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Boris Vian (Traducteur)
ISBN : 2070406474
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 298 notes)
Résumé :
L'honorable général Sternwood a des ennuis avec ses filles. Vivian, l'aînée, boit sec et perd beaucoup d'argent dans les salles de jeux. La cadette, Carmen, est nymphomane. Un libraire, Geiger, fait chanter le général au sujet des dettes de Vivian.
Excédé, le riche vieillard fait appel au privé Philip Marlowe. En visitant la librairie de Geiger, le détective voit Carmen entrer chez lui. Trois coups de feu claquent. Dans une pièce aménagée en studio photo, il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Renod
13 décembre 2016
Une « pluie d'un autre monde » s'abat sur une ville de Los Angeles gangrenée par la criminalité et la corruption. Philippe Marlowe, un détective privé, se voit confier une enquête sur un chantage mais très vite, il va être confronté à toutes sortes d'activités ou de faits louches : commerce clandestin de pornographie, trafic de voitures volées, disparition mystérieuse, assassinats… Il va croiser des personnages atypiques : un paraplégique millionnaire mais moribond, ses deux filles, l'une droguée, l'autre alcoolique, un tueur au « nez écrasé et à l'oreille en chateaubriand », une blonde qui déploie un « sex-appeal capable d'obliger un homme d'affaires à restituer son déjeuner », etc. Pour mener à bien sa mission, Marlowe traverse la « Cité des Anges » au volant de sa décapotable, entre dans les hôtels particuliers comme dans les hôtels miteux, affronte les petites frappes comme les gros caïds. Il sait se servir de ses poings comme de son ironie. Il se montre vertueux, attaché à la justice et à la vérité et ne se laisse corrompre ni par l'argent, ni par la chair. C'est un joueur d'échec qui se fie à ses intuitions et n'hésite pas à bluffer si nécessaire.
Je voulais lire le « Grand sommeil » depuis que j'avais appris qu'un de mes films cultes, « The Big Lebowski », s'en inspirait. J'ai découvert l'univers de Dashiell Hammett avant de m'attaquer aux romans de Chandler. Ce dernier est plus descriptif et on s'étonne ainsi que le héros, pénétrant dans une pièce où une personne vient de faire assassiner, prenne le soin de détailler la décoration du lieu avant d'attacher son regard sur le cadavre couché sur le tapis. L'intrigue est complexe et j'ai dû parfois relire certains passages pour m'y retrouver. Pourtant, le détective, alors que l'affaire semblait terminée, trouve que la simplicité du dénouement contrevient à la « trame embrouillée de la réalité » et décide de relancer son enquête. Certaines phrases ou certains mots peuvent surprendre mais je ne sais pas si ce sont des inventions de l'auteur ou du traducteurs, Monsieur Boris Vian.
Le « Grand sommeil » est à lire absolument si on s'intéresse à la littérature policière et au roman noir. Il s'impose par son style, sa narration, et son ambiance et on y découvre une légende du genre : Philippe Marlowe.
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koalas
19 mars 2015
Après avoir lu et apprécié, le retour de Philip Marlowe dans "La blonde aux yeux noirs" de Benjamin Black alias John Banville, me voilà en train de fourrer mon nez dans les polars de Chandler à la rencontre du Marlowe - marlou - original.
Le Grand Sommeil, son chef d'oeuvre... parfait pour se mettre dans le bain de la Californie aux moeurs pas jolis jolis des années 30-40.
Le pitch :
Le vieux général Sternwood fait appel au service du détective Marlowe.
On le fait chanter lui qui n'a pourtant plus beaucoup de souffle,
qui se sent seul - bien qu' entouré mais pas gâté par ses deux filles au sens moral limité,
la blonde Carmen, droguée et allumeuse,
la brune, la soeur ainée mariée, Vivian qui siffle verre sur verre.
Et envolé son gendre irlandais avec qui il aimait bavarder.
Il charge le privé de retrouver le maître chanteur.
Quant à Vivian, elle lui souffle de retrouver son mari disparu.
Un enquête qui va le faire sortir de sa routine, lui faire découvrir la Californie des nantis et des coups tordus , la jolie boucles d'ange et le priver du petit sommeil du juste pour quelques temps...
Cela vaut le coup de s'accrocher à l'intrigue emberlificotée de Raymond Chandler. Un premier roman écrit en 3 mois en utilisant un procédé cannibale qui combine deux de ses nouvelles.
Ce qui peut expliquer le caractère embrouillé de l'intrigue qui deviendra par la suite sa marque de fabrique et son style.
Les personnages de la haute et basse société n'ont pas un sens moral au beau fixe, des bourgeoises décadentes, des petites frappes, patrons de tripots, libraires pervertis...Le climat du livre moins axé sur la violence que sur un mélange de spleen, d'absurdité, de chantages, de magouilles et de crimes.
"Au bout du compte, ce qu'il y a de plus durable, c'est le style ; et c'est le meilleur investissement qu'un écrivain puisse faire de son temps. Les idées sont un poison. Plus on raisonne et moins on crée."
Un roman noir Incontournable pour la première apparition du privé Philippe Marlowe, la lutte d''un homme intègre, pessimiste, désabusé non dénué d'humour noir au sein d'une société corrompue, celle de la Californie.
Sans oublier la traduction de Boris Vian qui ajoute le grain de sel
Et la mayonnaise prends à coup sur
vous serez pas déçu
par ce chef d'oeuvre du noir
Le mot de la fin à Raymond Chandler "Montrez-moi un homme ou une femme qui n'apprécient pas le roman policier, et je vous montrerai un imbécile intelligent - peut-être - mais un imbécile tout de même"

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Bigmammy
20 janvier 2013
Prétendre apprécier les romans policiers et n'avoir jamais lu "The Big Sleep", une honte. Je l'avoue. Mais maintenant, j'ai tout compris ! Tout est dans le style, le rythme, le cynisme du narrateur, Philip Marlowe. Non, en lisant, je n'ai pas eu l'impression d'entendre parler Humphrey Bogart ni de me perdre dans le regard de Laureen Bacall. J'ai dû voir le film, certes, il y a longtemps.
Mais ce qui surprend, au-delà de certains détails délicieusement "datés" comme les marques de voitures, c'est l'écriture acérée, pleine de mouvement, la description imagée et précise des bagarres, les notations d'ambiance...On voit les volutes de fumée, on palpe le halo de pluie autour des personnages....
Il est vrai que la traduction est subtile et parfaitement adaptée. Boris Vian, touche-à-tout de génie, devrait être donné en exemple à tous les traducteurs. J'ai lu quelque part qu'on lui reproche l'usage intensif du passé simple...N'oublions pas que le roman a été écrit en 1939 et publié en français en 1948... Mais c'est une objection mineure. Et même, j'irais jusqu'à prétendre que tout cela donne un charme fou, entre le contraste des situations louches, le noir du décor et la pureté du texte.
L'intrigue est compliquée à souhait, mais ce n'est pas là l'intérêt principal du récit. Les personnages principaux sont campés dès les deux premiers chapitres : le vieux et riche général Sternwood, ses deux filles nées tardivement. Vivian a épousé un ancien de l'IRA, ex-bottleger, qui s'est volatilisé deux mois auparavant, ce qui chagrine le vieux beau-père mais pas forcément l'épouse. Carmen est totalement déjantée : elle se jette à la tête de tous les hommes, se drogue, pose pour des photos de charme. Il y a aussi le maître-chanteur Geiger, le chauffeur de la famille, un truand tenancier de maison de jeux et ses sbires, son ex-femme dont Philip Marlowe est bien près de tomber amoureux, le jeune amant de Geiger...sans compter les policiers du comté qui se tirent dans les pattes et s'agacent de voir intervenir le privé Marlowe.
En lisant ce roman dense et foisonnant d'intrigues entrelacées, on voit comment ce petit livre, le premier écrit par Raymond Chandler, a suscité de vocations. Me viennent à l'esprit le personnage de Nestor Burma de Léo Malet et plus récemment le héros tout bosselé d'Hugh Laurie dans "Tout est sous contrôle". Et quelques films aussi comme l'irrésistible parodie de Carl Reiner "Les cadavres ne portent pas de costard" avec Steve Martin...
Le grand sommeil, celui dont on ne se réveille jamais, c'est donc le classique absolu. A lire absolument.
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sylvaine
03 septembre 2016
Le grand sommeil, le big sleep 1939, premier roman où apparait le Privé Philip Marlowe, l'incontournable roman policier américain. Pour ne rien gâter il a été publié en France en 1948 avec un traducteur de talent un dénommé Boris Vian , je m' excuse du peu. Et bien figurez vous que je ne l'avais jamais ouvert , honte à moi, certes Humphrey et Laureen brillent encore dans ma mémoire mais cela ne m'excuse en rien ....
Alors que vous dire que vous ne savez déjà ? Hollywood, une très belle demeure, un vieux général pas loin de son dernier soupir, ses deux garces de filles , l'argent, le gendre disparu, les tentatives de chantage ,les ripoux, les flics, les flingues , les morts et au dessus de tout cela Marlowe , ah mon coeur bat plus vite , bon d'accord c'est un personnage de fiction et vraiment ses fréquentations ne sont pas très reluisantes mais il n'empêche ... Résumons un privé, pas n'importe lequel,une belle pépé, même 3, un vrai roman noir des années 40, un auteur de talent et un superbe traducteur , que du plaisir j'en redemande ....
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JIMEDE
03 septembre 2016
Entre deux autres, une petite relecture de ce classique du roman noir, histoire de retrouver avec plaisir Philip Marlowe, sur les traces d'un couple disparu.
On a dans le grand sommeil, tout ce qui fait la quintessence du genre : un privé attachant, grande gueule, téméraire, incorruptible ; des poupées de grande classe, belles, séductrices, mystérieuses, parfois légères ou à courte vue ; des flics désabusés, dépassés, souvent en retard, corrompus ou regardant ailleurs ; et des méchants, truands, gros durs, petites frappes, premières gâchettes, pieds tendres ou gros bonnets.
Mais on a surtout avec Raymond Chandler une atmosphère incomparable liée à cette Californie dont la variété de décors, d'Hollywood aux portes du désert, des parcs des belles villas aux rades miteux des coins de boulevards, va si bien à son intrigue et à ses personnages.
Enfin, on a une écriture ciselée, drôle, riche, ne cédant pas à la tentation du rebondissement futile de fin de chapitre mais emmenant son lecteur page après page au coeur d'une intrigue dont chaque page est un régal.
À lire par ceux qui croient encore que le noir est un genre mineur de la littérature.
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Citations & extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
chartelchartel28 juillet 2008
-Je suis un flic, dit-il. Un flic tout ce qu’il y a d’ordinaire. Raisonnablement honnête. Aussi honnête qu’on peut l’espérer d’un homme vivant dans un monde où ce n’est plus de mise. C’est la principale raison pour lesquelles je vous ai demandé de venir ce matin. Je voudrais que vous en soyez convaincu. Etant un flic, je préfère que la loi triomphe. J’aimerais voir de belles canailles bien habillées comme Eddie Mars s’abîmer les ongles dans des carrières de cailloux à Folsom, côte à côte avec les petits minables des faubourgs sous-alimentés qui se sont fait poirer à leur première casse et n’ont jamais eu de chance depuis. C’est ça que je voudrais. Vous et moi, nous avons vécu assez longtemps pour savoir que jamais je ne verrai ce jour-là. Ni dans cette ville, ni dans une ville moitié moins grande, ni dans le moindre recoin des florissants, vastes et verdoyants Etats-Unis d’Amérique. Nous ne dirigeons pas notre pays de cette façon-là.
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Well-read-kidWell-read-kid22 août 2010
Qu'est-ce que ça peut faire, où on vous met quand vous êtes mort? Dans un puisard dégueulasse ou dans un mausolée de marbre au sommet d'une grande colline? Vous êtes mort, vous dormez du grand sommeil... vous vous en foutez, de ces choses-là... le pétrole, l'eau, c'est de l'air et du vent pour vous... Vous dormez, vous dormez du grand sommeil, tant pis si vous avez eu une mort tellement moche... peu importe où vous êtes tombé...
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le-mange-livresle-mange-livres12 avril 2012
Elle se leva lentement, et s'approcha en ondulant dans sa robe noire collante de tissu mat. Elle avait de longues cuisses, et elle marchait avec un certain petit air que j'avais rarement remarqué chez les libraires. Elle était blond cendré, les yeux gris, les cils faits, et ses cheveux en vagues arrondies découvraient des oreilles où brillaient de gros boutons de jais. Ses ongles étaient argentés. Malgré son attirail, elle devait être beaucoup mieux sur le dos.
Elle s'approcha de moi en déployant un sex appeal capable d'obliger un homme d'affaires à restituer son déjeuner, et, secouant sa tête, remit en place une boucle de cheveux doux et brillants ... pas très dérangée d'ailleurs. Elle eut un sourire hésitant qu'on n'aurait pas eu de mal à rendre aimable.
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RenodRenod13 décembre 2016
Tiens-toi tranquille et retiens ta respiration. Retiens-la jusqu’à ce que tu ne puisses plus, et à ce moment-là, dis-toi qu’il faut absolument que tu respires, que tu as la figure toute noire, que tes yeux vont te tomber des joues… et que tu vas respirer maintenant, mais que tu es ficelé sur le fauteuil dans la jolie petite chambre à gaz de Saint-Quentin ; et quand tu respireras cet air que tu luttes de toutes tes forces pour ne pas avaler, ça ne sera pas de l’air qui viendra, mais du cyanogène… Et c’est ça qu’on appelle une exécution humanitaire dans notre État, maintenant.
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LounimaLounima28 août 2012
"Elle portait un tailleur de tweed moucheté brunâtre, une chemise et une cravate d’homme, de grosses chaussures de marche cousues main. Ses bas étaient aussi fins que la veille mais elle montrait beaucoup moins de ses jambes. Ses cheveux noirs brillaient sous un Robin Hood marron qui pouvait avoir coûté cinquante dollars et paraissait à vue de nez facilement reproductible, d’une seule main, avec une feuille de buvard.
– Vous vous levez tout de même… dit-elle en fronçant son nez à l’adresse du divan d’un rouge passé, des deux fauteuils à moitié confortables, des rideaux de filet qui réclamaient un lavage et de la table à lire taille garçonnet chargée de vieux magazines qui donnaient à l’endroit un air professionnel.
Je commençais à me dire que vous travailliez peut-être au lit, comme Marcel Proust.
– Qui est-ce ?
Je mis une cigarette dans ma bouche et la regardai. Elle était un peu pâle et tendue, mais elle paraissait de taille à fonctionner sous tension.
– Un écrivain français, un spécialiste en dégénérés. Vous ne pouvez pas le connaître.
– Tut… Tut… dis-je. Venez dans mon boudoir." (Folio policier - p.87-88)
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Vidéo de Raymond Chandler
"le Grand sommeil", de Raymond Chandler (Alchimie d'un roman, épisode n°47)
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