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EAN : 9782266121125
635 pages
Éditeur : Pocket (14/11/2001)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 149 notes)
Résumé :
Une fille. Une mère. Une grand-mère. Les mémoires d'une famille chinoise de l'Empire Céleste à Tiananmen

La grand-mère de Jung Chang naît en 1909, au coeur de la Chine féodale. Son père la donne comme concubine à un général de passage contre un peu d'argent et de pouvoir. Au bout de dix ans, la jeune femme s'enfuit avec sa petite fille. Elles sont recueillies par un médecin, qui fait de l'une son épouse et de l'autre son enfant.

La mèr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  23 avril 2019
Pourquoi avoir oublié ce gros livre dans ma bibliothèque?
Je ne sais pas...
L'auteur Jun Chang, est née à Yibin , dans la province du Sichuan en 1952.
Victime de la Révolution Culturelle , elle a été brièvement garde rouge à l'âge de 14 ans, puis «  docteur aux pieds nus »,ouvrière dans la sidérurgie et électricienne avant de devenir étudiante en anglais et, plus tard, professeur d'anglais.
Cette petite - fille d'une concubine et d'un « Seigneur de guerre, » fille de hauts responsables communistes vivra dans un «  cocon » de privilèges jusqu'en 1965...
Elle nous conte le destin de sa famille , notamment l'histoire vraie de trois générations de femmes sur près d'un siècle, Yu- fang, sa grand - mère née en 1909, sous l'ancien régime dont les pieds furent bandés afin de la rendre plus attirante ,elle en souffrira toute sa vie, concubine d'un seigneur de guerre en Mandchourie avant d'épouser un médecin du plus double de son âge...le docteur Xia.
Sa mère, Ba Quin née en 1931, qui grandira sous l'occupation japonaise et deviendra militante communiste dés l'âge de 15 ans .
Elle épousera un cadre du parti au Sichuan où la famille s'établira, un couple d'apparatchiks craints et respectés parce que Purs et intraitables , surtout son père....
La révolution culturelle arrive avec son cortège de persécutions sans fin, de dénonciations , de jalousies meurtrières, de disparitions, de suicides , de terreur , de famine ....
L'auteur voit ses parents internés, battus , retenus dans un camp de rééducation à la campagne .
Elle aussi est déportée à la campagne ....
Un grand livre passionnant, riche, qui nous apprend vraiment beaucoup sur l'histoire de la Chine, de la vieille Chine à nos jours avec ses années d'enfer, du début du XX° à nos jours.
C'est un récit fascinant , bien écrit , fourmillant d'informations politiques, qui mêle l'Histoire avec un grand H et ses évolutions , violentes , ô combien, à la petite histoire nous offrant de l'intérieur avec sincérité les émotions , les aspirations , les désillusions , les douleurs d'une famille liant l'amour et la rigueur, une idéologie implacable, la dynamique d'un couple et les relations très complexes entre les générations.
Un témoignage précieux, une longue fresque historique au cœur de cette Chine, qui nous plonge de la fin de l’Empire à la période des seigneurs de la guerre , de l’invasion par le Japon à la période du Kuo- min- tang au pouvoir,le régime communiste et la révolution culturelle: ses camps de rééducation,: une idéologie et la déification d’un despote très peu éclairé ....
Cet ouvrage reste interdit en Chine. Il a été traduit en 28 langues , lu en trois jours ....
L'auteur vit en Angleterre ainsi que ses trois frères , seule , un de ses soeurs vit et travaille dans son pays natal .
Il n'est peut- être pas nécessaire de le conseiller car il est très connu.


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Myriam3
  20 décembre 2014
Ce témoignage sur la Chine du vingtième siècle nous transporte tout droit au sein d'une famille communiste engagée, avec ce que cela comporte de vicissitudes et d'aveuglement.
Ce qui est intéressant avec ce livre, c'est qu'il nous présente d'abord la fin de la période féodale par le chemin parcouru par la grand-mère de l'auteure: les pieds bandés, le mariage arrangé, l'invasion des Japonais, etc... et nous amène doucement aux portes des premiers mouvements communistes, dans lesquels la jeune mère de l'auteure s'est littéralement jetée; elle y rencontre son mari, fervent partisan de Mao et tous deux s'engagent dans cette révolution en délaissant régulièrement les enfants.
On pénètre dans ce monde de délation, de pensée unique, de châtiments corporels, tortures, humiliations, et tout au long de ces décennies, la roue tourne: les héros d'hier deviennent les ennemis de la Révolution culturelle, ceux qu'on tond, qu'on oblige à s'humilier en public.
Les maisons sont régulièrement saccagées, les bibliothèques brûlées, les monuments et bâtiments historiques, détruits par les adolescents gardes rouges, fils et filles des premiers communistes.
L'auteure, Jung Chang, traverse toutes ces années sans quitter des yeux les prises de position politique de ses parents puis leur exclusion et leurs souffrances. Elle-même fait brièvement partie des gardes rouges, tout comme son petit frère. Mais, à ses yeux du moins, sa famille veut avant tout changer la Chine, la rendre plus vivable et équitable, se débarrasser des carcans de la société traditionnaliste. Fidèles à leurs idées, ils refusent de participer aux violences et à ce qui leur semble injuste.
J'ai lu ce livre sur les conseils d'une amie et j'ai découvert tout un pan de ce pays que j'ignorais. Bien sûr, Mao, le communisme, tout ça ne m'était pas inconnu, mais j'ai été choquée par cette violence fulgurante et inacceptable qui s'est emparé de toute une population soumise à un seul homme, ce déchaînement bestial des uns contre les autres et ce lavage de cerveau à si grande échelle.
C'est une autobiographie historiquement passionnante, mais j'avoue, au bout des 300 premières pages - de longues pages - je finissais par redouter de me replonger dans cette société absurde et inhumaine, et si tristement réelle.
Lu dans le cadre du Challenge Pavés
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Woland
  11 avril 2013
Wild Swans
Traduction : Sabine Boulongne
ISBN : 9782266227032

Cet ouvrage porte comme sous-titre "Les Mémoires d'une Famille Chinoise, de l'Empire Céleste à Tiananmen." Et il le porte avec panache, croyez-moi. Si l'auteur est, par sa grand-mère maternelle, la petite-fille d'une concubine et d'un "Seigneur de la Guerre", elle eut pour père un communiste pur et dur, l'un de ces militants idéalistes mais sincères qui permirent à Mao Tsé-toung de fonder son empire sur des bases hélas ! terriblement solides. Non que Chang Sr. ait oeuvré consciemment pour asseoir dans son autorité l'un des dictateurs les plus sanglants du XXème siècle. Au contraire, le père de Jung Chang croyait dur comme fer à un avenir meilleur. Homme et cadre intègre, il allait jusqu'à ne pas user des passe-droits que lui ménageait son rang dans le Parti, à un point tel que, en nombre d'occasions, on peut dire qu'il privilégia l'idée qu'il se faisait du communisme aux dépens de sa famille, épouse et enfants.
C'est donc dans une foi aveugle dans le Parti communiste chinois et en ses dirigeants que fut élevée l'auteur des "Cygnes Sauvages." Il lui faudra bien des années - et bien des injustices - pour qu'elle commence à s'interroger sur le bien-fondé de l'idéologie marxiste et sur ce qu'en avait fait "le Grand Timonier." Bien des spectacles aussi dont elle se serait volontiers passée. Car, nul ne l'ignore, l'histoire du PCC se confond avec une suite d'épreuves toutes plus terribles les unes que les autres, infligées au peuple chinois par ses responsables et en particulier par Mao : les horreurs de la Longue Marche - que Mao, contrairement à la légende qu'il veilla à établir, ne fit pas à pied mais porté dans un palanquin - le Grand Bond en Avant et la famine qu'il entraîna, l'une des pires que la Chine, pourtant spécialiste en la matière, ait connue et puis, bien sûr, la Révolution culturelle et son acharnement mesquin de fauve pris de folie à détruire une culture qui demeure l'une des plus anciennes au monde. Tout cela pour ne citer que les grandes lignes de la dictature maoïste, si longtemps portée aux nues, rappelons-le, par nos "maos" occidentaux.
Curieusement, c'est parce que l'auteur a cru si longtemps au communisme et à Mao, tout-à-fait comme d'autres croient en Dieu, que "Les Cygnes Sauvages" représente un témoignage d'une grande valeur.
Dense, prenant, sans que jamais un mot n'en dépasse un autre, sans que jamais son auteur laisse la colère ou la haine l'emporter, ce livre est de ces mémoires qui captivent autant que le ferait la meilleure des fictions. L'Histoire à majuscule se déploie dans tout son souffle et dans toute sa tragédie, infliltrant l'histoire des humbles et des moins humbles avec l'indifférence d'un géant foulant une fourmilière. Et peu à peu, les personnages, qu'ils portent ou non des noms connus, deviennent ses prisonniers, jusqu'à Mao lui-même à qui son arrogance incroyable et son narcissisme de psychopathe auront cependant évité jusqu'au bout de le comprendre - et d'en souffrir.
Si l'Histoire de la Chine du XXème siècle vous intéresse mais si, jusqu'à ce jour, les livres spécialisés qui lui sont consacrés vous ont rebuté parce que trop touffus, trop systématiques, bourrés de trop de chiffres et de trop de statistiques, et écrits, qui pis est, dans une langue sans passion ni imagination, "Les Cygnes Sauvages" est l'ouvrage qu'il vous faut pour, enfin, y entrer de plain-pied. En ce sens, soulignons-le, la traduction est d'une grande qualité. Jung Chang a le don, plus rare qu'on ne le croit, de conter une histoire, fût-elle aussi complexe que le sont celle de sa famille et celle de son pays natal. Quand les deux s'interpénètrent, elle fait mieux : elle ne bronche pas et tient bien droit le gouvernail de son récit, bravant sans peur, avec l'assurance de celui qui se bat pour une cause qu'il sait juste, les lames les plus terribles et les monstres les plus innommables. Tout cela avec un sérieux qui n'ennuie jamais et un sens poétique qui illumine bien des passages pénibles.
Ce livre m'a tellement plu que, dans la foulée, je me suis procuré la biographie de Mao que Jung Chang a écrite avec son mari, Jon Halliday. J'espère que cela achèvera de vous convaincre de lire ses "Cygnes Sauvages." ;o)
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litolff
  30 août 2012
Extraordinaire témoignage sur l'histoire de la Chine communiste qui permet d'appréhender le séisme délirant qu'a pu être la révolution maoïste.
Une description impitoyable de la Chine de Mao, de la révolution culturelle et de la manipulation des esprits : on a du mal à croire qu'un homme aie pu manipuler une nation à cette échelle, et surtout qu'on aie pu en réchapper à peu près sain d'esprit !!!
Passionnant !!!
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Tbilissi
  21 août 2019
Un livre d'une densité et d'une force incroyables.
Jung Chang y livre son histoire familiale sur 4 générations et sa version de son pays, la Chine, sur quasiment tout le 20ème siècle.
Elle a effectué un travail de recherche et d'introspection phénoménaux, et raconte les faits avec force de détails, rendant son histoire incroyablement concrète.
Ainsi, elle ne se contente pas d'indiquer que sa grand-mère a eu les pieds bandés, elle explique tout ce que cela implique (os brisés, hurlements, perte de connaissance, séquelles toute la vie...) très précisément, et c'est enrichissant mais surtout insoutenable.
De même pour sa description de la famine qui toucha la Chine lors de la désastreuse politique du "grand bond en avant" à la fin des années cinquante : elle est insupportable, on se sent véritablement mourir de faim avec ces pauvres paysans.
La majeure partie de l'ouvrage dépeint le communisme et les différentes politiques menées par Mao Zedong, que l'auteure a vraiment éprouvées de l'intérieur avec ses parents cadres du parti communiste. Elle a d'ailleurs vécu énormément de vies différentes tant les directives du dirigeant semblent versatiles, et tant la chance peut tourner rapidement dans ce pays.
À cette lecture j'ai pris conscience de tout ce qu'a enduré le peuple chinois. C'est très enrichissant pour comprendre les choses, même dans le contexte actuel. Mais c'est surtout bouleversant.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   13 avril 2013
[...] ... En 1989, un cadre du parti qui travailla jadis pour la campagne d'assistance contre la famine m'affirma qu'il estimait le nombre total des victimes à sept millions pour la seule province du Setchouan, soit environ 10% de la population globale de cette région, riche au demeurant. Pour l'ensemble du pays, le chiffre se situait aux alentours de trente millions.

Un jour de 1960, la petite fille de la voisine de ma tante Junying, à Yibin, âgée de trois ans, disparut. Quelques semaines plus tard, sa mère vit une enfant qui jouait dans la rue, vêtue d'une robe ressemblant à celle de sa fille. Elle s'approcha et l'examina avec attention. Elle aperçut une tache indélébile qui lui permit de reconnaître le vêtement à coup sûr. Elle fit part de sa découverte à la police. Il apparut bientôt que les parents de la fillette vendaient de la viande séchée ; ils avaient enlevé et assassiné plusieurs bébés qu'ils avaient dépecés pour vendre leur chair, en prétendant qu'il s'agissait de lapin, à des prix exorbitants. Le couple monstrueux fut exécuté et l'on étouffa l'affaire, mais tout le monde savait que les meurtres d'enfants étaient relativement répandus à l'époque.

Des années plus tard, je rencontrai un ancien collègue de mon père, un homme très doux et fort capable, qui n'était pas du tout d'une nature à exagérer. Il me raconta avec beaucoup d'émotion ce qu'il avait vu dans une commune populaire pendant la famine. 35% des paysans étaient morts, dans une région où les récoltes avaient été bonnes, bien que l'on n'eût pour ainsi dire rien ramassé, puisque la main-d'oeuvre avait été réquisitionnée pour produire de l'acier. Par ailleurs, la cantine de la commune avait gaspillé une portion importante de ce dont elle disposait. Un jour, un paysan fit irruption dans son bureau et se jeta à terre en hurlant qu'il avait commis un crime épouvantable et en le suppliant de lui pardonner. En définitive, il apparut qu'il avait tué son propre enfant pour le manger. La faim avait été une force incontrôlable qui l'avait poussé à brandir son couteau. Le visage inondé de larmes, le fonctionnaire ordonna l'arrestation du coupable. Par la suite, il fut fusillé, en guise d'avertissement contre les infanticides.

Les autorités expliquaient officiellement la famine en alléguant le fait que Khrouchtchev avait brusquement forcé la Chine à rembourser à l'URSS une dette colossale contractée pendant la guerre de Corée pour venir en aide à la Corée du Nord. Le régime jouait ainsi sur une expérience vécue par une grande partie de la population, composée de paysans dépouillés qui se souvenaient fort bien d'avoir été harcelés par des créanciers sans coeur réclamant leur loyer ou le remboursement de prêts. En évoquant l'Union soviétique, Mao créait aussi un ennemi extérieur au pays auquel incombait toute la faute, et contre lequel le peuple chinois pouvait se mobiliser. ... [...]
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WolandWoland   13 avril 2013
[...] ... L'été 1950 fut exceptionnellement chaud et humide, avec des températures proches de 40° C. Ma mère se lavait tous les jours ; cette hygiène lui valut aussi des remontrances [de la part de ses camarades du Parti]. Les paysans, en particulier ceux du Nord, d'où venait Mme Mi, se lavaient rarement, faute d'eau. Du temps de la guérilla, hommes et femmes faisaient des concours d'"insectes révolutionnaires" (de poux). La propreté était considérée comme anti-prolétarienne. Quand un automne plutôt frais succéda à cet été torride, le garde du corps de mon père concocta un nouveau grief contre ma mère : selon lui, elle se comportait comme une grande dame du Kuo-min-tang [= créé par Sun Yat-sen, il s'agit du parti nationaliste chinois, ennemi des rouges, à la tête duquel se retrouvera un jour Tchang Kaï-chek], car elle avait osé se servir de l'eau chaude inutilisée par mon père. Pour économiser du combustible, il avait été décidé que seuls les officiels auraient droit à de l'eau chaude pour se laver. Mon père faisait partie de cette élite, mais pas elle. Or, les femmes de la famille de mon père lui avaient fortement déconseillé d'utiliser de l'eau froide à l'approche de son accouchement. A la suite de la remarque de son garde du corps, mon père interdit à sa femme de se servir de son surplus d'eau chaude. Elle avait envie de hurler chaque fois qu'il prenait ainsi parti contre elle, lorsque l'on s'immisçait dans les recoins les plus intimes de son existence.

Cette intrusion systématique du parti dans la vie privée des gens était l'un des piliers d'un processus essentiel, appelé "réforme de la pensée." Mao n'exigeait pas seulement une discipline rigoureuse, mais une soumission absolue de tous les esprits, grands ou petits. Toutes les semaines, les révolutionnaires devaient impérativement prendre part à une réunion dite "d'analyse de la pensée." Chaque participant passait publiquement en revue ses mauvaises pensées et les soumettait aux critiques des autres. Ces assemblées étaient généralement dominées par une poignée d'individus pharisaïques et mesquins qui abusaient de la situation pour donner libre cours à leur jalousie et à leur frustration ; quant aux communistes d'humble souche, ils en profitaient pour s'en prendre à leurs camarades d'origine bourgeoise. La révolution communiste étant par essence d'inspiration rurale, on partait du principe qu'il fallait réformer les gens afin qu'ils ressemblent davantage à des paysans. Ce système puisait toute sa force dans le sentiment de culpabilité des classes intellectuelles, conscientes d'avoir connu des conditions de vie préférentielles.

Ces réunions constituaient pour les communistes un remarquable instrument de contrôle : elles occupaient le peu de temps libre qu'il restait à chacun et supprimaient toute intimité. La mesquinerie qui y régnait se justifiait par le prétexte que décortiquer la vie de chacun garantissait une purification de l'âme. En réalité, cette étroitesse d'esprit était une caractéristique fondamentale d'une révolution qui glorifiait l'indiscrétion et l'ignorance, et qui s'appuyait sur la jalousie pour assurer son contrôle. Les deux camarades de cellule [= cellule communiste, cela va de soi, et non cellule dans une prison] de ma mère la harcelèrent ainsi pendant des mois, en l'astreignant à d'interminables autocritiques.

Elle n'avait pas d'autre solution que de se plier à ce douloureux exercice. La vie d'un révolutionnaire perdait tout son sens s'il était expulsé des rangs du parti. Il se retrouvait à peu près dans la même situation qu'un catholique excommunié. Quoi qu'il en soit, ces pressions faisaient partie de la norme. Mon père avait dû s'y soumettre et les avait acceptées comme un élément indissociable de la révolution ; il en subissait d'ailleurs toujours. Le parti n'avait jamais caché qu'il s'agissait d'un processus pénible ; mon père expliqua à ma mère que son angoisse n'avait rien d'anormal. ... [...]
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Annette55Annette55   23 avril 2019
« Les ouvriers et les paysans n’inquiétaient pas Mao.
Il ne doutait pas un seul instant de leur reconnaissance vis à vis des communistes qui leur avaient enfin permis de manger à leur fin et de stabiliser leur existence .
Il éprouvait par ailleurs à leur égard un mépris profond , estimant qu’ils n’avaient pas les capacités intellectuelles nécessaires pour défier son pouvoir .
En revanche, Mao s’était toujours méfié des intellectuels .
Ils avaient joué un rôle important en Hongrie, et ils étaient évidemment plus enclins que quiconque à juger par eux- mêmes . »
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FuyatingFuyating   17 octobre 2017
我回想着二十六年走过的路。我享受过特权,也遭受过磨难; 有过勇气, 也有过恐惧; 见过善良,忠诚, 也见过人性最丑陋的一面。在痛苦,毁灭和死亡之中,我更认清了爱及人类不可摧毁的求生存,追求幸福的能力。

Je passai en revue les vingt-six années que j’avais déjà vécues. J’avais connu des privilèges mais aussi la dénonciation, le courage comme la peur, la gentillesse, la loyauté autant que les aspects les plus méprisables de l’âme humaine. Malgré les souffrances, la destruction, la mort, j’avais découvert la force de l’amour et l’inébranlable aptitude de l’homme à survivre coûte que coûte et à rechercher le bonheur.
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grasshopersgrasshopers   02 juillet 2014
La philosophie de Mao n'était probablement qu'une extension de sa personnalité. Il me semblait qu'il était au fond, par nature, un insatiable générateur de conflits, fort habile qui plus est. Il avait un sens aigu des instincts humains les plus néfastes, tels la jalousie et la rancœur et savait s'en servir à ses propres fins. Il avait assis son pouvoir en poussant les gens à se haïr les uns les autres. Ce faisant il avait obtenu des Chinois qu'ils accomplissent un grand nombre de taches confiés ailleurs à des spécialistes. Mao avait réussi à faire du peuple l'arme suprême de sa dictature. Voilà pourquoi sous son règne, la Chine n'avait pas eu besoin d'un équivalent du KGB. En faisant valoir les pires travers de chacun, en les nourrissant de surcroît, il avait crée un vaste désert moral et une nation de haine.
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