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Critique de Renod


Renod
  20 février 2017
Philipp Marlowe affronte un adversaire des plus coriaces : une mouche bleue qui virevolte bruyamment dans son bureau. Cela fait cinq minutes qu'il attend la tapette à la main qu'elle daigne poser ses six pattes sur un coin de son bureau quand sa chasse est interrompue par la sonnerie du téléphone. Miss Orfamay Quest, une jeune femme « vertueuse » originaire du Kansas, lui demande de rechercher son frère. Ce dernier a disparu à Los Angeles et ne donne plus de nouvelles à sa famille. Une enquête classique et mal payée mais qui – comme d'habitude - va mener Marlowe sous une avalanche de problèmes. Il y rencontrera la même faune que dans ses précédents romans : truands, femmes fatales, médecin compromis et policiers corrompus. Mais ici, il va explorer le joyeux monde de l'industrie du cinéma et rencontrer des personnages excentriques qui maîtrisent l'art de la comédie....et du mensonge. Plus on avance dans le roman, plus l'intrigue devient complexe et j'avoue ne pas avoir cherché à comprendre qui a fait quoi et comment. J'ai préféré savourer les passages sarcastiques. En voici quelques exemples. En parlant des stars de cinéma : « elles avaient connu plus d'hommes en sueur que les champs de bataille », pour décrire une infirmière interloquée : « elle me dévisagea comme si j'arrivais des profondeurs des mers avec une sirène noyée sous le bras » ou le portrait d'une secrétaire de police : « elle avait une figue à caler les roues de corbillard ». Chandler est un grand styliste et on s'en aperçoit mieux dans la traduction révisée proposée par Quarto. Et oui, dans cette édition intégrale, le roman a retrouvé son titre original « La petite soeur » même s'il est toujours disponible en poche sous le titre de « Fais pas ta rosière ». Dans la première version, les plus beaux passages (des descriptions délicieuses) ont été sabrés. La traduction est désormais plus fidèle, la réplique « ça irait-il si je dépiautais une orange ? » a retrouvé son sens original : « Manger un fruit, c'est permis ? ». Ou, plus drôle, le « Dans le dos, la balayette ! » a retrouvé sa destination : « Dans le cul, la balayette ! » Espérons que cette traduction révisée sera rapidement disponible en poche.
Nous avons la chance d'appartenir à une génération qui peut lire Thompson, Chandler, Hammett ou encore Goodis et Ross Macdonald dans des traductions fidèles. Alors profitons-en !
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