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EAN : 9782070362578
438 pages
Éditeur : Gallimard (27/11/1972)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture

«J'en suis encore à me demander comment je m'y suis pris pour tant en dire à une jeune fille, fût-elle ma promise ! Nous étions à l'écart, Finette et moi, sans trop rien dire si ce n'est pour la santé, pour la parentèle, comme d'habitude quand nous nous trouvons seuls. Au vrai, c'est elle qui est allée au-devant, en me demandant de lui montrer mes pistolets qu'elle n'avait jamais bien regardés, disait-elle.Ce sont de beaux pist... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
lecassin
  02 janvier 2012
Samuel est un jeune protestant vivant dans les Cévennes au début du XVIIIe siècle qui se révolte contre Louis XIV et son autoritarisme religieux.
« Les fous de Dieu » est un roman présenté sous la forme d'un journal intime et de lettres que l'auteur nous indique comme ayant été retrouvés dans une « clède » (une petite dépendance ou l'on faisait sécher les châtaignes, dans un mas cévenol) lors de sa destruction. Samuel, le « héros » et rédacteur décrit aussi bien ses sentiments que les horreurs dont il est le témoin ; ainsi que son désarroi face à son amour impossible avec Finette...
Il y évoque aussi les dragonnades, ces persécutions exercées par les soldats de Louis XIV qui le décideront à rejoindre le camp ces Protestants cévenols, les Camisards, qui se rassemblent pour entamer une longue et sanglante guerre contre l'armée de Louis XIV.
Jean-Pierre Chabrol nous brosse ainsi, lui le petit-fils d'un chevrier descendant des Camisards, une plongée dans l'âme cévenole qu'il a si bien chantée tant dans ses ouvrages que comme « conteur » à la radio.
Il nous offre également un éclairage intéressant sur le règne de Louis XIV qui ne fut pas que le Roi Soleil, créateur de Versailles, mais aussi, et c'est moins commenté, le persécuteur des Protestants après qu'il aura révoqué la partie religieuse de l'Edit de Nantes le 22 Octobre 1685.
Jean-Pierre Chabrol, l'ami de Brassens, Ferret, Ferrat, Brel, Mac Orlan, j'en passe… nous montre ici un sérieux talent de conteur, doublé d'une performance didactique sans égale.
A recommander à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des religions ; et à l'histoire tout court.
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La31
  03 mars 2019
Jean Pierre Chabrol est cévenol jusqu'au bout des ongles. Il nous raconte ici avec sa verve naturelle l'épopée des camisards ses ancêtres. Jean-Pierre Chabrol, écrivain engagé proche de Brassens, de Brel, de Ferrat et de bien d'autres mérite qu'on le relise ou le relise ce qui permettrait à certains de mieux comprendre ce qu'avoir des racines veut dire.
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Pirouette0001
  26 janvier 2013
Lu il y a quelques années déjà, et ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. Mais la trame est intéressante et concerne le protestantisme dans les Cévennes.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   31 mars 2013
Un soir, au cagnard d'un ranc, mon aïeul m'a dit ma race.

Je viens des nuits où les hommes de la terre n'avaient rien, pas même de nom, n'étaient rien et naissaient et mouraient sans laisser plus de traces qu'un lièvre sur un pré. Au temps de la Narbonaise, de l'Aquitaine ou du Comté de Toulouse, sous les Francs ou sous les Goths, l'un des nôtres put acquérir un chevreau femelle en propriété, d'où son fils eut un couple, son petit-fils un troupeau, son arrière-petit-fils le nom de chevrier qui est le nom de la race depuis lors. Volant au sommeil le temps de travailler pour eux, tandis que les bonnes heures ensoleillées étaient pour le fief de Coudouloux, les chèvres s'accommodant de la traite aux deux bouts de la nuit, les serfs purent amasser de quoi acheter au seigneur une partie d'eux-mêmes, ainsi les fils de la lignée chevrière naquirent vilains. Le lait caillé dans les nuits de plusieurs générations, les piécettes des fromages passées sournoisement à travers guerres et logements mercenaires, descentes des Saxons et montées des Sarrasins, permirent aux Chabrous d'acquérir un pan de caillasse au pire de la montagne. le granit fut brisé, les cailloux cassés en gravier, le gravier écrasé, émié, de père en fils, en petit-fils. Tout en nourrissant leur seigneur, subsistant eux-mêmes de leurs chabros, traites après le crépuscule et avant l'aube , il leur suffit pourtant de quelques générations pour faire la terre de leurs mains. Puis il y eut le siècle des Chabrous, qui haussèrent la terre en traversiers, le siècle qui y sema les châtaigniers, le siècle de la vigne, le bon siècle du mûrier, du magnan, de la soie, de la poule au pot, où ma race gardait les chèvres du nom et de la lignée en lisant Dieu à livre ouvert. Enfin le siècle où mon grand-père du défendre son bien, et son Gravas, et ses chèvres, où mon père souffrit pour son Dieu, pour les siens, pour son mas.

Voilà, et voici que le gravier grignote la bonne terre du Gravas, voici que des chabros de la lignée, il n'en survit pas une seule, et de leurs chevriers, le dernier, nu dans la tempête, et blessé déjà...

791 - [Folio n°257 , p. 361]
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lecassinlecassin   30 décembre 2011
Sur la Nationale 106 (Nîmes - Le Puy), 29 kilomètres après Alès, à la sortie du village de Chamborigaud, le chemin vicinal 218 conduit au hameau de Pont-deRastel (canton de Génolhac). Au bord de ce chemin, isolé, à quelque deux ou trois cents mètres du hameau, se dresse Le Gravas, qui apparaissait, il y a quelques années encore, comme le mas cévenol typique, haute et puissante bâtisse, aux murs de vieux granit qui semble "couver" ses dépendances.
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Video de Jean-Pierre Chabrol (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Pierre Chabrol
21 novembre 2009 :
Mot de l'éditeur :
« Je regrette de ne pas lavoir butée pendant quil en était encore temps. Nul besoin de réfléchir ni délaborer le crime parfait. Plus cest gros mieux ça passe.

Elle faisait le ménage monsieur le commissaire. Elle a dû glisser sur le carrelage quelle venait dastiquer. On pouvait lui reprocher bien des choses, mais une vraie petite fée du logis, une maîtresse-femme. Quest-ce qui sest passé? on ne le saura jamais. Mauvais contrôle du pied dappui, fort justement monsieur le commissaire, le coup du lapin. La faute à pas de chance, encore une fois.

Jaurai dû lui mettre un grand coup derrière sa gueule alors que tout le monde ignorait encore notre différent. Les Boulard ? Un exemple pour tous les couples modernes. Jamais un mot plus haut que lautre, aimables avec les voisins, bonjour et bonsoir. Jaurai utilisé le cendrier en granit de Bénodet. Jaurai pris mon élan, de toutes mes forces et de toute ma rage, pour la frapper à larrière de son crâne vide. Plus tard, bien plus tard, jaurai appelé le SAMU. Oui, ça a dû se passer il ny a pas bien longtemps docteur. Mais jétais en train de bricoler dans le garage, je nai rien entendu parce je perçais des trous dans de la tôle. Cest que je construis un cabanon pour abriter les outils de jardin. Ce nest pas que jai beaucoup de terrain, mais ça me détend de pratiquer lart potager. Et puis, cest pas les légumes quon trouve dans le commerce. Des saveurs et des parfums incomparables. Ah oui, ma femme. Quand jai constaté, il devait déjà être trop tard. Enfin, je ne suis pas médecin. Je ne peux pas juger, mais elle était très pâle. Quest-ce que vous en pensez docteur?

Lélectrocution à la machine à laver, cest pas mal non plus. Combien de femmes disparaissent chaque année alors quelles accomplissaient leurs tâches domestiques? Elle avait grand soif, mais elle avait la manie de stocker les produits pour déboucher les cabinets dans des bouteilles deau minérale. Elle faisait les vitres au troisième étage un jour de grand vent. Elle préférait le bain à la douche, pourtant elle sétait toujours refusée à apprendre à nager. Elle avait la manie de garder près delle une bougie pour la sieste.

Ca fait trois lignes, dans les journaux, à la page des faits divers. Personne ne sen émeut. Sinon les proches, évidemment, car le plus dur cest toujours pour ceux qui restent.
elle est tombée à la renverse, sa tête a porté contre le rond des chiottes. Une belle mort, elle ne sest pas vue partir. Exactement, comme vous dites »

Lorsquil écrit, lorsquil se laisse porter par le jaillissement des mots, Serge le Vaillant ne manque pas de soumettre ses textes à lépreuve du « gueuloir » de Flaubert, de les lire à haute voix pour mieux les fignoler. Ancien capitaine au long cours, grand homme de radio, grand chef dorchestre des nuits de France Inter, cet orpailleur de la langue française, quelle soit verte ou noire, est un magicien. Il na pas seulement le talent de conteur dun Gérard Sire ou dun Jean-Pierre Chabrol. le culte des mots ciselés, des mots torchés, la faconde dune prose féconde, le sens de lorgie verbale.
Ses textes ont le verbe acide et tendre, le verbe au goût de pomme dApi, celui qui baptise et qui tue, qui bénit et qui excommunie, qui conjure et qui absout, qui enfante et qui explose, qui hurle et qui chuchote, qui pleure et qui pavoise. Serge Levaillant appartient à la lignée des Rabelais, des Villon, des Rostand, et plus près de nous des Céline, Léon Bloy, Auguste le Breton , Albert Simonin, Francis Blanche, Alphonse Boudard, Michel Audiard, et autres Frédéric Dard. Il est un magicien, un orpailleur de la langue, quelle soit verte ou noire, ciselée ou torchée : avec lui les mots croustillent. Ils mordent, ils aboient, ils cajolent. Ils sont tour à tour tendres et cruels, nourris de vinaigre et de miel, de gifles et de caresses. Ils décapent. Ils émeuvent. Ils déchaînent des crises de rires et de jubilation. Ils touchent à la fois nos coeurs et nos zygomatiques.
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