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ISBN : 2253184004
Éditeur : Le Livre de Poche (29/10/2014)

Note moyenne : 2.98/5 (sur 96 notes)
Résumé :
De Paris à New York, de jeunes artistes voient leur vie bouleversée par un étrange livre interdit, Le Roi en jaune. À travers celui-ci, c'est un univers de folie et de cauchemar qui fait irruption dans notre monde : celui de Hastur et de Carcosa, celui sur lequel règne le terrifiant Roi en jaune.
Publié pour la première fois en 1895, Le Roi en jaune est un chef-d’œuvre du fantastique décadent, salué par les plus grand critiques, et qui a exercé une profonde i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
deidamie
  19 février 2019
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, on va parler d'un recueil de nouvelles intitulé le roi en jaune de Robert W. Chambers.
-Noooooooon, Déidamie ! Ne lis pas ce livre !
-Trop tard. Pourquoi ?
-Malheureuse ! Ne sais-tu point que tous ceux qui le lisent meurent dans de terribles et mystérieuses circonstances ?
-Mais n'importe quoi… qu'est-ce qu'ils ne vont pas inventer, les éditeurs, pour se faire de la pub…
-Si ! si ! Même que c'est Alan Moore qui le dit dans Providence ! Alan Moore, il dit pas n'importe quoi quand même !
-Ah, tu fais bien d'en parler. Pour ceux que ça intéresse, Providence se déroule quelques décennies après le restaurateur de réputations. Robert Black vit dans le livre de Chambers.
Or donc, point de résumé, puisque les nouvelles ne possèdent que peu, voire pas du tout de fil conducteur entre elles. Cinq sont consacrées au genre fantastique, et les autres… euuuuh…
-Et voilà, tu butes sur les mots. C'est le début de l'altération du jugement qui va te mener à la mort, Déidamie !
-Pfff… Or donc… *miaulement* Mais tu fais quoi avec ce chat ?
-Je vais le sacrifier au Roi en jaune pour conjurer le mauvais sort !
-Ca va pas, non ? Laisse cette pauvre bête tranquille et prends plutôt un lapin !
Or donc, disais-je, si je cherchais mes mots, c'est tout simplement parce que je cherche encore le genre des autres nouvelles, mais procédons par ordre et commençons par ce que je préfère, le fantastique.
Ces nouvelles m'ont paru bien plaisantes ! Les idées intéressantes fourmillent et la reconstitution de la folie dans le restaurateur de réputations est très bien faite. J'ai adoré vivre dans la peau De Castaigne, qui bascule dans une autre réalité tout en conservant une perception hors du commun. La demoiselle d'Ys m'a aussi séduite. Hélas, je reproche à ces textes la même chose qu'à ceux de Bierce : il leur manque du liant. Dans certains d'entre eux, les événements se produisent un peu sans rime ni raison et je le regrette amèrement.
-C'est-à-dire ?
-Par exemple, dans le masque, le jeune savant-artiste fou plonge quelque chose dans son eau magique et l'héroïne pousse un cri dans la pièce à côté. Je suis obligée d'interrompre ma lecture parce que les mots « Euuuh… ouais, rapport choucroute ? » s'invitent subitement dans ma tête. Je garde également la sensation tenace que Chambers avait matière à faire bien plus, à creuser davantage ses sujets.
-Ouais, parce qu'au bout du compte, le roi en jaune, on sait pas qui il est, ce qu'il veut…
-Non, ça, j'ai trouvé bien qu'on n'en sache pas plus : cela donne du cauchemar à fabriquer. Et puis, on sait qu'il est malfaisant. Enfin, j'ai adoré ce motif en arrière-plan : le livre maléfique qui déclenche des drames.
-Et ben moi, je trouve qu'il ne pousse pas l'idée assez loin, justement, et qu'il pèche parfois par niaiserie. Une de ces histoires se termine bien ! Quelle horreur !
-Si tu y réfléchis bien, les deux héros se retrouvent dans une situation pas si heureuse que ça…
-Et puis, les nouvelles sur les rues de Paris… je ne suis pas sûre de bien comprendre où il veut en venir. Je garde l'impression qu'il n'ose pas dire de quoi il parle réellement par puritanisme excessif et cela m'agace, voire m'irrite ! de quoi t'as peur, Robert ? Vas-y, dis-le, ce que tes persos font ! Flaubert a été acquitté pour plus que ça !
-En revanche, là où je trouve la prose de Chambers irrésistible, c'est dans ses descriptions. Ses tableaux des rues parisiennes m'ont charmée par leur joliesse : vifs, colorés, ils m'immergent à merveille dans la douceur de vivre du Quartier latin quand on est un joyeux étudiant. Il m'a même semblé repérer un clin d'oeil à Elisabeth Vigée-Lebrun.
-Mouais… moi je persiste : je garde la sensation désagréable qu'il me manque des outils pour bien saisir ces textes. Je déplore que la présentation desdits textes ne soit pas complétée par un travail d'analyse ou de contexte de l'oeuvre. J'ai vraiment l'impression déplaisante de rater quelque chose faute de connaissances. Ou de concret, c'est possible aussi.
-C'est possible, en effet, d'où la note en demi-teinte. Quoi qu'il en soit, le point fort de Chambers se trouve plus dans ses ambiances, dans ses décors que dans les histoires proprement dites. Je le sens plus peintre que scénariste et, si vous aimez les frissons et les conclusions pleinement satisfaisantes, vous risquez fort d'être désappointé. »
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Musardise
  13 août 2017
"Le Roi en jaune" souffre d'un défaut énorme : le manque de cohésion. Composé de dix-sept textes, il recèle cinq nouvelles fantastiques (dont la dernière, "La demoiselle d'Ys", relève davantage de la fantasy), huit poèmes regroupés sous le titre "Le paradis du Prophète" et quatre nouvelles d'une veine romantique. le motif du roi en jaune n'est en rien rassembleur, car il n'apparaît que dans les cinq premières nouvelles - encore n'est-ce pas évident de relier "La demoiselle d'Ys" au mythique roi en jaune, si ce n'est par la grâce de quelques noms propres.
Mais qui est, ou qu'est-ce que le Roi en jaune ? Un personnage, en apparence. Ou bien seulement un mythe... Ce qui aura déçu beaucoup de lecteurs de Robert W. Chambers, c'est justement que ce personnage n'apparaît pas - tout juste l'entend-on chuchoter à l'oreille du narrateur de "La cour du Dragon", mais rien n'est jamais sûr dans ce monde délirant. le Roi en jaune n'est donc qu'une ombre menaçante, présente en creux dans les récits de personnages confrontés à la folie. Cette folie est-elle le fruit de troubles psychiatriques, est-elle celle du monde dans lequel ils vivent, ou bien est-elle générée, comme on le dit, par LE livre, ce livre dans le livre, maudit et intitulé justement "Le Roi en jaune", cette pièce de théâtre à la beauté sans pareille que l'on a interdite de publication ? Tout l'art de Chambers consistera à faire pénétrer le lecteur dans cet univers démentiel de déréliction où l'on perd tout repère, à nous faire plonger dans les méandres d'une société minée par des relents putrides et ésotériques, et à instiller une atmosphère d'étrangeté qui marquera Lovecraft - lequel se plaignait de la pauvreté d'imagination d'autres auteurs, qui se contentaient de faire apparaître une créature surnaturelle dans leurs récits pour leur coller l'étiquette "fantastique". D'autant que les nouvelles de Chambers sont, elles, empreintes de l'esthétique décadente et symboliste. le titre du recueil semble d'ailleurs se référer au "Yellow book", revue de la toute fin du XIXème dont la conception revient à Aubrey Beardsley et dans laquelle Henry James écrivit.
Cette esthétique est également prégnante dans les courts textes poétiques rassemblés dans "Le paradis du Prophète". Trop prégnante, peut-être, car ils donnent beaucoup dans l'emphase, avec leurs phrases répétées comme des leitmotivs. Il est par ailleurs difficile d'appréhender le projet que leur assignait Chambers. Cela dit, ces poèmes ont pour eux de prolonger en quelque sorte l'atmosphère inquiétante et déroutante des premières nouvelles.
Suivent quatre nouvelles dont les titres incluent tous des noms de rue, qui se déroulent à Paris, et qui n'ont plus grand-chose à voir avec ce qui précède. On quitte définitivement l'occulte pour plonger dans l'eau de rose. Ces histoires d'amour qui, non seulement n'apportent rien au recueil, le gâchent carrément. Elles n'ont rien de très intéressant ni de très original, elles tombent là comme un cheveu sur la soupe et, à vrai dire, elles sont assez ennuyeuses - la presque totalité des lecteurs du "Roi en jaune" s'accorde sur ce point. C'est fort dommage d'avoir clos le recueil là-dessus.
Pour terminer, je noterai que le livre de poche s'était fendu d'une nouvelle édition pour la sortie des DVD et Blue-ray de la série "True Detective" (saison 1), qui distillait ça et là de vagues références au "Roi en jaune". Que les fans de "True Detective" qui n'auraient pas encore lu "Le Roi en jaune" soient d'ores et déjà prévenus : ils chercheront en vain des clés dans l'ouvrage de Chambers, voire un quelconque rapport du livre avec le scénario des épisodes. C'est finalement très bien comme ça : la saison 1 de "True Detective" (un petit bijou!) se suffit très bien à elle-même. On pourra cependant lire à la toute fin de cette publication une jolie nouvelle d'Ambrose Bierce qui inspira vaguement Chambers : "Un habitant de Carcosa".
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Woland
  03 juillet 2015
The King In Yellow
Traduction : Christophe Thill
ISBN : 978-2253184003
Impression très mitigée que celle laissée par cette toute nouvelle édition de "The King In Yellow" et, après mûre réflexion, je conseillerai aux aficionados de l'épouvante l'édition (à la couverture d'ailleurs d'un macabre superbe ) des Editions Marabout dans les années soixante. le titre choisi y est d'ailleurs beaucoup plus poétique (et plus honnête) : "Le Roi de Jaune Vêtu : Cinq Récits de Terreur." Ce que l'on a reproché à cette édition-là, c'est, comme vous pouvez le deviner, de n'avoir inclus que les cinq premières nouvelles reprises dans celle du Livre de Poche. Eh ! bien, Gérard Verviers, croyez-moi, avait bigrement raison en adoptant cette manière de faire ! Car, dans l'édition que nous offrent Christophe Thill et le Livre de Poche, le choc est rude pour celui qui s'attend à lire des récits de pure terreur et qui s'aperçoit que, effectivement, seules les cinq premiers peuvent prétendre à susciter l'effroi. L'autre moitié est tout ce qu'on veut mais tient plus d'histoires sentimentales pures et simples que de contes d'épouvante. Peut-être, dans "Le Paradis du Prophète", quelques petits textes très brefs, comme "La Chambre Verte", peuvent-ils retenir l'attention mais à part cela ... on s'ennuie.
C'est donc dans les cinq premières nouvelles que Chambers évoque une silhouette - celle du Roi en Jaune - et une pièce de théâtre maudites - qui porte le même nom. Les noms de "Carcosa", qui serait le lieu élu par le Roi, Hastur, qui serait le nom d'un pâtre et celui de Hali, qui désigne ici un lac, Chambers les a pêchés, sans doute pour leur sonorité, dans l'oeuvre d'un autre grand du fantastique, Ambrose Bierce. Pour le reste, il a brodé autour et imaginé ce personnage qu'on ne voit jamais, le Roi en Jaune, mais dont on suit la trace putréfiée et maléfique du "Restaurateur de Réputations" à "La Demoiselle d'Ys" (quoique très imperceptiblement, dans ce dernier). Selon Chambers, la Tradition veut que quiconque lise, intégralement ou non, la fameuse pièce de théâtre "The King In Yellow", devient à jamais obsédé par son héros et son univers. Obsession fatale qui mène, dans quatre-vingt-quinze pour cent des cas, à la Folie . Par exemple, le narrateur du premier récit, Hildred Castaigne, est déjà fou. En tous cas, il a été soigné comme malade mental et voue une haine profonde à tous ceux qui le considèrent comme dément. Son rêve - et son destin, il en est persuadé en raison d'un certain Wilde, son voisin dont on ne sait s'il existe réellement ou s'il n'est qu'une hallucination - sont de coiffer la couronne du Roi en Jaune et de devenir ainsi Empereur des Etats-Unis.
"Le Masque", après un très beau et trop bref extrait de la fameuse pièce, extrait dont le texte rappellera à beaucoup celui du "Masque de la Mort Rouge" de Poe, est assez prometteur mais se termine relativement bien et d'une manière si bêtement sentimentale qu'on peut s'interroger sur les conceptions amoureuses de l'auteur. Dieu ! Que c'est mièvre !
"Le Signe Jaune" reprend le vieux rêve du corbillard et y ajoute un cocher qui, dans la réalité, est le gardien d'une église et qui, selon l'opinion générale, présente une étonnante et bien ennuyeuse ressemblance avec un ver nécrophage.
"La Cour du Dragon" est l'unique texte où le narrateur entend la propre voix du Roi en Jaune - un narrateur qui, bien sûr, sombre dans la folie.
Quant à "La Demoiselle d'Ys", c'est un très joli conte sur fond de retour dans le temps (et l'un de ceux où l'on constate l'intérêt que Chambers portait à la Bretagne) mais, en ce qui me concerne, je n'y ai vu aucun signe, jaune ou non, de l'univers du Roi vêtu de haillons de la même couleur - car le Roi en Jaune se promène toujours en haillons qui peuvent ressembler à des ailes ou, en tous cas, y faire songer celui qui l'aperçoit - ou le lecteur qui l'imagine.
Très souvent, Chambers ayant vécu à Paris pour y étudier la peinture, l'action se situe dans l'univers des artistes-peintres et des modèles - le cas est flagrant pour "Le Signe Jaune" et certaines des nouvelles qui, pour moi, ne procèdent en rien du fantastique.
Lovecraft, quand il découvrit les textes de Chambers, tomba sous leur charme. En particulier, celui du "Signe Jaune" qu'il évoque d'ailleurs dans son essai "Epouvante & Surnaturel en Littérature". le Solitaire de Providence devait aussi emprunter à Chambers le vocable "Hastur" qu'il utilise dans "Celui Qui Chuchotait Dans Les Ténèbres" sans qu'on sache très bien s'il désigne un Grand Ancien ou ... autre chose.
Personnellement, en dépit du profond respect que j'ai conservé, à travers toutes ses années, envers le créateur de Cthulhu, j'avoue ne pas comprendre son enthousiasme . A mes yeux, les textes de Chambers ne sont pas mal mais montrent trop de choses criardes et suggèrent trop peu d'êtres vraiment terrifiants. A la différence de ce que fera Lovecraft avec ses propres écrits, il ne parvient pas à offrir à son Roi de Jaune Vêtu l'univers qui lui conviendrait. Il suggère, il paraît hésiter sur quelques notes de terreur réelle et puis, il nous laisse en plan. On s'attendait à un orchestre somptueusement tonnant et funèbre, on saisit à peine les essais essoufflés de mélodies balbutiées par un piccolo qui sonne faux.
Cela dit, si vous voulez vous faire une idée par vous-même, préférez tout de même "Le Roi de Jaune Vêtu" dont la jaquette Marabout comblera au moins vos rêves les plus macabres. Ce "Roi En Jaune", que voulez-vous, je le soupçonne d'avoir été édité surtout pour donner aux lecteurs amateurs de séries télévisées quelques pistes sur l'excellent "True Detective", dont le scénario est de Nick Pizzolatto, lequel s'est inspiré çà et là des textes de Chambers. Et en dépit de la qualité de la série, j'estime que cette réédition bien sage ne s'imposait pas. ;o)
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Joualvert
  15 mars 2016
Je pense que ce livre souffre principalement de la présentation qu'on lui fait. On le présente comme ce qu'il aurait pu devenir si l'auteur avait travaillé et élaboré son mythe du Roi en jaune. On capitalise sur le fait que c'est la première édition française complète conforme à l'original, ce qui est vrai, mais voilà : l'original est une collection des premières nouvelles hétéroclites de l'auteur. En terme de cohésion entre les nouvelles, cela ressemble plus à une exploration qu'à quelque chose de vraiment abouti, des variations sur quelques thèmes + une ou deux créations isolées. On peut trouver des liens ténus entre 2 nouvelles les plus dissemblables, mais que ceci soit voulu ou non de la part de l'auteur importe peu, cela s'explique aisément par le fait que tout ce contenu sort de la même tête à la même époque. Quand on accepte ce livre pour ce qu'il est, ce qui serait facilité par une présentation adéquate, on est en position d'apprécier ses mérites qui sont grands et prendre sereinement connaissance du reste.
Les 4 premières nouvelles sont celles qui ont vraiment rapport au titre. C'est pour celles-ci que le nom de Robert W. Chambers est reconnu encore aujourd'hui pour sa contribution significative à la littérature fantastique et d'épouvante. Ce sont elles qui ont inspiré Lovecraft. La majeure partie du reste de sa prolifique bibliographie (une centaine de romans), auquel on pourrait adjoindre certaines des autres nouvelles du présent recueil, est d'une autre nature, jamais traduite (avant 2009 pour la partie inédite du ''Roi en jaune'') et plutôt oubliée dans sa langue d'origine.
Ces 4 nouvelles, prises séparément, sont d'excellentes histoires de fantastique/épouvante. Prises ensemble, l'espèce de mythologie vague du roi en jaune qui les relie et y est développée par de sombres allusions en fait quelque chose de plus. L'accent est mis sur l'atmosphère oppressante, l'étrangeté, l'ambiguïté ; l'horreur qui pèse sur le monde est suggérée plutôt qu'énoncée. Il y a aussi cet artefact fascinant, ce livre qui fait basculer dans la folie. Le résultat est excellent, mais il est difficile de ne pas voir ceci comme une ébauche seulement, avec tout le potentiel que cette démarche promettait. Mais l'innovation a été remarquée, il a montré la voie que d'autres ont suivie après lui.
La première nouvelle, ''Le réparateur de réputations'', est à mon sens la plus puissante. J'ai été d'abord étonné par le côté anticipation. L'action se passe en 1920 alors que le livre a été écrit en 1895. On décrit certains évènements qui se sont produits dans le monde. On a tout l'air d'assister à l'avènement d'un âge d'or pour l'Amérique, mais l'allégresse n'y est pas. Quelque chose semble clocher. Il y a ce livre maudit qui circule. Puis, ce décor placé, les éléments du récit s'enchaînent les uns après les autres dans une gradation époustouflante. Véritablement un petit chef d'oeuvre.
Pour les autres nouvelles que contient le recueil, il y a d'abord une histoire fantastique dans l'esprit des légendes bretonnes. Ensuite une curieuse collection de texte courts étranges qui contiennent des jeux de symétrie et des boucles. Finalement 4 nouvelles où on partage la vie d'étudiants américains étudiant la peinture à Paris, où l'auteur s'inspire de son propre vécu. L'une d'elle est doublée d'un côté historique, car on assiste au siège de Paris par les Prussiens. J'ai particulièrement aimé la dernière partie de ''Rue Barrée'', où un étudiant en état d'ébriété avancé retourne chez lui, ainsi que la fin de cette nouvelle. Bizarrement, j'ai trouvé que les fins inattendues des 3 dernières nouvelles véhiculaient un certain message d'espoir et de tolérance.
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blackfallenangel
  13 avril 2016
Le livre du Roi en jaune recueille dix nouvelles écrites par Robert W. Chambers en 1895 liées, pour la plupart, entre elles de manière plus ou moins précise. de qualités et de thèmes et rythmes différents, il faut vraiment les aborder sans idées préconçues. Certaines devraient vous déconcerter si vous n'êtes pas habitués à lire du fantastique...
Mais ce livre devrait vous faire ressentir tout un panel d'émotions diverses. Vous n'en sortirez pas « insensibles » !
Chaque nouvelle est précédée d'une petite citation "introductive" et poétique.
N'ayant pas vu True Detective, série à succès qu'il a inspiré, je ne peux vous faire une quelconque comparaison, mais je peux donc vous garantir que je n'ai pas été "influencée" par une représentation graphique des histoires.
Le restaurateur de réputations
Fin 1920, Hildred Castaigne est un homme qui s'est métamorphosé après une violente chute de cheval. Il est obsédé par le livre le roi en jaune devenu particulièrement ambitieux, aidé en cela par l'énigmatique Monsieur Wilde qui exerce l'étrange profession de « restaurateur de réputations ». Ce dernier est le gardien de nombreux mystères et serait également détenteur du Signe jaune, qui permettrait de marquer le soulèvement du peuple américain et l'avènement d'un nouveau roi... Mais tout ne va pas se passer comme prévu dans le plan des deux hommes.
Dans cette nouvelle, Robert W. Chambers fait preuve d'un esprit remarquablement ouvert et visionnaire. Il a ainsi prévu une guerre avec les allemands (même si le motif n'est pas celui de la Première Guerre Mondiale)... Il prédit la création de « chambres terminales d'Etat » qui permettraient à ceux qui ne supportent plus les tourments de la vie de pouvoir trouver une « fin indolore », thème qui n'est pas sans rappeler la lutte actuelle pour le droit à l'euthanasie.
Nous y retrouvons Hildred, un personnage torturé, à tendances « illuminées » qui pense qu'il est destiné à devenir roi et que son cousin doit abdiquer en sa faveur... ainsi que le mystérieux Monsieur Wilde qui semble manipuler les gens dans l'ombre, sous prétexte de restaurer leurs réputations.
Cette nouvelle est extrêmement intéressante pour tout le contexte et les événements qui y sont contés et pour les relations entre les personnages (mais pas pour eux-mêmes... d'une certaine manière, ils constituent la trame de fond). Et je peux vous garantir que vous serez surpris par le déroulement de l'histoire ainsi que par le mystère que représente le personnage De Wilde.
Le masque
Boris, sculpteur, et Alec, peintre, sont amis et amoureux de la même femme : Geneviève. Et celle-ci a donné, semble-t-il, son coeur à Boris. Malgré cela, les deux hommes vivent et travaillent en bonne entente...
Boris a créé une substance qui permet de transformer tout corps vivant, qui est jeté dedans, en son double parfait en marbre, avec les veines marquées en rosé ou bleu. Il montre alors à son ami Alec un splendide lys et un poisson rouge qui ne tarderont pas à être rejoints par un autre poisson rouge et un lapin.
Et la tragédie ne va pas tarder à les frapper tous les trois... Quoique... Est-ce vraiment le cas pour tous ?
Cette nouvelle a été un vrai coup de coeur ! Sensible et poétique avec un brin de fantastique qui s'y mêle. Les personnages sont frappés à un moment par un malheur qui va les influencer et c'est Jack, l'un de leurs amis communs, qui va servir de témoin aux événements. C'est par lui que nous découvrirons une partie de ce qui s'est passé, Alec servant de narrateur pour la majorité de l'histoire.
Nouvelle d'une trentaine de pages, ce « Masque » a été un vrai plaisir à lire ! Il y est question d'amour, d'amitié, d'espoir... avec une fin qui clôture les choses en apothéose. Bien qu'écrite il y a plus de cent ans, elle n'a vraiment pas vieilli et fait résonner une corde sensible dans le coeur du lecteur.
Petite information : c'est la première du recueil qui se passe en France où l'auteur a résidé (plus précisément à Paris) de 1886 à 1892.
Le Signe jaune
Tessie, jeune fille timide, est l'une des modèles favorites de Monsieur Scott, peintre de son état, dont elle est follement amoureuse. Elle fait pourtant des rêves funestes à son sujet... car elle y voit passer un corbillard dans lequel il y a un cercueil où repose le peintre. Mais qui en est le mystérieux conducteur qui ressemble pour deux gouttes d'eau au gardien de l'église qui fait justement si peur à Monsieur Scott ? Et quel rôle va donc y jouer la pièce du Roi en jaune ? Ainsi que ce Signe jaune que recherche le gardien d'église qui fait si peur aux gens qu'il rencontre ?
Petite nouvelle fantastique qui nous emmène à travers les méandres des rêves prémonitoires... Assez étrange, c'est vrai et peut être un peu lente au déroulement, mais ce n'est que pour mieux nous servir la fin qui s'avère des plus déconcertantes... Car les prémonitions ne se réalisent pas forcément et c'est ce que nos deux personnages principaux vont apprendre à leurs dépends.
Elle n'est pour moi pas la meilleure nouvelle du recueil, mais c'est pourtant l'une de celles qui m'a le plus amené à réfléchir. Il y est question de mystères, d'amour, de douleur, de manipulation, d'acceptation... L'auteur fait preuve ici d'une sensibilité toute en finesse qui ne peut que toucher le lecteur.
La cour du dragon
Le héros de cette histoire est un homme qui aime à écouter l'orgue de l'Eglise de Saint Barnabé, il y trouve habituellement mélodie et harmonie dans un jeu de goût, maîtrisé, digne et tout en retenue. Pourtant un jour, il lui semble que ce jeu a changé, qu'il a pris une tournure quasi macabre. Mais il a l'impression d'être le seul à ressentir ceci... Qui est cet organiste qui paraît le haïr au plus profond de son âme ? Qui poursuit le héros jusqu'à son domicile de la Cour du Dragon ?
Si je devais dire deux mots sur cette nouvelle, ils seraient : ambiance et angoisse. Il ne s'y passe en soi pas grand chose, mais justement le tour de force ici est de réussir à raconter une histoire où il ne semble rien se passer, en jouant sur les impressions du héros et en réussissant par son intermédiaire à perturber le lecteur par l'angoisse qu'il y saisit. le héros est perturbé psychologiquement après avoir passé trois mauvaises nuits entre souffrance physique et désordre mental et nous le suivons jusqu'à sa fin « brutale ».
Moment bref de lecture auquel il manque un je ne sais quoi qui permettrait de réussir à ressentir ce qui arrive au héros au point d'en avoir le frisson qui correspond à tout bon roman d'angoisse.
La demoiselle d'Ys
Philip, américain aimant chasser, se perd dans des marais du Finistère près de Kerselec, étant parti seul alors même qu'il lui était conseillé de prendre un guide. Et c'est alors qu'il fait la rencontre de la demoiselle Jeanne d'Ys qui le recueille chez elle. Mais pourquoi maîtrise-t-elle si bien de langage ancien de la fauconnerie ? C'est ce qu'il va finir par découvrir... Et le lecteur avec lui.
Mystère, amour et sensibilité sont les maîtres mots de cette nouvelle-ci. Bien que le langage soit un peu suranné, je m'y suis faite assez vite (aidée il est vrai par le fait que ce langage est issu du vieux français et que j'aime beaucoup l'histoire médiévale) et l'auteur fait encore preuve ici de qualités certaines de conteur « à l'ancienne », avec juste ce qu'il faut de fantastique. Je n'ai pu m'empêcher d'espérer que l'histoire ne se finissait pas là où il le faudrait. Mais justement, la fin ouverte est parfaite pour laisser un semblant d'espoir chez le lecteur. Un peu comme si l'amour allait réussir à surmonter la difficulté posée par les événements contés dans la nouvelle.
Le paradis du prophète
Il est impossible de résumer les quelques textes très courts (maximum deux pages) qui sont réunis sous le titre de Paradis du Prophète. Chacun présente une petite histoire avec une morale à retenir. Mais je ne peux pas dire que j'ai compris à chaque fois de quoi il s'agissait. Assez déconcertant en bref.
La rue des Quatre-Vents
Un chat maigre et pelé se présente chez Severn, artiste peintre. Ce dernier le nourrit puis décide de tenter de retrouver la maîtresse du matou avec pour seul indice une jarretière de soie avec une boucle d'argent, nouée autour du cou de cette petite créature famélique...
Nouvelle brève et affreusement triste, mais en même temps si poétique... L'idée que le vecteur du récit soit un chat est original et en même temps nous prouve que parfois il n'est pas nécessaire d'être doué de parole pour se faire comprendre (ce que tout maître de chat devrait comprendre), que parfois, il suffit d'un son, d'un geste...
La chute de l'histoire m'a parue un peu bizarre et c'est ce qui m'a empêchée de vraiment l'aimer.
La rue du Premier Obus
Paris est sous les bombes... Chacune tombe un peu plus près de là où vivent Jack Trent, artiste américain, et sa femme Sylvia. Cette dernière tremble de peur pour son mari à chaque fois que celui-ci sort pour retrouver ses amis, pour chercher des renseignements... Et puis, à la suite d'un bon repas, un représentant du consulat Américain vient porter un message à Jack, message qui va le toucher de manière directe et indirecte : il doit aller identifier comme compatriote et artiste un homme qui serait en fait un espion allemand... et cet homme fait partie du passé de Sylvia ! Et brusquement Jack décide de prendre la place d'un blessé dans les combats qui vont opposer les français aux allemands... Jack parviendra-t-il à s'en sortir vivant ? Et que va-t-il retrouver s'il arrive à rentrer chez lui ?
Cette nouvelle, contrairement aux autres, n'a pas un bout de fantastique. L'auteur y aborde la vie qu'il pouvait y avoir à Paris lors de la guerre de 1870 : la chasse aux rats, les espions, les combats violents...
L'histoire est bien écrite mais je n'ai pas vraiment aimé. Pourquoi ? Je ne saurai pas forcément répondre. Je n'y ai pas retrouvé l'aspect « auteur inspiré » que j'ai pu trouver dans les autres nouvelles.
C'est assez linéaire, plat et factuel. Jack, le héros, vit ses « aventures » mais je n'ai pu ressentir aucune des impressions, sensations par lesquelles il passe. Qu'il s'agisse de la colère, de la joie, de la peur, du sens des responsabilité, l'auteur n'a pas réussi à faire ressentir les choses que vivait son héros. Contrairement à d'autres nouvelles du présent recueil. Nouvelle extrêmement décevante par rapport aux autres.
La rue Notre-Dame des Champs
Hastings est un jeune américain qui vient d'arriver en France pour des études d'art. Il loge dans une pension « bien sous tous rapports ». Assez libéral et doté d'une grande moralité, il ne se rend pas compte que la liberté dont jouissent certaines jeunes femmes françaises n'est pas pour les même raisons... Et c'est ainsi que par l'intermédiaire de Clifford, une connaissance qui vit en face de la pension, il fait la connaissance de Valentine aux jardins du Luxembourg. Mais pourquoi cette dernière tient elle tant à ce que leurs rencontres demeurent un secret ?
Un peu comme la précédente nouvelle, La rue Notre-Dame des Champs nous présente une tranche de vie de personnages plus ou moins hauts en couleurs. Toute en finesse, elle nous raconte l'histoire d'une rencontre... Rencontre de deux personnages radicalement opposés mais qui vont se rapprocher pour finalement s'aimer. Les choses ne sont pas dites clairement mais le lecteur les comprend facilement...
Parfois un peu longue, cette nouvelle nous présente de manière poétique, délicate et retenue les points de vue des deux « héros » ainsi que de Clifford, témoin involontaire de la première rencontre d'Hastings avec Valentine.
Moment agréable de lecture mais qui ne me laissera pas un grand souvenir (trop de descriptions...)
Rue Barrée
Académie d'art Julian à Paris. Selby vient d'arriver et Clifford le prend sous son aile et il lui présente nombre d'étudiants de diverses nationalités. Puis une jeune femme attire son attention... C'est celle que les autres étudiants surnomment « Rue Barrée » car aucun ne connaît son nom. Il ira même jusqu'à lui offrir de manière anonyme un rosier qu'elle ne peut acheter car étant trop cher. Mais comment finira cette rencontre indirecte ?
Nous retrouvons ici Clifford, personnage secondaire de la nouvelle Rue Notre-Dame des Champs, qui sert de nouveau de témoin involontaire et malheureux d'une rencontre entre un homme et une femme à laquelle il s'intéresse.
J'ai bien aimé la lire, comme la nouvelle précédente, mais j'y ai également trouvé le même défaut : trop de descriptions que je n'ai pas trouvé utiles ou nécessaires au développement de l'histoire. Et une frustration à la fin car j'ai eu le sentiment d'une histoire non finie (un cliffhanger qui ne trouvera jamais de suite)
BONUS : Un habitant de Carcosa
Le héros médite sur une théorie selon laquelle il existerait plusieurs sortes de mort... Puis, soudain, il réalise que les lieux qu'il arpente lui sont totalement inconnus. Il tente de se repérer, de savoir comment il a pu arriver là où il est, sans pour autant s'en souvenir... Et pourquoi la seule personne qu'il rencontre paraît-elle ne pas le voir?
Texte court et pourtant génial. Où l'on arrive à penser qu'il existe peut être bien une vie après la mort. Je l'ai vraiment aimé, mais heureusement qu'il n'est pas plus long et qu'il n'y a pas plus de descriptions, car sinon, je pense que l'effet n'aurait pas été le même. C'est la deuxième nouvelle du recueil qui m'a donné à réfléchir. L'auteur est très fort pour avoir réussi à faire passer autant en si peu de pages (un peu plus de 6)
Foncez la lire! Elle figure entre la biographie de l'auteur et les quelques pages "clés pour comprendre la série True Detective" (je n'aborde pas ces dernières car je ne connais pas du tout la série mais maintenant, je suis curieuse de la découvrir)
Lien : http://www.auboudoirecarlate..
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critiques presse (3)
LeMonde   02 janvier 2015
Plutôt qu’une réelle source d’inspiration pour le scénariste Nic Pizzolatto, comme le laisse entendre le bandeau noir ceignant l’ouvrage, il faut lire Le Roi en jaune pour ce qu’il est : un beau et rare spécimen de fantastique surnaturel, qui a influencé H. P. Lovecraft.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Elbakin.net   15 décembre 2014
On comprend vite à la lecture de ces nouvelles, parfois très courtes, parfois nettement plus longues, l’étendue du pouvoir de fascination exercée par la plume de l’auteur, et pas seulement autour de la classique représentation d’un ouvrage dont la lecture est censée rendre fou. Chambers possède une façon de présenter la folie, ou plutôt la plongée de ses personnages dans une autre atmosphère, de plus en plus étouffante, qui fait encore mouche aujourd’hui.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Telerama   05 novembre 2014
Cette édition de qualité regroupe les dix histoires du mystérieux « roi en jaune », qui bouleverse la vie de jeunes artistes et les pousse à la folie, et y ajoute une nouvelle du mythique Ambrose Bierce, Un habitant de Car­cosa, écrite en 1891 et qui constitue la réfé­rence originelle de Robert Chambers.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
JoualvertJoualvert   10 mars 2016
Pendant ma convalescence, j'avais acheté et lu pour la première fois ''Le roi en jaune''. Je me rappelle qu'après avoir terminé le premier acte, je compris que je ferais mieux d'arrêter. Je me levai et jetai le volume dans la cheminée ; il heurta le foyer et s'ouvrit en tombant dans le feu. Si je n'avais pas entrevu le début du second acte, je n'aurais jamais terminé le livre, mais quand je me baissai pour le ramasser, mes yeux ne purent se détacher de la page ouverte, et avec un cri de terreur, ou peut-être de joie si poignante que chacun de mes nerfs en fut torturé, j'arrachai le volume au foyer et, tremblant, je regagnai ma chambre, où je le lus et le relus, pleurant, riant, frémissant d'une terreur qui par moments me prend encore aujourd'hui.
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MusardiseMusardise   11 août 2017
Il y avait un homme debout dans la cour de l'église, et je le remarquai à nouveau avec aussi peu d’intérêt que le matin. Je jetai un regard à travers le square, dans la direction des fontaines puis, ayant rempli mon esprit de vagues impressions d'arbres, d'allées d'asphalte, de petits groupes de bonnes d'enfants et de touristes, je voulus regagner mon chevalet. Comme je me détournais, l'homme dans la cour entra dans mon champ de vision. Il regardait maintenant dans ma direction, et j'eus le réflexe de me pencher pour mieux le voir. Au même instant il leva la tête et me lança un regard. Immédiatement, il me fit penser à un ver nécrophage. Je n'aurais pas pu expliquer ce que cet homme avait de répugnant, mas l'impression d'un gros ver de cimetière blanchâtre me révulsa si intensément que mon expression dut me trahir, car il détourna son visage bouffi dans un mouvement qui me fit penser à une larve s’agitant dans une châtaigne.

Le Signe jaune
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MusardiseMusardise   04 septembre 2016
C'est cela qui continue à me préoccuper, car je ne peux oublier Carcosa où le ciel est parsemé d'étoiles noires, où l'ombre des pensées des hommes s'allonge dans l'après-midi, où les soleils jumeaux s'enfoncent dans le lac de Hali, et mon esprit sera toujours hanté par le souvenir du Masque blême.

Le restaurateur de réputations
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malo87malo87   04 octobre 2013
Nous parlions depuis quelques instants, sur un ton morne, monotone, quand je me rendis compte que nous discutions du Roi de jaune vêtu. Oh, quelle faute d'écrire de telles paroles - paroles d'une clarté de cristal, d'une fraîcheur de source jaillissant en ondes bouillonnantes, paroles qui scintillent, qui flamboient comme les diamants empoisonnés des Médicis ! Oh, la perfidie, la malédiction sans pardon d'une âme qui peut fasciner et paralyser l'humain par ces paroles - paroles qui comprennent l'ignorant et le sage, paroles plus précieuses que joyaux, plus apaisantes que musique, plus effroyables que mort !
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MusardiseMusardise   19 février 2015
Camilla : Vous devriez, monsieur, vous démasquer.
L’étranger : Vraiment ?
Camilla : Vraiment, il est temps. Nous avons tous ôté nos déguisements, sauf vous.
L'étranger : Je ne porte pas de masque.
Camilla (terrifiée, à Cassilda) : Pas de masque ? Pas de masque !

Le masque
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