, alors que tout le reste en général, pour les comptes publics et privés, ils se servent de l'alphabet grec. Ils me paraissent avoir établi cet usage pour deux raisons : parce qu'ils ne veulent pas que leur doctrine soit divulguée, ni que, d'autre part, leurs élèves, se fiant à l'écriture, négligent leur mémoire ; car c'est une chose courante quand on est aidé par des textes écrits, on s'applique moins à retenir par coeur et on laisse rouiller sa mémoire. Le point essentiel de leur enseignement, c'est que les âmes ne périssent pas, mais qu'après la mort elles passent d'un corps dans un autre ; ils pensent que cette croyance est le meilleur stimumant du courage, parce qu'on n'a plus peur de la mort. En outre, ils se livrent à de nombreuses spéculations sur les astres et leurs mouvements, sur les dimensions du monde et celles de la terre, sur la nature des choses, sur la puissance des dieux et leurs attributions, et ils transmettent ces doctrines à la jeunesse.
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LydiaBLydiaB   13 février 2011
De la plaine et du pied de la colline jusqu'au mur de la ville il y avait douze cents pas en ligne droite, sans compter les sinuosités du terrain. Les détours qu'il fallait faire pour monter moins à pic augmentaient la distance. À mi-côte, les Gaulois avaient tiré en longueur, et suivant la disposition du terrain, un mur de six pieds de haut et formé de grosses pierres, pour arrêter notre attaque ; et laissant vide toute la partie basse, ils avaient entièrement garni de troupes la partie supérieure de la colline jusqu'au mur de la ville. Au signal donné, nos soldats arrivent promptement aux retranchements, les franchissent et se rendent maîtres de trois camps. Le succès de cette attaque avait été si rapide, que Teutomatos, roi des Nitiobroges, surpris dans sa tente, où il reposait au milieu du jour, s'enfuit nu jusqu'à la ceinture, eut son cheval blessé, et n'échappa qu'avec peine aux mains des pillards.
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