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ISBN : 2130608450
Éditeur : Presses Universitaires de France (09/01/2013)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Il fallait établir ce constat : avant d'être un problème individuel, le burn-out est d'abord une pathologie de civilisation. Marquée par l'accélération du temps, la soif de rentabilité, les tensions entre le dispositif technique et des humains déboussolés, la postmodernité est devenue un piège pour certaines personnes trop dévouées à un système dont elles cherchent en vain la reconnaissance. Mais ce piège n'est pas une fatalité. Face aux exigences de la civilisation... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Zebra
  03 mars 2013
Pascal Chabot est philosophe et il enseigne à l'IHECS (Bruxelles). Auteur de la philosophie de Simondon (Vrin, 2003), Après le progrès (Puf, 2008), Les sept stades de la philosophie (Puf, 2011), il a dirigé les ouvrages collectifs Simondon (Vrin, 2002), Les philosophes et la technique (Vrin, 2003, avec Gilbert Hottois) et édité Territoires intimes, Michèle Noiret, la danse-cinéma (Alternatives Théâtrales, 2011, avec Sergine Laloux). Il a aussi réalisé, avec François Lagarde, le film Simondon du désert (2012). Global Burn-Out est son tout dernier ouvrage (PUF 2013).
Consacré à un mal bien contemporain, le burn-out (ou surmenage), ce livre est inscrit sous le double signe du constat et de l'espoir (cf. quatrième de couverture). Paru aux PUF, l'ouvrage révèle un travail très documenté, actuel, interpelant la réalité du burn-out dans son universalité et sous toutes ses facettes. Édité dans la collection Perspectives Critiques, l'ouvrage - qui n'a rien de médical - ne pourra étonner le lecteur par la profondeur de l'analyse. le style est limpide et sans détours, au premier degré. La dédicace en page 7 (« Aux contemplatifs ») étonnera toutefois le lecteur en ce sens que l'entreprise de transformation tant espérée par Pascal Chabot (« transformer l'oeuvre au noir du burn-out afin qu'il devienne le théâtre d'une métamorphose, et que naisse de son expérience un être moins fidèle au système, mais en accord avec ses paysages intérieurs ») pourrait au final relever de l'utopie. Surprenant ! Et tout le problème est là, car l'auteur nous annonce en début d'ouvrage un programme très intéressant (il va nous dire en quoi consiste le mal, qui est concerné, comment détecter le mal, comment le traiter et quel système substitutif mettre en place) mais il ne nous livre qu'une enquête sur le burn-out. Probablement conscient du « loupé », Pascal Chabot tente à sa façon de traiter complètement son sujet mais, du coup, le livre avance lentement, les redites sont nombreuses et tout ça laisse un gout d'inachevé.
Alors, faut-il lire « Global Burn-Out » de Pascal Chabot ? Évidemment.
Premièrement, parce que le livre resitue l'évolution historique du syndrome. Réalité d'abord américaine et psychologique, débusquée dans les années 80, le burn-out, ou syndrome d'épuisement professionnel, a d'abord touché les métiers d'aide (enseignants, infirmiers, gouvernants) pour s'étendre progressivement à une part significative des individus, hommes et femmes, au travail. L'exposé est clair et dense.
Deuxièmement, parce que Pascal Chabot nous montre la radiographie de ce qui est une vraie pathologie de civilisation. Au départ, vous prenez un être humain normal (le mot est à la mode), doté de gadgets technologiques. Il adhère aux valeurs de son employeur, il a une croyance assez folle en un avenir professionnel meilleur, il se dit que « le jeu en vaut la chandelle » car son travail lui apporte récompense et reconnaissance. Son soutien à l'entreprise est sans faille et inconditionnel. Ensuite, les choses se gâtent. L'individu doit sans cesse accepter de nouvelles contraintes et modifier ses habitudes. du coup, sa gestion personnelle devient « border line » : la charge de travail explose, la délégation se généralise, la pression augmente (mails répétitifs, réunionite aigüe), les contrôles pleuvent, les résultats personnels sont insuffisants, le temps manque pour corriger soi-disant des « erreurs » et pour atteindre les objectifs assignés. L'individu est aux prises avec une réalité complexe où le flou généralisé a remplacé les repères et la certitude du lendemain ; l'individu se retrouve seul, assailli par des « forces toxiques » (la maladie du « trop »). A ce stade, un simple événement (une plaisanterie, une remarque …) peut déclencher la perte d'équilibre de notre sujet : celui-ci passera de la surprise au sentiment plus ou moins diffus d'échec puis d'inutilité. Les causes de l'échec (le fameux dictat du chiffre d'affaires, des bénéfices, de la marge …) apparaissant non contestables, l'événement ne pouvant être surmonté (peut-on banaliser ou relativiser la remarque que vous fait votre supérieur hiérarchique alors même que se développe la précarité et le chômage ?), l'individu constate pour lui une absence de perspective positive, une impossibilité de prendre du recul, une « trahison désillusionneuse ». Au final, le travail qui n'apportait plus de plaisir rend maintenant coupable. L'individu qui tente de recourir au dopage pour nier l'évidence, le malaise et l'épuisement n'arrive plus à surmonter la situation. Les loisirs ont disparu, la vie privée s'est étiolée, la vie familiale est une suite ininterrompue de problèmes à résoudre, la vie sociale a fondu comme neige au soleil, les réseaux sociaux ne peuvent venir en aide. La radio ne trompe pas : l'individu est brulé de l'intérieur, il coule et la dépression montre déjà le bout de son nez.
Troisièmement, parce que le livre exprime une critique pénétrante du management techno-capitaliste. Expérimenté par ceux qui s'impliquent trop dans leur boulot - obsédés qu'ils sont par leurs performances - le burn-out n'est plus un tabou, une maladie honteuse, un mal-être qui prête à sourire, mais le résultat d'une entreprise de « cassage » humain d'une affligeante et criante banalité, d'une entreprise inhumaine qui ne fait la une de la presse que lorsque les suicides abondent sur les lieux du travail. le management techno-capitaliste prend des formes multiples mais elles sont le fruit du cynisme de la hiérarchie : des objectifs annuels toujours plus inatteignables, des deadlines ahurissantes (passée la deadline, l'individu est perdu, professionnellement mort), un certificat médical qui déclare l'individu inadapté (alors qu'en fait, il n'arrive plus à s'épanouir dans son travail), etc. Pascal Chabot nous livre une critique en règle, renversante bien que politiquement un peu orientée. On pourra ne pas aimer !
Enfin, parce que le livre esquisse quelques solutions possibles à la dépersonnalisation et à l'aliénation qui caractérisent le burn-out. D'abord par un travail (c'est paradoxal) sur soi : auto-analyse, repos, sommeil, yoga, sport, paresse, écoute de soi, etc. Ensuite, par un travail sur la société : recherche d'un « équilibre serein dans la relation au monde », lutte contre la cupidité (réduction des bonus et diminution du montant des parachutes dorés ?), aménagement du temps de travail (notamment pour les femmes hyper-actives), encouragement du coaching pour les travailleurs en déséquilibre professionnel, pénalisation du management par la terreur, etc. Pistes de réflexion, voeux pieux ou réalités en germe ?
Au final, un constat et des réflexions philosophiques. le livre devrait plaire aux contemplatifs. Les sociologues, les syndicalistes, les militants et tous ceux qui voudraient y trouver des trucs et des astuces au quotidien resteront sur leur faim.
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petitsoleil
  26 juillet 2013
beaucoup feuilleté ce livre aussi (un peu après le livre sur l'organisation de mariage, pas du tout le même thème ... dans les grandes librairies bordelaises, on trouve vraiment TOUT sur TOUT)
semble très général, des constats sur le burn-out, les professions qui étaient initialement les plus risquées, les plus touchées (les professions d'aide bien sûr : professeur, assistante sociale, éducateur, etc.), et maintenant cela semble s'être généralisé, avec les multiples évolutions du monde du travail ...
il y a sûrement des choses plus développées mais cela ne m'a pas donné très envie de le lire intégralement ... oui, le travail, la maîtrise du temps, l'aliénation, la domination, etc. des sujets qui me semblent évidemment à aborder dans ce type d'ouvrage ... certes ...
le monde du travail, l'entreprise, le rapport au temps, tout cela m'intéresse mais il manquait ce "petit plus" qui m'a donné envie d'acheter et lire le passionnant livre de Feynie sur le "As if management", ou d'autres livres de sociologie du travail, d'anthropologie, de réflexion
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Inazuma
  25 février 2013
Un livre très intéressant, cela commence très rapidement, et on plonge dans les affres du Burn-Out.
L'introduction débute comme dans "L'étranger" de Camus, on est dans l'action, on ne sait pas ce qui se passe, et on va finir par nous l'expliquer.
Bref, vous l'aurez compris, ce livre m'a plu. Ce n'est pas un roman, c'est bien une enquête qui est menée pour nous décrire ce qui se passe quand on sombre.
Les exemples qui décrivent le Burn-Out sont bien ficelés, même si je mettrai un petit bémol sur cette partie qui me semble un peu longuette, deux exemples auraient suffi, alors pourquoi trois ?
Et puis on rentre dans le dur, on parle rapidement de ce qui passionne et des éléments qui conduisent à l'état de Burn-Out, tout est bien décrit, et on se retrouve tous dans les éléments de description de l'auteur, on se dit qu'on n'est pas passé loin, ou bien qu'on l'a déjà connu.
Ce sont des rappels certes, mais bien utiles, car on oublie souvent l'essentiel.
Au niveau de la forme, je ne remettrai en cause qu'une chose : la couverture, elle est vraiment moche, et pour un sujet si intéressant, on se demande qui va s'arrêter pour acheter, c'est bien dommage.
Bref à lire absolument !
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critiques presse (2)
NonFiction   08 mars 2013
Un ouvrage clair et concis où, à travers l’analyse des différentes causes et caractéristiques du burn-out, l’auteur brosse le portrait du malaise de la postmodernité.
Lire la critique sur le site : NonFiction
LaLibreBelgique   08 janvier 2013
On le saisit de mieux en mieux, c’est à une fine et pénétrante critique du management technocapitaliste, avec ses euphémismes creux et ses très parlants "deadlines", que se livre Pascal Chabot. Critique d’un "travail sans fin" : sans limite ni finalité
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ZebraZebra   05 mars 2013
page 57
[...] Fort de cette analyse, on peut mieux comprendre l'hypocrisie de nombreux discours managériaux qui enrobent de grands mots leur objectif cupide, à savoir repousser toujours les limites des individus, pour extraire davantage de profits de leurs efforts. Ces discours ont une trame. Il s'agit de transformer les contraintes adaptatives en valeurs. Cela sonne mieux. Au lieu de dire : "Adaptez-vous", on dira :"Adoptez de nouvelles valeurs". En ces temps où le sens se fait discret, le langage de la valeur garde un lustre réconfortant. Ainsi, pour une femme, concilier vie professionnelle et vie familiale est transformée en une icône valorisée, celle de l'executive woman. Gérer une trop grande quantité de travail est masqué sous la valeur de "stress positif". Passer d'un poste à l'autre est déguisé sous le terme de "flexibilité". Faire face à des contradictions est transcendé par les leitmotive "ouverture d'esprit" et "capacité à penser en N dimensions". Se plier à l'emprise de la mesure s'appelle "évaluation". Répondre à des masses de courriels emplis de sommations et de rappels se nomme "connectivité". Laisser son portable constamment allumé est qualifié de "proximité". Obéir sur le champ aux injonctions est qualifié de "réactivité". S'abimer les yeux douze heures par jours devant des écrans d'ordinateur est rebaptisé "disponibilité". C'est ainsi que des mots étranges vissent les humains à leurs sièges. [...]
+ Lire la suite
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InazumaInazuma   25 février 2013
Gérer une trop grande quantité de travail est masqué sous la valeur "stress positif". Passer d'un poste à l'autre est déguisé sous le terme de "flexibilité". Faire face à des contradictions est transcendé par les leitmotive d'ouverture d'esprit et de capacité à penser en "n" dimensions. Se plier à l'emprise de la mesure s'appelle "évaluation". Répondre à des masses de courriels emplis de sommations et de rappels se nome "connectivité". Laisser son portable constamment allumé est qualifié de "proximité". Obéir sur le champ aux injonctions est qualifié de "réactivité". S'âbimer les yeux douze heures par jour devant des écrans d'ordinateur est rebaptisé "disponibilité". C'est ainsi que des mots étranges vissent les humains à leurs sièges.
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Cynthia_56Cynthia_56   01 juillet 2016
Dans un monde où l'on attend de l'individu qu'il dépense l'argent qu'il n'a pas pour acheter des choses dont il n'a pas besoin afin d'épater des gens qu'il n'aime pas, la boulimie semble partout, le sens nulle part.
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Videos de Pascal Chabot (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pascal Chabot
Extraits de la représentation de L'homme qui voulait acheter le langage, de Pascal Chabot, avec Patrick Brüll et He?le?ne Couvert. Création sonore et visuelle par Dorian Leynen et Se?bastien Schmitz
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