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Guillaume Chamanadjian (Autre)
EAN : 9782373051025
416 pages
Éditeur : Aux forges de Vulcain (16/04/2021)
4.36/5   65 notes
Résumé :
Enfermée derrière deux murailles immenses, la Cité est une mégalopole surpeuplée, constituée de multiples duchés. Commis d’épicerie sur le port, Nox est lié depuis son enfance à la maison de la Caouane, la tortue de mer. Il partage son temps entre livraisons de vins prestigieux et sessions de poésie avec ses amis. Suite à un coup d’éclat, il hérite d’un livre de poésie qui raconte l’origine de la Cité. Très vite, Nox se rend compte que le texte fait écho à sa propre... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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JustAWord
  22 avril 2021
Après la révélation Claire Duvivier l'année passée, Aux Forges de Vulcain se lance dans un projet fantasy d'envergure : une double trilogie réalisée par deux auteurs français, Claire Duvivier (encore) et Guillaume Chamanadjian.
C'est ce dernier qui a la tâche ardue d'entamer l'aventure avec le Sang de la Cité, premier volume de la trilogie Capitale du Sud.
Vous l'aurez compris, il s'agit ici d'entrelacer l'histoire de deux cités : Gemina, Capitale du Sud (dont il sera question ici) et Dehaven, Capitale du Nord (dont s'occupera Claire Duvivier en octobre prochain).
Pour son premier roman et cette première incursion dans le cycle de la Tour de Garde, que nous réserve Guillaume Chamanadjian ?
Gemina, cité des Ducs
Tout commence par une guerre. Celle qui oppose le Duc Serviant de la Caouane (que l'on appelle aussi Maison de la Tortue) et celle du Duc Adelphes du Souffleur (aka la Maison du Dauphin). L'enjeu de cette guerre : une femme, en l'occurrence la soeur du Serviant, gardée captive par Adelphes le sus-nommé.
Et si la bataille tourne rapidement à l'avantage de la Tortue, là n'est pas l'intérêt de ce prologue. Sous le Moineau-du-fou, siège du pouvoir du Dauphin, le Duc Serviant et les siens découvrent deux enfants crottés enfermés dans une cellule ténébreuse. Surnommés les Suceurs d'Os, les deux gosses deviennent vite les petits protégés de Serviant, et si Daphné cause bien des problèmes au Duc du fait de son tempérament de feu, c'est bien de Nohamux dit Nox, dont il sera ici principalement question.
C'est Nox qui sert en effet de guide et narrateur à Guillaume Chamanadjian pour ce premier volume. Grâce à lui, nous découvrons Gemina, une immense cité entourée d'une double-muraille et dont la structure politique s'appuie sur une série de clans dirigés par des Ducs. Chacune des maisons adopte un animal-totem comme emblème et l'on retrouve la maison de la Tortue, du Chien, de l'Hirondelle ou encore de la Baleine. Comme dans toutes les cités de cette taille, un rapport de force particulier régit les échanges entre les puissants clans du Massif au centre de la Cité et les ambitieux clans du Port tout au sud.
Le principal problème politique et commercial du moment : l'acheminement des marchandises venant du Port vers les clans du Nord. Un problème auquel le Duc Serviant pense avoir trouvé une réponse par la construction d'un canal. Un projet épineux tant il remet en cause l'hégémonie des clans du Massif.
C'est dans ce contexte que Nox, fils adoptif officieux de la maison de la Tortue, va tenter de démêler les complots et les tentatives d'assassinats.
Le jeu des trônes
Qu'apporte donc de neuf Guillaume Chamanadjian une fois les bases de son récit et de son monde posé ? En réalité… pas grand chose.
Influencé par Robin Hobb et George R.R. Martin, le français nous montre une aventure qui tient à la fois du traditionnel (et largement balisé) parcours initiatique du jeune héros en quête d'un statut social et de l'affrontement entre maisons nobles qui oscille entre complots sanglants et petites manigances entre amis. Et si Nohamux n'a pas la finesse d'écriture d'un Syffe, il n'en reste pas moins un personnage central tout à fait passionnant et attachant dont le rôle sera loin de se limiter à la lutte de pouvoir qui se profile.
De ce côté, l'auteur français place ses pions avec une grande intelligence et ébauche une intrigue solide et plaisante à suivre qui rappelle La Tour de Garde, un jeu d'échecs propre au monde de Gemina et particulièrement populaire parmi ses habitants. La visite des différentes maisons nobles, les relations qui les unissent, les vieilles rivalités ou les nouvelles alliances, tout ce background contribue à donner de la chair à l'univers du Sang de la Cité.
Heureusement, l'histoire ne compte pas simplement sur un énième brassage de poncifs fantasy pour séduire le lecteur et cherche à trouver une identité propre pour le différencier du tout-venant, un peu à la façon du magistral Un Long Voyage mais sur une note nettement plus fantastique cette fois.
Les sens de la Cité
En prenant son temps, Guillaume Chamanadjian sculpte patiemment sa mégalopole en s'appuyant avant tout sur les sens du lecteur (et du narrateur).
C'est par la poésie et la chanson que l'on pénètre dans Gemina, que l'on découvre les premières légendes autour de la découvertes de Nox et de sa soeur, puis l'on suit notre jeune héros à travers une occupation particulièrement inattendue : celle de commis de cuisine d'un artisan en vins et autres mets précieux pour les maisons nobles de la cité. Dès lors, le récit se teinte des couleurs d'un vin intra-muros, des saveurs de gâteaux au miel et de fougasses chaudes et croustillantes, des cris de marchands ambulants et des plaisanteries des débardeurs à pied d'oeuvre. C'est par l'ambiance que tente de se distinguer (avec bonheur) le Sang de la Cité.
La découverte des maisons et des enjeux politiques va de pair avec les saveurs, la poésie et la littérature de ce monde alors que Nox, pris par l'enthousiasme de la jeunesse, découvre par hasard la magie au coeur de la pierre.
Dès lors, le français saupoudre son monde d'éléments surnaturels, des pouvoirs de bâtisseurs du clan de la Recluse à l'envers-monde découvert par accident par Nox.
Il reste alors beaucoup de sous-intrigues en suspens quand les choses s'accélèrent vraiment pour notre suceur d'os. Alors que les retournements de situation pleuvent, on oublie un temps la beauté des légendes et mythes qui s'infiltrent dans la rues de Gemina pour le bruit des armes. Pas pour longtemps, heureusement, car c'est là tout l'intérêt de ce premier opus : faire naître un univers fantasy qui donne envie d'y retourner, et cet objectif-là, Guillaume Chamanadjian, par sa langue élégante et sa plume volubile, l'atteint pleinement.
Le Sang de la Cité n'a rien de révolutionnaire en soi et, finalement, ce n'est pas forcément ce qu'on lui demande. Guillaume Chamanadjan fait dans le classique mais il le fait bien, tout en apportant une touche personnelle et particulièrement sensorielle à cette Cité qui semble prendre vie sous nos yeux. Efficace, addictif et prometteur, ce premier volume atteint son objectif principal avec aisance : ferrer le lecteur pour l'emmener vers le prochain volet imaginé par Claire Duvivier.
Rendez-vous en Octobre donc.
Lien : https://justaword.fr/capital..
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boudicca
  20 août 2021
« Le sang de la cité » est le premier roman se déroulant dans l'univers partagé de « La tour de garde » qui sera exploité de façon complémentaire par deux auteurs : Claire Duvivier (autrice du très remarqué « Un long voyage », dont le prochain ouvrage est prévu pour octobre 2021) et Guillaume Chamanadjian. Tous deux ont pour objectif d'écrire une trilogie consacrée chacune à deux cités majeures : Dehaven dans le cas de Claire Duvivier (« Capitale du Nord ») et Gemina pour Guillaume Chamanadjian (« Capitale du Sud ») qui inaugure donc ici la saga de « La tour de garde ». Nous voilà plongé dans une sorte de cité-état inspirée de la Renaissance italienne dans laquelle plusieurs grandes familles se partagent le pouvoir. Parmi elles, la maison de la Caouane a connu une ascension fulgurante suite à sa victoire sur un clan rival, entièrement annihilé à l'exception de deux enfants à l'origine incertaine, retrouvés enfermés dans une prison souterraine lors de l'assaut final. C'est l'un d'eux qui va nous servir de narrateur pour cette histoire, un adolescent du nom de Nox dont la vie se partage entre le Moineau-du-Fou, chef lieu du camp de la Caouane, et Saint-Vivant, établissement particulièrement renommé chez les gourmets et pour lequel il assure le rôle de commis, livrant vin et sucrerie à tout le gratin de la cité. Son quotidien va toutefois être chamboulé par le projet ambitieux du duc Servaint de construire un canal traversant la cité de part en part afin de faciliter l'acheminement des marchandises. Un projet grandiose qui suscite énormément d'hostilité, notamment de la part des maisons du centre de la cité qui seraient alors privées de leur rôle d'intermédiaire et des bénéfices que cette position engendre. Bien malgré lui, Nox va se retrouver entraîné dans des intrigues politiques qui le dépassent alors que le duc entend le mettre à profit tour à tour en tant que diplomate ou assassin.
Pour un premier tome, on peut dire que « Le sang de la cité » se révèle particulièrement prometteur. le roman met en scène une cité d'inspiration méditerranéenne, à mi-chemin entre de grandes villes italiennes comme Siennes ou Gênes ou d'une cité portuaire comme Marseille. Véritable labyrinthe de ruelles et quartiers impossibles à cartographier précisément, la ville de Gemina séduit immédiatement par la chaleur qui se dégage de ses habitants, ainsi que par les secrets qu'on y devine enfouis. Cette première ballade nous permet de nous familiariser avec l'atmosphère de la ville et ses monuments ou quartiers les plus emblématiques. L'auteur fait énormément appel à nos sens, à commencer par l'ouïe, l'odorat et le goût qu'il parvient efficacement à retranscrire au lecteur qui salivera plus d'une fois à la description des spécialités culinaires locales. le découpage par clan est intéressant et rappelle là encore les cités italiennes de la Renaissance dont l'auteur semble également s'être inspiré pour ses intrigues politiques. Complots, alliances et trahisons sont en effet au coeur de ce premier tome qui met en scène la confrontation entre plusieurs maisons rivales de Gemina. Par cet aspect, le roman a un petit côté « Gagner la guerre » (la gouaille et le protagoniste retors en moins) tout en s'inspirant pas mal de l'« Assassin royal ». On a en effet avant tout affaire à un récit initiatique au cours duquel on assiste à la transformation de Nox en assassin au service du duc qui l'a recueilli. La formation du héros est toutefois loin d'être l'unique centre d'intérêt du roman qui, comme dans la série de Robin Hobb, s'attache également à décrire le quotidien du personnage, loin des intrigues de cour. On suit ainsi le jeune homme dans ses courses pour livrer tel ou tel met délicat dans la capitale, on le voit également se lier d'amitié avec d'autres jeunes de son âge mais aussi manger, jouer, déambuler dans les rues… Loin d'être anecdotiques ou ennuyantes, ces scènes permettent de mieux cerner le personnage aussi bien que la cité dont on apprend peu à peu les codes et les spécificités.
Le début souffre cela dit de quelques longueurs et de légers problèmes de rythme, problèmes toutefois vite résolus dans la deuxième partie du récit qui se fait bien plus trépidante. La politique prend alors peu à peu le pas sur le quotidien (un peu répétitif) de Nox et permet à l'auteur de surprendre agréablement le lecteur par plusieurs retournements de situation joliment amenés. Parmi les nombreuses qualités dont peut se targuer le roman, on peut également mentionner les personnages, et notamment le protagoniste et narrateur. Un peu lent à la détente parfois mais d'une grande gentillesse et animé par une volonté de bien faire et de ne pas blesser, Nox est un personnage très sympathique qu'on prend énormément de plaisir à suivre dans ses pérégrinations au sein de la cité. L'auteur a l'intelligence de nous épargner le stéréotype de l'ado rebelle qui passerait la moitié du roman a combattre les plans fomentés pour lui par le duc et son entourage pour nous offrir à la place un jeune homme mature, qui a bien conscience de ce qu'il doit à la maison qui l'a recueilli et des obligations qui vont de paire avec son nouveau statut. le récit offre également une belle galerie de second-couteaux qui ne demandent qu'à s'étoffer et qui possèdent des origines sociales variées, du fils d'une petite propriétaire d'un vignoble à la fille d'un duc en passant par la capitaine de la garde de la Caouane ou encore une apprentie artiste-peintre. La conclusion de ce premier tome offre une fin satisfaisante, l'arc narratif développé ici étant d'une certaine manière terminé, mais la curiosité est forte de découvrir ce qui attend la cité dans les prochains volumes.
Pari réussi pour Guillaume Chamanadjian qui inaugure avec talent l'univers de la Tour de Garde qu'on ne peut qu'être ravi de voir s'étoffer sur cinq autres tomes. L'intrigue, bien qu'un peu lente à se mettre en route, est habilement construite et parvient efficacement à maintenir en éveil l'intérêt du lecteur jusqu'à la toute fin. le narrateur, lui, séduit par la sympathie qu'il dégage ainsi que par sa simplicité, de même que par le sentiment communicatif qui l'habite d'être pris dans un engrenage complexe. Une belle découverte, qu'il me tarde de prolonger avec le roman de Claire Duvivier cet automne.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Lenocherdeslivres
  03 septembre 2021
Voilà une cité construite à flanc de montagne et qui étend ses pieds dans la mer. Gigantesque, elle est divisée en de nombreux quartiers, petits duchés aux armoiries particulières, aux buts différents, aux intérêts propres. D'où des rapprochements et des trahisons, des coups en douce et des alliances à base de mariages arrangés. Et au milieu de tout cela, Nox, jeune garçon recueilli dans son plus jeune âge par la maison de la Caouane, dont l'emblème est la tortue de mer. Nox, qui passe ses journées à livrer à travers sa cité les marchandises de l'épicerie Saint-Vivant. Nox qui a passé son enfance sous terre, lui et sa soeur Daphné, les deux Suceurs d'Os.
Gemina, la cité où se déroule tout le roman est impressionnante de vie, de mouvements, de goûts, de couleurs, d'odeurs. Guillaume Chamanadjian l'habite totalement et nous y plonge dès les premières lignes. On est envahi par les bruits et les cris, le rythme trépidant. Elle est bien le personnage central de l'histoire. Avec ses quartiers si proches et pourtant si éloignés, car aux mains de dirigeants qui se haïssent ou, pour le moins, ont des besoins et des intérêts autres. Avec son architecture resserrée tant la place manque, ses murets et ses maisons instables, des vignes plantées à la verticale le long des murs pour gagner de l'espace. Avec sa répartition pas toujours facile à saisir, même pour certains habitants. Avec ses coutumes, ses groupes. Comme la Recluse, seul maison autorisée à effectuer les travaux dans la cité. Et, peu à peu, on comprend pourquoi. Car cette ville se découvre au fil des pages. On est balancé au milieu de son agitation avec Nox et ce dernier nous sert de guide, de chapitre en chapitre. Un procédé classique, mais qui fonctionne bien une fois de plus.
Et donc, c'est à Nox que Guillaume Chamanadjian attache nos pas. Et, en tout cas pour moi, c'est une bonne pioche. Ce jeune homme, un peu trop petit par rapport à ses amis, rapport à son enfermement dans les caves pendant sa jeunesse (pour en savoir plus, il faut lire le roman, je ne vais tout de même pas tout raconter) devient tout de suite sympathique. Rien que son adresse dans ses déplacements, lui qui connaît la moindre ruelle, le moindre raccourci (qu'il soit terrestre ou aérien, car Nox n'hésite pas à sauter les murs, escalader les toits et sauter par-dessus les obstacles), fascine. Et aussi ses liens avec les autres habitants, le sourire aux lèvres, toujours, un petit mot gentil. Il est un hôte charmant et parfait. Et le mystère de ses origines, révélé par petites touches renforce l'attirance que l'on ressent pour lui. On veut comprendre qui il est, d'où il vient et quels sont les enjeux qui le cernent.
Mais bien sûr, tout cela ne peut continuer ainsi. La plongée dans cette nouvelle cité (enfin, nouvelle pour nous, car elle est ancienne, cette ville, très ancienne) ne suffit pas à faire un roman. Et l'auteur se charge de nous distraire avec des intrigues et de l'action en nombre suffisant. Nox, de par sa naissance et son enfance, se retrouve au centre de nombreux intérêts qui vont rapidement le rattraper et, malheureusement pour lui, qui ne correspondront pas forcément à ce qu'il désire. Les contingences vont lui tomber dessus avec la force d'un pan de mur qui s'écroule.
Je peux ajouter, sans trop en révéler, que Nox se découvre également un lien particulier avec la cité. Un don, peut-être, extraordinaire et, en même temps, terriblement dangereux, dont il ne sait trop quoi faire au début. Et qui va ouvrir des tas de questions. Pour lui et, par voie de conséquence, pour nous. Et ainsi préparer la suite de cette histoire, annoncée comme une trilogie. Oeuvre particulière, car elle sera en principe écrite à quatre mains. Guillaume Chamanadjian s'occupe de Gemina, cette « Capitale du Sud », tandis que Claire Duvivier (qu'on connaît pour son Long voyage, paru en 2020) s'attaque à Dehaven (dont on parle dans le Sang de la cité), avec la trilogie « Capitale du Nord » : Citadins de demain devrait d'ailleurs paraître début octobre.
Le Sang de la cité a été pour moi une vraie lecture plaisir. J'ai aimé me laisser porter par Guillaume Chamandjian à travers les ruelles de Gemina. J'ai aimé les habitants de cette ville, avec leurs enthousiasmes et leurs faiblesses, leurs dégoûts et leurs désirs. J'ai aimé suivre les pas de Nox à travers sa cité et dans les méandres de la société. J'ai aimé découvrir les mystères placés comme des petits cailloux sur mon chemin par l'auteur. Et j'aimerai me plonger à nouveau dans les aventures de ces capitales, qu'elles soient au nord ou au sud.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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Charybde2
  08 juillet 2021
Gemina et Nox, la Ville et l'Adolescent : le début haletant d'une saga de fantasy qui s'annonce d'emblée d'un souffle puissant et d'une ruse peu commune.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/07/08/note-de-lecture-le-sang-de-la-cite-capitale-du-sud-1-guillaume-chamanadjian/
Dans « le sang de la cité », premier roman de Guillaume Chamanadjian et premier tome d'une série annoncée chez Aux Forges de Vulcain à partir de cette première publication en avril 2021 (et dont on sait déjà qu'à cette « Capitale du Sud » répondra du tac au tac une autre fresque, confiée à Claire Duvivier, la remarquable autrice de « Un long voyage », sous le titre de « Capitale du Nord »), deux protagonistes principaux rivalisent de charme et d'ingéniosité pour nous séduire.
Le premier héros, primordial en tous les sens du terme, c'est sans doute la ville, Gemina. Énorme cité du Sud, précisément, extraordinaire condensé de tout ce que le Moyen-Âge ou la Renaissance pourraient avoir rêvé à Barcelone, à Gênes, à Naples ou à Marseille, avec ses innombrables corporations marchandes et artisanales, ses quartiers constitués en autant de clans nobiliaires, ses intrigues et ses rivalités, séculaires ou spontanées, Gemina fourmille, bruisse, tonitrue et vit à part entière, entre conseils municipaux et programmes de grands travaux, entre traités commerciaux et luttes d'influence extérieures, sous l'égide de la Recluse, subtile administration de l'équipement, dont les ingénieurs et techniciens disposent pour certains d'étranges pouvoirs telluriques qui introduisent à point nommé une touche d'abord discrète de fantastique, ou de fantasy, dans le décor fictionnel para-historique. Plus réaliste que Lankhmar, moins sinistre que Wastburg, moins tentaculaire tout de même que la Nouvelle-Crobuzon et moins folle en apparence, sans doute, qu'Ambregris, moins pré-industrielle que Foranza et presque aussi exubérante, enfin que Bain, en Olondre, s'inscrivant ainsi d'emblée parmi la crème des grandes cités de l'imaginaire, Gemina a une image-miroir, sombre, vide et mystérieuse, dans laquelle se retrouve un instant plongé, comme par hasard, l'autre héros principal du récit, le jeune Nox, ville-fantôme nocturne qui va proposer l'une des quêtes essentielles de ce premier volume.
Nox est un narrateur phénoménal, une véritable trouvaille d'auteur, dont seul se rapprocherait peut-être le Syffe de « L'enfant de poussière » de Patrick K. Dewdney, pour des raisons toutefois différentes. Connu de toutes et de tous, ou presque, dans la cité, du fait de ses tragiques origines (évoquées dans la longue citation du prologue ci-dessus, avec sa composante en clin d'oeil à l'un des actes fondateurs de la saga du « Trône de Fer »), Nox, tout en étant suivi de très près, comme sa redoutable soeur hautement instable, par le duc Servaint, mène la vie diurne d'un commis d'épicerie fine, s'occupant principalement de livraisons aux clients et de commandes aux fournisseurs, arpentant vivement – ou plus langoureusement, selon les moments – les moindres recoins de certains quartiers, qu'il connait ainsi encore mieux que sa propre poche – qui aurait été alors revisitée par quelques yamakasi, par exemple -, et permettant à Guillaume Chamanadjian de nous rappeler par tous nos sens – ô combien savoureusement -, quarante ans après la publication de la trilogie « Civilisation matérielle, économie et capitalisme » par Fernand Braudel, à quel point l'infrastructure du quotidien constitue la clé de bien des développements de la superstructure des idées, y compris lorsque ce quotidien semble s'incarner aussi dans du vin, des pâtisseries ou des briques.
Si Gemina et Nox (Nohamux si on utilise son nom plutôt que son surnom) sont bien indéniablement les deux personnages centraux du « Sang de la Cité », il ne faut naturellement pas négliger la qualité fouillée, méticuleuse et attachante de la galerie complète et foisonnante concoctée par Guillaume Chamanadjian : en dehors bien sûr de la soeur du « héros », Daphné, on y trouvera de la haute société avec ses cercles rapprochés (mentionnons par exemple le duc Servaint, son éminence grise Tyssant, la maîtresse d'armes Lotharie, le conseiller Scholas, un certain Carl Russmor annonçant la future présence dans le jeu, à plus d'un titre de la grande cité du Nord, Dehaven, ou encore la demoiselle Guenaillie), en un casting relativement classique dans la fantasy, mais aussi tout un « peuple » petit ou moyen, qui a bien moins souvent les honneurs des projecteurs littéraires dans ce genre-là – ou apparenté -, tels l'épicier Eustaine, l'apprenti tuilier Symètre, le joueur de tour de garde (un jeu en apparence proche des échecs dont on subodore vite qu'il a une importance essentielle dans la saga qui se dessine, même si l'ensemble du projet ne s'appelait pas, précisément, « La tour de garde ») Casimux (faute un temps d'une « véritable » profession), ou bien la dessinatrice Aussilia, pour n'en fournir que quelques exemples. Dans ce qui fait société à Gemina, il existe bien des fleuves souterrains et des voies de communication discrètes entre univers a priori plutôt disjoints
Roman d'apprentissage inhabituel, « le Sang de la Cité » use avant tout d'une belle maîtrise du langage (jouant aussi à l'occasion avec certains médiévalismes charmeurs ou trompeurs, à l'image de la Céline Minard de « Bastard Battle ») et d'une gamme de tonalités pouvant, comme chez le Jack Vance totalement accompli de « Lyonesse », parcourir tout le spectre qui s'étendrait de l'humour bienveillant et du sarcasme assassin jusqu'au sérieux imperturbable de la haute politique ou à l'effroi insidieux de l'inexplicable. Et c'est ainsi que l'on se laisse entraîner avec joie dans les méandres annoncés d'une saga à deux voix dont l'ampleur et le machiavélisme s'annoncent déjà particulièrement gratifiants.
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kikenbook
  28 août 2021
« Fin du premier tome ». Les derniers mots de la page 394 surgissent comme le cri strident de la sonnerie du réveil qui vous extirpe d'un rêve fantastique. « le Sang de la Cité » s'achève mais je n'ai pas envie de quitter Nohamux, dit Nox, le héros de ce premier tome de « Capitale du Sud » , la trilogie qui, avec « Capitale du Nord » de Claire Duvivier, constituera le Cycle de la Tour de Garde.
Je ne suis pas du tout familier du genre Fantasy, je ne sais pas en parler, je n'en possède ni les codes ni les références et je le regarde le plus souvent avec l'appréhension de ne rien comprendre à ces univers où les prénoms des personnages semblent directement sortis d'un tirage de lettres qu'on aligne hasardeusement sur un chevalet de Scrabble, et où la magie côtoie de vilaines bêbêtes qu'on extermine à coups d'épée ou de sortilèges pour délivrer la princesse de Blablabla… Bref, je n'y connais rien, et c'est avec ma curiosité en poche et mon petit baluchon d'apriori que je suis entré dans Gémina. Et que j'en suis tombé amoureux au point de ne plus vouloir en sortir.
Tout me retient à Gémina, la Cité dont le chant, harmonie naturelle des cigales et des hommes, résonne en Nox comme les pulsations d'un coeur vaillant, comme la scansion de vers homériques. Tout y titille les sens : l'écriture envoûtante de Chamanadjian donne à la Cité, inspirée des bâtiments de la Sienne de Toscane, les couleurs, les odeurs, le goût, la musique de ce Sud médiéval. Tel est le décor dans lequel se déroule une intrigue construite à l'image du jeu dont raffole les habitants de la Cité : la Tour de Garde. Chaque personnage avance ses pièces sur un échiquier politique qui laisse peu de place à la pitié ; entre les dirigeants des différents duchés qui composent la ville, on ne se fait pas de cadeaux, ou, si l'ont s'en fait, il y a des risques qu'ils soient empoisonnés.
Et Nox, dans tout ça ? Que vient faire cet ado épris de poésie au milieu de ces jeux de pouvoir ? En est-il un simple pion ? Ou un rouage indispensable ? le garçon est guilleret de prime abord mais sa part sombre ne tarde pas à se révéler. Est-ce un hasard si le diminutif dont on l'affuble évoque la nuit, voire le sommeil éternel ou les Enfers ? Peut-être pas. le pouvoir qu'il se découvre petit à petit grâce à la Poésie donne une touche de noirceur qui ne fait qu'ajouter à la richesse du roman.
Il y aurait tant à dire de ce roman d'apprentissage que j'ai adoré. La plume de Chamanadjian, qui fait la part belle à des personnages féminins forts parmi lesquels l'indomptable Daphné, soeur de Nox, est enchanteresse, capable d'être aussi radieuse, qu'empreinte de noirceur, tour à tour épique, poétique et teintée d'humour dans des dialogues qui sonnent juste. Bref, tu l'as compris, j'ai maintenant le « Sang de la Cité » qui coule dans mes veines et c'est trop bon. Vivement la prochaine transfusion.
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critiques presse (3)
Liberation   09 septembre 2021
C’est l’annonce d’une mise abyme d’une partie qui se joue à plus grande échelle, et pour lequel le premier tome a posé les contreforts, notamment des personnages, dont la redoutable Daphné, sœur de Nox et monstre au sang froid. La première fin paraît hélas prévisible, mais Nohamux de la Couane donne envie de le suivre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Syfantasy   19 juillet 2021
Guillaume Chamanadjian est un auteur à suivre car en une seule phrase il est capable de capter l’attention de son lecteur et de lui faire découvrir sa Cité : complots, vin, bouchées et surtout beauté. Le Sang de la Cité est une ode magnifique à la culture dans un univers de fantasy envoûtant vivant au rythme effréné d’une cité inoubliable.
Lire la critique sur le site : Syfantasy
Elbakin.net   24 mars 2021
"Le Sang de la cité – Capitale du sud" reprend les codes du roman d’apprentissage tout en y ajoutant des recettes bien connues. Laissons à l’auteur le temps pour déployer son histoire. En attendant, le style et la narration font mouche, les ingrédients sont indéniablement de qualité.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   08 juillet 2021
Une pièce d’argent pour un conte en or.
C’est de cette manière que les histrions et les poètes apostrophent les passants. Il est rare qu’ils obtiennent ainsi plus d’une pièce de cuivre, mais la formulette est pour ainsi dire traditionnelle. Elle existait avant que leur congrégation déambule dans les rues avec un bandeau sur les yeux, avant les maisons. Certains disent avant même la création de la Cité.
Une pièce d’argent pour un conte en or. Des dizaines de milliers de poèmes et chansons commencent ainsi. Des milliers d’entre eux parlent de la ville, quelques dizaines du duc Servaint. Et une petite poignée parmi ceux-là a cru bon de me mentionner.
Tous débutent dans les ruelles écrasées de soleil, il y a des années de cela. On y fait état de trous de cigales entre les pavés, du présage heureux que les insectes poètes sont censés apporter. Les hommes du Souffleur étaient retranchés au Moineau-du-Fou. Tremblants, les doigts serrés sur leurs sabres aux pommeaux ornés de nageoires. Les habitants du secteur du Port, Pieuvres, Jubartes et Crabes, s’étaient terrés dans leurs masures, entassés les uns sur les autres afin de laisser les rues vides en prévision de la bataille. Derrière la placette des Enfants-Dus, à quelques centaines de mètres, la Caouane formait ses rangs.
Un consensus pour l’attaque avait été arraché au Conseil de la Cité quelques heures auparavant. Des années de tractations pour en arriver là. Et le duc Servaint, enfin assuré que personne ne viendrait au secours des dauphins pour contrecarrer sa vengeance, avait réuni ses hommes à la hâte. Il avait tenu un discours galvanisant en étreignant son sabre à la garde d’argent contre lui. Ses mots avaient touché les âmes, débusqué des haines enfouies, fait se dresser une forêt de lames noircies par les ans. Il y était question de malédictions antiques, d’équilibre des forces, de clans massacrés, ce qui appelait un juste châtiment pour le Souffleur. Il y était question de lui, Servaint, se faisant instrument d’un destin cruel, prêt à mourir pour que le crime qui avait coûté la vie à sa sœur ne demeure pas impuni. Il y était question de meurtre, et plus encore : de l’éradication d’une maison dans son entier.
De l’assaut en lui-même, les chansons vantent la violence des chocs, le courage des assaillants face à la traîtrise des assiégés, l’ingéniosité de Scholas, qui parvint à faire manœuvrer une tourelle d’assaut dans la rue Lice-des-Noyadés, les cris épouvantés de Souffleurs qui couvraient les ordres du duc. Personne ne doute que l’histoire est enjolivée, mais qu’y puis-je ? Les contes sont écrits pour les vainqueurs.
La bataille commença au point du jour, mais ce ne fut qu’au crépuscule que la porte du Moineau céda. Servaint se trouvait en pointe, faisant tournoyer son épée pour exhorter ses hommes épuisés à enjamber les cadavres de leurs camarades afin d’en finir avec cette « engeance maudite » – les termes sont du poète Valère le Caverneux, fameux pour ses strophes hyperboliques. Cinq dauphins se jetèrent sur lui, mus par l’énergie du désespoir. Il dut les combattre seul, en se servant des couloirs étroits de l’escalier pour qu’ils se gênent mutuellement. Il trancha le nez à l’un, les oreilles à l’autre, sa main forte au troisième et la gorge au quatrième. Quant au dernier, il finit proprement embroché comme un poulet, laissant ainsi l’accès libre aux étages.
Pendant ce temps, le duc Adelphes s’était réfugié au troisième étage. Ses soudards les plus fidèles achevaient de préparer un odieux système de poulie visant à répandre de la poix dans tout le reste du bâti afin d’y mettre le feu, tandis qu’eux s’échapperaient par les toits en tuiles. Les victimes se compteraient par centaines, dauphins comme tortues. Le Moineau-du-Fou en porterait à jamais les stigmates. La fumée se verrait depuis le Galevain et même les clans du nord de la ville sauraient qu’on ne défie pas Adelphes impunément. Il leva le bras pour donner l’ordre de la mise à feu, mais, au lieu d’un cri, ce fut un gargouillis qui s’échappa de sa gorge. Ses hommes eurent à peine le temps de voir le pommeau du couteau qui s’était enfoncé dans sa trachée qu’il s’effondra. Ils se jetèrent alors sur la silhouette qui venait de jaillir de la fenêtre après avoir escaladé depuis l’extérieur : Tyssant, le jeune sauveur de la Tortue, qui venait ainsi d’entrer dans l’histoire de son clan.
Il put en occire deux avant d’être à son tour grièvement blessé. Où fut-il touché ? Les chants n’en parlent pas. Même Valère le Caverneux ne fait état que du « sang qui s’échappait à gros bouillons de son être », de la « pâleur de cadavre de ses joues ». Sa mise à mort fut interrompue par l’arrivée de Servaint, qui sauva le garçon à son tour, les liant ainsi par un pacte éternel.
La nuit tombait quand les cris vaincus cessèrent de résonner entre les murs de la Cité. Servaint avait fait transporter Tyssant dans ses quartiers afin qu’il y soit soigné. La Caouane s’apprêtait à se réfugier sous sa carapace, et c’est là que je fis mon apparition.
Les chants diffèrent quant à l’enchaînement des événements. D’après Valère, c’est le duc lui-même qui remarqua la trappe dissimulée sous un tapis. Ursien le Mielleux soutient que c’est Scholas qui, sentant un courant d’air dans les quartiers d’Adelphes, ôta d’un geste la peau de loup, dévoilant ainsi le passage souterrain. Tous deux s’accordent néanmoins sur le fait que c’est maître Servaint de la Caouane qui se saisit d’une torche et fut le premier à descendre l’échelle. Quand il arriva en bas, ce fut pour constater qu’il n’y avait qu’un escalier, descendant toujours plus bas dans les entrailles de la Cité. D’un geste, il balaya les conseils de prudence des quelques hommes qui l’avaient accompagné, rappelant les légendes effroyables au sujet des tréfonds de la ville. Scholas parvint à le convaincre de progresser en deuxième ligne, derrière lui, et ce fut le vieil ingénieur qui, après une lente et angoissante progression souterraine, fut le premier à éclairer une lourde porte en bois.
« Messire Duc, c’estoit là diablerie du fourbe Souffleur ! lança un homme d’après Ursien, démontrant ainsi le peu de maîtrise qu’avait le poète de l’hexamètre dactylique. N’entrez point, je vous conjure ! De hideux démons pulluloient sous nos pieds. »
Mais Servaint ne l’écouta pas et se mit à attaquer la serrure avec son épée, insouciant du bruit qu’il faisait et qui pouvait attirer d’autres mauvais démons en ce lieu. Après maints efforts, il entendit le métal ployer et enfonça la porte. À une, puis deux, puis trois reprises, jusqu’à ce que, dans un vacarme assourdissant, la serrure cède et que le duc s’effondre dans une cellule obscure et malodorante.
L’attaque fut instantanée, si bien qu’il n’eut pas le réflexe de se saisir de son arme tombée au sol. Des griffes lui lacérèrent le visage, des dents mordirent son poignet. Il hurla de douleur, maudit les démons qui étaient parvenus à le blesser alors que le Souffleur ne lui avait même pas infligé une égratignure. Il parvint à se mettre sur le dos pour se défendre des assauts furieux des deux créatures qui l’assaillaient. Suffisamment en tout cas pour que Scholas et un autre homme entrent à leur tour et fassent fuit les monstres en agitant leurs torches.
Bien sûr, Ursien n’entre pas dans les détails. Je tiens ceux-ci de Scholas, qui se précipita pour relever son duc, tandis que les créatures se terraient dans un coin de la cellule, le plus possible à l’abri de la lumière. Et c’est tremblant de colère et d’indignation que Servaint détailla les choses qui se tenaient sous ses yeux. Un garçon et une fille, nus et couverts de leurs propres excréments. Des enfants beuglant de terreur, cachant leurs yeux blanchis par les ténèbres derrière des doigts griffus et terreux.
Le duc se saisit du garçon par le bras. Il le plaqua contre un mur de la cellule et le souleva du sol. La créature se tortilla, se débattit, rua, chercha une prise de ses ongles mais ne trouva que l’épaulette en cuir du duc. Servaint demanda de la lumière, éclaira le visage crotté du gamin en le maintenant de force par les joues. L’espace d’un instant, Scholas crut qu’il allait lui planter son épée dans le corps, mais le duc relâcha soudain son emprise. Il était las.
Des ordres furent donnés. De nouveaux cris retentirent. Les soldats n’eurent aucun mal à maîtriser de si pitoyables créatures, et c’est ainsi que ma sœur et moi émergeâmes pour la première fois à la surface de la Cité.
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Charybde2Charybde2   08 juillet 2021
« Je suis navré que le vin n’ait pas donné entière satisfaction, dit Eustaine en tenant son bonnet de velours rouge à deux mains. Je reconnais que le dernier millésime n’est pas à la hauteur de la réputation du domaine.
– Je vous en prie, balaya la femme, ne prenez pas la critique trop à cœur. Mon mari était déçu, mais ses clients ravis. Je tenais néanmoins à vous le signaler. »
Elle déposa sur le comptoir quelques pièces qu’Eustaine fit aussitôt disparaître. L’homme avait quarante-cinq ans, et depuis toujours il avait considéré que l’aspect transactionnel de son activité n’était qu’une contrepartie désagréable, mais nécessaire à sa survie. Il ne vivait que pour la satisfaction de son palais et celui de ses clients. Ses produits fins, ses épices, ses sucreries enchantaient les connaisseurs de la Cité. La sélection à l’entrée de son magasin était drastique. Tout nouveau produit devait satisfaire ses sens. Il les aimait comme ses propres enfants, en témoignait sa bedaine proéminente.
Et dans une ville dont on disait que le sang des habitants était fait de vin, un épicier dévoué était plus précieux qu’un corps de garde dans son entier.
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JustAWordJustAWord   19 avril 2021
La Cité susurre aux maudits. La Cité bourdonne et pépie. La musique fait vibrer les entrailles de la terre. Elle rend fous ceux qui l'entendent.
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Nicolas24Nicolas24   11 mai 2021
Et si cette issue avait été possible ? L’aurais-je empruntée ?
C’était une voie sans assassin, sans personne pour me barrer la route. Sans Lotharie non plus pour me venir en aide. Depuis la veille au soir, je pouvais lui donner un nom : le Nihilo.
Un pas de côté par rapport à la réalité et son cortège d’ennuis. Sans doute des dangers supplémentaires. Mais si je pouvais m’y promener librement, sans avoir à me soucier de la créature qui m’avait coursé, alors j’aurais un avantage considérable sur mes assassins, sur les hommes du Magot… sur tout le monde, en réalité. Un endroit où je serais à l’abri…
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LenocherdeslivresLenocherdeslivres   15 août 2021
Dans une ville dont on disait que le sang des habitants était fait de vin, un épicier dévoué était plus précieux qu'un corps de garde dans son entier.
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Vidéo de Guillaume Chamanadjian
Claire Duvivier et Guillaume Chamanadjian vous présentent leur ouvrage "La tour de garde, Capitale du Sud. Volume 1, le sang de la cité" aux éditions Aux forges de Vulcain. Entretien avec Ulysse Ronne.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2506657/guillaume-chamanadjian-la-tour-de-garde-capitale-du-sud-volume-1-le-sang-de-la-cite
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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