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EAN : 9782490972012
Éditeur : Moltinus (25/03/2019)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Année 80, Paris, il chevauche la nuit sur sa moto chromée, hantant les rues enfumées de la Capitale.

Que peuvent faire Leïla et Fusain pour arrêter cette menace sans visage, caché derrière un casque noir comme l'éternité ?

Le Motard fait rugir son moteur, et sa soif de vengeance ne connaît pas de frein.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Le_chien_critique
  16 septembre 2019
Un roman peut-il être à la fois con, intelligent, foutraque, bien construit, drôle, tragique, fantastique, réaliste, engagé et militant ? Nelly Chadour fait de la haute voltige avec brio.
Un véritable coup de babouche dans la gueule.
On rentre assez rapidement dans le vif du sujet, dans cette époque raciste où les flics cassent de l'arabe tranquillement dans ce Paris des années 80, avec le meurtre de Malik Oussékine alors que les étudiants et les lycéens battaient le pavé à propos d'une énième réforme de l'éducation. Au milieu de ces révoltés, une bande hétéroclite de punks, goths et beurette, "tous allergiques aux ciseaux du coiffeur."
Et puis, il y a le voltigeur, avec son casque immaculé, qui désire "envoyer au diable tous les fils du Maghreb".
On se prend à cette histoire tragique, drôle et fantastique et les pages s'enfilent à grande vitesse. On va pas se mentir, les persos sont caricaturales, cela part dans tous les sens mais on prend du plaisir à lire une page puis une autre. C'est foutraque, mais on passe un bon moment.
Mais au fur et à mesure, les fils épars se rejoignent, l'intrigue prend alors toute son ampleur. Et je me dis qu'au final tout cela n'est pas si con que cela, l'intrigue fait sens. Et pour cause, ici, on se retrouve avec de vrais personnages que l'on côtoie dans notre vrai vie, ceux dont on parle très peu en littérature, les marginaux, les arabes, les punks et autres. La lie de la société bien pensante. Et ça fait un bien fou, tellement c'est rare.
Il y a aussi ce Paris interlope, loin de l'image d'Épinal, et des touristes. Les 2-3 références que j'ai vérifié existent bel et bien. Il y a aussi et surtout ce vieil arabe Ahmed, alias Papy Pantoufles, un Yoda beur qui me restera en mémoire longtemps.
Ajouter à cela des sujets faits divers pas si divers : le racisme, les ratonnades, les skins et les bavures policières. Ça fait du bien d'entendre reparler de Malik Oussékine, tué par ceux qui devait le protéger. Tout y est : la colère, rentrée, refoulée devant les injustices. Mais il y a aussi la fraternité.
Mais ici pas d'apitoiement, pas de leçon de morale, on se marre et on réfléchit en même temps. l'autrice se paye même le luxe de jouer avec nos représentations sur les maghrébins pour mieux les retourner : la débrouillardise, le système D, les apparts aux pièces minuscules qui se transforment en loft à la barbe du proprio.
Et d'un roman ancré dans les années 80, Nelly Chadour se paye le luxe de les relier avec des d'autres drames des années 60 pour mieux faire ressortir les avancées sociales de notre époque. Enfin, à ce que l'on dit...
En 192 pages, tout est dit. Je me suis surpris à me payer des franches parties de rigolades en lisant certains dialogues. Chapeau bas à Nelly d'avoir fait rentrer tout cela en si peu de pages. Et que tout se se tient. de la belle ouvrage, je dirais même de la haute voltige.
Et puis un livre qui fait un parallèle entre les mouches (à merde ?) et les flics racistes, moi, ça me fait rire.
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Bleuopale
  17 août 2019
Retour dans les années 80, dans un Paris en proie aux tensions sociales (toute ressemblance avec des évènements récents est fortuite... ou pas ^^). 1986, personnellement j'avais 5 ans, alors je ne me rappelle pas vraiment ce qui remuait la France à cette époque. Penchons-nous un peu sur la background de ce récit pour vous replacer dans le contexte :
Jacques Chirac vient d'arriver au gouvernement et veut faire passer une loi (la loi Devaquet) pour imposer une sélection à l'entrée de l'université. le texte, plutôt mal accueilli, entraine d'importantes manifestations étudiantes que le ministre de l'intérieur, Charles Pasqua, ordonne de traiter avec fermeté. Malik Oussekine et Abdel Benyahia resteront sur le carreau et la loi sera retirée. Une victoire amère pour la jeunesse. Cette époque est aussi une époque de vie en meute : skinhead, punks, gothiques... les mouvements alternatifs sont multiples et d'une certaine manière façonnent la jeunesse qui se redécouvre une voix après les manif de mai 68.
Dans Hante voltige, nous nous retrouvons dans un Paris en proie à cet atmosphère entre malaise et effervescence. Nous y rencontrons une bande d'amis étudiants parisiens en pleine manifestation contre les violences policières. Sur fond de racismes et d'intolérance, de rivalité entre punk et skinhead, nous suivons ces trois compères dans le Paris underground... dans tous les sens du terme.
Nelly Chadour place son récit dans une époque peu abordée en SFFF ce qui m'a dérouté dans un premier temps puis m'a complètement conquise ensuite. Les années 80, les punks, les voltigeurs, l'autrice nous fait parcourir le bitume sur et sous la capitale dans un tempo d'enfer et avec un brin de fantastique parfaitement dosé. J'ai adoré l'ambiance qui ce dégage de ce court récit qui mêle habilement histoire parisienne et légendes urbaines. Dans ce capharnaüm à l'atmosphère un peu poisseuse, nous suivons trois étudiants qui jouent aux apprentis Indiana Jones dans les catacombes de Paris. Affublés de pseudos (Jean-Philippe ça fait pas très punk c'est vrai ;) ), notre trio d'anti-héros paradent dans ce Paris souterrain où le présent et le passé se mêlent. Et où ils vont se retrouver poursuivis par deux voltigeurs qui ne demandent qu'à casser du jeune... arabe de préférence.Comprendre la situation, y remédier de préférence sans trop se faire remarquer, tout en traversant Paris accompagné d'un papi pantoufle qui a plus d'une charentaise dans sa poche... euh à ses pieds, et bien c'est tout un feuilleton qui fleure bon les années 80 : l'agence tout risques version Punk !J'étais déjà très fan de la plume de Nelly Chadour depuis Espérer le soleil et avec Hante Voltige, c'est définitif : la style et le ton de l'autrice, j'adore. Avoir choisi un contexte original et peu abordé pour ensuite proposé un récit sombre teinté d'humour noir est vraiment excellent. Arriver en plus à un faire un texte d'actualité qui dénonce aussi bien les violences policières que le racisme et la haine de l'autre, et bien pour moi, c'est juste parfait. Hante Voltige est complètement dans le style des Saisons de l'étrange, proche d'un style série B, on pourrait parlait de : Magnum chez les punks (sans la ferrari mais avec autant de classe ;) ).

Enquête et fantastique, histoire et culture pop, thème d'actualité et originalité, cette première lecture des la saison 2 des Saisons de l'étrange m'a complètement conquise. Hante voltige est un court roman fantastique prenant, dont les personnages haut en couleur porte un récit riche en références et dont le style grinçant est franchement jubilatoire. Bref, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé
Lien : https://chutmamanlit.blogspo..
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jfmathm
  25 juillet 2019
Paris, 1986. Les manifestations étudiantes contre la loi Devaquet paralysent les rues et les lycées, l'ombre de Malik Oussekine, première victime innocente de la répression brutale des voltigeurs du duo Pasqua/Pandreau flottant sur les cortèges. C'est aussi l'apogée du mouvement alternatif et des tribus, punks, skins, corbeaux qui se partagent le pavé avec plus ou moins de bonheur. Une époque peu abordée en littérature, que Nelly Chadour prend pour cadre de cette première aventure d'un trio de détectives plutôt atypiques puisqu'il s'agit de gothiques cataphiles plus enclin à explorer leur mal être en écoutant les Virgin Prunes ou Bauhaus qu'à affronter des menaces surnaturelles. C'est pourtant ce qui va leur tomber dessus sous l'apparence d'un voltigeur fantôme décimant les punks parisiens. Répression d'outre tombe d'un obsėdė de l'ordre ou malėdiction millénaire ? C'est ce que devrons découvrir ses attachants antihéros dans un roman qui fonce à toute allure sur et sous le bitume parisien tout en parvenant à restituer au plus juste l'ambiance particulière du Paris de cette époque. Une vraie belle découverte, et pour qui a vécu ces moments incandescents, un magnifique voyage au pays des souvenirs.
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Bookworm84
  26 novembre 2019
Si les années 80 sont à la mode en ce moment, à la lecture de Hante-Voltige, on sent d'emblée que son autrice, Nelly Chadour, n'a pas choisi cette période pour suivre la vague. Nous sommes à Paris, peu après la mort de Malik Oussekine et d'Abdel Benyahia, victimes de violences policières. Mais voilà que dans ce contexte tendu, un mystérieux flic à moto sème la mort sur son passage. Un flic revenu d'entre les morts.
Hante-Voltige est sans contexte ce que l'on appelle un roman pulp. La couverture donne le ton d'emblée, avec son sous-titre : « 50% flic, 50% spectre, 100% FATAL ! » digne des affiches de films d'horreur de série B. Pourtant, derrière le récit haletant, sans temps mort, on sent une profondeur, un message sous-jacent. le fait que le roman s'ouvre (ou presque) sur la marche silencieuse qui fait suite à la mort de Malik et d'Abdel, deux jeunes Maghrébins, ainsi que l'évocation des violences policières impunies, tout cela laisse un goût amer en bouche tant le passé résonne un peu trop vivement dans le présent.
L'un des points forts de ce roman qui se dévore, outre son ancrage dans la réalité historique de Paris, ce sont ses personnages principaux. Je crois bien n'avoir encore jamais lu de récit de fiction où ce sont des punks qui mènent la danse. Et quels punks ! Fusain, l'artiste au coeur d'artichaut, Byron, l'Irlandais qui baragouine le français comme une vache espagnole, La Santeria et son phrasé soutenu… Un trio haut en couleur auquel s'ajoute Leïla, qui apporte une touche féminine bienvenue dans ce trio masculin. Il y a aussi Papy Pantoufles, dont le surnom dissimule une force de caractère nécessaire au vu de ses activités clandestines.
J'ai aimé ces personnages, j'ai aimé suivre leurs dangereuses aventures dans l'envers de Paris, peuplé de spectres et d'ogresses, j'ai aimé trouver dans ce roman un mélange de fantastique, de pulp, de folklore kabyle et de politique. J'ai aimé le style de Nelly Chadour, tout en gouaille, qui rend les personnages si vivants et l'action si prégnante.
Le roman se termine sur une porte ouverte à une éventuelle suite (mais l'intrigue principale est bouclée, Hante Voltige se suffit à lui-même). Et j'ai tellement aimé que j'adorerais découvrir la suite des aventures de Leïla, Fusain, Byron et La Santeria ! :)
Lien : https://lullastories.wordpre..
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Jahyra
  13 juin 2019
Une lecture originale et qui accroche rapidement, que demander de plus !
L'écriture est agréable, teintée d'une pointe d'humour noir et acerbe qui tantôt va parfaitement avec le sujet social, tantôt dénote merveilleusement dans les scènes plus fantastiques et horrifiques.
C'est très plaisant et cela a le mérite d'être (trop) rarement vu.
Il y a quelques longueurs sur certaines phrases qui ont tendance à casser ce rythme, c'est un peu dommage, comme si l'auteur n'avait pas su choisir entre certaines tournures et avait finalement tout mis.
Mais ce n'est qu'un détail dans ce roman très réussi dans le genre, qui fait se rencontrer un monstre du floklore kabyle avec un trio de jeunes émo/goths qui renvoient si bien à notre (ma) propre adolescence pour ne pas faire sourire.
Pour le moment mon préféré de tous les titres parus dans les Saisons de l'Étrange.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
BleuopaleBleuopale   17 août 2019
"Jean-Philiiiiiiippe !"
Jean-Philippe c'est moi. C'est l'horreur de ce prénom composé que j'essaie d'enterrer sous mon look de corbeau et mon pseudo idoine hérité d'une de mes armes de création préférée : Fusain. Et voilà que la peste bubonique qui me sert de frangine claironne mon patronyme en me collant sa pancarte dans la tronche.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   16 septembre 2019
L’endroit fleure bon le vieux vomi et la boulette d’héro cramée. Jamais voulu toucher à cette saloperie, c’est pour cette raison que je fraye plus volontiers avec les goths et les métalleux, qui se contentent d’être alcoolos.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   16 septembre 2019
Même si tout le monde sait dans le foyer que les deux vieux ne partagent aucun lien de parenté, nul ne se serait avisé à en faire la remarque à Papy Pantoufles. Malgré sa stature microscopique et ses yeux plissés d’homme qui a longtemps regardé les réverbérations du soleil sur le désert, son drôle de bonnet blanc cousu de symboles berbères et son immense chemise rayée qui lui bat les mollets, il impose le respect. Particulièrement en raison de ses connaissances des moindres recoins de la capitale, son don pour trouver toute denrée demandée contre une somme dérisoire ou de menus services, et sa force de frappe à la babouche. Car son surnom ne vient pas seulement de son pas traînant : le vieux excelle dans l’art de la mandale pantouflée. Un mot de travers, une insolence, et vlan ! Avant que l’œil n’ait saisi le geste, la joue enregistre la douleur cuisante.
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BleuopaleBleuopale   17 août 2019
Quand à la Santeria il avance avec une dignité royale malgré ses bottes en caoutchouc montant jusqu'à mi-cuisse. Même si mon ami exerce souvent sur ma personne des envies de meurtre, je lui suis reconnaissant d’être aussi organisé dans ses lubies et je bénis son sens de l'orientation et l'équipement qu'il garde en dépôt dans son deux pièces de la rue Vavin ( nom qui nous a toujours fait marrer Sam et moi, pour des raisons particulièrement débiles que vous n'aurez qu'à deviner) : en plus des bottes, des vareuses imperméables et des casques, des cartes, des boussoles, sacs à dos avec gourdes et rations de survie, lampes, piles... et que c'est tes rats, comme dirait ma sœur.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   16 septembre 2019
« Alors, Papy, on revient d’une nuit blanche ? Ça devait être quelque chose.
– M’en parle pas, gamin, j’ai causé pendant cinq heures avec les flics, j’ai entrevu l’infini du néant emprisonné sous des boîtes crâniennes étroites.
– Veinard ! Moi j’y ai eu droit pendant vingt-quatre heures sans un mot d’excuse quand ils ont fini par reconnaître leur erreur. Mais apparemment, c’était pas leur faute, c’est nous qui nous ressemblons tous.
– C’est parce que nous sommes tous frères de misère, gamin.
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