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ISBN : 2253118451
Éditeur : Le Livre de Poche (29/08/2007)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 152 notes)
Résumé :
Jacques Rougeron a douze ans. Un soir d’automne, au pied de son immeuble, il croit avoir enfin trouvé le moyen de guérir. Jacques Rougeron est bègue. Il voudrait parler aussi vite, aussi bien, que Bonzi et tous les autres. Bonzi, c’est son ami, son frère, c’est lui, presque. Bonzi le soutient. Ils n’ont que quelques jours. C’est leur secret.
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Erveine
  20 septembre 2014
J'aime beaucoup ce livre de Sorj Chalandon qui nous raconte l'histoire du petit Bonzi et de son ami, Jacques. Nous sommes là dans l'univers de l'enfance et de l'enfant plus encore. Dans sa tête, à l'intérieur où il n'y a pas de place pour l'adulte, gentil, méchant, c'est pareil. Il n'y a pas entrance dans cette alcôve où se confinent, les jeux, les joies et la souffrance, à divers degrés, y culminant parfois, intenses. de même qu'on a pu penser les contes pour enfants maléfiques ou troublants, se faisant fort, au contraire, de dispenser la peur et le mal en intégrant la multiplicité des états qui cernent l'apprentissage. Il a mal Jacques, mais seul le petit Bonzi lui prodigue du bien, le rassure et l'égare parfois. Copie de son petit être, ami nature grandeur et âge qui l'accompagne, en secret, au secret, de ceux qu'ils partagent et taisent, même à Manu. Manu, l'écouteur discret et tendre qui leur souffle des indices, des signaux qu'ils ne perçoivent pas tout d'abord, mais qu'ils reçoivent après coup ; qui entrent dans leurs petites têtes à l'instar de ceux du père, pour le coup de vrais coups, eux, qui lui martèlent la tête et le corps, en asséchant la chair et la sève du petit homme en herbe qui croisse, doucement, tout doucement...
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gouelan
  19 février 2015
Le Petit Bonzi est une histoire bouleversante sur une enfance douloureuse.
Jacques, âgé de douze ans, tout menu , tout fragile, un petit cabri, dont le corps tressaute autant que ses mots qui restent coincés dans sa gorge. Ils n'arrivent pas à se frayer un chemin jusqu'à ses lèvres.
Pourtant, il les répète, il essaie de les comprendre,de se les approprier, de leur trouver des synonymes, qui seront plus faciles à prononcer, ils les collectionnent. Ils les aiment, ces mots,il en connait plus que tout autre la puissance, la beauté, la valeur :
"Allons, mourons tous!
Les larmes viennent. Il sent leur humide, leur sel. il sent le beau des mots, leur frisson sur sa nuque."
Qui comprendra ce petit garçon en grande souffrance face à son bégaiement, et surtout face au regard de désolation de sa mère, de colère de son père, de moquerie de ses camarades de classe?
Il est triste Jacques, pas triste comme quand on l'est avec les larmes, mais quelque chose de plus intense. Il est triste de solitude, de manque de gestes tendres, de paroles d'apaisement, d'encouragement, il est triste sous les coups, il est triste d'avoir faim, d'avoir froid.
Bonzi, son ami, son frère est toujours près de lui. Il le réconforte, il apaise ses mots, lui donne des conseils. Ensemble ils pensent avoir trouvé le remède au bégaiement.
Son maitre Manu, l'a repéré, ce petit élève de sa classe de Cm2. Toujours seul, se parlant à lui-même. Peut-être reconnait-il en lui, l'enfant blessé qu'il a été?
En tout cas, il n'agit pas comme les autres adultes, il prend soin de l'enfant fragile, de l'enfant plus petit que les autres, pas seulement par la taille.
Roman très émouvant , on frémit avec Jacques, de son émotivité, de son combat solitaire face à ces mots qu'il ne peut dompter, de ses peurs d'enfant, de ses histoires qu'il invente. On tremble aussi de voir ce petit enfant si fragile déployer tant de stratagèmes pour être enfin aimé et ressembler à n'importe lequel de ses camarades, pour que ses blessures que personne ne perçoit alertent quelqu'un, qu'on lui sauve la vie.

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joedi
  02 juillet 2014
Jacques Rougeron a douze ans, il est bègue pourtant les mots il les aime, il a un cahier dans lequel il les écrit, tous les mots surtout ceux qu'il ne peut pas dire. Pour les dire en secret, il a Bonzi son ami, comme un frère, sur le chemin de l'école, il lui dit tout ce qu'il ne peut formuler.
Le petit Bonzi c'est l'histoire d'un petit garçon, Jacques, qui a peur de s'exprimer parce qu'il est bègue, il a peur des moqueries de ses camarades, il a peur de son père qui parfois peut cogner et pourtant Jacques aime les mots, seul il s'exerce à dire des mots compliqués, et il a son cahier secret, caché sous son lit.
Le petit Bonzi, c'est le premier roman de Sorj Chalandon (prix du premier roman), son premier roman qui révèle déjà un grand écrivain, un amoureux des mots, de tous ces mots que Jacques ne sait pas dire.
Le petit Bonzi c'est une histoire bouleversante. Ce petit livre dont j'ai entamé la lecture, je ne pouvais le refermer ; un petit livre qui occupe bien sa place dans ma bibliothèque. À lire !
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araucaria
  19 janvier 2019
Ce livre me semble plus être un conte qu'un roman. Racontant le quotidien simple d'un enfant isolé par son handicap de langage, qui s'invente un ami très proche, pour pouvoir affronter un monde qui lui est hostile. Une histoire touchante, humaine, qui prend place à une période où le professeur des écoles n'était que l'instituteur. Une histoire qui sent la craie glissant sur le tableau noir, l'encre violette s'écoulant dans les encriers de porcelaine, les pupitres en bois, l'estrade du maître ou encore sa blouse grise où un chiffon poudreux de poussière de craie dépasse de la poche... Un enfant qui souffre qui appelle à l'aide, et un homme assez généreux et sensible pour l'entendre... Un temps ancien, un autre monde. Un roman d'une grande sensibilité.
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LiliGalipette
  19 septembre 2018
Jacques Rougeron est bègue. « Pour chaque mot étudié, il en trouvait deux autres. Des mots pour bègue. Des mots de relève, de secours, de remplacement. Des mots qui attendaient la défection d'un autre, cachés dans les fourrés du fond de la gorge. » (p 69) Son meilleur copain, le petit Bonzi lui a dit qu'il existe des herbes qui guérissent de tout, alors Jacques mange celles qui poussent au bas de son immeuble. Il a bien conscience que ce n'est pas bien normal : à l'instar de tous ses mensonges et de toutes ses bêtises, il l'écrit sous son sommier, attendant la sanction paternelle comme une évidence et une délivrance. « Jacques a toujours cette peur. Il a peur de rentrer. Peur de la nuit qui vient. Peur de la maison. Peur de demain surtout. Il se dit que demain est trop près d'aujourd'hui, que les demains, tout peut arriver. » (p. 49) À l'école, heureusement qu'il a le petit Bonzi pour l'aider face aux copains pas toujours sympas et face à Manu, l'instituteur si gentil qu'il en est désemparant. Mais cela ne suffit pas. Par un enchaînement affreux d'angoisses, de dissimulations, de mots qui se dérobent, voilà que Jacques annonce une information terrible à l'école, pas tout à fait vraie ni tout à fait fausse, mais certainement pas véridique : pour s'en protéger à la maison, il renchérit avec un mensonge encore plus énorme devant ses parents. Hélas, ses derniers ont rapidement rendez-vous avec Manu : la date s'approche, c'est vendredi, c'est dans deux jours, c'est demain. Jacques s'attend à mourir, écrasé par la révélation de ses inventions et de ses conneries de gamin.
Le petit Bonzi, c'est un peu l'antithèse d'une scène célèbre du film Les 400 coups, à savoir que le mensonge affreux du gamin n'est jamais découvert ni puni. Mais ça n'empêche pas qu'une personne en soit victime. Et c'est d'autant plus bouleversant que le sacrifié est un adulte, un adulte aimant, un adulte triste qui par son effacement rend à un petit garçon le lien avec un père qu'il croyait perdu. « C'est important, un père. C'est grave, un père. C'est essentiel, un père. Même méchant, même absent, même ailleurs, même quand il lève le martinet. » (p. 137) C'est le premier roman (et le premier roman tout court de l'auteur) de Sorj Chalandon que je lis. Ce ne sera pas le dernier. En moins de 180 pages, l'écrivain offre un texte percutant au qui tord les entrailles tant il est juste et profond. Il prouve la puissance des surnoms qui, bien souvent, marque l'identité profonde des êtres, là où l'état civil entrave l'individu ou l'éloigne des autres. Ayant presque tout lu de Philippe Claudel (ô tristesse infinie), il me fallait un autre immense auteur de langue française du même tonneau pour me consoler. Et soyez certains que c'est avec des délices infinies que je vais me noyer dans l'oeuvre de cet écrivain.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   16 janvier 2019
Longtemps, Jacques Rougeron a cru qu'il était seul à tenir un cahier à mots. Il n'en avait jamais parlé, mais ne le cachait pas. Il ne l'emportait nulle part. Il le laissait dans sa chambre, ouvert sur son bureau aux derniers mots appris. Un jour d'été, blessé à la cuisse, il a cherché une planche anatomique dans le dictionnaire de maman Rougeron, dessiné le membre dans son cahier puis recopié le nom des nerfs, des veines, des muscles, de tout ce difficile à prononcer.
Iliaque, aponévrose, couturier, saphène, tenseur, crural.
Ensuite, il s'est levé et il a commencé à répéter chaque mot à voix haute sans entendre papa Rougeron qui entrait.
- Ccrru... ccrru... crrurr... crruuurral, disait Jacques en moulinant sa main.
- Tu révises quoi? lui a demandé papa Rougeron.
Il a sursauté. Il a laissé tomber son cahier. Il l'a ramassé. Il l'a posé sur son bureau en disant qu'il révisait la cuisse.
- La cuisse?
Il a dit oui, la cuisse. Et il a expliqué qu'il notait tous les mots difficiles.
Papa Rougeron a regardé son fils. Il a souri. Il est sorti sans parler. Il est allé dans sa chambre. Il est revenu avec un grand cahier de cuir rouge, fermé par deux lanières effrangées. Il s'est assis sur le lit de Jacques. Jacques s'est assis à son côté. Papa Rougeron avait un cahier à mots. Pas un cahier de bègue, un cahier d'ouvrier. Un cahier pour ceux qui n'ont pas été à l'école. Un cahier de pauvre. Un cahier pour apprendre. Un cahier pour savoir ce que les autres savent.
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araucariaaraucaria   17 janvier 2019
Le Caveau des Célestins, c'était le café du Caveau.

- Premier grand théâtre de marionnettes permanent, ouvert quai des Célestins en 1826 par Laurent Mourguet, créateur de Guignol.
Manu parle. Il raconte le caveau. Jacques écrit. Il note chacun des mots. Il note chacune des dates. Il note la bière sur les tables, la fumée des pipes, le rire des hommes. Il note que les spectateurs étaient des ouvriers, des plâtriers, des artisans, des saisonniers, des canuts, des mariniers, des crocheteurs du pont d'Ainay, de simples gens, des illettrés, des pauvres. Manu dit que la police de Napoléon III se méfiait de cette assemblée tapageuse. Qu'elle y envoyait des mouchards. Que chaque coup de bâton de Guignol sur Gendarme était soigneusement rapporté à l'autorité impériale. Que chaque saynette était visée par la préfecture avant d'être jouée. Que chaque manuscrit était lu acte après acte, corrigé s'il le fallait, approuvé et signé puis tamponné de gras.

Guignol provenant du Caveau des Célestins.
Marionnette à gaine.
Lyon, vers 1850.

Jacques Rougeron avait eu le vertige. En une heure, en un rien, en un tout petit morceau de matin, il avait la réponse à trois de ses questions, brusquement.
Maintenant, il savait pour le Caveau des Célestins. Mais aussi, il savait pour Lyon, vers 1850. Il entendait le cri des bateleurs, les bruits de la rue, il sentait la bière, la pipe, il entendait le rire des hommes, il avait croisé des soyeux misérables, des comploteurs de taverne, des gens sans mots à dire. Il avait vu la police en manteaux raides rôder entre les tables du caveau. Il avait vu le sous-préfet tousser les brumes de Saône, par la fenêtre de son bureau d'hiver, en crissant de la plume, signant de son nom au bas du mot RIDEAU.

Il ne restait plus que Marionnette à gaine. Mais là, c'était facile. Un mot comme il les aime.
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gouelangouelan   19 février 2015
- Le maitre, il doit faire attention aux plus petits. Pas les plus petits en taille, les plus petits en tout. Ceux qui regardent dehors pendant la classe, ceux qui sont seuls pendant la récréation, ceux que les autres embêtent, ceux qui ont des trous dans leurs chaussures; ceux qui ont un bleu sur la figure le matin, ceux qui n'ont pas mangé quand ils arrivent en classe, ceux qui n'ont pas de manteaux d'hiver.[...]
- Ceux-là, il faut encore plus leur montrer qu'on fait attention à eux. Il faut encore plus les regarder, encore plus les écouter, encore plus leur demander s'ils sont tristes.
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gouelangouelan   20 février 2015
C’est le monsieur papa. C’est papa Rougeron qui rit. Papa Rougeron qui caresse des yeux en lui touchant le nez. C’est papa Rougeron quand il fait beau dehors et quand maman Rougeron rit aussi C’est le pur, pur, pur bonheur. C’est quand les mots de Jacques arrivent presque à frayer leur chemin. C’est quand il est fier de sa petite phrase. C’est quand tout repose. C’est un dimanche au bord du lac, avec des cannes à pêche en branche de frêne. C’est le temps des grillons. C’est quand il faut fermer très fort les yeux pour retenir la vie. C’est la paix dans les bouches, la paix dans les ventres. Ce sont les poings devenus mains tendues, c’est la ceinture retournée à ses passants, c’est le silence de consolation. C’est de temps en temps. C’est de moins en moins. C’est rare.
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joedijoedi   30 juin 2014
Couché sur le dos, son crayon à la main, le visage enfoui contre le sommier de pin, il note ses mensonges, il note ses peurs, il note ses terreurs, il note tout ce qui se saura parce que le temps sait tout. Des riens juste entre lui et lui, des épouvantes de pain d'épice, des griffures de linotte, des effrois de gamin de douze ans. Ce qu'il masque, grime, dissimule. Il note tout cela précisément. Il le note pour se souvenir, pour après, pour plus tard. Pour relire ses frayeurs de rien quand elles ne seront plus.
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