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ISBN : 236569313X
Éditeur : Editions Les Escales (23/08/2018)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Changer la vie.
Trois mots pour s’inventer un destin. Trois mots que Françoise, fraîchement divorcée, a décidé de faire siens, elle qui, pour la première fois, a voté à gauche le 10 mai 1981.
Au 26, rue de Naples, un appartement ouvert aux quatre vents, Françoise tente de changer la vie – sa vie. Elle métamorphosera surtout celle de ses enfants en les plongeant dans un tourbillon
aussi fantasque que brutal. Tandis que son fils Laurent crée un gr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  26 octobre 2018
1981. le début des années Mitterrand, vues à travers une famille qui se désagrège, qui se disloque. C'est d'abord la mère, figure essentielle déjà dans le premier roman de l'auteur, qui apparaît. Françoise, habituée à un univers bourgeois protégé , se retrouve seule avec sa fille et son fils, dans le grand appartement quitté par son mari.Elle qui pour la première fois vote à gauche fait sienne la devise mitterrandienne " Changer la vie".
Elle bascule alors dans une vie bohème, recevant tous ces philosophes et artistes de gauche qui refont le monde à coups de mots, on sent une ironie entre les phrases face à ces hommes bien-pensants, qui se croient l'esprit novateur, au-dessus de la mêlée. Et Françoise voudrait trouver sa place dans ce monde inconnu, elle qui n'a pas fait d'études.
J'avoue que cette première partie ne m'a pas vraiment enthousiasmée, j'ai eu du mal à m'intéresser au sort de Françoise. Par contre, l'éclairage est mis ensuite sur Laurent, son fils, que l'on suit durant son adolescence, et là, je me suis attachée à lui, à ses flottements d'adolescent, livré un peu à lui-même, aux dangereuses amitiés qui penchent vers le côté sombre, celui de la drogue et des prises de risques.
C'est ce personnage qui a apporté une clarté particulière au récit, qui illumine de sa présence ces années d'espoir factice, d'illusions vite avortées. Laurent est émouvant, évolue, trace les contours de sa destinée , ouvre sa voie dans l'écriture. Et, rappel de " Avant que naisse la forêt ", cherche refuge et ressourcement dans la forêt et les arbres.
Mais si l'écriture est toujours très belle, je n'ai pas retrouvé l'atmosphère singulière et magique du premier roman. Il est vrai qu'il est difficile de se renouveler ensuite. Je suivrai en tout cas cet auteur , intéressant et prometteur.
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Nat_85
  07 décembre 2018
Publié en cette rentrée littéraire 2018 aux éditions Les Escales, " Les enfants de ma mère ", est le nouveau roman de Jérôme Chantreau, un témoignage de l'ère mitterrandienne, dans une famille dont les idéaux et les certitudes vont volés en éclats !
p. 33 : " - Il est vingt heures. François Mitterrand est élu président de la République. "
Françoise avait tout pour être heureuse : un mari qui gagne confortablement sa vie, deux beaux enfants - Nathalie et Laurent - et un bel appartement dans Paris. Elle s'est mariée très jeune, et a dû pour cela sacrifier ses études au profit du bien-être familial, comme il était souvent de rigueur à cette époque pour les femmes. Mais cette aisance financière et matérielle va s'envoler le jour où son mari l'invite au restaurant pour lui annoncer son intention de divorcer.
p. 59 : " Pendant l'année de son divorce, elle fuma beaucoup de Stuyvesant au menthol et réfléchit à son avenir."
Alors que sa fille Nathalie excelle dans sa scolarité, Laurent suscite bien plus de préoccupations chez Françoise. Plus timide et introverti, il passe le plus clair de son temps enfermé dans sa chambre. C'est finalement au collège qu'il va établir des liens avec d'autres garçons, abîmés par la vie.
D'une âme charitable, Françoise décide de prendre sous son aile une amie de Nathalie, en rupture familiale et scolaire, quelque peu marginalisée : Édurne. Mais toute sa bonne volonté ne pourra suffire à sauver cette adolescente, entraînant dans sa chute sa propre fille.
p. 131 : " Qu'est-ce qui lui avait pris de s'occuper du destin de cette fille ? Françoise se rappela les bouffées de satisfaction quand, les premiers jours, elle avait accueilli ce petit oiseau, quand elle avait senti qu'elle était en train de changer le destin de quelqu'un. "
Changer la vie, ce n'est semble-t-il pas une option accordée à tout un chacun...
p. 440 : " Elle avait cru, pendant dix ans, que changer la vie était possible. Elle s'apercevait que c'était la vie qui la changeait, la façonnait comme les falaises par l'érosion, et que les grandes illusions ne servent qu'à nourrir les grands regrets. "
Le zoom narratif se concentre au fil de la lecture sur le personnage de Laurent. A la fois attachant mais influençable, il a certainement hérité cette faiblesse de sa mère. Victor intègre la bande de copains. Empreint du désir de se mettre en danger, il va leur insuffler ce goût de plus en plus prononcé pour l'interdit.
p. 180 : " La compagnie de Victor donnait aux choses le goût métallique du danger [...] A partir de cet instant, chaque acte allait engendrer des conséquences, et aucune mère, aucun prof, aucun surveillant samouraï ne pourrait s'interposer entre eux et ce qu'ils allaient faire naître. "
Françoise ne peut concéder à voir la réalité, et malgré la mise en danger de son fils Laurent, continue d'ouvrir grandes les portes du 26 rue de Naples.
p. 151 : " L'envie était grande d'accueillir encore tous les gamins perdus. "
Très sensible et bien conscient de son entrée dans la vie d'adulte et de sa périlleuse descente aux enfers, Laurent se confie  à Édurne, écorchée de la vie elle aussi.
p. 342 : " - J'ai peur de sauter du train. Ça accélère tous les jours. Je n'ai plus un instant de bonheur. Plus rien de fluide. Avant, je savais exactement ce que je voulais, ce que j'aimais. Aujourd'hui, j'en ai plus aucune idée. "
A travers ces protagonistes, c'est également le reflet d'une société en mal d'espoir et d'ambition, prise dans une série de mouvements de protestation.
p. 251 : " La vie laborieuse érodait les gens comme une rouille. Elle abaissait les têtes et les espérances. "
Plus Laurent s'enfonce dans la noirceur de sa vie, plus Françoise se déleste aveuglément de ses responsabilités, avide de liberté.
Dans un Paris amputé de toute prétention et  sous haute tension, le lecteur est le témoin de cette  période politique et sociale délicate, dans laquelle les personnages évoluent au gré des épreuves. L'écriture est à la fois tragique et poétique. L'auteur nous embarque sur plusieurs décennies, sans perdre en intensité.
Lien : https://missbook85.wordpress..
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AudreyT
  25 octobre 2018
**,*
Françoise est une épouse, un mère et une femme au foyer. Quand, en 1981, elle décide de voter pour François Mitterrand, avec l'angoisse que quelqu'un l'apprenne, un autre changement intervient dans sa vie : son mari la quitte. Désormais maîtresse de sa vie, elle décide alors d'élever ses enfants dans l'appartement du 26 rue de Naples, à Paris, et de faire ce qu'elle veut. D'amants en amants, de projets artistiques en ballade sur la mer, elle est avide de liberté. Mais ce besoin d'espace et de lâcher prise se fait au détriment de sa présence auprès de ses propres enfants, Nathalie et Laurent...
Je ne connaissais pas l'écriture de Jérôme Chantreau, dont Les enfants de ma mère est le deuxième roman.
Il dépeint ici la vie d'une famille dans les années Mitterrand, pour qui la liberté n'a pas de prix. Si "changer de vie" est le slogan qui règne sur la France, il devient aussi celui de Françoise, mère de famille et jeune divorcée.
Tout au long des 480 pages, l'auteur dresse le portrait de cette femme pour qui la liberté est synonyme de lâcher prise, de perte de repères aussi et d'oubli de soi. laissant ses enfants à l'abandon, elle redevient la jeune fille qu'elle n'a pas pu être... Manquant de confiance en elle, Françoise croit être obligée de se cultiver auprès de personnes qui ne la respectent pas, confondant alors amitié et ignorance...
J'ai aimé l'écriture, fluide et enlevée, mais j'ai trouvé que le roman trainait parfois en longueur. Certains souvenirs ou anecdotes ne me semblaient pas à leur place, et je me suis souvent demander le sens que l'auteur a voulu leur donner.
Un grand merci aux 68, une fois encore, pour la découverte d'un roman riche et particulier...
Lien : https://lire-et-vous.fr/2018..
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sylvaine
  19 août 2018
Les enfants de ma mère Jérôme Chantreau Les Escales 23 août 2018.
Paris , mai 1981, 26 rue de Naples, VIII ème art de Paris. Une jeune femme Françoise va devoir changer de vie même si elle souhaite plus que tout" changer la vie "Une aisance financière qui lui permet de maintenir le train de vie auquel elle et ses deux enfants Nathalie et Laurent sont habitués. Est-ce ce dont elle rêve? Ivre de liberté elle se noie dans les bras de ses amants laissant ses jeunes enfants se débrouiller et devenir autonomes bien malgré eux. L'arrivée d'Eburne, une jeune adolescente en errance va venir bousculer la maison. de fil en aiguille, d'amant de passage en compagnon pérenne, de gamin en gamin , Françoise essaye de frayer son chemin. Mais ses enfants dans tout cela?
Jérôme Chantreau peint un tableau sans concession d'une famille "extraordinaire". Nathalie et Laurent arriveront ils à passer sans trop de dégâts à travers ces années de folie où liberté rime avec danger? Des gamins que l'on voit grandir, tenter, tester, se perdre et parfois se retrouver, une femme qui semble faire comme elle peut à défaut de faire ce qu'elle veut. Un monde qui a fasciné beaucoup , qui aurait pu en fasciner encore plus, un monde qui n'était pas, loin sans faut, celui de la majorité des parisiens de cette époque! . A chacun sa jeunesse, son chemin et ses souvenirs...
Je referme ce roman assez perplexe, l'écriture est plaisante et agréable mais ce texte aurait beaucoup gagné à être plus court. Une narration plus resserrée aurait me semble t'il apporté un dynamisme salutaire à l'ensemble mais bien sur ceci n'est que mon modeste avis .
Un grand merci aux Editions Les Escales pour ce partage via NetGalley
#LesEnfantsDeMaMère #NetGalleyFrance
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nilebeh
  11 septembre 2018
"L'ennui, c'est parfois tout près du bonheur"

Arrivée à la moitié de sa vie, Françoise s'aperçoit qu'elle a à peu près tout faux. Elle a quitté l'école en cinquième, s'est mariée dans la bonne bourgeoisie parisienne, celle qui pense et vote à droite, a eu deux enfants - Nathalie et Laurent - et habite le chic quartier Monceau à Paris, mais tout de même tout près des rues un peu plus populaires de ce huitième arrondissement, du côté de la place De Villiers.
Tout aurait continué dans la grisaille distinguée de ce contexte si n'était arrivé le 10 mai 1981 : une petite hésitation devant les bulletins de vote, le choix du rose et de son slogan prometteur : « Changer la vie ». Pour la première fois de sa vie, Françoise déroge à la règle de sa famille sociale et vote à gauche !
A partir de là, la vie change en effet : son mari la quitte (ça tombe bien, elle ne le supportait plus), elle se remet à la peinture, continue d'habiter au 26 rue de Naples mais l'ambiance y change, tous les samedis c'est table ouverte aux amis, artistes et bohèmes. Cela a un petit côté salon des grandes dames sous l'Ancien régime ! Et la chambre de bonne est disponible au huitième étage pour les ados en déshérence qu'elle rencontre, qu'elle aide, qui la roulent un peu aussi, peut-être...
Aujourd'hui, Françoise accueillerait des migrants et se ferait condamner pour complicité de séjour irrégulier...
De leur côté, ses enfants fréquentent un très chic collège catho du 8ème, où on accueille aussi un pourcentage honorable de juifs et de musulmans (il faut bien avoir l'air ouvert) et font l'apprentissage de la vie, entre conduites à risque, passion pour la musique et études plus ou moins suivies. Il y a là une petite bande sympathique et inquiétante à la fois, d'ados trop riches et/ou un peu border line . Et Françoise accueille tous ces « enfants » avec compréhension et bienveillance. Tout en essayant de devenir la femme qu'elle avait rêvé être.
C'est sympathique, amusant ou touchant, le tout sur play list faite de Lou Reed et de The Wall. Pour ma part, j'ai bien aimé l'évocation de ce collège privé hors contrat (et hors de prix aussi!) qui pratique la « Pédagogie absolue » avec son chantre, le très peu conformiste Max qui prône l'esprit critique et la réalisation de ses rêves. Facile certes mais sympa !
« Si vous voulez cracher à la gueule d'un type, disait-il en classe, veillez à vous situer au-dessus, sinon le crachat vous retombe en pleine poire » .
Et j'ai apprécié également le quartier de Villiers-Monceau, avec sa très commerçante rue de Lévis, son parc où les nounous africaines poussent les enfants de bonne famille dans leurs landaus et où je ne sais pas si on s'ennuie autant que les personnages de ce roman...Pour y passer de temps à autre, il me semble plutôt agréable.
Un deuxième roman agréable mais pas remarquable. Apparemment le premier (que je n'ai pas lu) avait davantage séduit les lecteurs.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Nat_85Nat_85   07 décembre 2018
Toute cette jeunesse lui apprenait une chose évidente, qui rayonnait dans la clarté du jour : il fallait s'engager pour les autres, oublier son ego, s'incorporer au grand mouvement de l'humanité en marche.
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hcdahlemhcdahlem   17 août 2018
« Pour un peu, elle aurait juré que la peur avait changé de côté. Au bout d'un moment, Il commença une sorte de discours sur un ton grandiloquent. Cela dura le temps d’une introduction emberlificotée, puis il peina à terminer ses phrases. Aux tables voisines, les clients du restaurant feignaient de ne pas les voir alors qu’il était évident qu’ils ne s’intéressaient qu’à leur conversation. Elle avait commandé une sole. Elle ne pourrait jamais plus manger de sole. Elle se demandait pourquoi il mentait, alors qu’il était là, de toute évidence, pour annoncer la vérité. Elle avait mal pour lui. Elle lui aurait bien mis les mots dans la bouche. Mais il arrive un moment où les femmes comprennent qu’il faut cesser d’infantiliser les hommes. Ce moment-là, c’est souvent le jour de la rupture. Françoise aurait pu, malgré tout, l’aider encore une fois, tant était puissant en elle le sentiment maternel. Prendre sur soi la douleur des autres. L’encaisser, pour qu'ils restent heureux et légers. Être encore une fois la femme, la mère, inépuisable et inconditionnelle. Elle sentit monter en elle une force inconnue. E1 cette impression nouvelle provoqua une poussée d’endorphine qui répandit dans tout son corps quelque chose qui ressemblait à du bonheur. C'était du bonheur. Elle faillit relancer la conversation, parce qu'à elle, les mots venaient tout seuls: Tu es un homme qui s’en va, un homme qui renverse tout en partant, se cogne contre les meubles, oublie ses affaires, revient penaud, ressort bêtement. Um homme, comme tous les hommes, qui rate sa sortie. »
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Olivia-AOlivia-A   08 septembre 2018
Une légende urbaine circulait dans Paris selon laquelle les vitres du métro réfléchissait l'image exacte de l'âme. En général, on ne réussissait à y voir qu'une tête de décavé, des cernes violets et des cheveux rebelles. L'âme en question était toujours froissée. A Paris, cet oracle avait de grandes chances d'être vrai.
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NadaelNadael   19 septembre 2018
« Pour le moment, il entrait en sixième, et c’était Nathalie qui se montrait la plus brillante à l’école. L’espérance des débuts avait fait place à une routine bien réglée qui ressemblait à une vie harmonieuse. Les années passaient avec une rapidité stupéfiante. Qu’est-ce qui fait passer la vie si vite? se demandait Françoise. L’ennui ou bien le bonheur? Est-ce d’avoir vécu quantité de choses ou de n’avoir rien vécu? Le plein ou le vide? »
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Olivia-AOlivia-A   08 septembre 2018
Parfois, Max s'arrêtait net. Il ne s'intéressait plus qu'à la beauté des choses, et puis aussi à leur laideur. Il avait fait un cours sur l'amour, en prenant son propre couple en exemple : c'était beau, d'abord, l'oubli des contingences, l'aveuglement lucide... Et puis tout s'était fini par la nouvelle qu'il était cocu. Laurent adorait ça, répondre aux questions métaphysiques par le physique, tout mélanger, tout le temps, ne rien prendre au sérieux. Ne rien croire. Max était un rebelle du quotidien sans idéologie, sans parti politique. Un homme que le moindre détail pouvait mettre en transe, qui voyait tout dans tout et qui professait pour les combats des hommes un inextinguible dégoût. Un délicat finalement. Un philosophe.
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