AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Sophie Benech (Traducteur)
ISBN : 2909589005
Éditeur : Interférences (11/08/2003)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Certains aiment les livres comme on aime des personnes: ils les rencontrent, s'en éprennent, s'en déprennent, les caressent, les rejettent, les oublient, les traquent, les retrouvent, les possèdent et les perdent.

Si la vie les empêche de les collectionner dans la prison d'une bibliothèque, ils vont leur rendre visite ailleurs et parfois les enlèvent. Ils les rêvent.

Nous connaissions déjà Chalamov l'écrivain des camps (Récits de la Kol... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  27 janvier 2014
Les bibliothèques, les livres, les pages, les mots...l'encre, les feuilles de papier, les reliures, et les lieux jusqu'aux plus improbables où Valmar Chalamov a trouvé des livres, sans jamais les posséder, mais en parvenant parfois temporairement, luxe suprême, à pouvoir en disposer librement.
Il faut dire bien sûr que cet écrivain russe, né en 1907, a passé en tout une vingtaine d'années dans les camps, à Vichéra d'abord pour opposition à Staline, puis surtout dans les mines d'or de Kolyma, goulag de Sibérie, pour " activité contre-révolutionnaire trotskiste " ( son oeuvre principale " Les récits de Kolyma " en témoigne ).
Pas de livres en vue, bonheur quand quelques bribes de journaux vous tombent sous les yeux par hasard. Il faut survivre avant tout et la lecture est un luxe inaccessible évidemment. Puis, l'incompréhension glaçante quand un jour "je regardais les lignes et je ne comprenais rien ". le dénuement, la perte de soi-même au point d'avoir " désappris " à lire. Inconcevable !
Je n'en dévoilerai pas davantage. Il faut lire ses quelques pages, une cinquantaine, ses mots justes, son témoignage d'une vie de lecture si éloignée de la notre, mais où j'ai retrouvé les invariants du plaisir infini de lire.
Un bel hymne à la lecture assurément.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          631
fanfanouche24
  17 novembre 2013
Un tout petit livre... qui attend depuis des lustres... sur mes rayonnages...il aura fallu un einième déménagement... pour revisiter les textes honorés, lus, et ceux, qui par des injustes hasards sont restés en attente.
J'ai extirpé d'un des cartons, hier soir... ce texte, qui comme au moment de l'achat m'a interpellée par son titre et la couverture très expressive , habitée de rayonnages de livres . En deux heures...j'ai réparé mon manquement, et suis enthousiaste à l'extrême, à tel point que je vais me précipiter pour découvrir le reste de ses écrits dont la Correspondance de Chalamov à Pasternak…
Quelques éléments de son parcours tumultueux et éprouvant de dissident au régime : Il naît en 1907 à Vologda. Il a dix ans l'année de la révolution. Ne pouvant faire d'études supérieures dans sa ville natale en raison de ses origines (il est fils de prêtre), il part pour Moscou en 1923 et réussit l'examen d'entrée à la faculté de droit de l'université de la capitale. Il travaille dans une tannerie pour payer ses études.
Arrêté une première fois en 1929 pour avoir participé au mouvement d'opposition contre Staline, il est envoyé à Vichéria, filiale du « camp à destination spéciale » des Solovki. Libéré en 1931, il revient à Moscou où il travaille comme journaliste et publie quelques récits, jusqu ‘à sa seconde arrestation en 1937 pour « activité contre-révolutionnaire trotskiste » Cette fois, il part pour dix-sept ans. Ce n'est qu'en 1956, après le XXe congrès dénonçant le culte de Staline, qu'il est enfin réhabilité et revient vivre à Moscou… Il mourra en 1982 dans un asile psychiatrique, n'ayant réussi à publier dans son pays que quelques recueils de poèmes. Son oeuvre majeure, les Récits de la Kolyma » n'est parue en Russie qu'à la fin des années 80.
J'ai pris le temps de retranscrire ses éléments biographiques… car il rend ce texte de Chalamov où celui-ci parle de ses amis les livres… d'autant plus poignant et vital.
A travers ses emprisonnements successifs, qui l'ont privé de la liberté, tan d'années Chalamov trouva quelques petites lueurs d'espérance… fournies par les livres qui se sont trouvés sur son chemin, pour l'aider à tenir, à survivre. Des trésors lus… en prison, grâce à l'indifférence du personnel face aux condamnés, mais aussi grâce à des personnes plus bienveillantes, dont un certain Karaïev, ingénieur de l'exploitation de tourbe, où se trouva relégué un long moment l'auteur. Karaïev, avec les subventions reçues pour l'achat de livres, se déplaçait lui-même à Moscou (cinq heures de trajet de la tourbière à la capitale…)
« Karaïev se rendait en personne chez les bouquinistes de la capitale en compagnie de la bibliothécaire..Il emballait et expédiait lui-même ses précieuses trouvailles dans ce coin perdu de la région de Kalinine. C'est seulement après son départ que la bibliothèque était retombée dans les sentiers battus…(p.47)
le manque de censure dans certaines prisons, par indifférence des autorités envers les détenus permit aussi à Chalamov, quelques belles trouvailles : »Il est possible que les autorités soient conscientes du caractère éminemment fugace de la lecture en prison, peut-être est-ce pour cela qu'elles ne préoccupent guère du contenu criminel des bibliothèques de prison » (p.23)
Il n'en reste pas moins que l'écrivain décrit aussi douloureusement l'absence de lectures, mais aussi plus dramatiquement, l'absence de force, d'envie de lire dans des conditions journalières inhumaines, abrutissantes : « Puis il y eut la mine, l'abattage de l'or, quatre années terribles durant lesquelles chaque jour, chaque heure qui passait nous apprenait combien fragile est le vernis dont la civilisation revêt l'être humain (…) Nous avions oublié les livres. Il n'y avait pas de place pour eux dans nos pensées, ni dans notre lexique d'une vingtaine de mots- « lever », « travail », « repas », « pic », « pelle », « escorte », « répartiteur », « gardien », etc. le mot « livre » nous semblait inconnu, peut-être même n'avait –il jamais existé, mais il contenait, de même que le mot « journal » quelque chose d'infiniment important qui nous était inaccessible. (p.24-25)
Un court texte, d'une rare densité, qui nous dit de multiples façons, notre bonheur et notre chance de pouvoir LIRE en toute liberté, dans une nation démocratique. Aller fouiner en librairie, en bibliothèque, comme des choses si évidentes que nous les pensons évidentes et éternelles…
J'achève le ressenti de ce coup de coeur par les mots très significatifs de l'écrivain russe : « Les livres sont des êtres vivants. Ils peuvent nous décevoir, nous distraire. Il y a dans la vie de tout homme cultivé un livre qui a joué un grand rôle dans son destin. (…)Les livres sont ce que nous avons de meilleur en cette vie, ils sont notre immortalité. » (p.53-54)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          345
Under_The_Moon
  10 mai 2015
Dans ce court récit, Varlam Chalamov nous montre comment des livres peuvent être un enjeu de pouvoir et de liberté - dans des temps et lieux comme l'incarcération en Russie.
Il s'inspire bien sûr de ses années de "forçat", où il était par définition privé de droits, à quoi s'est ajouté un autre droit dont on l'a privé : celui de s'enrichir et de penser librement. Il explique très simplement et très clairement comment les livres qui atterrissent dans les bibliothèques - ou entre les mains des détenus - dépendent entièrement de la culture (ou plus souvent, de l'inculture...) des bibliothécaires qui imposent ce qui peut ou doit être lu.
Ce constat et bien sûr terrifiant pour toute personne de notre société moderne avec une addiction à la lecture ! Une fois passé cet épisode affreux, l'auteur fait aussi un bel éloge de la littérature qui fait renaître à l'état d'être humain dans les conditions les plus "extrêmes".
Un bel hommage rendu à la lecture, à la force et aux pouvoirs des livres et à l'intemporalité de certains récits.
Une découverte émouvante qui a l'originalité de montrer ce qu'était le totalitarisme stalinien à travers l'usage des livres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
mangeclous
  07 mars 2010
Il y a constamment des hasards qui sont comme des invitations pour prendre des chemins de traverse. Avant de vous raconter l'heureux hasard du 25ème jour de février, il faut que je remonte le temps. Deux jours auparavant donc, entre un cours donné à l'IUT et une réunion de préparation pour un projet de collaboration entre libraires et bibliothécaires pour Marseille 2013, j'avais du temps à perdre. Je décidais donc de flâner au sein de la bibliothèque Méjanes d'Aix-en-Provence sise elle-même dans la Cité du livre qui est une ancienne fabrique d'allumettes. Précisons : livres et allumettes dans un même lieu mais pas au même moment. Je m'égare mais c'est le propre de ces pérégrinations aventureuses que je vénère.
Entrant dans la bibliothèque, mes yeux tombèrent sur l'étagère où les bibliothécaires du lieu – consciencieux – avaient mis en valeur des livres du fonds, des auteurs russes en rapport avec le cycle de cinéma du moment : épopée russe, un cycle de films autour du cinéma russe organisé par l'Institut de l'image. le livre qui m'attira, car il était tout seul, sur l'étagère du milieu était un très court ouvrage : Mes bibliothèques de Varlam Chalamov, auteur que je ne connaissais que de nom, me promettant toujours de le lire. Mais, vous savez ce que c'est, les livres s'accumulent sur votre table, vos étagères et vous êtes pris dans une sorte de tourbillon qui vous emmènent tantôt au bord du maelström tantôt en son centre, au risque de couler définitivement. J'avais le temps… je pris le livre…
.
.
Dans celui-ci, Varlam Chalamov qui passa la majeure partie de sa vie dans un des lieux paradisiaques de l'idéologie communiste – le goulag – Chalamov donc, y décrit ses déchirements et ses émerveillements. Même en enfer, quelques instants rares permettent de s'échapper… Déchirements et émerveillements pour Chalamov car tantôt privé de livres, condamné à ne plus fréquenter leurs temples que sont les bibliothèques ; désespéré jusqu'à oublier le code – l'écriture – pour déchiffrer les livres, n'arrivant plus à les lire puis réapprenant péniblement… ; tantôt émerveillé en découvrant tel ou tel ouvrage oublié par l'administration – aussi bête que zélée – du camp. le désir de lecture revenant, c'était comme si la peine de prison s'évaporait le temps de cette échappée. le livre évoquait tous ces va-et-vient vers les écrits : flux et reflux à la manière de l'estuaire du fleuve qui hésite à mélanger ses eaux douces avec le sel de l'océan.
« Puis, il y eut la mine, l'abattage de l'or, quatre années terribles durant lesquelles chaque jour, chaque heure qui passait nous apprenait combien fragile est le vernis dont la civilisation revêt l'être humain. Nous ne voulions pas penser au lendemain et nous n'avions pas le loisir de « tuer le temps ». Au contraire, c'était le temps qui nous réglait notre compte, comme dans le magnifique quatrain traduit de l'anglais par Marchak, c'était lui qui nous tuait tous. Nous avions oublié les livres. » (p. 24)
Tranquille, je lisais le livre d'une traite, confortablement installé dans un fauteuil rouge, bercé par le ronron doucereux de la climatisation de la bibliothèque.
Durant deux jours, donc, ce livre m'accompagnait… me faisait penser en ces temps d'élection à tous ces gens qui éructaient contre les errements de la démocratie… ne faisant que la critiquer pour arrondir les fins de mois de leurs fonds de commerce cataclysmiques… Je pensais à l'histoire de cet homme, condamné à ne plus pouvoir lire et qui avouait – belle leçon – à la dernière phrase de son livre n'avoir eu qu'un seul regret au cours de son existence :
« Je regrette de n'avoir jamais possédé ma propre bibliothèque » (p. 54)
Le lendemain de cette lecture, réflexe obsessionnel mais heureux de bibliothécaire, je complétais la notice de l'écrivain sur cette encyclopédie collaborative et en création permanente sur le net, restons naïfs : réalisée par tous pour tous, en cela critiquée aussi comme une atteinte à… à quoi d'abord ? et qui, avait en quelques années, bouleversée toute une économie basée sur la rareté et les élites, rares aussi les élites. Je commandais aussi les livres manquants de Chalamov pour les collections de la bibliothèque où j'avais le plaisir de travailler chaque jour.
J'en étais là, deux jours après ma lecture, de mes pensées vers les livres et la vie de cet homme, entre autres horreurs, lecteur empêché. le soir, j'allumais la télévision et tombais sur une émission littéraire qui recevait Jorge Semprun racontant son expérience à Buchenwald. Il me toucha beaucoup quand il raconta que l'Europe n'existerait vraiment que lorsqu'elle commémorerait dans un anniversaire commun la fin des camps européens : ceux des nazis et ceux des communistes. Il cita Primo Lévi et puis… Varlam Chalamov et ses récits de la Kolyma, l'auteur qui m'accompagnait depuis deux jours. Primo Lévi et Varlam Chalamov réunis.
Ainsi, la lecture de ce livre de Chalamov dans une ancienne fabrique d'allumettes me ramenait vers d'autres bûchers funestes. Je songeais de nouveau à la dernière phrase du livre de Chalamov.
Je pensais que je vivais en France en 2010 et à la chance, oui, cette chance de… posséder une bibliothèque personnelle…
.
Silence
****
Notule pour en savoir plus :
.
Mes bibliothèques de Varlam Chalamov a été traduit du russe par Sophie Benech et édité en 1988 aux éditions interférences. Votre libraire pourrait avoir besoin de son numéro d'ISBN : 978-2-909589-00-5.
Les autres livres de Chalamov sont publiés chez Verdier.
D'autres informations sur Wikipédia.
Lien : http://memoire2silence.wordp..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          161
Malivriotheque
  26 janvier 2018
Chalamov, connu pour ses Récits de la Kolyma qui retracent ses expériences au goulag, narre les différentes bibliothèques qui ont jalonné sa vie mouvementée, comment dans chaque situation il a eu accès aux livres et à la littérature, comment certains ouvrages l'ont marqué à vie, comment la prison lui a volé une part de son évasion littéraire...
Vu le sujet et les avis dithyrambiques qu'on peut trouver partout sur cet ouvrage, je m'attendais à une poésie, un ode à la littérature plus qu'à un parcours personnel brisé par le régime stalinien. Bien que son accès aux livres vu les circonstances épouvantables dans lesquelles l'auteur a pu se retrouver est incroyable et mérite récit, je n'ai pas ressenti un réel coup de poing à cette lecture. le récit en lui-même est assez froid et manque de beaucoup de détails, ne va pas assez en profondeur quand souvent une phrase ouvre à une multitude d'explications. Là où beaucoup ont été bouleversés, je suis restée presque de marbre à cause du témoignage peu prolixe, d'allers et retours dans les évènements sur l'axe du temps souvent sans pause... Certaines anecdotes néanmoins placent bien le contexte ; c'est finalement tout l'aspect historique de l'organisation des camps, du contrôle du régime ou du rapport/accès aux livres qui est presque plus intéressant que les "bibliothèques" en soi.
Outre ces horribles circonstances de détention et de privation de liberté intellectuelle, on a le sentiment aussi de lire ce que beaucoup auraient pu écrire. Car presque tout le monde a une histoire, des bibliothèques, une vie de lecture et un rapport aux livres.
Suis-je passée à côté ? Possible. le relirai-je ? Pas forcément.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          211
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   26 janvier 2014
J'ai toujours acheté des livres, ne fût-ce que quelques-uns, ne fût-ce qu'un par mois ou tous les deux mois. Quand je me suis marié, j'ai cru que j'allais pouvoir en rassembler un certain nombre - mes livres à moi, que je pourrais annoter, dont je pourrais corner les pages, des livres que je pourrais serrer, froisser, dont je pourrais caresser la reliure en écoutant ce bruissement plus doux encore que celui des feuilles d'arbres dans une forêt - celui des pages d'un livre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          420
fanfanouche24fanfanouche24   17 novembre 2013
Stéphan Zweig dit que les livres sont "un monde disparate et dangereux". Nul ne contestera la justesse de cette définition. J'ajouterai que les livres, c'est aussi un monde qui ne nous trahit jamais. Notre âge nous dicte nos goûts, il limite et focalise notre perception. Selon les différentes époques de notre vie, nous cherchons et nous trouvons des choses différentes dans le même roman. Je sais très précisément ce que je cherchais dans -Mont-Oriol - de Maupassant à dix ans, à quinze, à vingt, à quarante et à cinquante ans. (p.52)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Under_The_MoonUnder_The_Moon   08 mai 2015
La lecture en prison a ses particularités : là-bas, on ne retient rien. Toute l'attention, toute la force de l'esprit sont concentrées sur les interrogatoires, sur l'instruction de "l'affaire", sur l'adaptation psychologique à la prison, à son mode de vie, à ses habitudes et à ses maîtres. (...)
La lecture pouvait seulement distraire et encore, très peu, vraiment à peine, et pas suffisamment pour apaiser l'âme agitée du prévenu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
ChezVolodiaChezVolodia   15 septembre 2018
Pour comprendre l'importance que Chalamov accordait aux livres et en l'occurrence aux bibliothèques, il faut remonter à son enfance. Né en 1907 à Vologda (ville importante et place forte au temps des Romanov).

Dans ses souvenirs Chalamov n'a eu, petit enfant, que deux livres : un de conte, un autre de l'alphabet de Tolstoï. A l'école primaire, il n'y avait pas de livres, simplement des manuels jusqu'en 1918 date de l'ouverture de la première bibliothèque ouvrière. Les ouvrages qui 'y trouvaient avaient été réquisitionnés chez des propriétaires terriens.

Il a 10 ans l'année de la Révolution. Ne pouvant faire d'études supérieures en raison de ses origines (fils de pope). Il part pour Moscou en 1923 et réussit l'examen d'entrée de la Faculté de Droit de la capitale. Afin de payer ses études, il travaille dans une tannerie.

Arrêté une première fois en 1929 pour avoir diffusé "Le Testament de Lénine" , il est envoyé en Sibérie. Libéré en 1931, il revient à moscou et travaille comme journaliste jusqu'à sa seconde arrestation lors des grandes purges de 1937, pour activités contre révolutionnaire trotskiste. Condamné à 17 ans de travaux forcés dans les mines d'or de la Kolyma.

Pendant ces années terribles d'incarcération ou les prisonniers subissaient les pires exactions tant du côté des gardiens que des prisonniers de droit commun vis à vis des prisonniers politiques. Il n'avait aucun moyen de s'évader, même par la pensée, livres, papier et crayons étant interdit. Seuls la faim et le froid l'obsédaient au point qu'il avait perdu son ancienne faculté de lire, le déshumanisant peu à peu.

Libéré en 1951, il reste encore 2 ans en relégation en Extrême Orient. C'est durant cette période, dans un village de travailleurs libres où il résida, et où il y avait un bibliothèque conséquente de deux mille titres regroupés et conservés avec soin par un vieil érudit qu'il reprit contact avec les livres, qu'il renoua avec cette passion inextinguible.

Ce livre est le récit de cette traversée du "désert". De la bêtise et de la cruauté humaine portées aux nues par un régime totalitaire.

En 1953, après la mort de Staline il est autorisé à quitter la Kolyma mais reste interdit de séjour à Moscou. Ce n'est qu'en 1956 après le XXème congrès dénonçant le culte de Staline qu'il est réhabilité et revient à moscou.

Il meurt en 1982 dans un asile psychiatrique....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
PiatkaPiatka   26 janvier 2014
Les livres sont ce que nous avons de meilleur en cette vie, ils sont notre immortalité.
Commenter  J’apprécie          380
Dans la catégorie : Littérature russeVoir plus
>Littérature des autres langues>Littératures indo-européennes>Littérature russe (472)
autres livres classés : littérature russeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

La littérature russe

Lequel de ses écrivains est mort lors d'un duel ?

Tolstoï
Pouchkine
Dostoïevski

10 questions
255 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature russeCréer un quiz sur ce livre