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EAN : 9782020050845
187 pages
Éditeur : Seuil (01/02/1979)
3.5/5   8 notes
Résumé :
L'âge du tendre est jalonné d'épreuves initiatiques,autant d'étapes à franchir pour conjuguer le verbe aimer:l'oeil du voyeur entre les feuilles,les orgues de la communion sollennelle,les seins qui pointent,les trois gouttes de sang-géranium,les cris du père et ses larmes,une nuit;le premier homme,mais aussi Noémie,"les femmes en noir",les chagrins d'amour.
L'âge du tendre m'a fait traverser les terres féminines et les terres masculines.J'ai appris qu'elles n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
brigittelascombe
  15 décembre 2011
Marie Chaix ( auteur contemporain d'une quinzaine d'ouvrages,traductrice,attachée de presse,biographe) a établi sa propre carte du tendre dans cette autobiographie. Déambulation de paysage en paysage de sa naissance jusqu'à celle de son premier enfant.
Des paysages aux couleurs douces puis plus éclatantes : du blanc de l'enfance où dans la maison grand-paternelle elle baisait les lèvres de marbre d'un David au sexe caché par pudeur pour s'exercer,au gris des retrouvailles avec le père absent,au mystique d'une petite fille "élévée par des femmes sans hommes" qui communie (une fois n'est pas coutume) à "la gloire du doux Jésus",au rouge du sang des règles, à l' ingrat de l'adolescence dans une froideur toute paternelle, à l'intimiste de la vie de famille,au gris lycée, au premier homme, père qu'il faut émouvoir,aux fôrets verdoyantes à arpenter aux côtés de sa soeur, au bleu de l'Allemagne l'été,à la chaleur de île au coeur, maison familiale, au noir des deuils à assumer, au mauve de l'amour.
Vaste tour d'horizon d'un grand pan de vie à l'arc en ciel retrouvé.
Ce ne sont pas tant les souvenirs et les émotions diverses éprouvées que j'ai appréciés dans ce roman que l'écriture.
Marie Chaix a un débit très alerte, un rythme rapide qui évoquent une fougueuse cascade. Ca mitraille,ça rugit,bondit,crache,chante,glisse,coule,pleure,vocifère,tempête,chuinte de pensée en pensée et de mot en mot mais ça ne laisse jamais indifférent.
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topocl
  23 janvier 2019
C'est la carte du tendre personnelle, de Marie Chaix, les étapes clés, les moments où la tendresse est soit bafouée, soit exaltée , les écueils et les récifs où se raccrocher. Ces temps où la vie  et la féminité se construisent.
Ca commence par un très beau prologue qui montre le "ludion" Marie Chaix dans le ventre de sa mère, et qui s'y trouve si bien, mais il va bien falloir découvrir le vaste monde. C'est vraiment beau, cette partie, peur et curiosité mêlées.
Ensuite, des choses sur cette enfance entourée de femmes, avec le père qui débarque au milieu, sortant de prison, et plus rien n'est pareil. Il aime et repousse. Puis, les classiques de l'éducation  des filles  et jeunes filles de la petite bourgeoisie catholique, le poids de cette religion qui n'a guère de sens que celui du cérémonial,  les premières règles dont on ne vous a pas prévenue, l'apprentissage que les possibilités sont différentes pour les garçons et pour les filles. La sagesse, la soumission, la tendresse, l'envie de bien faire, qui n'empêchent pas de s'interroger.
Alors, prendre de la distance, un premier homme qui n'est qu'utilitaire pour assurer un passage.
Assez classique tout cela, mais raconté avec une vraie poésie, une musique, une fougue, presque, quelque  chose de quasi sensoriel que l'âge adulte a autorisé.
Ca se gâte dans la description des relations féminines-clés, ça devient tout confus,  c'est assez bizarre de sortir de l'âge adulte et que l'histoire devienne comme un rêverie inaccessible, emberlificotée, dans une apothéose du poétique et du sensuel, qui m'a carrément fait lâcher prise, cartésienne que je suis. Qui sont ces femmes mystérieuses, adulées mais non dévoilées ? j'ai cru y reconnaître Barbara, femme en noir, mais c'était si flou que j'ai dû faire des recherches, et , oui, Marie Chaix a été la secrétaire de Barbara. Et les autres ? Est-ce un roman à clé ? Devrais-je les reconnaître ? Elles sont tellement évanescentes. Et quel type de relation Marie Chaix entretient-elle avec elles ? J'avoue avoir été  submergée par la vague.
Enfin il y a un homme, vital, mais quasi aussi flou. Et une enfant qui naît à son tour, qui boucle la boucle, curieusement enfermant la femme dans la seule image de la procréation.
Voilà.
C'est très disparate, pour le moins. En tout cas, mon vécu est très disparate. J'y ai glané de belles choses, et c'est déjà énorme. j'y ai trouvé du  plus convenu (ce genre de parcours n‘a t'il pas été raconté 100 fois?), mais joliment raconté. Et je m'y suis aussi sentie totalement perdue par moments.  Il n'en reste pas moins une écrivaine, une femme touchante, qui prend sa vie comme un champ de labour où germe une belle écriture, très chaleureuse.
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zabeth55
  26 juillet 2012
Autobiographie très personnalisée.
Toutes les étapes initiatiques de l'enfance de l'auteur sont relatées dans un style particulier où transparaît l'amour des mots, l'amour de la vie malgré les peurs, l'amour des femmes.
Chaque chapitre est un paysage.
De sa naissance jusqu'à ce qu'elle soit mère à son tour domine toujours cet énorme besoin d'amour.
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crapette
  13 janvier 2013
A la relecture cette autobiographie romancée m'a beaucoup émue, sans doute parce qu'à travers Marie je me revoyais, moi, dans les pages intitulées "Doux Jésus", "Paysage en rouge" ou encore "Esquisse d'une vie de famille" mais aussi "Les femmes en noir", (bonnes soeurs comprises?) évoquant sa rencontre avec la chanteuse Barbara.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
brigittelascombebrigittelascombe   15 décembre 2011
Je n'ai jamais rien demandé à cet homme énigmatique.Depuis qu'il est entré dans ma vie avec sa démarche de père,son costume et sa cravate de père,son crane chauve et sa voix péremptoire de père,je me suis contentée de vivre auprès de lui comme une ombre,de le regarder quand il ne me regardait pas,incapable d'imaginer que l'on puisse ne pas craindre un homme de cette envergure qui a fait couler tant de larmes,d'encre et de prières.Depuis qu'il est devenu mon père, j'ai seulement écouté le peu qu'il a raconté,je n'ai rien revendiqué.
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zabeth55zabeth55   26 juillet 2012
Aime-moi, amour, mon amour, tu ne peux que m’aimer.
Amo, amas, maman, mamour, mourir, le verbe aimer tu l’apprendras, en même temps que mes larmes, la ritournelle, toi aussi tu la chanteras, amour, amour, pour guérir de mourir.

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brigittelascombebrigittelascombe   15 décembre 2011
Ô légendes de nos aïeules, poétique colportage de souffrances,de chagrins étouffés sous l'épaisseur des jupons,enfouis sous la cendre de l'âtre ou crachés dans le puits,rassurante mythologie des origines paysannes,les petits-fils de la terre se souviennent de vous,pour chanter leurs méchants couplets à la gloire des femmes-comme-on-n'en-fait-plus.
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brigittelascombebrigittelascombe   15 décembre 2011
Le sang de la femme est la marque de sa chair,sa différence,son étrangeté,son signe particulier,son étoile à six branches.Au long des millénaires,au cours de civilisations inspirées par les hommes,les hommes ont vu dans le sang de la femme un symbole de sa faiblesse, de son infériorité.
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brigittelascombebrigittelascombe   15 décembre 2011
Aimer "à sa façon", ce n'est pas aimer, c'est se permettre tous les caprices et être sûr que l'on vous aime quand même,ou que l'on vous aime davantage.
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Videos de Marie Chaix (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Chaix
Harry Mathews invité de la librairie Les Cahiers de Colette à Paris le 18 juin 1991 à l'occasion de la parution de "Cuisine de pays" aux éditions P.O.L avec dans la librairie notamment Harry Mathews, Marie Chaix, Colette Kerber, Paul Otchakovsky-Laurens, Jean Echenoz, Carine Toly... Cuisine de pays, de Harry Mathews traduit de l?américain par Marie Chaix, Martin Winckler et Jean-Noël Vuarnet; Cuisine de pays est un recueil de treize nouvelles, où les techniques ludiques de l?Oulipo jouent un grand rôle. L?humour et la gravité s?y disputent la prééminence. On y apprendra non seulement la recette de la succulente (?) farce double, mais encore les raisons de la supériorité généralement admise des violonistes russes, ou encore les étonnants procédés de traduction du Pagolak. On ressentira aussi, à la lecture de ces textes qui vont de l?érudition joueuse au désespoir tranquille, un très réel vertige."
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