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EAN : 9782364686601
144 pages
Editions du sous-sol (19/08/2022)
2.97/5   37 notes
Résumé :
C’est l’histoire de deux jeunes hommes qui n’ont pas trente ans, deux exaltés. L’un a une passion pour la peinture. On le connaît. C’est Auguste Renoir. L’autre a une passion pour l’égalité et il sera le délégué à la police puis le procureur de la Commune de Paris. On le connait à peine. C’est Raoul Rigault.
Leur rencontre doit tout au hasard. La première a lieu dans la forêt de Fontainebleau alors que l’un peint sur le motif et l’autre fuit la police de Napo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Auguste Renoir peint tandis que le journaliste Raoul Rigault fuit la police de Napoléon III. Une rencontre de hasard et d'entraide. Les ingrédients étaient pourtant là : Renoir, la commune, la belle écriture de Chambaz. Eh bien je suis restée en lisière tout le long de la lecture. Je mets la faute sur mon état d'esprit du moment et non sur la qualité du texte.
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« Lequel des deux parla le premier ? On ne sait plus. » Une clairière dans la forêt de Fontainebleau, deux types qui s'observent, et puis, regards croisés, paroles noués, la rencontre naît entre deux passionnés, deux hommes qui devaient, chacun à sa manière, laisser leur trace dans l'histoire. D'un côté, le peintre Auguste Renoir, encore à ses débuts, en train de ranger son chevalet avant de rentrer à l'auberge, de l'autre Raoul Rigault, jeune journaliste blanquiste, opposant enragé au régime, recherché par la police de Napoléon III, et qui, dans sa cavale, cherche refuge dans ce bois. Chemin faisant sur le Chemin des merles, Renoir lui propose la cachette de l'auberge de Marlotte. Il l'y introduit, lui présentant Nana – c'est le temps, aussi de Zola… - la tenancière, et Toto, le caniche blanc, gentil personnage (pas toujours secondaire) de quelques-uns de ses tableaux, auquel il attribue à l'occasion les yeux de son père et dont il juge la toison blanche plus facile à peindre que la neige… En une soirée, Raoul est apprivoisé par le peintre et son monde. le lendemain, Renoir lui prête une blouse, le transformant en son assistant, et les voilà inaugurant une bonne semaine de compagnonnage complice au milieu de la nature, l'un initiant l'autre au secret des couleurs, quand celui-ci, même quand il observe le manque d'intérêt du peintre pour la chose politique, essaye de le convaincre de la nécessité d'une révolution à venir.
Mais Renoir doit regagner Paris, et les deux amis s'y séparent, se perdant de vue pour de longs mois, jusqu'au 22 mars 1871, aux meilleures heures de la Commune naissante. Ce jour-là, sur la terrasse des Feuillants, du côté de l'orangerie, « Auguste était en train de peindre sans se soucier de l'histoire de la peinture ni de l'histoire tout court ». Aux yeux d'une cantinière de passage, le voici cependant suspect, accusé de cacher sous cette innocente activité une oeuvre d'espionnage, la représentation du Paris de la Commune pour servir les troupes des Versaillais. Et il est derechef conduit, sous bonne escorte, à la préfecture de Police, rue de Jérusalem, découvrant bientôtr avec stupeur et joie, que le nouveau chef de la police n'est autre que Raoul Rigault ! Celui-ci s'empresse de le libérer…
On ne sait dans ce court roman, et l'amitié qu'il évoque entre Renoir et Rigault, quelle est la part de vérité historique et celle de l'imagination. Mais on se laisse emporter par le souffle des phrases, l'élan d'un texte qui, par moments, un peu comme Éric Vuillard réussissait à le faire dans son 14 juillet, semble mimer le mouvement joyeux d'une troupe révolutionnaire. On est rapidement séduit par le style de Bernard Chambaz, cette manière de redonner à la langue le lustre de celle de l'époque évoquée – avec l'accent de Vallès plutôt qu'avec celui de Zola, et plein, ô délices rares, de subjonctifs imparfaits! -, son goût du petit détail, son talent pour élire les images fleuries (et ça, ça va bien avec Renoir, bien sûr !), son art parfois de la gouaille joyeuse et des gavrocheries. Et on retrouve ici avec plaisir tout son gai savoir des arts, de la peinture, en particulier, ici autour de l'oeuvre de Renoir, comme on avait déjà pu l'observer dans des essais consacrés à Degas ou Rembrandt. Enfin, on apprécie l'humanité de son regard, la force de ses engagements, dont il laisse, ici, Raoul Rigault se faire l'écho lors du premier dîner à l'auberge : « Après la soupe de perroquet, le lapin sauté aux carottes vous changeait de la routine des haricots et des lentilles qu'il troquait contre une toile chez l'épicier de la rue des Beaux-Arts. La conversation glissait, allègre et décousue. Pas un convive n'avait plus de trente ans. la vente aux enchères d'un portrait de Vidocq fit débat: était-il de la main de Géricault ? Fallait-il croire, ou pas, le commissaire-priseur ? Est-ce le nom de Vidocq ou le prix du portrait, Raoul n'y tint plus. D'une voix soudain plus forte, il rapporta un fait-divers dont seules les feuilles rouges, qui dénonçaient la misère et annonçaient la révolution, s'étaient fait l'écho. Une vieille femme était morte de faim sur un grabat, dans une pièce au plancher vermoulu, pas de table, pas même une chaise, deux nippes élimées pendues à la poignée de la porte. Pour les besoins de la cause, il n'hésita pas à ajouter en contrepoint que le même jour, aux Tuileries, l'impératrice portait une coiffure grecque en diamants et une robe de damas arménien cerise recouvrant un jupon de velours vert. Auguste garda pour lui que Raoul paraissait obsédé par les mortes et qu'il semblait s'y connaître en robes. » On lui sait gré, d'ailleurs, de ne pas suivre Rigault jusqu'au bout dans son radicalisme révolutionnaire et son choix de la Terreur – lui qui prétendait avoir inventé une guillotine à batterie électrique…- comme phase ultime de la Commune, à l'instar d'un Renoir qui voudrait bien à un moment donné empêcher son ami de céder à « l'espèce de dérive qu'il ressentait, (à) le mettre en garde contre ses mauvais démons »… Alors, oui, Bernard Chambaz, merci pour ce très beau texte quand il explore en parallèle le meilleur de l'homme dans la création artistique et la réflexion politique, merci de redonner vie à la beauté des tableaux de Renoir comme à la splendide utopie en actes de la Commune ! Allez, attablez-vous maintenant à la table de Bernard Chambaz, à son banquet de mots ! Et vous reprendrez bien une louche de soupe de perroquet ?
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Mai 1870.
Auguste n'est pas encore Renoir. Certes, la peinture est déjà toute sa vie, mais si sa "Lise à l'ombrelle" a suscité les commentaires élogieux d'un certain Emile Zola lors de son exposition en 1868, les critiques envers son oeuvre sont généralement mauvaises, et font l'objet de caricatures dans la presse. Demain, il sera considéré comme "le pape de la peinture du bonheur", mais il faut patienter encore un peu.

Raoul connaîtra une gloire plus fugace, plus tragique et plus controversée, quand il sera Rigault. Pour l'heure, il est un jeune journaliste poursuivi par la police impériale pour un délit qu'il n'a prétend-il pas commis.

Ils se rencontrent dans la forêt de Fontainebleau. L'artiste vient de replier son matériel ; Raoul arrive de la gare. Ils deviennent vite camarades, car "aucun ne fait le paon". Ce sont deux hommes simples, pas vraiment du genre à soigner leur tenue. L'un a "appris la vie" à treize ans dans un atelier de porcelaine, l'autre l'a découverte dans des livres, sur les bancs d'un lycée dont il a été renvoyé suite à ses incartades, ce qui a incité son père à lui couper les vivres.

Ils passent quelques jours ensemble à se promener sur le Chemin aux Merles, se racontant des histoires, "grillant des cibiches entre deux canons", puis chacun reprend sa route.

Ils se retrouvent à Paris quelques mois plus tard, alors que la Commune vient de se mettre en branle. Accusé d'espionnage par une femme du peuple qui juge suspect cet homme qui reste de longues heures à peindre, Auguste est arrêté, et a la surprise de tomber au commissariat sur son camarade du Chemin aux Merles, tout juste nommé à la tête de la préfecture de police.

Ils éprouvent au fil des quelques rencontres qui suivent un plaisir réciproque. Qu'est-ce qui les lie ? Pas la peinture, en tous cas. Mais ils ont tous deux ce même optimisme intuitif qui les convainc que le monde paraîtra demain sous un jour splendide, et sont tous deux des exaltés : l'un est habité par son art, l'autre par ses idéaux. Si Renoir souscrit aux valeurs de la Commune -égalité, droit et justice-, il n'adhère pas à l'action directe, et trouve que tous ces révolutionnaires se poussent un peu du col. Et puis c'est un adepte de la simplicité, qui trouve son épanouissement dans la proximité quotidienne d'une beauté qu'il a la capacité de voir dans le moindre rendu des choses, le détail d'une couleur ou la fulgurance d'une lumière. Raoul, ancré dans la réalité sociale de son temps, voit plus loin et plus haut, escompte l'apothéose du bonheur collectif.

Voilà un texte fort habile, bref mais dense, qui allie un style judicieusement suranné mais jamais pesant et une capacité à capter en quelques mots la substance de l'instant. Ainsi, "La peau du dos" n'a pas tant goût d'Histoire que de vécu et se révèle un bel hommage à ceux qui, coûte que coûte, restent fidèles à leurs passions.

Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Rien que la vie. La vie, rien que la vie.
Deux personnages, deux destins, une amitié fugace, un service pour un autre.
Tel est en quelques mots le fonds du livre de Bernard Chambaz, historien, poète, romancier réputé et multi-récompensé (Goncourt du premier roman, prix Guillaume Apollinaire, prix Louis Guilloux ...) que je ne connaissais pas (parmi tant d'autres).

Forêt de Fontainebleau, mai 1870, Auguste Renoir peint seul, lorsqu'un quidam l'oeil aux aguets vient se reposer de l'autre côté de la clairière. Quelques instants plus tard ils devisent de concert après s'être présentés ; le second, Raoul Rigaud activiste révolutionnaire est recherché par la police. Réfugié quelques jours à l'auberge de Renoir, il fait plus ample connaissance de son “sauveur”, avant que tous les deux regagnent la capitale.
Mars 1871, Paris en pleine agitation populaire, Auguste toujours lui, peint tranquillement au bord de l'eau sans se préoccuper de l'Histoire. Très vite il est pris à partie par une troupe de fédérés qui le considèrent comme un espion à la solde des versaillais ou pire, des prussiens. Emmené sous bonne escorte au commissariat rue de Jérusalem, monté à l'étage il entend la voix tonitruante du commissaire qui n'est autre que Raoul, promu chef de la police. Un service en valant un autre, Auguste est libéré.

Sous l'allure d'un fait divers improbable, Bernard Chambaz prend le prétexte de deux rencontres fortuites et peut-être historiques de deux personnages d'une vingtaine d'années, dont le premier sera connu mondialement après une vie de 78 ans et une oeuvre immense, et l'autre tombé à 25 ans dans les oubliettes de l'Histoire, malgré sa participation active à l'insurrection de 1871 qui se terminera dans un bain de sang, insurrection connue sous le nom de la Commune de Paris.
L'auteur arrive à scinder un livre assez court, environ 140 pages, en deux époques, le chemin aux merles, et, La rue de Jérusalem. La première, en forêt de Fontainebleau, est passionnante dans une écriture d'une richesse incroyable et nous fait vivre la relation de ses deux « héros ». La justesse du verbe transparaît sous les touches de couleurs du peintre et l'Histoire vient au rendez-nous du lecteur. Les deux amis devisent en convoquant de nombreuses figures, comme Courbet, Delacroix, Nicot, Monet, Bazille, l'incroyable Narcisse Diaz de la Peña, ou encore Blanqui, le socialiste Allix, Alexandre Dumas, Vidocq, Nerval et Daumier, et « boivent de coups en fumant des cibiches ».
La seconde partie, à Paris, est plus longue, environ deux tiers du roman, et m'a en revanche beaucoup moins accroché. Toujours en historien accompli, Chambaz nous relate en détail les heurs et malheurs du peuple parisien dans sa révolte contre un pouvoir battu par les prussiens, et réfugié à Versailles. La tourmente qui agite la capitale fait et défait tour à tour des destins et qui possède le pouvoir un jour peut être fusillé le lendemain. Rigault est l'exemple même du personnage courant d'une réunion à un procès tout faisant des pauses dans une auberge avant de regagner son poste de police ou sa place de préfet provisoire. Dans sa course il entraîne Renoir qui semble errer dans toute cette agitation, lui qui n'entend pas grand-chose au fait politique. La relation entre les deux amis s'éparpille, se resserre, se distend et se rompt au détour d'une fusillade.
J'aurais aimé que les deux parties fussent d'égale longueur pour donner plus de corps au prétexte du livre, par ailleurs très bien écrit. Cependant l'auteur s'égare à mon goût beaucoup plus qu'il est nécessaire dans cette deuxième partie et nous propose un plaidoyer pour la Commune en n'omettant aucune horreur de quel camp qu'elle vienne. Il aurait fallu choisir entre les deux thèmes :
soit une chronique de la Commune de Paris, en y intégrant à rôle égal chaque personnage qu'il y invite,
soit rester sur la relation fugace mais réelle de Pierre-Auguste-Renoir et de Raoul Rigault, même si le premier vécut trois fois plus longtemps que le second.

Je remercie cependant Babelio et les Éditions du Sous-sol pour m'avoir permis de découvrir un auteur de talent, lequel aura comblé quelques lacunes sur le grand nombre que j'avais concernant la Commune de Paris (qu'on oublie un peu trop dans nos études d'histoire).
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Dans la forêt de Fontainebleau, en mai 1870, Auguste rencontre Raoul. Ils se mettent à parler de « la femme à l'ombrelle ». Sauf que l'un pense au tableau qu'il a peint alors qu'il avait vingt-six ans, et l'autre, à un sordide fait divers…C'est par ce quiproquo que commence la relation (l'amitié ?) entre Auguste Renoir et Raoul Rigault, qui va jouer un rôle important lors des évènements de la Commune …

J'ai bien aimé ce récit, hélas trop court à mon goût, ne lisez d'ailleurs pas la 4ème de couverture qui raconte presque tout le livre ☹. Les deux hommes vont se croiser plusieurs fois, discutant, s'aidant , s'opposant aussi dans leur attitude et leurs préoccupations. Les scènes où ils se retrouvent tous deux confrontés aux violences des Versaillais et des Communards , ou celles où ils sont devant des oeuvres d'Art au Louvre, sont parmi mes préférées. Au fil des pages, on croise Verlaine (Merlaine…) ou Courbet…On se balade dans les différents quartiers de Paris, mais Saint – Pétersbourg et Londres ne sont jamais bien loin…Un récit écrit comme un tableau, qui procède par petites touches, mais la toile est réussie ! Merci à Masses Critiques de m'avoir fait découvrir ce livre !
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critiques presse (1)
LaCroix
12 septembre 2022
Bernard Chambaz ressuscite la langue et l’univers du XIXe siècle pour raconter l’amitié qui lia le peintre Auguste Renoir et le journaliste Raoul Rigault sous Napoléon III, puis la Commune.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
On est en mai 1870, la première ou la deuxième semaine, les fourrés de lilas explosent doucement, personne n'entend la rumeur de la guerre qui menace. Et qui pourrait deviner que l'un - Renoir- sera considéré bientôt comme "le pape", comme le peintre du bonheur même si les mesquins le qualifiaient de peintre pour dames et si les abrutis lui faisaient valoir que le torse d'une femme n'est pas un amas de chairs en décomposition avec des taches vertes et violacées; et que de l'autre- Rigault- sera, sous peu, le délégué à la police puis le procureur de la Commune.

(p. 15)
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En chemin, ils passèrent devant un placard porteur d’un arrêté signé Raoul Rigault. L’article premier interdisait la vente des tabacs sur la voie publique, les attendus prétextaient le danger pour la santé publique à cause des produits frelatés et le manque à gagner pour les revenus de l’État. Le docteur Regnard alluma un panatella et se moqua de l’Académie de médecine qui prétendait que la fumée engourdissait les âmes et les spermatozoïdes, puisque la nicotine “c’était l’abaissement de l’homme vers l’état d’eunuque”. Sur le Boulevard, des cueilleurs d’orphelins ramassaient les mégots pour reconstituer des cibiches qu’ils revendaient à plus pauvres qu’eux.
Partie II - La rue de Jérusalem, chapitre 4
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Raoul était pressé de retourner au tribunal. En tant que procureur, il rejoignait dans la légende son héros de la Révolution française, le père Duchesne, qui se disait fils de sacripant, poêlier, qui fumait la pipe et qui assumait qu'on le considérât comme un Exagéré ou un Enragé. Désormais, il aurait à créer une justice révolutionnaire comme il avait créé une police révolutionnaire. Cela dit, il devait convaincre les communards de renoncer à leurs principes et consentir aux bienfaits de la dictature - leurs réticences le consternaient. Avrial voulait supprimer la peine de mort, il voulait même brûler la guillotine. Rigault prétendait avoir conçu les plans d'une guillotine à batterie électrique qui rendrait les plus éminents services, mais il se tut quand Renoir glissa dans la conversation qu'il avait rencontré le bourreau Sanson dans l'atelier de son père où il essayait un costume trois pièces en serge de coton. Sanson ! Oui, le petit-fils qui avait perpétué l'oeuvre familiale mais qui avait dû vendre la guillotine pour échapper à des poursuites dans une histoire de moeurs.
Avant de partir, il leur montra la dernière mouture d'un décret qui ferait date et qui imposerait sa volonté à la Commune. Le tribunal révolutionnaire serait composé de cinq membres de confiance qu'il pourrait choisir, lui, Rigault, un tribunal qui se prononcerait sur la culpabilité séance tenante, ce serait oui ou non, et la seule peine prononcée serait la mort et l'article 5 préciserait qu'elle serait exécutée dans les deux heures. Avrial désapprouvait cette justice expéditive. Il le rembarra vertement. "Nous ne faisons pas de la justice, nous faisons la révolution."
Sur ces fortes paroles, chacun retourna à ses occupations.

(pp.107-108)
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Un jour, chevauchant dans la lande, il avait eu l’intuition qu’on peint comme on tient les rênes d’un cheval, une main souple, l’autre ferme, et qu’il faut alterner les moments où on tire les rênes et ceux où on les relâche. Un autre jour, un cuirassier alléguant que les chevaux blancs et noirs n’étaient pas tout blancs ou tout noirs mais gris clairs et bai brun car leur robe était mélangée, il avait repensé à Narcisse Diaz qui l’avait dissuadé de l’usage du noir bitumeux.
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Après la soupe de perroquet, le lapin sauté aux carottes vous changeait de la routine des haricots et des lentilles qu'il troquait contre une toile chez l'épicier de la rue des Beaux-Arts. La conversation glissait, allègre et décousue. Pas un convive n'avait plus de trente ans. la vente aux enchères d'un portrait de Vidocq fit débat: était-il de la main de Géricault ? Fallait-il croire, ou pas, le commissaire-priseur ? Est-ce le nom de Vidocq ou le prix du portrait, Raoul n'y tint plus. D'une voix soudain plus forte, il rapporta un fait-divers dont seules les feuilles rouges, qui dénonçaient la misère et annonçaient la révolution, s'étaient fait l'écho. Une vieille femme était morte de faim sur un grabat, dans une pièce au plancher vermoulu, pas de table, pas même une chaise, deux nippes élimées pendues à la poignée de la porte. Pour les besoins de la cause, il n'hésita pas à ajouter en contrepoint que le même jour, aux Tuileries, l'impératrice portait une coiffure grecque en diamants et une robe de damas arménien cerise recouvrant un jupon de velours vert. Auguste garda pour lui que Raoul paraissait obsédé par les mortes et qu'il semblait s'y connaître en robes.
(pp.18-19)
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Vidéo de Bernard Chambaz
A l'occasion du Festival de Nancy "Le livre sur la place" 2022, Bernard Chambaz vous présente son ouvrage "La peau du dos" aux éditions du sous-sol. Rentrée littéraire automne 2022.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2640417/bernard-chambaz-la-peau-du-dos
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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