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Critiques sur Le quatrième mur (366)
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Macha_Loubrun
  13 janvier 2014
Le premier chapitre du roman ressemble au prologue d'Antigone, il annonce la tragédie. Cette pièce se trouve au coeur du destin de Georges et de sa troupe de comédiens. En 1982, ils répètent Antigone en vue d'une unique représentation à Beyrouth avec des comédiens issus des différentes communautés. le danger et les tensions sont omniprésents. C'est une pure folie dans un pays en proie à de violents combats quotidiens.
« Nous portons des masques de tragédie. Ils nous permettent d'être ensemble. Si nous les enlevons, nous remettons aussi nos brassards, et c'est la guerre. » dit l'un des comédiens.
Georges porte ce projet à bout de bras, fiévreusement. Il l'a promis à Sam, son ami grec mourant, un vieux juif au long passé politique et théâtrale. Georges reste fidèle à ses idéaux et son ami.
C'est un jeune idéaliste en quête d'un idéal autant que d'une figure paternelle, il admire Sam plus que tout mais il va se perdre dans la guerre du Liban. Éternel étudiant, il a endossé un rêve et un costume un peu trop grands pour lui face à l'horreur de la guerre.
« On a toujours deux yeux de trop » le prévient avec sagesse le médecin de Sam. Mais il est déjà trop tard… Il continue le dernier combat de Sam, ce juif assoiffé de liberté, engagé dans la politique dès son plus jeune âge.

Ce projet artistique est-il la dernière part d'humanité possible ou une terrible utopie inutile ou futile face à de tels évènements ?

Sorj Chalandon trouve les mots justes, qui percutent ou nuancent, ses phrases sont courtes et élégantes, son roman est bouleversant et les personnages saisissants de vérité.






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latina
  09 novembre 2014
4 étoiles...Selon le code Babelio, cela veut dire « J'ai beaucoup aimé ». Aimé ! Quelle ineptie, de parler d'aimer, à propos de ce roman de feu, de sang, de larmes !

Pour la première fois, je me rends compte que c'est très difficile de parler de guerre, de n'importe laquelle, d'ailleurs. Ici, elle se passe à Beyrouth, et pour moi, c'est très difficile aussi de comprendre ce qu'il s'y passe.

En deux mots : Georges, un jeune anarchiste forcené, qui vient à peine de se ranger en se mariant et en ayant un enfant, est happé par le désir – non, la volonté ultime – d'un Grec, juif, metteur en scène, de réaliser au coeur du conflit israélo-palestinien, une pièce de théâtre, LA pièce de théâtre : Antigone. Ce Grec, Sam, va mourir, et il veut à tout prix que cette pièce, qu'il avait si bien « préparée » en amont, se joue. Mais pas de n'importe quelle façon ! Georges en est pleinement conscient !
« Cette fois, il ne s'agissait pas de réciter trois répliques de théâtre dans une Maison des Jeunes, mais de s'élever contre une guerre générale. C'était sublime. C'était impensable, impossible, grotesque. Aller dans un pays de mort sans savoir qui est qui. Retrancher un soldat dans chaque camp pour jouer à la paix. Faire monter cette armée sur scène. La diriger comme on dirige un ballet. Demander à Créon, acteur chrétien, de condamner à mort Antigone, actrice palestinienne. Proposer à un chiite d'être le page d'un maronite. La guerre était folie ? Sam disait que la paix devait l'être aussi. Il fallait justement proposer l'inconcevable. Monter « Antigone » sur une ligne de feu allait prendre les combats de court. Ce serait tellement beau que les fusils se baisseraient. »

Et voilà, tout est dit, la tragédie peut commencer.
A coups de fusils et de bombes, à coups de mots, à coups d'amour.
Car Georges, une fois « là-bas », dans cet antre de terreur, ne parvient plus à s'en défaire.
Et par la plume de Sorj Chalandon, tout entière nourrie de poésie et de souffle épique, je suis malgré moi emmenée là-bas, aussi.
Malgré moi, malgré tout, je suis revenue dans ma petite vie, « dans mon pays à moi, avec le ciel sans avion, les nuits sans frayeurs, les caves qui ne protègent que le vin. Retrouver ma vie, mon amour, ma tendresse. Surveiller les gamins du collège, boire une bière d'automne en terrasse, trouver une place sur les pelouses du dimanche, trembler devant un film, fermer les yeux pour une chanson ».
Car Sorj Chalandon, s'il insuffle l'horreur, nous repousse malgré tout dans l'amour.
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Kittiwake
  11 janvier 2014
Sacré coup de poing que ce choix des lycéens 2013 pour le prix Goncourt!

Pour tenir une promesse faite à son ami Sam, qui vit ses derniers jours, Georges prend l'avion pour le Liban avec ce projet fou de mettre en scène Antigone à Beyrouth au milieu du champ de bataille qu'est cette ville, et avec une troupe hétéroclite rassemblant des acteurs qui hors de la scène se tireraient dessus…

Ce destin était écrit pour Georges, militant dans l'âme, prêt à en découdre contre les fascistes de tout acabit. L'arrivée de Sam, juif chassé De Grèce dans les années 70 au temps de la dictature des colonels, étaye et canalise sa soif d'agir. Son mariage et la naissance de sa petite fille aurait même pu éteindre cette flamme combattive qui l'anime. Mais Sam va mourir, et confie à Georges la lourde tâche de mener à bien sa propre utopie.

Beyrouth agonise sous les bombardements. Les massacres répondent aux massacres, aveugles, odieux. La canonnade incessante rend les instants de silence insoutenables. Chaque au-revoir est un potentiel adieu. Et Georges donne son corps et son âme au sein de ce combat qui n'aurait pas dû être le sien. Au risque d'atteindre le point de non-retour…

Sorj Chalandon connaît la question et embarque le lecteur au coeur de ce conflit complexe où se croisent et se déchirent Druzes, chiites, sunnites, chrétiens et palestiniens. La haine mène la danse. Les scènes sont dures, et l'on n'a pas ici la bulle isolante de la fiction pour épargner la sensibilité : on n'est pas dans un polar!

Malgré cela, l'auteur parvient à nous faire sourire! Pas à toutes les pages, certes, mais sa plume acérée lance des coups de griffe bien inspirés lorsque l'absurdité tient lieu de rituel.
L'écriture est superbe et c'est ce qui rend ce roman attrayant malgré l'agression que l'on subit.
Et puis Antigone est là, en filigrane, magnifiée par l'enjeu qu'elle représente, et ça, c'est inestimable.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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mesrives
  21 août 2016
Paris, début des années 70, Georges étudiant et militant , rencontre Aurore, la femme qui va changer sa vie (elle le rend père et mari) et Samuel Akounis, grec, juif de Salonique, exilé en France pour fuir le régime des colonels, qui LUI, bouleversera sa vie.

Leur passion commune le théâtre.

De cette rencontre naît une indéfectible amitié qui s'avérera destructrice pour Georges car une décennie plus tard, son ami à l'agonie le charge d'une mission, un projet artistique et culturel a réalisé à sa place dans Beyrouth partagée par la Ligne verte.

Le rêve de Sam: jouer l'Antigone d'Anouilh (et non de Sophocle) au Liban avec des acteurs amateurs de toutes confessions.
Un pied de nez à la guerre civile qui ravage le pays du cèdre.
Un rêve de paix et de fraternité.

C'est beau et émouvant.
C'est grand et violent.

Une tragédie bien réelle (avec le souvenir des massacres de Damour en 76 et ceux de Chabra et Chatila en 82) qui dépasse celle de la fiction.

"Nous portons des masques de tragédie. Ils nous permettent d'être ensemble. Si nous les enlevons, nous remettons aussi nos brassards, et c'est la guerre."

Merci pour cette invitation à franchir le quatrième mur.
Bravo à Sorj Chalandon pour la démonstration.
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tynn
  19 octobre 2013
Devoir sacré qu'est la promesse à un ami ( presque ) défunt.

Pour respecter la vision humaniste de Samuel, Georges doit monter l'Antigone d' Anouilh à Beyrouth avec une troupe d'acteurs multi confessionnelle. Une représentation en parenthèse, deux heures de trêve de haine et de combats en opposant le théâtre à la guerre.
Car en 1982, "le Liban tire sur le Liban". Et Georges va plonger, tel le Candide, dans un monde incompréhensible et d'une violence inouïe.

Un livre construit sur l'amitié, la fraternité, l'idéalisme, thèmes universels qui parlent au coeur de tous. Une vision ubuesque d'un conflit entre chiites, maronites, druzes, palestiniens dans Beyrouth découpée en tranches de ruines.

La plume de S. Chalandon est d'une élégance sans pareille, elle déborde de douceur, d'amitié, de mots et formules choisis. Elle est aussi violente et crue. L'auteur offre à nouveau dans ce livre des personnages charismatiques, provoquant l'immédiate empathie du lecteur. L'émotion est au bord des lèvres, tout au long des pages.
La guerre civile libanaise et le contexte politique européen reviennent à nos souvenirs d'actualité, avec une vision de l'intérieur de cette génération post 68, très engagée et politisée.

Livre éprouvant, impossible à oublier...
Je vais de ce pas relire Antigone, "la petite maigre qui est assise là-bas...", en écoutant le Pie Jesu du Requiem de Duruflé.
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nadejda
  17 décembre 2014
Un livre à certains moments, insoutenable, qui m’a complètement retournée et qui restera dans ma mémoire car il y a toute l’humanité, dans sa générosité et dans sa cruauté, dans ce livre où Sorj Chalandon montre ce que la guerre peut faire d’un homme, Georges, et de tous les hommes à travers lui.
Le choeur d’Antigone
 :
« Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. Ceux qui croyaient une chose, et puis ceux qui croyaient le contraire même ceux qui ne croyaient rien et qui se sont trouvés pris dans l'histoire sans y rien comprendre. Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris. Et ceux qui vivent encore vont commencer tout doucement à les oublier et à confondre leurs noms. C'est fini. »
S’il n’y avait pas de livres comme celui-là, qui se souviendrait de ceux qui ont été massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila les 16 et 17 septembre 1982 et de tous les autres déchiquetés depuis dans les attentats quasi quotidiens qui se produisent dans le monde. Un livre comme « Le quatrième mur » marque bien plus les esprits et pénètre les consciences alors que les images d’actualités glissent et s’effacent.
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popie21
  13 mars 2018
C'est le deuxième roman de Sorj Chalandon que je lis et si j'ajoute une critique aux nombreuses déjà écrites c'est juste pour dire mon admiration. D'un sujet brûlant, oserais-je dire explosif, il réussit à faire un roman magnifique, plein d'humanité et de sensibilité.
C'est un roman de guerre, la guerre du Liban, le massacre de Damour auquel répond celui de Sabra et Chatila, l'intervention militaire israélienne de 1982, une guerre à laquelle j'avoue ne pas comprendre grand chose. Mais c'est aussi un roman d'espoir et d'amour, d'amour pour les Hommes, ce genre d'amour qu'on peut ressentir quand on fait abstraction de tous les clivages et de toutes les différences.
Sorj Chalandon est un magicien des mots, son écriture est superbe, forte et percutante. Son roman réunit tout à la fois l'espoir, la fraternité, l'amour et la paix mais aussi la guerre, l'incompréhension et l'impuissance. A l'instar de l'Antigone d'Anouilh, utilisée comme une métaphore du conflit, c'est beau et tragique à la fois, à lire !
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Sando
  27 août 2013
Nous sommes en 1982. Pour honorer une promesse faite à un ami mourant, Georges accepte de laisser sa femme et sa fille de quatre ans pour se rendre à Beyrouth, au Liban, afin de monter la célèbre pièce d'Anouilh : « Antigone ». Alors que le pays est déchiré par la guerre, tout l'enjeu de cette représentation consiste à réunir sur scènes des acteurs issus de différents horizons politiques et religieux, soit des ennemis par leurs convictions, et de réussir à créer une harmonie scénique dans un décor en ruine, associant ainsi différentes communautés dans un même rêve de paix. Druze, Palestinien, chrétien, chiite, Phalangiste arriveront-ils à dépasser les tensions qui divisent leur peuple ?

Né en 1950, Georges n'a connu que la révolte, jamais la guerre. Ce soixante-huitard engagé va alors se retrouver propulsé dans une guerre qui n'est pas la sienne et qui le dépasse. Dès lors, il va connaître la peur, les menaces, les attentats et l'horreur des combats pour défendre le projet de son ami qui, progressivement, deviendra le sien. Un projet qui le changera à jamais…

Impossible de rester insensible à la lecture de ce rêve utopique qui ne laissera personne indemne (ni les personnages, ni le lecteur !). Comme pour « Retour à Killibegs », j'ai été complètement bouleversée par l'écriture de Sorj Chalandon, sa force, sa justesse et l'émotion qu'elle suscite. Pourtant, j'étais réticente au départ. Je n'avais pas envie de me plonger dans un récit de guerre, avec des conflits religieux qui me dépassent… Mais une fois commencé, impossible de lâcher ce roman, aussi dur soit-il, tant le sujet est habilement traité, de manière à ne pas perdre le lecteur tout en lui fournissant les clés essentielles à la compréhension d'un tel conflit. Malgré ce contexte plein de tension, l'art est au centre du roman. le théâtre, même s'il a tout d'un projet insensé, voire vain, symbolise ce terrain neutre, dans lequel les conflits sont mis entre parenthèses et où l'on parle un même langage, plein de passion et de ferveur. L'espoir et le rêve de ces comédiens côtoient l'horreur de leur quotidien, les massacres et le danger. Avec « le quatrième mur », Sorj Chalandon nous offre un magnifique roman sur l'amitié et l'engagement (politique, amoureux), mais également un récit de guerre terrible, qui a son lot de scènes insoutenables et de désillusions… Bref, vous l'aurez compris, malgré la dureté du sujet, j'ai adoré !
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blandine5674
  03 janvier 2015
Je l'ai élu le meilleur livre de l'année 2013. Lu en septembre 2013. Incapable d'en faire une critique parce que scotchée. Conseillé à une amie en audio qui me dit d'en écouter l'interview de Chalandon à la fin du CD. Et là nouvelles émotions : il y a des sanglots dans sa voix, il parle de ses angoisses et de l'après-succès de son oeuvre avec des rencontres au Liban où il a reçu le prix Goncourt des lycéens. C'est aussi fort, attachant, passionnant, émouvant que le quatrième mur. Respect pour Monsieur Chalandon !
J'avais déjà lu cet auteur. Je persiste donc dans mon opinion sur lui : enfin un écrivain qui en a ! Qui ne va pas dans la facilité !
L'histoire : Georges découvre le Liban en guerre, pour une promesse faite à son ami Samuel, metteur en scène de théâtre qui se trouve dans un lit d'hôpital. Quelle promesse ? monter la pièce Antigone de Jean Anouilh, Antigone. Il va rencontrer les acteurs choisis par son ami : palestinienne, druze, maronite, chiite, chaldéen, arménien. Une belle leçon d'espoir, de désespoir et de passion.
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Crossroads
  25 janvier 2015
Mais que Diable suis-je donc allé faire dans cette galère ?
Folie passagère, utopie chimérique d'un esprit aujourd'hui malade. Celui de Samuel, mon mentor, mon inspiration, mon frère.
Franchement, aller monter Antigone en un Beyrouth assiégé en tentant de convaincre les belligérants de chaque camp d'y tenir un rôle le temps d'une seule et unique représentation, merci du cadeau, aussi symbolique soit-il.
Et moi, Georges, inconscient de la gageure mais fort des liens qui nous unissent, j'ai dit oui...parce qu'il est mon ami.

Le Quatrième Mur ou la preuve éclatante qu'il est possible de se passionner pour un bouquin traitant d'un conflit dont on maîtrise très mal les tenants et les aboutissants. Honnêtement, Palestiniens, Phalangistes, Druzes et miliciens, autant d'acteurs impliqués dans un conflit israelo-libanais meurtrier qui n'était alors qu'une vague réminiscence journalistique d'un énième 20 H en mal de sensationnalisme.

Leçon d'Histoire, certes, mais pas que.
Ce livre est une véritable ode à l'amitié et au fraternalisme.
De bons sentiments s'écrieront certains, mais qui font du bien en cette période trouble et mouvementée.

Et quel choc, quel décalage pour Georges, Européen convaincu menant ses propres combats de militant en étant sûr d'en réchapper lorsque d'autres, à quelques jets de grenades, chaud devant je tâche, n'hésitent pas aller jusqu'au sacrifice ultime pour défendre la cause qu'ils chérissent. La leçon de vie est parfois absurde, toujours violente et cruelle. le gouffre est insondable, l'enseignement durable et dévastateur.

Le Quatrième Mur est une promesse, celle de vous inoculer quelques grammes de bonté envers votre prochain et en cela, Chalandon est un sublime bâtisseur !
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