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EAN : 9782825145210
220 pages
Rue Férou l'Age d'Homme (24/09/2015)
4/5   7 notes
Résumé :
Guita Salim, le personnage principal, est une jeune iranienne de 21 ans, fille d'une famille de classe moyenne. Elle immigre avec son mari en France pour fuir une vie enténébrée par les morts qui se suivent dans l'ambiance postrévolutionnaire, notamment celle de sa sœur ainée, membre de la guérilla de gauche, piégée et tuée par les pasdarans (armée islamiste). À Paris, Guita trouve les moyens de rompre avec les traumatismes de son passé. Etudiante devenue informatic... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Greyes
  17 septembre 2015
Premier coup d'essai romanesque de l'essayiste et nouvelliste Iranienne,"Demande au miroir" pourra déconcerter par sa rédaction épurée et la mise en page de ses dialogues. Choix de l'auteure ? de l'éditeur ? Il faut en tout cas un temps d'adaptation.
Une fois passé ce premier abord, le roman est une véritable immersion dans l'intimité de Guita, exilée solitaire résidant à Paris. Porteuse du deuil de sa soeur et de son nourrisson, Guita survit en marge de la vie passant son temps libre son ordinateur. Jusqu'à un échange de mails dans sur un forum d'exilés, qui ramènera sur le devant de la scène les figures mythologiques des son passé.
Roman du monde intellectuel des exilés iraniens, ce livre met avant tout en scène une certaine négation de la réalité. Trop lourde et douloureuse elle s'arrange toujours pourtant pour revenir le temps d'un souvenir. Perçant alors les mises en scènes, les grands discours nihilistes des personnages, elle ajoute au récit une pesanteur contrastant avec la simplicité de l'écriture.
S'il n'est pas exempt de défauts, quelques poncifs ou formules maladroites, "Demande au miroir" reste un roman unique dans lequel s'entrecroisent destins brisés et jeunesses en errance. A travers le traumatisme de la révolution avortée, c'est la perdition d'un monde en refus d'engagement que met en scène l'auteure.
Enfin c'est roman de femme, dans lequel celles-ci ne sont ni des symboles ni des statues, mais des êtres de chair et de sang. Bâti sur la relation entre l'héroïne du roman et sa mystérieuse voisine de jeunesse, les contradictions que doivent combattre les personnage sont presque exclusivement vus à travers le prisme d'un regard féminin.
Allez et retour douloureux entre l'intime et l'historique, entre l'individuel et le social, il est peu probable que "Demande au Miroir" vous laisse indifférent(e).
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MaxDom
  17 septembre 2015
Je l'ai lu d'une traite. Une fois en main, impossible d'arrêter. Chahla Chafiq dépasse les clichés sur l'Iran, la révolution et les femmes pour nous entraîner dans un univers complexe, celui d'anciens révolutionnaires devenus des gens comme les autres, certains amers d'avoir perdu leurs illusions, d'autres encore perdus dans un passé qui ne passe pas. Ni méchants ni gentils, ni héros ni lâches, juste des hommes et des femmes ayant vécu des moments historiques, ayant été grands comme des dieux, et désormais rendus à leur condition humaine.
Une écriture poétique, enveloppante et légère de la fraîcheur des images et des réflexions développés dans le roman.
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CelineBen
  27 septembre 2015
J'ai beaucoup aimé l'écriture poétique de Chahla Chafiq. Mais ce qui m'a le plus marquée, c'est sa manière particulière d'écrire. C'est comme si elle écrivait simultanément avec un stylo et une caméra. En lisant le roman, j'avais l'impression d'être plongée dans un film. Il se déroulait sous mes yeux sans aucune difficulté. J'y étais, alors même que je ne connais quasiment rien au contexte iranien ou à l'exil. En plus de cette écriture très particulière, le roman nous offrent des images qui ne tombent jamais dans le commun ou le déjà vu. Elles sont d'une fraîcheur étonnante.
J'ai aussi beaucoup aimé la drôlerie du rapport entre Elaheh et son jeune amant (une cougar à l'iranienne !).
Et l'amitié qui se construit au fil du roman entre Guita et Elaheh (son aînée d'une quinzaine d'années) est magnifique. Avec une grande sensibilité, Guita parvient à percer le(s) secret(s) de cette déesse persane déchue de son trône. Elle parvient à lui redonner une humanité que son personnage de déesse lui avait peu à peu retirée.
C'est un roman d'une grande humanité, servi par une belle (et surprenante) écriture.
N'hésitez pas !
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Eleusis
  02 octobre 2015
Au début, je ne savais pas quoi penser du personnage principal. Guita Salim a quitté l'Iran avec son mari au moment de la révolution et s'est installée en France. L'exposition du roman nous fait bien vite comprendre qu'elle charrie avec elle des traumatismes avec lesquels elle doit aujourd'hui composer. Les drames de sa vie se dévoilent lentement, au terme des nombreuses circonvolutions de l'héroïne qui n'a pas tout à fait rompu avec les blessures d'autrefois et semble rechigner à les regarder en face. Ce qui est drôle, c'est qu'au départ, Guita m'a semblé passive, ballottée par les événements, traversant un peu sa vie comme une somnambule. Elle est dans l'admiration face à Elaneh, l'écrivain qui habitait en face de chez elle à l'époque, puis face à Sina qu'elle rencontre en France après une longue correspondance, et qui s'échine depuis des années à écrire un roman qu'il ne parvient pas à finir. Elle est partie en France sous l'impulsion de son mari, elle est déconnectée de ses ressentis et de ses sensations, elle rencontre même Elaneh parce que Sina l'a voulu, et en subissant l'admiration qu'il a encore pour elle. Pourtant, un petit rouage a comme changé de sens dans la grande machine. Ce n'est pas éclatant ni même spectaculaire, c'est juste comme dans la vie : Guita change, fait peu à peu la paix avec son passé, s'en éloigne, presqu'insensiblement… et se dirige vers autre chose.

Sa relation avec Elaneh, princesse des rêves et des souvenirs aujourd'hui déchue, est particulièrement touchante. Son regard s'affûte ou, plutôt, se libère : d'avoir renoué avec son passé, elle peut désormais avancer sur sa propre route. Demande au miroir ne serait-il pas, en ce sens, un remède à la décadence ? A sa façon, sans fanfares, le roman nous raconte, simplement, avec une grande pudeur, l'histoire d'un renouveau – d'une lente régénération après le désastre.
Demande au miroir est un roman qui vous trotte longtemps dans la tête après l'avoir refermé. J'y ai vu d'autres choses : j'ai resongé à la grande fête, climax du roman, où s'entrechoquent les destins de tous ces iraniens, tournés vers le passé, perdus dans l'ivresse du présent ou allant déjà vers l'avenir – et qui semble à la fois un écho et une dissonance par rapport à celles qu'organisait autrefois Elaneh. J'ai repensé à Sina et à son roman avorté et au débat sur la littérature iranienne auquel assiste Guita, et où il est question du génial mais très sombre roman de Sadegh Hedayat, La Chouette aveugle. Que je pense lire au passage, tant qu'à faire.
En fait, il est vraiment complexe, ce livre. D'ailleurs, dans les quelques retours que j'ai pu lire (essentiellement celui de Clara dans les commentaires et ceux de Babelio), je vois que chacun y a vu des choses un peu différentes – sans être contradictoire. Alors plutôt que de me voir baragouiner et me demander ce que je dois mettre en avant dans ma propre chronique, vous devriez peut-être le lire aussi, pour voir ce que vous, vous y trouverez…
Lien : https://gnossiennes.wordpres..
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SoniaParis
  25 septembre 2015
Je viens de découvrir l'écriture de Chahla Chafiq grâce à "Demande au miroir". Une écriture très poétique, tout en pudeur, très délicate. Et en même temps ce roman peut aussi être d'une drôlerie incroyable. Les personnages sont progressivement mis face à leurs limites. Tout en restant attachants, ils peuvent nous apparaître dans tout le grotesque de la condition humaine.
C'est un livre que je recommande à tous ceux qui aiment être bousculés dans leurs habitudes.
Vous serez à la fois troublés et charmés par la grande sensibilité (et sensualité) qui se dégage de l'écriture de Chahla Chafiq.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MaxDomMaxDom   18 septembre 2015
Quand le roi, les artistes et les intellectuels délirent à ce point, le pays ne peut que se réveiller en plein cauchemar.
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MaxDomMaxDom   18 septembre 2015
Je n'ai publié qu'un seul roman. Il est sorti mutilé des ciseaux de la censure. Quand le le voyais dans les librairies, j'avais le sentiment d'être une pute.
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MaxDomMaxDom   18 septembre 2015
Dans cette étroite cellule, je créais un univers infini. Au comble de la servitude, j'étais devenue dieu.
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MaxDomMaxDom   18 septembre 2015
Moi, j'ai besoin de petits mensonges, ces délicieuses petites malices qui sucrent la vie.
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MaxDomMaxDom   18 septembre 2015
L'amour est bien le seul remède contre la vacuité, tant qu'il n'en devient pas la source.
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