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EAN : 9782361933180
156 pages
Éditeur : Les Grandes Personnes (30/11/-1)
3.31/5   49 notes
Résumé :
Suivez le Merveilleux tandis qu'il passe de main en main, des montagnes du Cachemire jusqu'aux faubourg de Londres !

Un saphir exceptionnel - le Merveilleux -, héros de cette histoire, fait, par le biais de ses propriétaires successifs, voyager le lecteur à travers des univers très différents. Depuis les montagnes sauvages et meurtrières du nord de l'Inde, d'où il sera extrait, jusqu'aux faubourgs de Londres, où il achèvera son périple, le joyau sera ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Ileauxtresors
  14 septembre 2020
« Au coeur de la roche mère gorgée de silicium, de fer, de titane et d'aluminium, s'introduisit le magma, lors des mouvements capricieux de l'écorce terrestre ; des forces colossales exercèrent leur pression. La chaleur irradia, puis s'en alla, irradia de nouveau. Mille alchimies complotèrent à la création de la pierre, qui enfin naquit. Quand l'oeuvre fut achevée, elle demeura tapie dans le ventre de la montagne. Longtemps, très longtemps, le saphir attendit son heure. »
Dès la lecture à voix haute des premières lignes, la curiosité de toute la famille était à son comble. C'était évident : nous avions à faire à un texte hors norme qui ne manquerait pas de nous prendre de court. Quelle belle idée de construire ce récit non pas autour d'un schéma narratif classique mais avec pour fil conducteur un objet. Pas n'importe lequel ! Une pierre précieuse parmi les précieuses, un saphir d'un bleu incroyable et à l'ovalité parfaite, un joyau aux airs de talisman, émettant une lueur presque magique. Un rayonnement qui vient éclairer de façon saisissante la nature de ceux qui entrent en sa possession – et, plus largement, les forces qui travaillent le monde à la fin de l'époque victorienne.
Jean-François Chabas nous fait entendre un choeur de voies singulières qui témoigne de la capacité de la littérature à croiser plusieurs regards. Car chacun des propriétaires du saphir y projette quelque chose de différent – un signe de la bonté divine, une fortune avec un grand "f", un symbole de pouvoir, quelque chose d'infiniment pur qui questionne la corruption des hommes – ou tout simplement une pierre d'une dureté inouïe, parfaite pour affûter des lames. Invariablement, le Merveilleux agit comme un révélateur de l'âme humaine, comme un catalyseur de rebondissements captivants.
Happés par cette lecture, nous aurions aimé qu'elle dure plus longtemps. Pas facile de mettre un point final à une telle histoire ! le saphir semble aussi inaltérable que la vie humaine paraît éphémère face aux éléments, aux crocodiles, à la faim, aux maladies et aux maux de ce vingtième siècle naissant. J'ai trouvé que l'auteur s'en était très bien sorti, parvenant à boucler sa boucle sur une note poétique et presque mystique. Mes garçons, qui n'aiment pas les fins ouvertes, m'ont demandé si j'avais déjà mis la main sur le tome 2 ; ils en auraient voulu "au moins une cinquantaine de pages de plus"…
J'ai été heureuse de pouvoir découvrir ce texte fascinant avec eux. La lecture à voix haute nous a permis d'en profiter pleinement en leur faisant un peu de sous-titres sur le contexte historique qu'ils n'ont pas encore étudié à l'école (colonisation, conflit irlandais, socialisme, etc.). S'il est lu en solo, il me semble que ce texte s'adresse à des lecteurs plus âgés, à partir de la fin du collège et sans limite d'âge.
Un grand merci à Sylvie qui m'a recommandé le merveilleux - et par la même occasion fait connaître Jean-François Chabas dont nous allons sans tarder lire d'autres livres ! Vive Babelio et ses échanges de pépites littéraires !
Lien : https://ileauxtresors.blog/2..
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Lagagne
  08 décembre 2014
En 3 lignes on est transporté en Inde. Au détour d'un chapitre, on change de personnage. Au détour d'un autre, on change de continent. le tout en 150 petites pages. le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne s'ennuie pas !
De propriétaire en propriétaire, on suit une partie de l'épopée d'un saphir fabuleux "Le Merveilleux". de sa découverte, qui semble guidée par le destin, jusqu'à son séjour en Angleterre.
C'est écrit avec fluidité, simplicité et justesse. le rythme est dynamique, varié. Et j'apprécie beaucoup que la fin ne soit pas un point final. le lecteur, ainsi, n'est pas lassé, et il peut librement imaginer la suite de l'histoire du Merveilleux.
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Bibeli
  01 décembre 2015
Nous sommes au 19è siècle. Un saphir est sur le point d'être découvert par un forgeron dans le Nord des montagnes de l'Inde. Après avoir fait une brève escale auprès d'une marmotte, il revient entre les mains du forgeron qui y voit là un signe du destin, conforté dans son idée par sa croyance en le bouddhisme. Par besoin, il vendra cette belle pierre contre deux sacs de sel à un marin anglais. le saphir qui sera appelé « le merveilleux » passera ainsi de mains en mains et traversera différents milieux avant de finir sa belle aventure dans les bras d'une demoiselle pauvre, à Londres.
On constate que chaque nouveau détenteur du Merveilleux se gargarise de son acquisition en soulignant la bêtise des hommes qui ont bien voulu s'en séparer. Mais cette arrogance et cette suffisance auront raison de leur soi-disant supériorité intellectuelle. Un roman à l'écriture brillante qui se démarque selon l'univers où elle évolue : on passe de l'onirisme à l'épistolaire du 19è, jusqu'au réalisme des rues de Londres. Un souffle d'humanité court tout au long de ces pages même si on retrouve des idées très ancrées dans l'esprit du 19è, comme l'expression du racisme de colons qui prennent des autochtones pour des êtres inférieurs non dotés de l'intelligence supérieure des blancs. Cependant ceci est tout de même relativisé par le marin anglais qui admet que « le quota d'ânes bâtés est le même partout, celui des gens brillants également. » Pour preuve que rien n'est tout à fait perdu !
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Anarya
  19 août 2014
Dans le Nord de l'Inde, à la fin du XIXe siècle, un vieux forgeron s'enfonce dans les montagnes à la recherche de pierres précieuses. Il y découvre un saphir de la taille d'un poing, qu'il trouve parfait pour aiguiser ses lames. Lorsqu'un Anglais débarque dans sa masure avec l'idée de lui acheter sa pierre, le vieil homme le lui cède de bon coeur, contre une denrée bien plus précieuse. L'Anglais rentre alors chez lui, riche comme Crésus, mais finit bientôt par regretter son comportement vis-à-vis des Indiens et va vendre son saphir, baptisé « le Merveilleux ».
Superbe aventure que celle du Merveilleux, personnage principal de ce nouveau roman de Jean-François Chabas. On le suit depuis sa « naissance » jusqu'à son dernier propriétaire, qui peut passer d'une marmotte à un ancien marin anglais en passant par un policier ou un brochet. On se passionne pour chacune des histoires qui se déroulent sous nos yeux – avec certains passages que l'on préfère plus que d'autres, j'ai notamment aimé les lettres de l'ancien marin anglais à son ami irlandais. Et on attend avec impatience de connaître la fin de ce voyage étonnant, qui semble s'apparenter à une malédiction. L'écriture de Jean-François Chabas, toujours délicate et subtile, nous invite d'ailleurs à réfléchir sur les personnages rencontrés par le Merveilleux et sur de nombreux sujets comme le colonialisme. Finalement, c'est un récit d'aventure teinté de philosophie, qui se boucle d'une façon qu'on n'attendait peut-être pas, mais qui nous fait passer un excellent moment de lecture.
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Crocodyll
  20 août 2014
Ce roman est un voyage. Depuis sa naissance au coeur des montagnes jusqu'à finir avalé par un brochet, nous suivons le parcours du Merveilleux. le Cachemire, Londres ; la pierre précieuse de taille démesurée passe de mains en mains, rencontre des personnages tous plus différents les uns que les autres, chacun à son propre dessein.
Portée, volée, observée, jetée, avalée. Ce n'est pas la vie d'une pierre banale, c'est celle du Merveilleux.
Cette histoire, racontée aussi bien par un montagnard que par une marmotte, est d'une douceur exquise. Les différents styles utilisés pour chacun des personnages apportent un peu d'exotisme au voyage de la pierre, qui ne cesse de parcourir des kilomètres, comme si elle-même avait l'envie de découvrir le monde. Au-delà du temps et même de l'argent, elle suscite chez toutes ces personnes un sentiment fort, une envie de possession qui dépasse l'entendement ou qui, dans tous les cas, s'insinue profondément au coeur de celui qui la détient.
C'est un texte pertinent qui aborde des sujets délicats… délicatement.
La cupidité, l'envie, la survie, ou tout simplement l'être humain pour ce qu'il est vraiment. C'est ça que ce caillou révèle des hommes.
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critiques presse (2)
HistoiresSansFin   12 décembre 2014
Journal intime, récit de voyage, récit policier, Chabas livre avec richesse un propos sur le racisme et l'égoïsme avec un peu de merveilleux dans les mains. Talent et profondeur. Un véritable bijou, ce merveilleux !
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Ricochet   01 juillet 2014
L'écriture délicate de Jean-François Chabas, subtile dans sa moindre formulation, sait nous faire réfléchir sur l'humain à partir de son environnement. Aventure et philosophie sont au rendez-vous : pas merveilleux, mais parfait.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
IleauxtresorsIleauxtresors   14 septembre 2020
Ce que je ne dirais pour rien au monde à un Anglais, je l’avoue, va comprendre pourquoi, à un Irlandais : je cois bien que je suis tiraillé entre ce qu’on m’a fourré dans la tête depuis l’enfance et surtout dans la Royal Navy, et ce que j’ai vu de mes propres yeux. Pour faire bonne figure et être accepté par les nôtres, c’est comme si je me sentais obligé de clamer que nous sommes supérieurs, nous Occidentaux, et que les Indiens et tous ces peuples d’outre-mer, quels qu’ils soient, surtout s’ils ont la peau basanée, sont des singes imbéciles. Mais dans l’intimité de mon âme, je sais que ce n’est pas la vérité, et que le quota d’ânes bâtés est le même partout ; celui des gens brillants également. Il y a en Inde des indigènes fascinants, qui l’emportent en grandeur de sentiments et en élévation de l’esprit sur la plupart des Blancs. Voilà qui est dit. Et puis, je traine cette culpabilité, vois-tu, qui ne cesse de grandir à mesure que passent les mois. Maintenant que je n’ai plus de crétins du même acabit que ma pauvre personne pour m’encourager à penser qu’on peut gruger ces moricauds sans dommage, je me retrouve acculé à la vérité vraie : j’ai escroqué beaucoup de ces gens, des âmes simples qui se sont fait dépouiller sans comprendre. Le plus effrayant, c’est d’avoir pris conscience de l’ampleur de la chose. Car je n’étais pas seul à agir ainsi.
Qu’est-ce que l’Empire britannique, sinon une gigantesque entreprise de pillage de peuples qui ne nous sont rien, et surtout qui ne nous avaient rien demandé ?
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ColibrilleColibrille   18 octobre 2014
Il fabriquait des outils à lame de fer, mais il refusait absolument de forger des armes de combat. Si quelque fou désirait se servir d'une de ses faucilles ou d'un de ses couteaux pour s'en prendre à un autre humain, libre à lui. On pouvait de toute façon aussi bien tuer quelqu'un à coups de bâton, et à mains nues tant qu'on y était. En revanche, nul outil fait pour assassiner - une épée, un poignard de guerre - n'était jamais sorti de sa forge, et il entendit que cela persistât. Il avait le cœur trop pur pour se persuader qu'il ne serait pas responsable de l'usage qu'on en ferait.
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AlyenorAlyenor   08 décembre 2014
Le vieil homme était forgeron, ainsi que l'avaient été ses pères, et les pères de ses pères. Comme il avait cru que le serait son fils. Il fabriquait des outils à lame de fer mais il refusait absolument de forger des armes de combat. Si quelque fou désirait se servir d'une de ses faucilles ou d'un de ses couteaux pour s'en prendre à un autre humain, libre à lui. On pouvait de toute façon aussi bien tuer quelqu'un à coups de bâton, et à mains nues tant qu'on y était. En revanche, nul outil fait pour assassiner - une épée, un poignard de guerre - n'était jamais sorti de sa forge, et il entendait que cela persistât. Il avait le cœur trop pur pour se persuader qu'il ne serait pas responsable de l'usage qu'on en ferait. Il n'avait pas le cynisme du marchand de canons. S'il armait une personne, son karma, se disait-il, en serait tout aussi chargé que celui du meurtrier.
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ColibrilleColibrille   18 octobre 2014
Ensuite, il a appelé un bonhomme ridiculement petit, plus tordu qu'un pied de vigne, chauve si ce n'étaient quelques touffes noirâtres qui lui poussaient sur le caillou au petit bonheur. Pour couronner le tout, un œil lui sortait de la tête comme s'il avait envie d'aller voir ailleurs. ce type ne respirait pas exactement la santé, et cela n'inspirait pas une confiance aveugle quant à ses capacités à soigner les autres.
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ColibrilleColibrille   18 octobre 2014
Au cœur de la roche mère gorgée de silicium, de fer, de titane et d'aluminium, s'introduisit le magma, lors des mouvements capricieux de l'écorce terrestre ; des forces colossales exercèrent leur pression. La chaleur irradia, puis s'en alla, irradia de nouveau. Mille alchimies complotèrent à la création de la pierre, qui enfin naquit. Quand l’œuvre fut achevée, elle demeura tapie dans le ventre de la montagne. Longtemps, très longtemps, le saphir attendit son heure.
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Vidéo de Jean-François Chabas
Jean-François Chabas, auteur de "Ils ont volé nos ombres" paru dans la collection "Les Héroïques" en avril 2021, répond aux questions de son éditrice, Justine Haré, à propos de son roman.
Talents Hauts, des livres qui bousculent les idées reçues. www.talentshauts.fr
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