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EAN : 9791090062467
Éditeur : Editions iXe (11/01/2019)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 6 notes)
Résumé :
À la veille du 8 Mars 1979, Khomeiny appelle les femmes à se voiler dans les lieux publics. Tandis qu’en signe de protestation, les Iraniennes envahissent par milliers les rues de Téhéran et d’autres grandes villes du pays, en France Simone de Beauvoir prend position en leur faveur, au nom de l’universalité des droits des femmes.

"Le deuxième sexe" fut pour partie traduit en persan dans les années 1970, les milieux iraniens francophones connaissent l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
sonfiljuliesuit
  12 avril 2019
Une lecture instructive avec cette plongée dans l'Iran et son évolution. Une évolution certainement lente, très lente même, mais les femmes et certains hommes se battent au quotidien pour une émancipation.
L'émancipation qui passe par des petites choses mais qui se fait malgré un pouvoir religieux très fort.
L'auteure décrit avec sensibilité, et de manière anecdotique le ridicule des pouvoirs religieux qui tentent tant bien que mal de "sauver" ces âmes perverties...
Simone de Beauvoir ne sert que de catalyseur à des générations de femmes et d'hommes en quête de liberté. Une liberté de choisir...
L'infantilisation par le religieux ne fait qu'accentuer la dichotomie entre le pouvoir et le peuple. Une plume légère mais sérieuse, où ce n'est pas tant la place de la femme qui est visée, mais bien la liberté. La liberté dont les femmes seront les premières à être privées...
Malgré les menaces de mort qu'elles peuvent recevoir, certaines n'ont jamais reculées ou cédées et continuent le combat pour le droit des femmes, mais surtout le combat pour la possibilité de choisir...
J'avais un peu peur que la lecture soit compliquée avec l'écriture inclusive, dont je ne suis pas fana. Même si je ne suis pas convertie à l'inclusive, cela ne m'a pas gêné.
L'auteure est une femme qui se bat au quotidien et cela se ressent dans son livre qui oscille entre la biographie et l'essai
Lien : https://julitlesmots.com/201..
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Soad13
  16 février 2019
Dans son dernier essai, le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir, Chahla Chafiq, a su allier ses deux palettes colorées de sociologue et d'écrivaine. Son écriture est fluide, elle a le sens de l'expression de la réalité pour happer les lectrices et lecteurs.
Comment nous happe-t-elle ? Elle nous fait rire, pleurer et cogiter. Elle part d'un événement qui peut sembler anodin les propos insolites de Fatemeh Allia, cheffe de la fraction des femmes au Parlement, qui vont susciter des moqueries sur les réseaux sociaux. La députée islamiste va exiger que le nom de Simone de Beauvoir soit retiré de l'une des rues de Téhéran et remplacé par les "Femmes martyres de la révolution". Ces femmes martyres qui représentent les valeurs islamiques. Elle argue que rien ne justifie qu'une rue de la capitale de la République islamique porte le nom de Simone de Beauvoir, propagandiste du féminisme occidental. Il est important de rappeler que Fatemeh Allia était pressentie pour être ministre de l'Education nationale…
Comme l'écris si bien Chahla, elle aimerait en rire mais cela lui donne envie de pleurer en bien des points en découvrant cet épisode sur les blogs iraniens.
Alors qu'aucune rue ne porte le nom de Simone de Beauvoir, je vous laisse le plaisir de découvrir ce premier chapitre en ne vous dévoilant pas d'où est partie la confusion.
Elle pose les questions essentielles à la compréhension de la lutte entre deux modèles de société mais aussi de deux modèles du féminisme : Les propos de la députée ne trahissait-elle pas la crainte de voir le féminisme se développer en Iran ? Quelle est l'importance symbolique de la figure de Simone de Beauvoir ?
Qu'est-ce qui poussent les propos et actions des femmes islamistes, de tous les milieux sociaux, à lutter contre le féminisme occidental et à oeuvrer à l'instauration et au maintien du régime islamiste ?
Puis, nous découvrons un livre ressourçant à chaque chapitre, l'Iran de sa jeunesse la ramène sur les traces de Simone de Beauvoir. Nous découvrons les auteurs-es iraniens-iennes méconnus-es du public européen qui ont étudié l'oeuvre "Beauvoirienne" le Deuxième sexe. Hossein Moshri, journaliste et traducteur, Homa Sarshar, journaliste, Farzaneh Milani, chercheuse et professeure en littérature personne et études de genre, Goli Taraghi, romancière, Vida Hadjebi Tabrizi, figure emblématique de la gauche radicale iranienne, etc…
C'est à travers les propos de ces intellectuels-elles que Chahla nous met des lunettes sur le nez pour comprendre l'empreinte de Simone de Beauvoir avant la révolution de 1979…Ses livres sont uniquement restés dans le cercle des études universitaires. Pour la majorité de ces intellectuels-elles, malgré son oeuvre monumentale, elle demeure la compagne de Jean Paul Sartre. Ce qui est intéressant c'est aussi la trajectoire de Chahla, son expérience de militante de gauche, de femme, son questionnement et son analyse dans l'appréhension des droits des femmes, des valeurs démocratiques et des droits humains.
Chahla Chafik rappelle : "En 1979, un mois à peine après l'arrivée triomphale de l'ayatollah Khomeiny en Iran, Simone de Beauvoir prit position aux côtés des femmes iraniennes qui, lors du 8 mars 1979, criaient dans les rues de Téhéran leur révolte contre l'ordre islamiste naissant (lire page 87). A la veille de ce 8 mars, le leader religieux avait en effet lancé un appel pour l'obligation du port du voile dans les lieux de travail. le 8 mars et les jours qui suivirent, des milliers de femmes investirent l'espace public contre cet appel". L'une des devises répétées lors de ces protestations était : « La liberté n'est ni occidentale, ni orientale, elle est universelle ».
Quand je dis que son essai est ressourçant, Chahla, la sociologue, a cette faculté de nous déciller les yeux sur les enjeux de la révolution de 1979 et post-révolution, au sein de la gauche iranienne, du clergé iranien et de ses mollahs et du mouvement des féministes islamiques. En filigrane, Simone de Beauvoir joue un rôle essentiel pour les femmes et les féministes iraniennes sur cette universalité des droits fondamentaux des femmes.
Son analyse dans les Temps modernes en 2008 sur Simone de Beauvoir et l'Iran est encore plus approfondi dans cet essai le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir. Son travail anthropologique est minutieux et captivant. Elle suit les blogs de jeunes filles et jeunes hommes, des femmes, elle répertorie, classifie, analyse. Elles/ils illustrent parfaitement la pensée de Simone de Beauvoir. Les blog de Firouzeh et de Farzaneh Simone, de Mohamed Tayarani et de Sepahbod Surena. Simone de Beauvoir les accompagne dans leur quotidien, leur réflexion sur la vie, sur leur revendication d'autonomie, de liberté : « le deuxième sexe » jens-é-dovom. Cette cyber dissidence, de la jeunesse iranienne, majoritairement des femmes, qui peut étonner le lecteur/la lectrice, par son nombre, est à la recherche de philosophie "des Lumières". Elles/ils revendiquent la liberté d'expression, la liberté de conscience, le refus de la bigoterie, de l'inquisition, elles défient l'islamisme et ses conséquences dans les relations d'égalité entre les femmes et les hommes, le code de la famille, leur rêve d'Amour.
Quand je dis que son essai est ressourçant, Chahla, la sociologue-écrivaine étanche notre soif d'universalité et nous démontre que tout le discours des anti-lumières n'aurait pu avoir de prise si les idéo-relativistes avait fait le lien entre l'Iran - son islamisme post-révolution – et l'atteinte aux libertés individuelles comme aux libertés collectives. Mais il faut du temps pour comprendre l'articulation d'une idéologie et ses atteintes aux droits politiques, aux droits fondamentaux des femmes, à la responsabilité de l'islam dans les inégalités entre les sexes.
C'est à la fois avec mes lunettes de femme héritière de l'immigration, héritière de la culture musulmane, mes lunettes de féministe et de laïque, mes lunettes de femme algérienne ayant vécu la tragédie islamiste, mes lunettes de femme française, mes lunettes d'antiraciste et d'internationaliste vivant le drame d'une réinterprétation des concepts que j'ai lu le rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir. Les «Orgon», défenseurs de l'islamisme, dans son développement multiforme en Occident et en Orient, considèrent comme les tenants de ces 40 ans d'islamisme – qu'au nom d'une « identité islamique » qu'il nous faut résister à l'invasion culturelle de l'occident considérée comme néocolonialiste dans le monde musulman… que le féminisme occidental nous intoxique.


Son rendez-vous iranien m'a plongé dans l'Etang de Simone de Beauvoir, au parfum du rêve, face à l'élan messianique de Foucault en 1979 pour la révolution iranienne et face au messianisme de nos « Tartuffes » idéo-relativistes du XXIème siècle qui exacerbent les appartenances identitaires. Ils sont toujours dans l'attente de l'homme providentiel que produira la « Révolution », ou les « soulèvements révolutionnaires » plutôt que par la Révolution des Femmes, qui représentent l'autre moitié de la population. Elles résistent et participent activement à la transformation politique sociale et culturelle de leur pays, voile au vent, en s'opposant à un modèle de société islamique qui enfreint la liberté des femmes et l'émancipation humaine. Les femmes aspirent à un modèle de société laïque et d'universalité des droits humains.
Chahla, ton rendez-vous iranien de Simone de Beauvoir se prolonge à travers le miroir que tu nous tends pour nous inspirer de cette résistance iranienne et plus particulièrement «des Filles de la rue de la Révolution».
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MartezeBeajour
  05 mars 2019
Au préalable, j'ai bien apprécié la règle grammaticale de proximité posé par la maison d'éditions iXe (que je découvre). Nous entrons dans la démonstration de Chahla Chafiq par une méprise : la confusion d'une ministre iranienne entre Simon Bolivar et... Simone de Beauvoir ! Une entrée en matière plutôt légère sur un sujet de plus en plus pesant au fil des pages, à mesure que nous progressons dans L Histoire iranienne et l'installation de la république islamique. Car Simone de Beauvoir n'est finalement qu'un prétexte pour nous parler de la relation de l'Iran à ses femmes. Elle n'ira pas en Iran, et ses travaux reçoivent au départ peu d'audience chez les écrivains iraniens exilés, un peu plus malgré tout dans le pays. Ce rendez-vous iranien est un rendez-vous manqué je trouve. Mais l'intérêt du texte est de nous expliquer comment les femmes de gauche iraniennes, non islamistes ou progressistes, se sont faites bernées par les promesses de Khomeiny, obnubilées elles-aussi par l'idée de s'affranchir en premier lieu de l'impérialisme occidental. Au mépris de leur propre liberté. La démonstration est très éloquente, étayée, comme une très bonne recherche universitaire, mais ne pourrait-on faire la même avec un autre intellectuel occidental ? S de B. est citée sur quelques blogs très intéressants, mais d'autres intellectuels le sont aussi sans doute ? Elle est utilisée ici comme une figure tutélaire, pour illustrer la 'quête de soi' de ces femmes opprimées, leur recherche de liberté. Et en somme qu'y a-t-il de plus important à défendre ?
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AliceW
  31 mars 2019
Passionnant essai sur la condition féminine en Iran
A partir d'une phrase de la députée islamiste Fatemah Alia énoncée en 2008, proclamant vouloir renommer une certaine rue Simone de Beauvoir à Téhéran, plongeant in-extremis dans une confusion digne des plus belles erreurs sur la personne, l'autrice saisit la symbolique de cette mémoire défaillante et accusatrice, et retrace les quarante dernières années de l'Iran à travers le prisme de la femme.
Chahla Chafiq, écrivaine et sociologue iranienne, exilée en France depuis 1982 après avoir fui le régime en place, rappelle comment en 1978, l'ayatollah Khomeiny appelait les femmes à revêtir le voile dans les lieux publics, au lieu de quoi les iraniennes investissaient la rue dans plusieurs grandes villes du pays. Leur démarches a été soutenue dans le monde entier, et notamment en France par Simone de Beauvoir, qui n'y mettra jamais les pieds, et qui d'ailleurs faisait à peine sourciller à l'époque.
Nous découvrons ainsi la posture des femmes et les rapports de mixité avant la révolution islamique de 1979, l'évolution du statut de la femme dans le pays depuis cet épisode charnière, et en filigrane le rapport aux écrits de Simone de Beauvoir dans les milieux intellectuels et universitaires de gauche de l'époque, voire plus largement le rapport au féminisme. Puis, plus tard, quel retentissement a eu la première traduction du Deuxième sexe en persan en 1991. Et aujourd'hui, quelle place occupe la philosophe pour susciter une telle méfiance des autorités.
Chalha Chafiq retrace, prend la mesure, observe, les pensées, opinions et postures, leurs évolutions au fil du temps, recontextualisant et explicitant les significations, les enjeux, les contradictions, permettant ainsi d'appréhender de façon globale l'histoire de l'Iran dans toute sa complexité.
Nous apprenons énormément de choses dans cet essai, sur les rapports femmes-hommes bien sûr, mais aussi le rapport à la religion, le rapport à l'occident. Un essai très riche qui multiplie les sources et les points de vue, politiques, journalistes, militants, blogueurs, citoyens lambda, auxquels Chahla Chafiq intègre ses propres réflexions et questionnements.
Une fenêtre ouverte sur l'Iran, un incontournable pour mieux comprendre ce pays et plus globalement l'évolution de notre monde.
Lien : http://casentlebook.fr/le-re..
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ClaraDomingues
  21 janvier 2019
À la redécouverte d'une histoire iranienne qui est la sienne, Chahla donne des clés sur des enjeux majeurs du socle républicain français pour comprendre comment l'islamisme a réussi à faire sa place dans « ses » deux pays et finalement dans « nos » deux pays. le cheminement intellectuel est audacieux : à partir de l'expérience d'un pays de culture musulmane, l'autrice démasque l'absurdité d'un islamisme qui asservit les peuples avec leur consentement. Finalement, c'est depuis Téhéran que nous comprenons ce que nous vivons en ce moment à Paris. le moment est venu de reconnaître que l'Iran a joué un rôle majeur dans l'Histoire des pays qui dépasse le prisme de l'économie et du pétrole. Quelque chose de plus grand que notre propre histoire s'est joué à Téhéran dans les années 70.
Ce « retour au pays natal » de l'écrivaine Chahla Chafiq est un brûlot nécessaire face aux certitudes d'un milieu intellectuel français gangrené par le relativisme culturel qui amène systématiquement la fin de la libre pensée et donc à l'obscurantisme.
Carine Delahaie
Lien : https://clara-magazine.fr/la..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
AliceWAliceW   31 mars 2019
Des années plus tard, à travers mon étude de l’islamisme et des rapports sociaux de sexe, je cernai mieux cet avertissement. Il révélait la grotesque contradiction qui imbibait les actes et propos de la gauche iranienne : les codes et les règles qu’elle valorisait dans le domaine des relations femmes-hommes contredisaient en tout point son affirmation de l’égalité des sexes et ses revendications de libération des femmes, de leur émancipation de traditions millénaires inégalitaires. Ainsi, elle incitait vivement à une camaraderie révolutionnaire où les femmes devaient dépasser des frontières sexuées au profit de la cause commune, où filles et garçons devaient apprendre à se voir comme des égaux luttant côte à côte pour un société juste. Mais tout se passait comme si la participation même des femmes mettait en péril ce projet, comme si notre présence allait réveiller le démon du désir sexuel et étouffer l’ardeur du combat politique.
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BrindacierBrindacier   26 avril 2019
En cheminant sur les traces iraniennes de Simone de Beauvoir, vous allez rencontrer un peuple qui crut, un jour, que l’islamisme pourrait être une issue et qui, depuis, subit cruellement le profond désespoir ouvert par cette perspective. Vous allez rencontrer des femmes et des hommes de plusieurs générations, accompagner leurs regards, entendre leurs paroles. Et découvrir,
je l’espère, que ce sur quoi leurs expériences et réflexions nous interpellent n’a rien d’exotique et devrait, au contraire, nous inciter à prendre très au sérieux les enjeux de la diversité culturelle et de l’universalité des droits humains.
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Vidéo de Chahla Chafiq
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