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EAN : 9782072777202
Éditeur : Gallimard (06/09/2018)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 59 notes)
Résumé :
1983. La disparition d’une fillette dans un petit village. L’implantation dans la région d’un parc à thèmes inspiré d’un jeu de rôles sombre et addictif, au succès phénoménal. L’immersion de trois adolescents dans cet Empire des chimères qui semble brouiller dans leurs esprits la frontière entre fiction et "vraie vie".
Tragédie locale, bouleversement global et mondes alternatifs, Empire des chimères nous entraîne dans un labyrinthe vertigineux dont les ramifi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  18 octobre 2018
Plonger dans ces 672 pages, c'est accepter de ne pas tout maitriser, de ne pas tout comprendre, de se laisser aller pour savourer ce roman, kaléidoscope vertigineux par les multiples facettes qu'il laisse entrevoir, un peu comme dans un film de David Lynch.
Du coup, les esprits cartésiens resteront sans doute sur le côté de la route. Moi, j'ai été littéralement hypnotisée par cette intrigue addictive qui mêle en mode poupée russe une tragédie locale ( la disparition d'une fillette, l'enquête pour la retrouver et son impact sur une petite communauté rurale française ) aux tractations politiques pour l'installation d'un parc d'attraction ici-même. Poupée russe qui devient complètement folle lorsqu'arrivent d'étranges chapitres sur le jeu de rôle Empire des Chimères ( le point de départ dudit parc d'attraction ) , nous immergeant littéralement dans une partie que jouent des ados du village de la disparue, mais aussi dans la conception même de ce jeu qui a rendu fou ces créateurs.
Tout devient fiction, tout devient réel. Antoine Chainas s'amuse à tordre le réel par petites touches fantastiques ( une boîte mystérieuse au contenu magique, une corneille blanche, un champignon invasif, de la moisissure, un scarabée pique-prune en voie d'extinction, une étrange créature homme-chien etc ).
Ces torsions s'accélèrent au fil d'un récit parfaitement maitrisé. Toutes les ramifications finissent par se rejoindre de façon très cohérente.
Mais cela ne s'arrête pas là. On tient là un roman étiqueté «  polar » qui renouvelle complètement le genre. le lecteur est considéré comme un être intelligent à qui il faut fournir du matériau pour faire carburer son cerveau. Là , tu as le bulbe en ébullition pour essayer de relier toutes les pièces du puzzle et ne pas te perdre dans ce labyrinthe. Surtout tu réfléchis. Car ce roman est profondément ancré dans son monde, celui des années 1980, époque charnière du désenchantement de la gauche française rattrapée par les réalités de la mondialisation et de l'ère du divertissement mondialisé, de Los Angeles jusqu'à un patelin rural français paumé.
Les personnages du roman ( une dizaine environ que l'on suit vraiment ) sont eux aussi en ébullition. Tous sont psychologiquement très fouillés, jamais linéaires, notamment le garde-champêtre Jérôme qui mène l'enquête sur la disparition de la petite Edith, rongé par son passé algérien, apaisé par la présence de sa femme lourdement handicapée.
Le tout est porté par une écriture d'une grande élégance, précise, travaillée, utilisant des mots très recherchés.
Original, brillant, déroutant, un régal !
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ange77
  19 novembre 2018
« Une fois que l'on est converti à l'usage intensif des livres, on ne peut plus se laisser tenter par l'ivresse cathodique. »

Je remercie sincèrement l'équipe de Babelio et les éditions GALLIMARD - série noire, pour m'avoir permis de découvrir, avec beaucoup de plaisir et une immense curiosité, « Empire des Chimères » et son auteur Antoine Chainas, lors de l'opération MC « Mauvais genre » d'octobre dernier.

Complexe et vertigineux.

Avec la meilleure des volontés, je serai bien en peine de résumer ce bouquin...
« Empire des Chimères » est assez compliqué et risque d'en rebuter plus d'un, cependant c'est un récit comme on en voit peu, magistral et maîtrisé, dense et intense.

« Fruit d'un travail de cinq ans, écrit par moments dans un état second » ; c'est l'auteur lui-même qui le dit, et cela ne me surprend guère au sortir de ce roman noir classé polar, mais surtout inclassable en réalité, véritablement atypique et peut-être même parfois abscons pour qui ne prendra pas la peine de s'immerger pleinement dans cette histoire relativement alambiquée.
C'est qu'il faut un minimum de concentration pour s'y retrouver, mais pas seulement. Il faut également - et absolument - accepter de se laisser transporter dans un univers sibyllin aux allures de labyrinthe sémantique, malgré le risque de se perdre totalement... Enfin, il faut oublier toute logique cartésienne au profit d'une certaine opacité et de l'hermétisme inhérent.
Varié, bigarré, aux multiples facettes, tout en restant cohérent : une réussite.
Également bourré de références littéraires ou cinématographiques dont le lecteur rendu spleenétique s'amusera probablement à retrouver l'origine.
Bref, il faut s'accrocher ! Et si on y parvient c'est un pur bonheur ;-)

« - le temps n'a pas d'espace et l'espace n'a pas de temps. Nous pouvons être aujourd'hui et hier, ici et là-bas en même temps. »

Un conte contemporain en mode gigogne, dont on devine bien évidemment que chaque infimes détails, chaque bribes de vie, finira par plonger inexorablement vers le même fleuve, certes long mais loin d'être tranquille...

Tragique, onirique et poétique.

Un « polar noir » donc - mâtiné de fantastique - mais résolument novateur, unique. Une revisite du genre terriblement originale.
Riche d'un vocabulaire particulièrement pointu (avoir un dictionnaire à portée de main est vivement recommandé), le récit, narré au présent et de fait très rythmé, vous déstabilise et vous chavire jusqu'a la frontière entre onirie et folie, entre fiction augmentée et troublante réalité... Chainas s'en est donné à coeur joie, à n'en pas douter.
Les personnages principaux (le garde-champêtre, au douloureux passé, et qui trouve malgré cela la paix de l'âme grâce à l'amour de sa femme paraplégique ; l'ancienne institutrice, vieille fille solitaire ; l'adolescent « perturbé » et obnubilé par d'étranges visions ; l'agent immobilier qui jalouse son frère ; ...etc...), tous extrêmement fouillés et vivants, voltigent loin des clichés, ce qui les rend d'autant plus captivants et attachants - pour la plupart du moins...

« Pour accueillir la surprise, il faut quitter l'attente. »

Avec ce roman kaléidoscope de Chainas, je pense à une phrase en particulier - du réalisateur Patrice Leconte lors d'un documentaire sur le regretté Jean Rochefort, que j'ai revu récemment - et qui exprime selon moi l'essence même de ce livre :
« La passion, qu'elle soit professionnelle, humaine, amoureuse,... doit être rouge vif. »
> Empire des Chimères est purement et simplement rouge vif =)

« Même si je ne sens rien, j'ai chaud pour toi. Laisse se répandre la langueur. »
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kuroineko
  16 septembre 2018
Dans la catégorie inclassable, je demande Empire des chimères d'Antoine Chainas. Comme c'est le premier livre que je lis de lui, je ne sais pas si ce titre sort du lot ou si c'est un fait coutumier.
Toujours est-il que je me suis très rarement sentie partagée à propos de cette lecture. Ai-je aimé? En tout cas, je suis allée jusqu'à la dernière page. Pur masochisme de ma part? Non car il y est bon nombre d'éléments très intéressants dans cet ouvrage. Là où je me heurte à un dilemme, c'est que je ne suis jamais vraiment parvenue à déterminer le but visé par l'auteur.
Antoine Chainas nous embarque dans des intrigues qui, on le sent rapidement, vont se recouper. Son prologue offre une dimension quasi mythologique à ce qui va suivre. Ses récits sont montés de façon si alambiquées et labyrinthiques, mêlant le jeu de rôle éponyme au quotidien bousculé d'une petite bourgade rurale d'un coin perdu et boueux de France, ainsi que des négociations en vue de l'implantation d'un parc à thème avec une grande firme de divertissement américaine qui n'est pas s'en rappeler Disney.
D'ailleurs, il précise en guise d'avertissement : "Ce récit est une oeuvre de fiction. Par conséquent, toutes ressemblances avec des faits réels et irréels, toute similitude avec des personnes existantes et inexistantes, ne saurait être que fortuite et volontaire." Nous sommes prévenus dès le départ que les pages à venir risquent d'être déconcertantes. Et le jeu de rôle Empire des chimères fait partie de ces choses très bizarres, ramenant comme un leitmotiv une boîte noire ornée d'une corneille blanche sur le dos.
En fait, lire ce livre, c'est un peu comme regarder un film de David Lynch quand il se lâche vraiment. J'ai ressenti attraction et fascination pour le roman tout en ayant conscience de ne pas appréhender toutes les données qu'il apporte.
L'action principale se situe entre 1983 et 1984. Années Mitterrand et Reagan selon de quel côté de l'Atlantique on se situe. Ordinateur, four à micro-ondes, etc sont des termes qui tendent à se répandre, avec néanmoins une aura de magie qu'on ne peut atteindre (pas encore en tout cas). La crise économique dure depuis le premier choc pétrolier, renforcée par le second mais les mesures proposées de rigueur entrent en conflit avec des désirs de consommation. Consumérisme exacerbé par les chantres du libéralisme et qui se retrouve dans chaque extrait du traité de philosophie urbanistique de Sydney Taylor Lawney, l'équivalent Disney du roman.
Outre ces thèmes socio-économiques, Antoine Chainas aborde les champs de la folie et de la réalité. C'est certainement là que le livre entre dans des méandres ombreuses. Qu'est ce qui prouve que le réel est réel? Plusieurs personnages se confrontent à cette question, de façon plus ou moins explicite. Cet aspect m'a rappelé le film L'Antre de la folie, dans les années 1990, qui tend à montrer que la réalité n'est que le point convergent de la majorité. Angoissant et dérangeant concept.
Côté personnages, qui sont nombreux et diversifiés, l'auteur les a soignés. Tous sont bien incarnés, ont une profondeur qui les rend intéressants et crédibles: Jean, psychologiquement instable, Cindie sa copine gothique, Robert qui a été recruté par Lawney lui-même et lui voue un culte, Annabelle l'ancienne institutrice, etc. Beaucoup sont attachants. D'autres ... moins. Mon chouchou reste Jérôme, le garde-champêtre, ancien de la guerre d'Algérie dont l'amour de et pour sa Corinne a apaisé les cicatrices à l'âme.
Un dernier point du roman : sa richesse en matière de vocabulaire. J'ai découvert une foule de mots - merci le dictionnaire : leucosélophobie, théurgie, hyphe, usnée, cétoine, et bien d'autres. Que des termes faciles à replacer dans une conversation!
Bizarre, mystérieux, énigmatique et symbolique (rien que sur les champignons qui envahissent il y aurait beaucoup à dire), Empire des chimères est tout ça et plus encore. Il est classé parmi les policiers mais c'est là un choix subjectif car, comme je l'ai dit en introduction, il mériterait une catégorie à lui tout seul.
En conclusion, j'en reviens à ma question du départ. Ai-je aimé ce roman? Une chose est sûre, j'en ai apprécié beaucoup d'aspects. Alors peut-être qu'au fond, je l'ai bien aimé cet Empire des chimères. L'offrirais-je à des proches? Je ne crois pas; le pari serait trop risqué. Pourtant je le recommande aux amateurs d'histoires étranges.
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Renod
  19 novembre 2018
Lawney est le premier groupe de divertissement au monde. Ses studios produisent un film d'animation chaque année à l'approche des fêtes. La mécanique est rodée : la famille va voir le film, achète les produits dérivés et se rend au parc d'attraction. L'amusement est une industrie très rentable. Au début des années 80, la mondialisation s'accélère et le groupe projette de créer un parc en Europe. L'Espagne a un avantage, son climat, mais la France semble être un terreau propice à l'imagination. le gouvernement socialiste de l'époque n'est pas indifférent à cette manne financière et semble prêt à faire de nombreuses concessions pour accueillir les investisseurs. Lawney souhaite bâtir une ville dans le prolongement du parc, un urbanisme semblable à un décor de film et où tout est tourné vers la consommation. Mais la découverte d'un pique-prune, un insecte protégé, sur le lieu prévu pour l'implantation peut faire capoter le projet…
Lensil, une commune rurale, se situe au coeur de la zone d'aménagement retenue, ce que ses habitants ignorent. Il faut dire que le village est bouleversé depuis plusieurs jours par un drame. Une petite fille a disparu. L'enquête dirigée par les gendarmes ne donne rien. Les parents sont désemparés.
Dans le voisinage, trois adolescents de la commune se retrouvent le week-end pour jouer à un jeu de rôle : l'Empire des chimères. le jeu a été développé à partir des personnages mi-bêtes, mi-hommes, des films Lawney. C'est un succès commercial hors normes. Une nouvelle version d'Empire des chimères a été développée mais le groupe la a renoncé à la sortir. Des exemplaires piratés circulent pourtant sous le manteau. le jeu est particulièrement addictif. Les participants s'immergent totalement dans un univers imaginaire. La réalité rejoint la fiction qui à son tour rejoint la réalité. Les différents niveaux de réalité se mélangent, interagissent, l'espace et le temps s'effacent. le présent se dédouble une multitude de possibles.
« L'Empire des chimères » est une oeuvre à part dans cette rentrée littéraire. Ce roman m'a surpris par son originalité et sa complexité. Après en avoir tourné la dernière page, j'ai repris certains passages pour en saisir le sens global. L'auteur incorpore des éléments de la fantasy qui m'ont fait penser à Stephen King. Le récit mêle plusieurs niveaux de récit pour superposer différentes dimensions qui coexistent indissociables et dépendantes les unes des autres. De nombreux sujets sont abordés : l'industrie du divertissement, l'émergence de la mondialisation, la vie dans un village de la "France périphérique". Une oeuvre ambitieuse qui détonne dans la production française.
Je remercie Babelio et les éditions Gallimard pour leur confiance.
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Cigale17
  15 juin 2019
Je ressors un peu essoufflée de ce gros roman en 2 livres, 8 parties et 156 chapitres, presque tous courts, auxquels il faut ajouter un intermède (entre les livres 1 et 2). Je l'ai lu lentement, en prenant des notes dans les deux premières parties avant de laisser tomber : ces précisions me ramenaient sans cesse en arrière pour vérifier qui était qui, si tel événement avait bien eu lieu de cette manière ou si j'avais confondu ou mal compris...
Dès l'avertissement, avec une suite d'antithèses, Antoine Chainas annonce pourtant la couleur : « toute ressemblance avec des faits réels et irréels, toute similitude avec des personnes existantes et inexistantes, ne saurait être que fortuite et volontaire ». Ne pas être trop cartésien, donc… En exergue du Livre I, une citation en anglais de E. Cardon Walker datant de 1982 précise le contexte : cet homme (réel) est le créateur de plusieurs parcs Disney dans le monde. En exergue du livre II, une phrase de Ronald Reagan en forme d'avertissement fait référence à un Empire des chimères, et en exergue de chaque partie, une citation assez longue de Sidney Taylor Lawney, tirée d'un livre intitulé le Coeur de nos villes, pose les bases d'une cité (?) idéale. On en suppose l'auteur architecte, urbaniste ou sociologue avant de comprendre qu'il s'agit d'un personnage fictif, maître à penser de certains des protagonistes. Un narrateur à la troisième personne raconte, au présent, les faits qui se déroulent majoritairement dans la première moitié des années 80, avec des retours en arrière d'inégale longueur concernant la guerre d'Algérie telle que l'a vécue Jérôme, un des personnages principaux, ou encore la genèse d'Empire des chimères et les aventures de ses concepteurs. Cependant, la même scène peut-être racontée deux fois, par les yeux de deux personnages différents. Il arrive aussi que certaines scènes soient présentées au futur ou au conditionnel sans qu'on sache toujours si elles auront lieu ou si elles auraient pu avoir lieu. À trois ou quatre reprises, ce narrateur laisse la place à un « nous » collectif dont je me garderai bien de dévoiler l'identité.
Même si on voyage parfois à Los Angeles, l'action se déroule essentiellement à Lensil, village situé dans une région déjà sinistrée à cette époque. Trois ados se passionnent pour un jeu de rôle particulièrement addictif : ils possèdent une copie pirate de la deuxième version jamais commercialisée, Empire des chimères II. La disparition d'une fillette bouleverse l'ensemble du village. La gendarmerie intervient et n'apprécie pas trop l'enquête que Jérôme, le garde-champêtre, mène parallèlement à la leur. Autre sujet d'inquiétude, une moisissure, un champignon (achronalis anomalia) envahit les canalisations et les maisons ; le nom du parasite fait, me semble-t-il, allusion à une anomalie temporelle. Le lecteur comprendra que la moisissure contamine les deux univers : le « réel » et « l'imaginaire », sans que l'on sache trop lequel est lequel tant il est difficile parfois d'en tracer la frontière... Un consortium américain aimerait créer un parc de loisirs en Europe et, pour ce faire, contacte Henri Davodeau, originaire du village de Lensil où son frère Denis tient toujours l'agence immobilière familiale. Ce parc de loisirs s'inspirerait de la première version d'Empire des Chimères qui a connu un succès planétaire. C'est essentiellement à partir de ces divers éléments qu'Antoine Chainas élaborera son intrigue complexe et passionnante dont l'élément récurrent est une mystérieuse boîte noire avec, représenté sur le couvercle, un oiseau sur le dos.
J'ai mis du temps à me laisser prendre et à m'immerger dans ce foisonnant roman, très intéressant par bien des aspects. Il est à peu près impossible de le classer dans un genre défini. Il touche au fantastique : on n'éprouve pas plus de certitude que les protagonistes, on ne sait jamais si le passage réaliste qu'on est en train de lire ne va pas glisser vers un ailleurs improbable et effrayant, mais un ailleurs qui serait toujours ici et maintenant. Il prend parfois l'allure d'un roman policier, parfois l'intrigue se double d'une critique sociale (dans la mire de l'auteur : le consumérisme, la perte d'une certaine forme d'innocence ou de naïveté, l'uniformisation de la culture, entre autres), parfois la vie du village et les moeurs de ses habitants viennent au premier plan. Chainas lui-même parle de « difformité littéraire » et qualifie son roman de « rural noir quantique vintage » dans une intéressante entrevue issue d'un échange de courriels avec le blog Nyctalopes. Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit là d'une oeuvre aboutie et parfaitement originale, aussi déroutante qu'attachante. J'en émerge un peu épuisée, mais enchantée !
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critiques presse (1)
LeMonde   03 décembre 2018
Un village perdu, son parc d’attractions en projet, son enfant disparu… L’écrivain, figure singulière de la « Série noire », s’écarte des voies classiques du polar.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
ange77ange77   26 octobre 2018
Quelle poisse ! Maintenant, la nuit est tombée. Les patrouilles sont revenues bredouilles, la battue n’a rien donné. Tout juste a-t-on exhumé un étrange charnier d’animaux. Une dizaine de chats. Un empoisonnement massif ? La réserve de nourriture d’un prédateur ? Il n’a pas eu le temps d’approfondir la question. Les félins ont été confiés au vétérinaire du village voisin (...). Jérôme n’a pas encore la description de tous les animaux, mais imagine déjà que l’absence de certains compagnons à fourrure sur la commune pourrait bientôt s’expliquer. Il songe, avec le sourire amer qu’immanquablement provoque la conscience trop aiguë d’un mauvais jeu de mots, qu’il a pour l’instant d’autres chats à fouetter.
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ange77ange77   25 octobre 2018
Et soudain, un coup de vent dans l’entrelacs des branches malades, un frémissement parmi les herbes sèches ; les rares feuilles mortes tourbillonnent sur un sol noir et la rumeur se répand. De simples mots inoculés ainsi qu’une décoction inoffensive mais amère au palais : « Elle a disparu ».
Le bruit n’arpente pas les hameaux à la cadence d’une braisière de tourbe mais avec la vélocité d’un feu de broussaille. La parole n’est pas une flamme qui couve, un foyer mal éteint ; plutôt une traînée de poudre.
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kuroinekokuroineko   14 septembre 2018
Michael était devant sa machine à écrire, plongé dans une de ses transes où la leucosélophobie se mêlait à une sorte de rêve éveillé, un songe qui fouissait des entrailles avec la cruauté d'une intoxication alimentaire et au cours duquel il s'imaginait invité à Apostrophes, la célèbre émission littéraire française qu'il semblait être le seul à connaître de ce côté de l'Atlantique.
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Charybde2Charybde2   18 novembre 2018
Dans le quart d’heure qui suit la fin du repas et précède la tâche fastidieuse de la vaisselle, la table est désertée sous l’œil indifférent du tube cathodique.
Les objets statiques sont livrés à leur propre inertie, abandonnés dans l’attente d’un usage prochain.
Les assiettes des enfants, plats à liséré vert, recueillent encore quelques restes de viande noyés dans le bouillon marron. Celles des parents sont plus propres. On a essuyé les vestiges du pot-au-feu avec des morceaux de pain. La moitié restante d’une baguette est disposée en biais à l’extrémité la plus éloignée du poste de télévision. Après qu’on l’aura glissée dans un sac prévu à cet effet, elle attendra d’être finie le lendemain, au petit déjeuner. Deux ou trois miettes subsistent à la base d’une bouteille d’eau en plastique. Les gouttes de condensation, ramassées sur elles-mêmes, brillent comme des diamants de pacotille. La salière et la poivrière forment un couple indissociable, un tantinet désuet, sur leur support de fer-blanc. Trois des chaises sont poussées contre la table. La quatrième, celle de Jean, demeure légèrement en retrait. Elle paraît céder à l’attraction du mur où s’entassent les bibelots, ainsi qu’une photo des deux frères aux ports d’hiver. La lumière tantôt verdâtre, tantôt jaune du poste de télévision hérisse les angles d’ombres mouvantes.
Quatre chaises, une table, c’est assez pour faire une famille.
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kuroinekokuroineko   13 septembre 2018
Julien a grandi dans un monde sûr, où les enfants sortent s'amuser dans les rues sans que les adultes ne s'alarment, où les saisons sont encore rythmées par le cycle naturel des moissons et le retour des hirondelles. Un monde peuplé de têtes familières. On s'y salue, on s'y jalouse mais jamais on ne s'ignore. Ce monde-là aura bientôt disparu.

[N.B: nous sommes en 1983]
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Videos de Antoine Chainas (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Chainas
Une seconde boîte à question avec Antoine Chainas, à l'occasion de la remise du Grand prix de littérature policière 2014, qu'il s'est vu décerné pour le magistral et très intense "Pur". ( à La Bibliothèque des littératures policières.)
autres livres classés : Jeux de rôle (jeux)Voir plus
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