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ISBN : 2021365298
Éditeur : Seuil (26/04/2017)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 14 notes)
Résumé :
La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe -- c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. À tout ce qui est contraire aux beautés relationnelles du vivant. Quand un inacceptable surgissait quelque part, Edouard Glissant m’appelait pour me dire : « On ne peut pas laisser passer cela ! » I... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Fandol
  23 janvier 2018
Voilà un livre qui devrait être sur la table de chevet de tous les responsables politiques à quelque niveau qu'ils se trouvent ! La lecture et la relecture de Frères migrants de Patrick Chamoiseau devrait leur être essentielle et nécessaire afin de ramener un peu d'humanité et de raison sur notre bonne vieille planète.
Tout au long de cet essai, l'auteur se réfère à son grand ami, Édouard Glissant (1928 – 2011), écrivain, poète et philosophe d'origine martiniquaise, comme lui. Mais le problème est là : « le Politique se désertant lui-même dans des démocraties devenues erratiques ; l'État qui s'amenuise, abandonnant la barre aux seuls économistes, et qui s'incline sous d'innombrables entités mercantiles, diffuses et agissantes dans le tissu du monde. »
Ce texte est d'abord un cri, une souffrance devant ce qui se passe et qui dure depuis des années : « … des gens, des milliers de personnes, pas des méduses ou des grappes d'algues jaunes mais des gens, petites grandes vieilles toutes qualités de personnes, qui dépérissent et qui périssent, et longtemps vont mourir dans des garrots de frontières, en bordure des nations, des villes et des États de droit… »
Difficile de ne pas citer Patrick Chamoiseau mais ce petit livre regorge de vie et d'émotion et de colère : « … nous pensions que le plus archaïque était derrière nous… Seulement la paix capitaliste et financière n'est pas la Paix. » Il stigmatise la course au profit maximal alors que la pénurie règne partout et nous rappelle : « La liberté, l'égalité, la fraternité, le partage, l'équité, la dignité humaine et le bonheur pour tous sont des forces qui se sont vues construites contre les barbaries. »
Notre planète est une mais «… les États-nations d'Europe préfèrent dire à la vie qu'elle ne saurait passer. » Pourtant, il faut le reconnaître : « Homo sapiens est aussi et surtout un Homo migrator... Sapiens l'Africain n'est pas né dans un lacis de frontières aiguisées, mais dans des écosystèmes ouverts, rythmés par les climats, les pénuries, les abondances, sécheresses et submersions... » Enfin, il s'insurge contre la mondialisation : « Je dis : leur mondialisation n'a pas prévu le surgissement de l'humain. Elle n'a prévu que des consommateurs. »
Il rappelle cette mondialité dont a parlé Glissant : « la mondialité, c'est tout l'humain envahi par la divination de sa diversité, reliée en étendue et profondeur à travers la planète… C'est ce qui leur démontre que le monde n'est pas à eux, ni écuelle à profit ni porte-container ! »
Saint-Exupéry, Césaire et tous les poètes sont appelés à la rescousse pour redonner à l'humanité sa vraie dimension. le livre se termine avec seize articles généreux, optimistes, indispensables rappelant, entre autres qu'il n'y a aucune terre étrangère sur cette planète.
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steka
  08 septembre 2017
Plutôt qu'une critique supplémentaire sur ce livre vrai en son discours et ses intentions, voici une petite illustration chantée d'actualité : https://www.youtube.com/watch?v=6a6DWb5dxKs
Les migrants, les migrations en général, sont la réalité critique incontournable de ce monde, le nôtre, tel qu'il s'est construit avec la prise de pouvoir de la domination marchande sur la quasi totalité de son organisation. La légitimité des migrations, qu'elles soient consécutives aux guerres ou aux oppressions de toutes sortes (économiques et sociales), aux dégradations climatiques, est absolue. Vouloir rejeter les migrants, c'est rejeter le monde, c'est rejeter la vie. C'est aussi rejeter les conséquences de nos actes, de nos choix ou tout aussi bien de notre passivité; c'est rejeter l'histoire. Les migrants sont l'expression la plus visible de la nécessité du renversement d'une société régit par la logique marchande, par l'argent roi et l'égoïsme promu valeur dominante. Les migrants sont nos frères humains. La peur ne peut faire oublier que c'est juste un hasard que nous ne soyons pas à leur place. D'un coté il y a un devenir humain qui s'annonce difficile mais de l'autre, il n'y a que l'inhumanité, la barbarie et la honte.
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Apoapo
  18 mars 2018
Ce livre précieux est à la fois une analyse et un plaidoyer. En prenant comme angle d'attaque les migrants et comme interlocutrices une bénévole d'association (Jane) et une réalisatrice de documentaires (Hind), dans un court mais très dense ouvrage au style poétique autant qu'enlevé, il affronte les principaux thèmes de la mondialisation néo-libérale, requalifiée de « barbarie » – côté analyse – et prône une réinvention inclusive, hospitalière, ouverte, solidaire et vitaliste de la politique des Nations désuètes, frileuses et apeurées – côté plaidoyer. Pour cela, il convoque et cite certains concepts-clefs d'Édouard Glissant, qui ont la particularité de former par assonance des couples d'opposés avec mots bateau propres à ladite barbarie : mondialisation vs. mondialité, relationnel vs. Relation, et quelques autres partagés avec des spécialistes (Michel Agier), des philosophes (Deleuze, Morin) et des écrivains (Pasolini, et alii [cit. in extenso, p. 128]).
Le concept de Relation de Glissant, le plus propre à s'adapter au contexte migratoire, est donc particulièrement développé. Cependant le côté plaidoyer de l'ouvrage auquel il s'applique, semble plus « poétique » et plus utopique, voire plus irréaliste que l'analyse : l'indiquent entre autres choses l'intitulé du chapitre « Le Droit aux poétiques » - (alors que certains spécialistes reconnaissent le surgissement timide d'un véritable et juridique droit international relatif aux migrations, cf. Claire Rodier) – et le très réussi ch. conclusif, « Déclaration des poètes », qui, en 16 articles, sonne comme un texte de loi édicté par « les poètes », dans un vocabulaire imagé et métaphorique qui leur est propre. Nécessairement, pourra-t-on rétorquer, du fait qu'il requiert la mobilisation d'un changement d'imaginaire politique. Forcément, puisque les auteurs convoqués, et Glissant le premiers, sont d'abord des poètes... Évidemment, vu que Chamoiseau l'est aussi. Pourtant, aurions-nous oublié comment le poète devient intellectuel engagé, lorsque sa conscience le lui impose, et quels sont les horizons actuels de l'engagement ? Pourrions-nous, peut-être par méfiance envers certaines méprises de la génération précédente d'intellectuels engagés, refuser, avec leur appellation, leur fonction sociale tout entière, et faire comme si la haute responsabilité morale de dénonciation politique qui leur incombe fût dorénavant déléguée aux « poètes » et à leurs « poétiques »... ?
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MarianneL
  23 juillet 2017
Plaidoyer sensible et poétique pour transformer notre rapport à l'hospitalité et notre imaginaire politique.
Des pays en guerre comme des artères ouvertes partent des milliers de migrants qui risquent leur vie dans cette traversée et se heurtent au mur d'une mer Méditerranée transformée en cimetière et à des frontières infranchissables. Comme Erri de Luca le dénonce dans «Le dernier voyage de Sinbad», Denis Lemasson dans «Nous traverserons ensemble», Vladimir Lortchenkov dans «Des mille et une façons de quitter la Moldavie», ce ne sont pas les migrants qui nous menacent mais la hauteur et la dureté des murs extérieurs et intérieurs élevés par les régimes abrités derrière leurs vieilles frontières, et l'indignité de notre politique envers nos frères migrants.
La suite sur mon blog ici :
Lien : https://charybde2.wordpress...
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gromit33
  29 août 2017
Un livre d'une très belle écriture et qui nous fera et fait regarder différemment le problème des migrants. Avec une belle écriture philosophique et poétique Patrick Chamoiseau nous parle de mondialité, d'exils, de richesses. et c'est un cri d'alarme face à des propos nauséeux. Ne pas oublier que derrière chaque chiffre il y a un homme avec une histoire et des espoirs. Un livre qui fait du bien en ces temps qui courent.
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critiques presse (3)
LaPresse   07 juillet 2017
L'auteur martiniquais a couché sur papier un essai poétique, Frères migrants, dans lequel il dénonce le néolibéralisme et s'afflige du sort de ces gens.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaLibreBelgique   20 juin 2017
Geneviève Damas avec "Patricia" et Patrick Chamoiseau abordent avec chaleur le drame des réfugiés.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   16 juin 2017
D’envolées lyriques en tirades politiques, ce court texte nous jette ainsi à la figure nos échecs, et nous intime d’inventer autre chose.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
ApoapoApoapo   18 mars 2018
« Celui qui ouvre, qui attire et qui offre ses trésors à la sensibilité relationnelle de tous fait du monde non seulement sa demeure, mais son bouclier, son gardien, et le degré le plus exact de sa richesse. Nul ne s'étonne que ces milliers de personnes veuillent sauter par-dessus la Ville lumière, zapper la terre des Droits de l'Homme pour s'en aller vers l'Angleterre ou vers l'Allemagne. Leur vision particulière du monde peut expliquer un tel dédain. Mais je redoute d'y voir le pire : l'attractivité devenue faible de ce que la France a de plus admirable.
[…]
Un écosystème relationnel suscite de la multi-attractivité. Les mobilités du monde ne se feront plus comme on ne voit encore, de la pauvreté vers la richesse, du dominé vers le dominant, de la guerre vers la quiétude, de la pénurie vers l'abondance. Elles actionneront une cartographie de désirs erratiques, les stimulations imprévisibles de l'inconnu, de l'étrangeté, du possible ou de l'impossible.
Une "sentimographie" de la mondialité.
Ce sont ces mobilités autorisées et, pour tout dire, organisées qui vont, mieux que toute institution mondiale, disséminer les richesses, répartir les pauvretés, équilibrer les pénuries, et en finale rompre avec les accumulations absurdes. L'équité, la sobriété, la stigmatisation des richesses indécentes se feront autant par les flux de la mondialité – ce sentiment panoramique qu'elles offrent – que par les règles de Droit qui surgiront tôt ou tard de cet autre imaginaire du monde. » (pp. 102-104)
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MarianneLMarianneL   23 juillet 2017
La mondialité, c’est surtout ce que la mondialisation économique n’a pas envisagé, qui surgit et se produit sur la gamme d’un brasillement dans le vrac ténébreux. C’est l’inattendu humain – poétiquement humain – qui leur résiste, les outrepasse, et qui refuse de déserter le monde !
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rigasrigas   01 juin 2017
Les frontières de l'Europe s'érigent en de mauves meurtrières.
Elles alimentent un des enfers de Dante et réinstallent une manière de ce Gouffre dont a parlé Glissant. Gouffre de vies noyées, de paupières ouvertes fixes, de plages où des corps arrachés aux abysses vont affoler l'écum. Gouffre d'enfants flottés, ensommeillés dans un moule de corail, avalés par le sable ou désarticulés tendres par des houles impavides.
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rigasrigas   01 juin 2017
la richesse, toute richesse quelle qu'elle soit, surgit toujours des industries de tous !
Aucun manager, aucun capitaine d'industrie, aucun manicou du business ne saurait distinguer son ouvrage de ceux qui la portent, la supportent et en finale la font.
(...)
Toute naissance est nue, fragile et démunie. (...) toute naissance en ce monde convoque cette générosité : richesse acquise, toujours produite par tous, se doit d'être redistribuée dans l'équitable et dans le généreux, entre tous et pour tous ! Toute naissance en ses fragilités appelle cette justice, cet héritage universel et l'ordonne autant.
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rigasrigas   08 juin 2017
Au panthéon des grands Droits consacrés, inscrivons un Droit aux poétiques du vivre, et plus encore à celles de la mondialité et de la Relation. (...) Dans la Relation, la différence devient sans absolu de référence : à la fois permanente, changeante et dynamique.
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Videos de Patrick Chamoiseau (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Chamoiseau
Morgan Faulkner (Université Laval) « L?intime et l?errance dans Mes hommes de Ken Bugul et Écrire en pays dominé de Patrick Chamoiseau », dans le cadre de la journée d'étude L?EXIL EN SITUATION D?EXIGUÏTÉ DANS LA FRANCOPHONIE INTERNATIONALE 28 novembre 2014, Université de Montréal
COMITÉ ORGANISATEUR: Julie Delorme, Simon Harel
Faculté des arts et des sciences de l?Université de Montréal Département de littérature comparée de l?Université de Montréal Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH)
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