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ISBN : 011547918X
Éditeur : Widj Editions (30/11/-1)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Un jour de printemps à l'aéroport de Roissy_Charles-De-Gaulle.

Un homme, proche de la cinquantaine, apprend que sa femme vient de le quitter. Pour échapper à cette réalité, il décide de rester dans l'aéroport, cette "créature de béton et de verre" où il sera amené à rencontrer des personnages pittoresques et mystérieux qui, comme lui, apprivoisent comme ils peuvent leurs douleurs, dissimulent leurs secrets, apprennent à vivre avec leurs fantômes.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
fuji
  12 avril 2018
Un presque quinqua, revenant d'un séminaire en Suisse apprend par un message laissé sur son répondeur, que Eléna, sa femme, veut faire un break.
Il fait un boulot pas très fun, plutôt stressant et déshumanisé, il met en place des process pour améliorer la force de vente des employés de la société dans laquelle il bosse.
Alors il décide illico presto, qu'il ne sortira pas de l'aéroport Roissy CDG. Il dit stop, pause. Une voix dans un haut-parleur indique qu'un chat vert prénommé Soljenitsyne s'est enfui.
Il commence à errer et regarder, observer etc. Il se fait la réflexion que « Il n'y a que dans le ciel que le déclin est beau. »
Son quotidien qu'il partage entre sa famille et son travail, recèle une partie plus personnelle, il écrit avec frénésie comme pour ne pas se noyer dans un quotidien qui ne lui ressemble pas, comme pour échapper à un monde qui ne lui parle plus.
« Puis, c'est arrivé. le séisme. Et tout a été enseveli. le roman, l'écriture, l'envie, tout. Ma passion littéraire avait disparu, elle aussi, pour reposer sous les décombres poussiéreux, victime à son tour du même jour, de ce jour-là. Je n'ai rien ressenti de particulier. C'est incroyable, mais c'est la vérité. J'ai écrit tous les jours pendant plus de trente ans, puis tout s'est arrêté comme ça, en un claquement de doigts. Et cela ne m'a rien fait. »
Il organise sa vie dans ce lieu de transit, les gens qu'il ne connait pas, les bruits, les odeurs…
Il plonge dans la lecture, seule nourriture acceptable à ses yeux.
Désormais il vit dans un monde qui change à chaque seconde, une réalité qui n'est plus la sienne, des réminiscences dont il se passerait bien. Un octogénaire qui a perdu tout lien avec la réalité, lui indique où dormir la première nuit, une sorte de fraternité dans l'errance.
Le vieil homme lui demande « Vous comptez résider longtemps dans mon aéroport ?
Une vieille femme attend, qui est-elle ?
Si vous voulez le savoir, lisez ce roman original. Qui n'a jamais rêver d'appuyez sur la touche pause une seule fois dans sa vie ?
Stéphane Chamak a le talent d'aborder un sujet sérieux avec un humour burlesque qui fait rire le lecteur, pas toujours un rire franc, parfois le rire est jaune, car chacun peut se reconnaitre dans certaines situations.
Il a également une habileté certaine à croquer de beaux portraits, ses personnages sont incarnés particulièrement les plus lunaires, ce qui donne du relief à son écriture.
Chaque chapitre porte un titre de Souchon, et c'est effectivement un univers qui correspond totalement à l'atmosphère du roman.
L'auteur dit bien que la vie est faite de failles, jamais totalement consolidées qui resurgissent sans savoir comment faire avec. La solution est-elle en nous ? Si oui, fait-on ce qu'il faut ? Dit-on assez « je t'aime » à ceux qui sont importants dans notre vie ? Où apprend-t-on à consolider ce que nous sommes ?
Un livre surprenant, un premier roman réussi, l'auteur a déjà écrit des recueils de nouvelles, un beau titre.
Je vous recommande chaleureusement cette lecture où sous le rire affleure toujours la tendresse.
Chantal Lafon-Litteratum Amor 12 avril 2018.
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Commenter  J’apprécie          51
elodiekretz
  06 mai 2019
Quelle belle surprise que ce livre ! Je l'ai commencé sans a priori mais avec une double curiosité : celle de découvrir le travail de Stéphane et celle de voir comment il allait s'en sortir avec son sujet atypique (donc attirant pour une lectrice qui lit beaucoup) mais tout sauf simple...
Alors le sujet : un homme, le narrateur, approchant de la cinquantaine, débarque à Roissy. Il rentre d'un séminaire professionnel pontifiant. En écoutant ses messages, il prend connaissance de la volonté de sa femme, Éléna, de "faire un break". Elle a déjà déserté le domicile conjugal. Tétanisé mais pas étonné - il est bien conscient d'être entièrement responsable de la distance, désormais infranchissable, qui s'est installée dans son couple -, il refuse de faire face à cette décision. Pour ne pas en assumer les conséquences et ne pas accepter, il décide de rester dans l'aéroport. Cette "créature de béton et de verre" le protégera et laissera ce changement brutal en suspens.
Il s'organise donc pour rester dans cet endroit coupé du monde, préservant sa tranquillité, son anonymat, au milieu des inconnus de passage. En fait, au milieu des inconnus justement, il croise des vies minuscules et, parce qu'il est fragilisé et hors de son quotidien, il observe et écoute ses êtres que sinon il se serait probablement contenté de croiser. le SDF qui simule sa vie et cache un secret, la vieille dame très apprêtée et attend un homme qui ne semble pas revenir, le faux taxi piégeant de naïfs touristes, la serveuse idéaliste du Starbuck's... Au fil de ses rencontres, le narrateur retrouve le goût de la relation, qu'il pensait avoir définitivement perdu, se connecte de nouveau aux autres et, par là-même, à lui-même.
Tout cela est d'une grande subtilité. Stéphane Chamak évoque Jonathan Coe dans ses remerciements et, effectivement, son livre rappelle plus les auteurs anglais que français. Il commence en jouant la carte de l'humour anglais, grinçant et cynique.
J'ai pensé à Expo 58 de Coe ainsi que beaucoup à David Lodge (Bienvenue au paradis, la scène de l'aéroport, et Thérapie pour les rapports de couple). Aux comédies de Stephen Frears aussi côté grand écran.
Cependant, si l'humour reste présent (les descriptions des poncifs de l'entreprise sont vraiment très bien restituées), la légèreté s'efface pour nous faire découvrir les personnages de l'aéroport qui sont beaucoup plus profonds que leur apparence ne le laisse supposer. Surtout, nous nous prenons d'affection pour le narrateur, perdu, qui n'a su se remettre d'un traumatisme qu'il appelle pudiquement "l'effondrement".
C'est subtil, sensible et juste, ce qui, sur un sujet tel que celui-ci, était tout sauf évident. Aucune propos mièvre ou larmoyant, pas d'auto-apitoiement mais une grande lucidité du narrateur qui a un excellent sens de l'observation et de l'analyse et se l'applique à lui même sans complaisance. La construction est très bien maîtrisée, sans répétition et le huit-clos de l'aéroport joue parfaitement son rôle de catalyseur.
Bref je suis conquise ! Je me note de lire les nouvelles pour très vite.
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FredericSoulier
  15 septembre 2019

Bonjour. J'ai pu lire ce livre grâce à une cagnotte participative. Stephane Chamak nous sert là un beau roman fourre-tout, bordélique, ce qui n'a rien de péjoratif. C'est bien écrit, mais un peu trop scolaire, un peu trop emprunté, il manque ce côté viscéral dont l'auteur jure ses grands dieux qu'il ne sait pas faire. Seulement voilà, pour toucher le lecteur, faire naître des émotions fortes, il faut soi-même y mettre un peu de sa tripaille. Je n'ai donc pas été spécialement remué par l'histoire, pourtant prometteuse de maelströms d'émotions, de cet homme qui fuit sa femme et sa douleur de père en se réfugiant dans un aéroport.
Cependant, le roman regorge de trouvailles de langage, de punchlines sympathiques (attention à ne pas en abuser, monsieur Chamak), de personnages déjantés, de situations cocasses et/ou absurdes, et de digressions plus ou moins pertinentes (attention aussi à ne pas en abuser). J'ai cru reconnaître l'influence de Stephen King pour les dialogues, celle de Houellebecq pour les digressions et les nombreuses références culturelles, un peu de Boris Vian ou de John Kennedy Toole pour le côté absurde. Ce roman se lit tout seul, mais il y a un côté "assemblage de statuts facebook" ou "boîte à malices" qui m'a empêché de m'extasier tout à fait.
Un peu moins de pondération et un peu plus de tripes, monsieur Chamak, et le compte est bon.
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Lhombreduvent
  27 juin 2019
Dans le cadre de son travail, un homme effectue un séminaire en suisse. A son retour, à l'aéroport de Roissy, il reçoit un message vocal de sa femme Elena, elle veut faire un break. Il décide alors de tout planter là et de ne pas rentrer chez lui.
Il y a pas mal de références dans ce livre, j'en citerai deux, les plus évidentes : les titres des chansons d'Alain Souchon que l'on retrouve à chaque chapitre mais pas que.. je trouve cette manière d'aborder cette histoire, plutôt originale et la référence à l'écrivain britannique Jonathan Coe avec son humour satyrique, entre autre. (J'avais d'ailleurs beaucoup aimé la maison du sommeil lu il y a longtemps).
J'ai beaucoup aimé également la manière dont Stéphane Chamak décrit les différentes personnes en utilisant un langage différent dans les dialogues et la manière poétique quand il (l'homme ?) parle d'un être cher à son coeur.
Les personnages dans sont tous différents avec néanmoins un point commun, ils sont un peu barrés mais touchants, à part la vieille dame, qui me peine particulièrement par ses souvenirs douloureux.
Le héros de l'histoire connaîtra, tout au long de sa résidence forcée des sentiments contradictoires et ses sentiments vont le renvoyer à son passé, proche ou lointain, avec sa propre vie et celle de sa femme Elena.
J'ai lu ce livre comme si l'auteur avait écrit un journal, je l'ai lu de cette manière. Les chapitres sont, pour la plupart, courts et c'est bien. Plus d'une fois j'ai ri car certaines situations vécues par les personnages sont franchement drôles ou décalées mais aussi pleines d'émotions...vous serez étonnés, tout comme moi peut-être, quand vous serez arrivés aux dernières pages du livre, quelle surprise !
Vous l'aurez compris, ce livre m'a plu !
Si vous aussi, vous voulez connaître les turpitudes psychologiques d'un homme qui veut se poser et prendre le temps de réfléchir à ce qu'il veut faire de sa vie, il ne reste plus qu'à vous plonger dans cette lecture !
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catcap
  21 février 2018
Une belle découverte, lu quasiment d'une traite , subtil, poétique , émouvant ! Qui n'a pas rêvé de pouvoir appuyer sur la touche pause du temps ? Avoir un peu justement de ce temps pour prendre les bonnes décisions, bercé par les chansons d'Alain Souchon ? C'est ce qui arrive à cet homme dans l'espace ouaté de l'immense aéroport de Roissy ... la suite , le chat vert Soljenitsyne , le sdf , la petite fille ... à rencontrer dans ce très joli roman
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
elodiekretzelodiekretz   05 mai 2019
Je ne me sens ni prêt ni capable de gérer cette situation inédite. Cela a l'air un peu ridicule, je sais bien, mais tant que je reste ici, dans le ventre de cette créature de béton et de verre, je suis à l'abri. Protégé. Préservé. Du présent, de la vérité, du monde extérieur. De la douleur, aussi. Autrement dit, tant que je ne passe pas ce portique situé juste derrière moi, que je franchis pas cette frontière infime entre l'homme que je suis et celui que je deviendrai une fois dehors , les choses resteront en l'état, suspendues, pareilles à un funambule sur son fil, entre l'équilibre et la chute.

Alors, rien ne se serait définitivement produit.
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catcapcatcap   13 mars 2018
L’Art n’est qu’un tour de passe-passe, un effet d’optique, au mieux un léger contretemps qui retarde temporairement l’échéance de ce que nous sommes. Il ne nous rend pas plus jeunes, ni plus beaux, ni plus forts, ni plus courageux. L’écriture n’a pas fait de moi un homme meilleur.
Elle m’a juste donné l’illusion d’être un peu moins médiocre.
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catcapcatcap   13 mars 2018
Le jour, fatigué, capitule devant le sourire voilé de la nuit, victorieuse à son tour. Inexorablement, la lumière baisse, l’obscurité s’étend tel un flacon d’encre de Chine renversé sur une feuille blanche. Tout cela se fait dans une synchronisation parfaite, tranquille, naturelle. Derrière une grande baie vitrée, j’admire ce joli passage de témoin.
Il n’y a que dans le ciel que le déclin est beau.
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