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Critiques sur L'Etrange histoire de Peter Schlemihl (23)
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Nastasia-B
06 février 2015
L'Étrange Histoire de Peter Schlemihl est une sorte de conte philosophique de la période romantique allemande, pas tellement différent de ceux qui nous sont parvenus de la période des lumières française.

Adelbert von Chamisso, ou peut-être devrait-on dire Louis Charles Adélaïde de Chamissot de Boncourt, puisque c'est son véritable nom et qu'il cache à lui seul bon nombre des démons qui agitent l'auteur, infuse son récit d'éléments de sa propre biographie.

En effet, fils de l'aristocratie française, émigré dans sa jeunesse avec ses parents en Prusse pour cause de révolution française, le petit Louis se sent rejeté de partout. S'il décide de germaniser son prénom, c'est probablement pour se faire mieux accepter en sa terre d'accueil. (Tiens, un autre qui voulait en finir avec Eddy Bellegueule...)

Il n'en demeure pas moins que le destin du héros de ce conte, Peter Schlemihl, va lui aussi faire quelques expériences douloureuses au contact du monde.
D'abord de condition humble, fraîchement débarqué d'on ne sait quel port après on ne sait quel périple, Peter se rend, sur recommandation, chez un soi-disant ami, Thomas John, dont la fortune notoire et le renom permettront peut-être à Peter de dénicher une position un peu moins inconfortable.

C'est à peine si M. John fait attention à lui, mais, dans sa suite, Peter Schlemihl remarque un triste sire, tout de gris vêtu, fort discret mais qui semble posséder d'étranges pouvoirs magiques...

Peter comprend vite qu'il n'a pas sa place dans cette société et est près à s'en retourner quand justement, l'homme à la grise mine l'aborde et lui propose un bien étrange marché : la bourse de Fortunatus où l'on peut puiser sans limite en échange de... son ombre.

Peter hésite quelques instants, puis, passé la surprise première de la proposition, trouve l'offre acceptable au vu de sa piètre condition. le voila donc nanti d'une bourse remplie d'écus d'or et qui jamais ne se tarit, mais dépourvue de l'ombre qui lui tenait compagnie de toujours.

Ce détail, si anodin soit-il, ne manque pas de faire un effroyable effet sur toutes les personnes qu'il rencontre. Et l'argent qu'il distribue plus que de raison pour faire oublier ce détail ne résout rien à sa disgrâce.

Subissant fortunes et revers divers, Peter, pris pour un monarque dans une contrée reculée d'Allemagne, s'amourache d'une Mina en taisant son handicap par un savant arrangement de ses activités diurnes et nocturnes. Mais évidemment, rien ne saurait se passer comme il l'espérait. La trahison de l'ignoble Rascal cause une catastrophe et son mariage avec Mina semble menacé.

C'est alors que l'homme à la grise mine lui propose de lui rendre son ombre tout en gardant la bourse, mais en échange de... son âme ! Je vous laisse découvrir la suite et la fin de ce conte évidemment centré sur l'argent et la possession matérielle. Peut-on vendre son âme pour de l'argent ?
Quel va-t-être le modus vivendi de notre infortuné très fortuné ?

Bref, un bon petit conte, sans plus, à la forme d'écriture un peu datée, mais qui se lit sans déplaisir et qui nous interroge forcément un petit peu tout de même (sur la possession, sur l'acceptation de la différence, etc.) et qui nous livre une vision parfois aigre de l'humain, du moins c'est mon étrange avis, un parmi tant d'autres, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Mimeko
30 mars 2017
Un conte fantastique où l'on voit le jeune Peter Schlemihl , désargenté, succombé aux paroles d'un mysterieux homme en costume gris doté de pouvoirs extraordinaires, qui lui propose une bourse de pièces d'or s'il lui cède son ombre. Un marché avec le diable....
Ce marché improbable accepté, le jeune Peter va faire la cruelle expérience de la différence qui va le mettre peu à peu au ban de la société, car sans ombre, il est considéré comme un pestiféré.
Au terme d'une autre aventure fanstastique il parviendra à trouver une certain apaisement et une reconciliation avec le monde.

Un peu à la manière de Christo qui fait disparaître les monuments pour leur redonner une présence dans leur absence visuelle, Adelbert von Chamisso fait disparaître l'ombre de son héros malheureux pour lui en rappeler toute l'importance et la valeur inestimable, qui, lui faisant défaut désormais , va l'exclure du monde, le privant de tout lien social.
J'ai beaucoup aimé la forme qu'Adelbert von Chamisso a choisi pour nous conter ce destin fantastique, une longue lettre confession de Peter à son ami Aldebert.
L'Etrange histoire de Peter Schlemihl est une incursion dans le fantastique inhabituelle pour moi mais que j'ai trouvée très intéressante
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PiertyM
17 janvier 2017
Que vaut à un homme de gagner le monde et de perdre son âme, que vaut à un homme d'être riche, pis incapable de vivre aisément avec parce qu'il a perdu son ombre car un homme sans ombre n'en est pas un, il est pourchassé, lapidé...
Un joli conte!!!
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dbacquet
09 octobre 2011
Peter Schlemihl est déjà un Héros halluciné. On le retrouve hébété sur la lande, sur des débris de rochers, face à une mer et un ciel qui se déchaînent. Quelle a été sa faute ? Il a négligé l'importance de son ombre en la donnant en échange d'une bourse inépuisable à un singulier personnage qui ressemble... au Diable. Il lui faudra dès lors fuir la lumière du jour, des nuits aux lunes trop vives. Il va connaître, malgré toutes ses richesses, le plus invraisemblable désespoir, miné par son secret, et finira même banni de la société des hommes.
Le Diable, lui, le harcèle, comme s'il était devenu l'ombre dont il est désormais le Maître, et lui propose, pour le délivrer, d'échanger celle-ci contre son âme, en l'invitant à signer de son sang un parchemin maudit. Mais, cette fois-ci, il saura lui résister, à l'instar d'un Saint Antoine dans le désert. Il consacrera alors le reste de son existence en voyageant loin des hommes grâce à des bottes extraordinaires, et étudiant la nature dont il rêve d'écrire le système. Une région cependant lui reste interdite et condamne son oeuvre à rester fragmentaire.
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Lazlo23
26 septembre 2015
Un très joli petit roman-conte de l'écrivain Adelbert von Chamisso, auteur romantique allemand, né français. Comme dans le "Diable amoureux" de Cazotte, la lumière joue un grand rôle dans cette histoire, puisque le personnage de Peter Schlemihl ), qui a vendu son âme au diable, ne peut paraître au soleil, sous peine d'être honni...
Derrière cette fable fantastique, qui n'hésite pas à l'occasion à chausser les bottes (de sept lieues) du merveilleux, la question posée est celle de l'être : enrichi par le diable, le héros peine à exister véritablement ; privé de son ombre, il devient ombre lui-même, car le soleil semble l'ignorer. Prématurément vieilli, Peter Schlemihl n'accède finalement à une forme d'existence que dans le dénuement et l'étude.
Ajoutons pour finir que le personnage porte un nom programmatique : schlemihl signifie en effet "le malchanceux, le guignard", en yiddish. Tout le roman sera une mise en fiction, parfois joyeuse, de ce patronyme malheureux - qui fournira également le sien à Raphaël Schlemihlovitch, l'anti-héros de la "Place de l'étoile", le premier roman de Patrick Modiano.
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wellibus2
17 septembre 2014
Pacte avec le diable.
Ici, ce n'est pas son âme, mais son ombre que Peter Schlemihl cède à l'homme en gris (l'habit gris, dans la tradition populaire allemande, caractérise le diable) contre la bourse toujours remplie de Fortunatus.
Mais sans ombre, toute vie sociale se révèle impossible et il est condamné à vivre loin de la lumière pour cacher sa différence..
Ce petit récit fantastique, écrit en 1813, est certainement l'une des oeuvres narratives les plus singulière générée par le romantisme allemand.
Loin de nos lectures "coutumières" un conte fantastique bien écrit, au charme quelque peu désuet mais réellement distrayant.
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Cularo
17 octobre 2013
Ce petit conte philosophique sous forme de récit fantastique met en scène le thème du juif errant sous les traits du personnage Peter Schlemihl.Perdu,rejeté,pauvre ses souffrances sont nombreuses.Mais un jour un personnage lugubre lui propose de lui acheter son ombre contre la fortune éternelle,Peter accepte.Le pacte avec le diable sitôt signé,sa descente aux enfers va être bien plus terrible que ses petits problèmes d'avant cette maudite rencontre.En perdant son ombre il a perdu son humanité ce qui terrifie tout le monde;la relation avec les autres devient impossible.
Je ne vous raconte pas la suite mais une seule question importante se pose:peut-on vendre son âme au Diable et en assumer pleinement les conséquences? Merveilleux petit livre que je vous recommande.
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araucaria
27 novembre 2012
Un livre très bien écrit, captivant, qui nous raconte comment un homme à la suite de la signature d'un pacte se voit délesté de son ombre. de bon moment de lecture et d'évasion. Un beau classique.
Lien : http://araucaria.20six.fr
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ay_guadalquivir
26 mars 2013
Ce petit conte fantastique est assez proche de ce que produit alors le romantisme allemand : Goethe, Hofmann, Grimm. Chamisso s'inscrit dans une tradition germanique bien ancrée. Il y a du Faust dans cette histoire de Schlemihl qui cède son ombre contre une bourse magique. Il y a des contes pour enfants lorsqu'il chausse ses bottes de sept lieues. Cette petite histoire est amusante et grave, et mérite bien un petit détour. D'autant qu'elle faut écrite par un auteur à la trajectoire singulière, réfugié français à la Révolution, devenu finalement auteur de langue allemande.
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purplevelvet
06 décembre 2013
l'étrange histoire de P. S ( sous titrée l'homme qui a vendu son ombre) est une variation humoristique savoureuse sur le thème du pacte diabolique, un grand classique de la littérature allemande - chez Goethe, Faust vendait son âme, chez Hoffman, un homme vendait son reflet.. et chez Chamisso, le héros commet la gaffe de vendre son ombre.

L'argument est classique: P. S. ( oui j'ai la flemme de réécrire son nom à coucher dehors à chaque fois!), un homme pauvre, rencontre par hasard lors d'une fête un étrange petit bonhomme en gris qui est capable de tirer n'importe quoi ( un tapis persan, une tente avec tous ses accessoires, une carriole avec tous ses chevaux) de ses poches, sans que cela semble étonner quiconque. a l'issue de la fête, il se voit proposer un étrange marché: l'inconnu lui offre la bourse de fortunatus, une bourse d'argent inépuisable, en échange de son ombre. Il reviendra un an plus tard pour renégocier le marché. N'importe qui , sain d'esprit, se dirait qu'il y a un problème, mais voilà, Peter est dans la dèche, et naturellement cupide, il se dit qu'il fait là un marché très avantageux: des sous à voloté contre quelque chose d'aussi immatériel et sans intérêt qu'une ombre.

Erreur fatale, car ce marché complique singulièrement sa vie: tout le monde se rend compte que quelque chose cloche, et le voilà obligé de justifier auprès des badauds médusés la perte de son nombre ( avec des arguments aussi farfelus que : "l'hiver dernier il a fait très froid, elle a gelé et ne n'ai pas pu la décoller", "j'ai été malade, j'ai perdu mes cheveux, mes ongles et mon ombre, les cheveux et les ongles ont repoussé, mais l'ombre prend son temps", ou encore " un lourdaud a marché dessus et y a fait un trou, je l'ai amenée à repriser mais elle n'est pas encore réparée"), enfin, sa vie devient très compliquée, la vie sentimentale encore plus ( quelle femme sensée accepterait de sortir avec un homme dépourvu d'ombre, il doit être sacrément négligent pour l'avoir ainsi égarée!).

Evidemment, c'est un conte moral: l'argent, les femmes, le pouvoir, tout ça ne vaut rien si c'est au prix de son intégrité. Mais j'ai beaucoup aimé ce conte fantastique pour son humour, d'autant qu'il fait intervenir plein de références folkloriques ou littéraires: Faust en premier lieu, la légende du juif errant, tout un tas d'objets magique: la bourses de fortunatus, mais aussi, les bottes de sept lieues, le nid d'invisibilité ( on le porte sur la tête et on devient invisible.. hormis l'ombre justement), ancêtre direct de la cape d'invisibilité d'Harry Potter.
Lien : http://chezpurple.blogspot.f..
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