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EAN : 9782020691734
180 pages
Éditeur : Seuil (07/01/2005)
3.3/5   10 notes
Résumé :

" C'est tout de même bizarre. Ma fille quitte son mari et c'est moi qui me sens abandonnée, avec l'impression de l'avoir perdu. Leur séparation me déchire le cœur. Que m'arrive-t-il ? Pourquoi leur histoire deviendrait-elle mienne aujourd'hui ? Et ces larmes pour saluer leur rupture, d'où viennent-elles ? De quelle profondeur de puits où dorment les vieux chagrins d'amour ? De quoi ai-je si peur, depuis si longtemps que ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
justeuneligne
  10 juillet 2019
Ce livre puise dans "l'intime" d'une femme en panne d'écriture.
La vie de Marie Chaix est jalonnée de deuils et d'abandons, et du lourd héritage d'être la fille d'un collabo condamné à la prison à perpétuité au sortir de la guerre ( et amnistié au bout de 8 ans)
L'écriture est ce qui l'a sauvée au début de sa vie d'adulte, une écriture autobiographique, exploratrice, explicative, peut-être réparatrice, en tout cas, nécessaire pour mettre à distance tout ce vécu douloureux.
La quête de cette femme est celle d'une sorte de vérité intérieure, c'est aussi, je pense, un moyen pour "s'unifier" et se réapproprier son histoire.
La panne d'écriture est arrivée au moment où l'éditeur qui vient de l'accompagner dans l'écriture d'un roman douloureux meurt brutalement.
Le manque de sa confiance, de son accompagnement patient et encourageant va assécher sa plume pendant plusieurs années jusqu'à ce qu'un nouveau deuil indirect
( séparation de sa fille d'avec son mari qui est pour elle une sorte de " frère" de plume) vienne réactiver des plaies mal cicatrisées.
Comment faire de toute cette matière intime une oeuvre littéraire? Au delà d'une vraie qualité d'écriture, je pense qu'il faut être touché par le questionnement de cette femme à plusieurs niveaux , ce qui a été le cas pour moi.
D'où vient le désir d'écriture, comment l'entretenir? Quelle place lui assigne-t-on,, quelles souffrances vient-il réparer?
J'ai aimé la voix sincère et pudique de l'auteure, l'exploration du lien mère/fille, et le chemin qu'elle nous permet de parcourir à ses côtés.
Je quitte le livre en ayant l'impression de confidences faites par une amie.
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crapette
  28 septembre 2015
Un copié collé de Zazimuth, tellement je me reconnais dans cette critique : "J'ai découvert il n'y a pas si longtemps qu'Anne Sylvestre avait une soeur écrivain et c'est ce qui m'a attirée, par curiosité, vers ce texte autobiographique. L'auteur y évoque à la fois son enfance et le secret de famille autour de son père, collaborateur pendant la seconde Guerre Mondiale et tout ce que cela a impliqué à la Libération, mais aussi le thème de la rupture. En effet, sa fille divorce et cela rappelle à Marie qu'elle a vécu la même chose lorsqu'elle avait le même âge.
C'est un livre sur l'amour filial et l'amour maternel, sur les secrets de famille, mais aussi sur l'écriture et la page blanche, sur le deuil." Un tout petit bémol : Marie Chaix, je l'apprécie depuis bien longtemps et n'oublierai pas la force de son "Juliette, chemin des cerisiers".
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Vermeer
  27 juillet 2017
Marie Chaix n'en finit pas d'essayer de regarder son passé depuis 1974 et les lauriers du lac de Constance qui racontait son enfance, la honte, elle l'enfant de la collaboration née en 1942 d'un père haut responsable du PPF, le parti de Jacques Doriot. Ce récit est aussi un travail sur la mémoire, sur sa mémoire même si paru en 2005, il fait suite à quinze ans de silence. Anéantie par la mort brutale de son ami et éditeur Alain Oulman, elle ne peut plus écrire. Ce décès n'est que la longue suite des morts ou départs des hommes de sa vie : son père, ses frères, son premier mari (qu'elle a pourtant quitté) et son gendre que sa fille quitte à son tour. le divorce de sa fille la bouleverse, elle cherche à comprendre pourquoi. Il n'est que la continuité des séparations et déchirures de son existence. L'auteur revient avec pudeur sur son enfance, sa jeunesse, sa vie d'adulte et sur le début de sa vieillesse (relative puisqu'elle a soixante ans lorsqu'elle achève l'écriture de ce récit, sur le déclin inéluctable du corps tout au moins).
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zazimuth
  26 juin 2015
J'ai découvert il n'y a pas si longtemps qu'Anne Sylvestre avait une soeur écrivain et c'est ce qui m'a attirée, par curiosité, vers ce texte autobiographique. L'auteur y évoque à la fois son enfance et le secret de famille autour de son père, collaborateur pendant la seconde Guerre Mondiale et tout ce que cela a impliqué à la Libération, mais aussi le thème de la rupture. En effet, sa fille divorce et cela rappelle à Marie qu'elle a vécu la même chose lorsqu'elle avait le même âge.
C'est un livre sur l'amour filial et l'amour maternel, sur les secrets de famille, mais aussi sur l'écriture et la page blanche, sur le deuil.
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cathe
  21 septembre 2015
A la suite des "Lauriers du lac de Constance" où elle faisait revivre la figure de son père, accusé de collaboration et emprisonné pendant sept ans, Marie Chaix revient sur sa vie alors qu'elle atteint aujourd'hui la soixantaine. Sa fille vient de se séparer de l'écrivain Richard Morgièvre et, à sa propre surprise, elle ressent une douleur démesurée quand elle apprend cette séparation. Depuis quelques années déjà, depuis la mort de son éditeur Alain Oulman, elle n'écrivait plus et sombrait dans une sorte de déprime constante.
A partir de cette mort et de cette séparation, Marie Chaix revit par l'écriture les séparations qui ont jalonné sa vie (son père, emprisonné ; son premier mari), les morts aussi (ses deux frères, ses parents) de manière sensible et délicate.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
zazimuthzazimuth   07 juillet 2015
Quand on part, je m'en souviens, on voudrait que l'autre évolue en même temps que soi, qu'il ait envie de fuir lui aussi, dans le sens opposé si possible, qu'il change de décor, d'hémisphère... on voudrait poser des pansements magiques sur ses douleurs, sur sa bouche, qu'il se taise enfin et n'aille pas réveiller par ses lamentations la honte que l'on a de l'abandonner. (p.134)
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flambotteflambotte   31 mai 2018
(...) je crois que nous nous sommes blotties l'une contre l'autre à l'intérieur d'un amour vital, énorme et bizarre dont nous n'avions aucune idée. Un amour indispensable pour remplacer le corps de la mère devenu demeure dévastée.
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crapettecrapette   28 septembre 2015
Aujourd'hui je me dis que ce doit être terrible d'être l'enfant de quelqu'un dont on a honte sans savoir pourquoi ; et pourtant de l'aimer ; sans savoir pourquoi non plus. Sinon qu'il est le père.
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zazimuthzazimuth   07 juillet 2015
Les pierres qui vous pèsent sur le cœur, il ne faut pas les lancer comme des pierres, ça fait trop mal et peut tuer. Il faut les transformer en mots et se les échanger. Parler, manier le langage. Les silences sont des pierres qui tuent. (p.78)
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lireanimeslireanimes   10 octobre 2008
Plus tard j'allais comprendre que l'on n'est pas forcément esclave des ressemblances, du moment où l'on veut bien les identifier et s'en dégager. Cela demande un certain travail, c'est bien le moins.
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Videos de Marie Chaix (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Chaix
Harry Mathews invité de la librairie Les Cahiers de Colette à Paris le 18 juin 1991 à l'occasion de la parution de "Cuisine de pays" aux éditions P.O.L avec dans la librairie notamment Harry Mathews, Marie Chaix, Colette Kerber, Paul Otchakovsky-Laurens, Jean Echenoz, Carine Toly... Cuisine de pays, de Harry Mathews traduit de l?américain par Marie Chaix, Martin Winckler et Jean-Noël Vuarnet; Cuisine de pays est un recueil de treize nouvelles, où les techniques ludiques de l?Oulipo jouent un grand rôle. L?humour et la gravité s?y disputent la prééminence. On y apprendra non seulement la recette de la succulente (?) farce double, mais encore les raisons de la supériorité généralement admise des violonistes russes, ou encore les étonnants procédés de traduction du Pagolak. On ressentira aussi, à la lecture de ces textes qui vont de l?érudition joueuse au désespoir tranquille, un très réel vertige."
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En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

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