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EAN : 9782070125173
256 pages
Éditeur : Gallimard (09/04/2009)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 35 notes)
Résumé :

Un Malfini, grand rapace assuré de sa magnificence, découvre un jour l'existence des colibris. Sidéré par la découverte de cette petite créature, le terrible prédateur va se retrouver en dérive dans l'incompréhension, le mépris, la haine, le doute, et puis enfin l'admiration souffrante. Tandis que l'infime colibri affronte seul une menace écologique colossale, le grand rapace, qui l'observe puis l'acc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  24 avril 2012
«Les neufs consciences du malfini» de Patrick Chamoiseau nous conte le Vivant.
Avec grand Art, l'auteur nous chante l'hymne de la Vie.Le marqueur de mots balise un grand chemin.
Mouvements, couleurs, sons et parfums du monde se mélangent et se chevauchent sur la palette de Patrick Chamoiseau.
Nous allons suivre les saisons du royaume de Rabuchon, un petit territoire, en Martinique. Micro cosmos ?... A qui ne saurait pas y regarder de plus près... peut être... Mais approchons nous un peu, l'auteur nous y invite. ...L'âme du cosmos y palpite.
Et du dénouement des drames qui se jouent sur ce lopin de terre, en résultera la survie de tous : arbres, fleurs, insectes, vermisseaux, poissons, oiseaux, tout ce qui rampe, grimpe, vole, marche, éclot, bourgeonne, bruit, nage,rampe, ou s'écoule.
Le malfini, cet oiseau rapace, jusque là intégralement livré à son immémoriale conscience emplie d'une rage arrogante , d'une violence viscérale, d'appétits vains et guerriers, se retrouve face à l'insupportable, à l'incompréhensible : Foufou, un petit colibri, vit «au delà» de son alaya ( inconscient collectif) , il entend, goûte, touche, regarde, respire le monde qui l'entoure. Il écoute les migrants venus de terres lointaines dire que là bas le monde se meurt déjà. Il voit les fleurs se faner, il entend le silence pétrifier Rabuchon, il palpe les corps des abeilles mourantes, il goûte à l'amertume soudaine des nectars, il sent que la vie quitte un peu plus chaque jour la terre.
Il va alors employer toutes ses forces, faire appel à toutes ses facultés pour sauver ce monde.
L'effet colibri va opérer. L'intention sera la pièce maîtresse de ce sauvetage. Il transmettra l'intention à tous. Une aile de colibri peut faire refleurir une montagne.
Le malfini va à ses côtés quitter la chrysalide de son animalité pour naître et apparaître au Vivant.
D'un malfini qu'il s'obstinait à être, le rapace va par l'observation de cet étrange oiseau de paradis, apprendre et va peu à peu s'élever à sa neuvième conscience. La conscience de faire partie intégrante du Tout, en étant plus que jamais totalement lui même.
Il est n'est réellement vivant que par la magie d'être «Un» parmi, mais surtout avec les autres.
Tous les autres. Toute unicité doit être reconnue pour permettre à tous de saisir l'ainsité de la vie : l'amala. Rien n'est vrai, tout est vivant ( Edouard GLISSANT).
Un livre initiatique, et prophétique. Un appel à notre vigilance. Nous ne pourrons rester en vie que si nous acceptons d'éveiller et d'élever, en chacun d'entre nous, toutes nos consciences.
Patrich Chamoiseau adresse une de ses trois dédicaces à Pierre Rahbi ( Association Colibris)
Retrouvez aussi la légende du colibri en dessin animé ! Elle est racontée (en anglais) par Wangari Maathai, première femme africaine à avoir reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement en faveur de l'environnement.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=¤££¤35Wangari Maathai26¤££¤.
Astrid SHRIQUI GARAIN
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Commenter  J’apprécie          30
frconstant
  10 avril 2017
Patrick CHAMOISEAU nous plonge, dans son roman 'Les neufs consciences du Malfini, au coeur-même du monde, de son étiolement écologique, du sursaut possible des plus petits, des nocifs (les hommes) et de la reconnaissance de la faiblesse comme puissance et de la soif de puissance comme handicap! Inspiré par le mouvement 'Les Colibris' (Pierre RABHI), CHAMOISEAU nous distille de sa plume riche, légère, humoristique et grave, le combat que doivent mener les existants pour permettre au monde de survivre et, ainsi, rendre possible l'accueil de tous les migrants du règne humain, animal et végétal, tous en quête d'un lieu à partager plutôt que d'un espace à conquérir et défendre.
Conte, fable écologique, invitation à l'écoute, à la découverte des vrais besoins, suggestion d'une consommation raisonnée, ce livre est tout cela, en plus d'être un vrai plaisir littéraire tant l'écriture y est fluide, le choix des mots judicieux, le phrasé charmeur. Un vrai coup de coeur!
Commenter  J’apprécie          101
Apoapo
  05 février 2016
La Fontaine eût pu l'intituler : "Le Rapace et le colibri, ou de comment la puissance est séduite par le génie du minime". Il s'agit en effet d'une longue fable animalière, récit à la première personne à la prose très poétique du Malfini s'adressant à un Nocif (à l'Homme) pour lui conter sa propre métamorphose-illumination et le minuscule colibri à qui il la doit.
Le rapace lutte d'abord contre ses deux instincts (son Alaya) de prédation et d'égocentrisme repu, ayant fugacement aperçu l'insignifiant volatile, mi-oiseau mi-insecte, dont la personnalité le surprend toujours davantage pour son étrangeté, et qu'il appellera le Foufou jusqu'à ce qu'il ne devienne son maître.
Celui-ci est non seulement infime par sa taille et incompréhensible au narrateur, mais un paria pour ses congénères, un persécuté non-violent par son frère le Colibri; il s'avérera être le seul animal lucide dans le moment de la catastrophe, devenant le sauveur du territoire.
Le parcours initiatique du Malfini commence donc par l'observation ahurie du Foufou, puis par son accompagnement tout au long d'un long périple et d'une série de mésaventures, ensuite par un désaveu suivi d'un début de compréhension lors de la calamité qui s'abat sur les lieux du retour, enfin par l'imitation du maître, même au-delà de sa mystérieuse disparition. le message sera communiqué en conclusion au Nocif, sous forme de chant.
La structure narrative est donc typiquement celle (évangélique ou bouddhique) du récit initiatique de la relation entre disciple-narrateur et prophète ; la catastrophe menaçante mais provisoirement écartée par celui-ci est implicitement mais clairement écologique. le ton est juste, au diapason avec notre post-modernité, comme suffit à le prouver cet extrait tiré des pages de la fin :
"J'avais traversé des instants de sagesse, mais je n'avais atteint aucune béatitude. Juste une lucidité solaire, solitaire, solidaire. Et amère. J'étais en désir, tel un innocent dans les ruines d'une coquille." (p. 222)
La lecture a été graduellement ralentie par des redites et une certaine lenteur.
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Charybde2
  16 mars 2013
Magnifique fable animalière écologiste, dont un langage subtil habille la dureté.
Publié en 2009, ce roman de Patrick Chamoiseau prend la forme d'une fable animalière plutôt subtile, dont le contenu doit beaucoup à la rencontre de l'auteur avec l'agriculteur écologiste Pierre Rabhi, dont le mouvement "Colibris" créé en 2007, et sa recherche de mesure et de raison, à l'écart de la folie consommatrice, dans l'héritage à laisser aux générations futures, est le véritable héros, par analogie, de la fable.
Un malfini, rapace puissant et dominateur, qui se tient à l'écart des hommes ("les Nocifs"), s'établit dans un petit paradis tropical pour y vivre et y faire régner sa loi. La confrontation à des colibris, ceux dont Aimé Césaire s'étonnait qu'« un corps si frêle puisse supporter sans exploser le pas de charge d'un coeur qui bat » agira pour lui comme une révélation. Au contact de ces "faibles", à rebours d'un "nietzschéisme pour les nuls", le fort va apprendre, et changer...
Une précieuse lecture pour toutes celles et ceux qui "reviennent" du capitalisme de la consommation effrénée...
"DECOUVERTE - C'était au temps de ma splendeur barbare. Je provenais de loin, me laissant transporter par ces vents de nulle part qui rabotent les îles de la mer Caraïbe, et j'allais je ne sais où, cherchant un territoire propice à l'apaisement des songes. Je n'espérais plus rien de ma vie, sinon la paix et le repos, et un peu de silence. Sans avoir atteint l'âge des ruminations sourdes, j'avais quitté depuis longtemps celui des impatiences. Je me croyais heureux, au faîte d'une plénitude, avec comme ultime ambition l'envie de me vautrer au fond de ce bonheur. Rien à prouver, ni à moi-même ni à quiconque, terrible et tout-puissant, je n'éprouvais même plus la vanité de l'être..."
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de
  14 septembre 2012
J'avais appris quelque chose
« Alors, je m'accroupis comme une petite personne auprès du singulier visiteur et me mis en devoir de l'entendre… ou bien d'imaginer ce qu'il ne pouvait dire… »
De petits paragraphes de quinze à vingt lignes. Entre poésie, tendresse, humour, des phrases et une histoire pouvant être lue de multiple manière.
Mis avant tout, la construction d'un univers enchanteur, d'un monde illuminé sorti de l'imagination débordante d'un écrivain aux mots colorés, des fleurs, des paysages, de la chaleur.
Un conte, une fable, une épopée écologique… Je choisis dans cette poésie, une lecture contre l'assignation (mais pourquoi cette phrase « Les femelles de toutes espèces, toujours sensibles à l'étrangeté, se montraient fascinées par les manières peu normales du Foufou » ?), la construction de intelligence et de la capacité d'agir contre la « nature » des êtres, le refus du encore-toujours-là, l'inversion du grand et du petit, le partage contre le territoire, la pensée contre l'Alaya.
Des oiseaux, peut-être, du colibri au malfini et Foufou, la ronde des similitudes derrières les dissemblances… Un voyage au dessus du pays des Nocifs. Un hymne à la conscience, la neuve conscience à acquérir…
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PASCALINE80PASCALINE80   31 mai 2019
Célébrations - Je retrouvai un peu de l'ivresse des hauteurs quand les couleurs et les parfums emportèrent ma mélancolie. J'entrepris de tout contempler une fois encore, comme l'avait fait le Foufou et comme il n'arrêtait pas de le faire. Les saisons défilaient ainsi. Les pluies et les vents aussi. La lumière fixe devint le jour. L'obscur aveugle devint des nuits - et la nuit se transmua en une découverte de fragrances et de teintes délicates qui délitaient l'obscur jusqu'à la symphonie. Je sentais la présence des vieux arbres, la frissonnante intensité des herbes. Je voyais vivre la terre accrochée aux blessures de gros rochers moussus. L'eau de la rivière, de rosée ou de pluie, était un spectre de transparences et de blancheurs, peuplé des sillons colorés qui en faisaient une matière vivante. Je crus que toute matière était vivante, que la mort même était vivante, et que la vie tenait à une infinie réorganisation de ce qui lui était donné et qu'elle transmuait en don. Que de merveilles, que de merveilles dans la contemplation ! Je percevais mieux pourquoi le petit maître lui avait consacré l'essentiel de son temps. Il ne s'agissait pas de seulement comprendre, de seulement connaître, mais d'aborder une plénitude qui faisait l'existence et l'incitait à vivre l'impensable de la vie.
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wellibus2wellibus2   11 septembre 2014
............je n'espérais plus rien de ma vie, sinon la paix et le repos, et un peu de silence. Sans avoir atteint l'âge des ruminations sourdes, j'avais quitté depuis longtemps celui des impatiences. Je me croyais heureux, au faîte d'une plénitude, avec comme ultime ambition l'envie de me vautrer au fond de ce bonheur. Rien à prouver, ni à moi-même ni à quiconque, terrible et tout-puissant, je n'éprouvais même plus la vanité de l'être... (p18-19)
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PASCALINE80PASCALINE80   30 mai 2019
.....Je compris encore mieux à quel point les vies se tiennent, combien nulle n'est centrale, plus digne, plus importante. Elles portent les mêmes couleurs. Elles se lient, se relient, se rallient, se relaient et se relatent avec les mêmes couleurs. Et je compris combien, à la base de la vie, il y avait encore une infinité possibles en devenir, de devenirs possibles....
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MushikawaMushikawa   25 novembre 2012
Comme nous ne cherchions rien, nous découvrions tout. Comme nous n'allions nulle part, nous arrivions partout...
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MushikawaMushikawa   25 novembre 2012
Chaque seconde sans éprouver le sentiment de la beauté était devenue pour moi un gaspillage honteux, une acceptation de la mort la plus vile, donc d'une défaite piteuse.
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Videos de Patrick Chamoiseau (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Chamoiseau
Faire résonner pour faire raisonner.
Se demander ce que nous fait la pandémie avec Bruno Latour, ou ce que fait peser sur nos têtes le risque fasciste avec Ugo Palheta.
Parler des violences sexuelles dans la musique avec Jean-Michel, un des co-créateurs du mouvement #MusicTooFrance, et écouter les paroles fortes de la chanteuse Pomme sur le sujet. S'interroger sur la justice face à ces affaires avec le témoignage de Julie, qui accuse 22 pompiers de viols lorsqu'elle avait entre 13 et 15 ans. Ou écouter cet appel de Julia Cagé, prof à Sciences-Po, à tirer toutes les conséquences de l'affaire Duhamel dans cette école de formation des élites.
Réfléchir de manière posée à la place qu'occupe la race dans la recherche en sciences sociales, sans tomber dans la bête opposition races/classes avec Sarah Mazouz et Julien Talpin, tous deux chercheurs au CNRS.
Se souvenir, enfin, des paroles fortes du poète Édouard Glissant en compagnie de Patrick Chamoiseau. Des mots de raison qui résonnent si fort aujourd'hui.

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