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EAN : 9782290307854
Éditeur : J'ai Lu (27/09/2000)
3.56/5   592 notes
Résumé :
Des hommes, des femmes, animés par une vocation irrésistible, se penchent sur les pauvres gosses dont la famille est indigne et sur ceux, plus malheureux encore, qui n'ont pas de famille du tout. Le "juge d'enfants" est un personnage caractéristique et bien mal connu de notre époque.

Dans ce livre, Gilbert Cesbron le fait vivre et agir. Son problème, c'est celui de chaque père envers ses enfants, celui de chaque homme face à cet univers fermé et si s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
3,56

sur 592 notes

majero
  24 octobre 2020
Emouvant éloge des travailleurs sociaux d'après guerre, juge, avocat, docteur, éducatrice tentent avec beaucoup de finesse et d'amour de remettre sur les rails orphelins, gosses abandonnés ou jeunes délinquants.
Bon Dieu, la scène où cheftaine Françoise met au lit ses vingt petits bonshommes!
Ce sont tous des grands et Cesbron aussi est un grand avec sa prose qui semble couler sans effort de même que l'enchaînement des petites intrigues.
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litolff
  22 octobre 2012
Gilbert Cesbron, écrivain profondément humaniste, occupait une place un peu à part de la littérature du XXe siècle. Chacun de ses livres était un témoignage sur un problème de société et il était avant tout préoccupé par l'enfance en détresse ainsi qu'en témoigne « Chiens perdus sans collier ».
Au début des années 50, la société prend en charge les orphelins, les délinquants broyés par la misère, l'alcoolisme, les logements insalubres, les séquelles de la guerre…
Juge, psychiatre et éducateurs croisent ces jeunes entre le centre d'éducation surveillé, le cabinet médical et le tribunal, et patiemment, avec beaucoup d'humanité, tentent d'offrir un semblant d'avenir à des gosses nés sous une mauvaise étoile, dans récit fort et passionnant.
60 ans plus tard, le bilan n'est pas forcément plus rose mais l'enfance en détresse est une préoccupation majeure au sein de notre société et Cesbron y est peut-être un tout petit peu pour quelque chose…
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isajulia
  06 mars 2013
Avec des êtres humains à sauver c'est forcément un livre pour moi.J'ai eu le coeur serré pendant presque 400 pages.
Quand il aborde un sujet monsieur Cesbron ne fait pas de quartier,c'est d'ailleurs pour cette raison que je suis tombée amoureuse de sa plume (merci maman).
Ici il est question des enfants de l'assistance publique et de la difficile profession de juge pour enfants,l'auteur porte un regard réaliste et incisif sur ces gosses nés sous une mauvaise étoile.Le regard que l'on peut avoir sur eux change au fil des pages,on s'attache à ces enfants que le destin n'a pas favorisés.De famille en centre de redressement,en passant par les audiences au tribunal,ces gamins qui ne sont que des "dossiers" ont une âme...et quelle âme !Je les ais tous adorés,même les plus pénibles d'entre eux,on a qu'une envie,les prendre dans nos bras et les serrer très fort contre nous pour leur montrer que malgré la misère le monde n'est pas si cruel.
Tout les protagonistes sont attachants,Marc,Alain,Albert dit Olaf...des coeurs purs tout simplement.Sans oublier les adultes, Lamy le juge,Darrier l'avocat,le personnel de Terneray ,le centre de redressement.De gens effrayants par leur métier,l'on se rend compte qu'ils sont tiraillés par leur devoir et leurs sentiments.Ils sont presque plus humains que le commun des mortels.
Ce livre est une vraie leçon de vie,d'humanité et une magnifique bouffée d'espoir malgré la noirceur de son contexte.
Très beau et touchant,je le relirai avec plaisir encore et encore.
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nilebeh
  05 septembre 2020
Roman de 1954 qui met en scène un juge des enfants et des éducateurs dans un centre pour jeunes délinquants, le plus souvent issus de milieux défavorisés. A cette époque on ne se souciait guère du devenir de ces gamins. La solution toute trouvée était la maison de correction, sans guère de préoccupation pédagogique ni de perspectives de formation et d'avenir. Même si les services sociaux d'aujourd'hui, et en particulier la Protection judiciaire de la jeunesse, ne sont pas exempts de défaillances, un progrès significatif a été réalisé en partie grâce à des juges pour enfants dévoués, bienveillants et efficaces (j'ai en mémoire l'action de Jean-Pierre Rosenczveig, juge des enfants au tribunal de Bobigny que j'ai eu le plaisir de rencontrer) (Livre lu pendant l'adolescence et dont on me parle aujourd'hui)
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Jardinssecrets
  27 février 2018
Chiens perdus sans collier
de Gilbert Cesbron (Auteur)
Alain, Marc, Taka, Olaf et tant d'autres enfants se retrouvent à Terneray, un centre de redressement où des chefs et cheftaines au grand coeur tentent de leur rendre leur dignité. Ils sont tous issus de l'Assistance publique, ou délinquants, ou de parents jugés inaptes. Leurs souffrances sont terribles, mais ceux qui les entourent désormais, à l'image du juge pour enfants Lamy, savent les orienter et leur apporter, même dans les pires moments, l'amour qui leur a toujours manqué.
........................................
Cesbron n'est plus un auteur “à la mode”, mais ce livre a le mérite de respecter la langue française. En ces temps de maltraitance de notre langue, cette bouffée de classicisme m'a fait très plaisir même si l'histoire paraît parfois désuète, elle reste d'actualité dans un monde où tout devient de plus en plus compliqué au niveau des sentiments.
Des milliers d'enfants livrés chaque nuit à leurs fantômes, à leurs ennemies les grandes personnes… cependant que des dizaines de milliers d'autres enfants, à cette heure, trainent dans les rues, les foires et les bistrots les mains dans leurs poches vides. Ils boivent, volent, guettent, fuient, se prostituent parmi des milliers d'hommes et de femmes, leurs faux amis, semblables en tout à leurs parents — quelle différence ? le monde est déjà pour eux une immense usine, un immense bistrot, un immense terrain vague : une nuit d'hiver à jamais !
Tout est pareil partout, et chaque jour semblable au précédent…
Pour eux, que veut dire vivre ?
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   22 octobre 2012
- En fin de compte, tous ces enfants menteurs, fugueurs, voleurs ou mêmes assassins ont, à Terneray, des conditions de vie beaucoup plus agréables que les enfants normaux. C'est une prime à la délinquance.
- Vous avez raison, dit M. Lamy : ils ont tout ! Tout sauf une petite chose essentielle. Au fond de la mer aussi, il paraît qu'il existe tout ce qu'il faut pour que nous puissions y subsister. il n'y manque que l'air, malheureusement !
- Et que leur manque-t-il d'essentiel à Terneray ?
- A Terneray et, par définition, dans tous nos centres : l'amour de leur famille.
- Vous voulez dire les coups, l'humiliation, l'abandon, les sévices ?
- Oui, reprit M. Lamy avec une sorte de tendresse, tout cela dont ils ne peuvent pas savoir que, justement, ce n'est pas le lot de toutes les familles... Tout cela qui, par contraste, fait un éblouissement de joie de la moindre attention, d'un regard plus doux, d'un sourire. L'amour... On peut les priver de n'importe quoi, ajouta-t-il en apercevant la grille d'entrée. Mais le seul crime, Doublet, serait de pénétrer à Terneray sans apporter avec soi tout l'amour dont on est capable.
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AproposdelivresAproposdelivres   22 août 2009
L'enfant le plus ingrat, les sourcils noirs, les lèvres entrouvertes, s'acharne à dessiner sans joie une famille. Mlle Alice entame la lecture des documents annexes : curriculum vitae d'Alain Robert, déclarations (à l'encre violette) des parents nourriciers, rapport (sur copie d'écolier) de M. l'instituteur, certificats du médecin, enquête de l'assistance sociale, renseignements complémentaires reçus par téléphone, Carnet de Santé, premier Bulletin de Comportement en Division, ouf... A travers ces feuillets de tous formats et de toutes couleurs, une dizaine de grandes personnes tournent autour du pupille Alain Robert ; mais le secret de l'enfant Alain Robert leur demeure clos.

- Tu as fini la famille ? Alors, fais-moi un bonhomme : oui, quelqu'un que tu aimes ou n'aimes pas, que tu connais ou ne connais pas, comme tu voudras !

Alain Robert, si décidé d'avance à répondre non, à tout refuser, reprend les crayons avec plaisir : dessiner, comme courir ou s'endormir, l'allège, le détend, le délivre. Un bonhomme ?

- Voilà ! … Mais l'autre n'a pas encore terminé sa lecture. Le gosse l'observe froidement : ces lèvres qui balbutient sans paroles, ces yeux qui courent à la ligne... « Elle doit être un peu sonnée, le grand me l'avait bien dit ! »

En effet, voici qu'à présent, le dossier refermé, les dessins soigneusement rangés, Mlle Alice lui fait aligner des poids par ordre décroissant, rendre la monnaie, énumérer les mois (Merde ! Entre octobre et décembre, il y en avait pourtant un), définir une table, une auto (Elle me prend pour un crétin), la patrie (Euh...). Autre chose à présent ! Elle lui raconte une histoire absurde : « Un enfant rentre de l'école et sa maman lui dit : « Ne commence pas tout de suite tes leçons, j'ai une nouvelle à t'annoncer. » Qu'est-ce que sa maman va lui dire ? »

- A ton idée...

- Que... que son fils est mort.

- Bien. (Pourquoi « Bien » ?) Écoute-moi maintenant : je vais te dire des phrases dans lesquelles il y a des bêtis
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isajuliaisajulia   05 mars 2013
Vous n'avez donc pas compris que,séparément,vous n'êtes que de pauvres gosses,et que vous ne pourrez vous en sortir que tous ensemble?Et que si vous devez vous battre ,c'est côte à côte?Vous battre un jour pour sortir de votre crasse,de vos taudis,de votre prison? Nom ou pas nom,famille ou pas famille,vous n'êtes déjà que des matricules! Et vos places sont déjà marquées dans un monde ou vous ne serez que des numéros d'Assurances Sociales,des servants de machine,des manoeuvres légers! "La taule" : c'est le même mot qui désigne la prison et l'usine!...Le flic,fils d'ouvrier,cogne sur les ouvriers...La concierge,de sa loge sordide,tyrannise les locataires de ses piaules sordides...L'employé en col blanc,qui crève de misère,méprise et craint le type en casquette qui crève de misère...Ah! s'il pouvait se battre contre lui !...Le petit commerçant vole l'ouvrier,et l'ouvrier humilie le Nord-Africain...C'est ça,le monde : partout,le pauvre écrasant le pauvre sous le regard des autres qui viennent recruter leurs domestiques!
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isajuliaisajulia   02 mars 2013
Et c'est le même invisible spectacle,en ce moment,dans les deux autres bâtiments de Terneray,dans tous les bâtiments de tous les centres de la France:ces milliers d'enfants,chaque nuit,livrés à leur fantômes,à leurs ennemies les grandes personnes...Cependant que des dizaines de milliers d'autres enfants,à cette heure,traînent dans les rues,les foires et les bistrots,les mains dans leurs poches vides.Ils boivent,volent,guettent,fuient,se prostituent parmi des hommes et des femmes,leurs faux amis,semblables en tout à leurs parents - quelle différence?Le monde est déjà pour eux,une immense usine,un immense bistrot,un immense terrain vague : une nuit d'hiver à jamais! Tout est pareil partout,et chaque jour semblable au précédent . Qu'est-ce que ça veut dire,vivre?
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isajuliaisajulia   16 février 2013
C'était donc la Vie,malgré les murs gris,les tabliers à carreaux,les escaliers aux marches usées!La Vie,malgré les Dossiers et les Monuments aux Morts,malgré la solitude et l'abandon,c'était la Vie qui triomphait!
Et ce monument intempestif était seulement là pour rappeler qu'avant de mourir pour la France,les enfants abandonnés voulaient vivre,vivre pour quelqu'un.
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Gilbert Cesbron " Voici le temps des imposteurs" Le Fond et la forme video 23 juin 1972
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