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ISBN : 237102001X
Éditeur : Lumen (06/03/2014)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 232 notes)
Résumé :
Toi ou ton double...
Un seul pourra survivre.


Dans la ville fortifiée de Kersh, avant d’atteindre son vingtième
anniversaire, chaque citoyen doit éliminer son Alter ego, un jumeau génétiquement identique, élevé dans une autre famille. Le compte à rebours se déclenche un beau matin, et chacun a trente petits jours pour affronter son autre moi.

West Grayer est fin prête. Elle a quinze ans, et s’entraîne depuis des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (104) Voir plus Ajouter une critique
Illion
  26 octobre 2014
On dit des films de Quentin Tarantino (puisque un magazine fait la comparaison, moi aussi) que soit on adore, soit on déteste. Ce livre je le déteste. Pas parce qu'il est mal fait, incohérent ou plein de fautes, mais parce qu'il représente tout ce qui me tape sur les nerfs quand je lis un livre et que je résumerais en deux points qui convergent l'un vers l'autre : la narration à la première personne et la banalité.
Je l'ai déjà dit dans une autre chronique (cf. Série des Flavia de Luce), voire même plusieurs mais quand je lis un livre j'ai en horreur la narration à la première personne, en particulier quand ça me paraît être utilisé dans un cadre purement conventionnel -et c'est le cas ici selon moi-. Alors "les goûts et les couleurs ça ne se discute pas" et je reconnais volontiers que c'est un ressenti purement personnel, vraisemblablement issu de mon expérience de gameuse : étant une vraie buse cosmique aux jeux à la première personne (FPS en tête) je préfère ceux avec une caméra isométrique (type The Witcher ou les MMORPGs). Mais ce que je déplore ici, au-delà de mon goût propre, c'est un manque cruel d'originalité. Un récit avec une gamine de 16 ans comme héroïne peut marcher avec une narration à la troisième personne, comme un récit historique peut fonctionner en étant à la première. L'un n'empêche pas l'autre.
Le livre appartient au genre de la dystopie/contre-utopie*. Je sais que chaque genre a ses codes et conventions plus ou moins tacites et utilisés par tous mais le génie d'un auteur c'est aussi de transcender ces codes par la rupture, l'innovation ou la réactualisation. Là, bien que je reconnaisse ne pas l'avoir lu, j'ai l'impression d'avoir un énième Hunger Game avec juste un changement de décor et de nom. Rendez-vous compte : un monde plus ou moins post-apocalyptique/rongé par une guerre entraîne la civilisation humaine a radicalement repenser son mode de fonctionnement en créant une sorte d'épreuve où des adolescents doivent s'entretuer et dont le héros est une fille de 15/16 ans entraînée plus ou moins malgré elle, le tout chapeauté par un Conseil de "sages". ça ne vous rappelle rien ? Dualed ainsi que The Testing sont conçus sur ce scénario de base. Comme par hasard la narration est toujours à la première personne. Aldous Huxley ou Ray Bradbury ont créé des chefs-d'oeuvre du genre sans utiliser ce schéma, c'est donc possible de faire original !
C'est peut-être à la mode, et très certainement que la traduction perd beaucoup par rapport à l'anglais (parce que le côté "frénétique et imprévisible" moi je l'ai pas vu hein...), mais dès les premières lignes je suis sortie de mes gonds et j'ai eu envie de jeter le livre. Encore une fois le genre ne convient probablement pas à mes goûts mais les thrillers j'aime bien et la quatrième de couverture dit que s'en est un. Excusez du peu mais dès la première page, en faisant le lien avec ce que je savais d'Hunger Game et avec ma lecture de The Testing, je connaissais non seulement la fin du livre mais aussi -à peu près- son déroulement et les états d'âme de West Grayer. ET JE M'EN FICHE DE SES ETATS D'ÂME !!!! Qu'en ai-je à faire des émois balbutiants d'une gamine de 15 ans, obligée de tuer pour survivre, amoureuse de son ami d'enfance (encore une constante...) mais qui ne s'assume pas? Je veux le thriller moi ! le côté "frénétique et imprévisible" !!! Au lieu de ça j'ai un vague fond d'action ultra-violent et sanglant et beaucoup de mièvreries et d'hésitations.... J'ai peur pour la suite T_T.
En dehors de ça, techniquement le livre est bien fait et je n'ai pas grand chose à lui reprocher (si ce n'est que j'ai sué pour le finir...). J'avoue que j'adhère même plutôt bien avec la thématique développée qui, selon moi, pose la question de l'état d'adulte. Bien que présenté d'une manière extrême avec une société divisée en deux - d'un côté les adultes privilégiés et de l'autre les adolescents discriminés-, Elsie Chapman présente le passage de l'enfance à l'âge adulte d'un point de vue intéressant et dont on peut tirer plusieurs interprétations.
Voici la situation :
- de 0 à 20 ans, les individus sont "inactifs"
- entre 10 et 20 ans, ils sont "activés" et ont un mois à partir de l'activation pour tuer leur Alt/Jumeau Génétique. L'activation peut intervenir n'importe quand dans cette fourchette de 10 ans, parfois très tôt (le Professeur Baer à 10 ans), parfois très tard (un autre personnage à presque 20 ans). Au terme des 30 jours, si aucun des deux individus n'a tué l'autre, ils meurent tous les deux.
- après l'activation (selon l'âge), les individus ayant réussi à éliminer leur Alt deviennent des "accomplis". Les accomplis ont un boulot mieux payé (même si adolescents), le droit à de la vraie nourriture (par exemple une salade César avec du poulet et non pas du pigeon), la possibilité de poursuivre leurs études, de se marier, de faire des enfants etc...
Ce que le livre traite comme une discrimination est le reflet même de la réalité : un adolescent réfléchit rarement à ce qu'il veut faire "après", le mariage et les enfants ne sont que des mots situés dans un avenir vaguement lointain, et la nourriture... Si on les laissait faire les adolescents mangeraient n'importe quoi non ? ^^' -ne sais pas-. La réalité c'est que tout le monde est d'accord pour admettre que l'adolescence est une période charnière entre le monde des adultes et celui des enfants. Mais ce n'est pas nécessairement une question d'âge comme l'indique la fourchette plutôt large de 10 ans. Je crois que l'âge adulte est plus un état d'esprit (tout du moins ça semble présenté ainsi) : selon le parcours et les circonstances de la vie, certains l'atteigne très tôt, d'autres très tard. Ce n'est pas une erreur, juste la nature car tout le monde est différente et réagit différemment aux évènements. Mais Elsie Chapman va plus loin en nous disant ce à quoi correspond ce changement d'état d'esprit : chaque individu de Kersh a un Alt**, un jumeau génétique, et ne devient "accompli" (comprenez adulte) seulement quand il l'a éliminé. le récit fait dans la violence et le sanglant, mais qu'importe l'idée est la même. Passer à l'âge adulte, c'est se traquer, se trouver et se vaincre soi-même pour se libérer des peurs de l'enfance, avancer et envisager une vie en en acceptant toutes les conséquences et les responsabilités : faire des études pour trouver un bon travail pour pouvoir acheter une maison, manger à sa faim et élever des enfants. Si on prend le "schéma classique". Et donc ceux qui n'y parviendrait pas sont condamné à s'auto-détruire, comme les individus incapables de trouver et de tuer leur Alt dans le temps imparti. le livre rend compte aussi d'une autre réalité à travers la description des différents quartier de Kersh : au-delà du fait que même les utopies semblent avoir leurs riches et leurs pauvres, nous sommes tous plus ou moins bien préparés à affronter notre Alt selon l'environnement dans lequel nous vivons. Parfois on part désavantagé la vie, parfois sur-préparés. le résultat est le même : nous aurons tous à mener ce combat.
En résumé, je déteste ce livre pour ce qu'il est à savoir une énième dystopie mettant en scène une adolescente devant survivre à un "jeu de massacre" géant. ça ne m'empêche pas d'apprécier le message très instructif caché derrière les lignes. J'attends autant que je redoute Divided, que je dois lire après et où je risque de retrouver les mêmes "défauts"...
*Le terme utopie vient du grec u- (préfixe de négation) et topos (le lieu, l'endroit), désignant clairement un "non-lieu" i.e un endroit qui n'existe pas. Thomas Moore créa le genre littéraire à la Renaissance avec son livre justement intitulé Utopia et décrivant une société parfaite, juste et égalitaire pour tous. Les utopies narrent donc des histoires dans des cités/civilisations idéales. de même que les dystopies et contre-utopies, bien que dans des registres différents, même si, en général, on utilise un mot pour l'autre. La contre-utopie désigne plutôt une utopie qui sombre et s'effondre dans sa propre dépravation du fait de la corruption de la pensée originelle (j'y range les 1984, Fahrenheit 451 et autres Meilleur des mondes). La dystopie, elle, se fonde sur une utopie basée sur la violence et naissant des cendres de l'ancien monde plutôt que d'une pensée idéale (Hunger Games, The Testing, Divergent -à priori car je ne l'ai pas lu- et bien sûr Dualed)
**Pour "alter-ego" du latin signifiant "autre-moi"
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Aelynah
  27 mars 2014
Mon avis:

Kersh, ville fortifiée où se côtoient les futurs activés et les Accomplis. Deux statuts, deux vies totalement différentes, deux avenirs différents.
Avant leurs 20 ans chaque adolescent dit « inactif » va devoir se débarrasser de son double, son jumeau "maléfique" si on peut dire afin de gagner le droit de vivre SA vie, de trouver un emploi, d'aimer, se marier et faire des enfants. Au moment fatidique où ils sont activés, ils ont 31 jours pour éliminer leur jumeau sous peine d'être désactivés définitivement tous les deux grâce à un minuteur génétique implanté dans leurs yeux. Désactivés donc morts.
West et Luc viennent d'enterrer leur père et leur meilleur ami Chord a depuis peu fait le deuil de son frère tué par son Alt. L'ambiance n'est donc pas à la fête pour eux lorsqu'ils apprennent que Chord vient d'être activé.
West a 15 ans, elle commence seulement l'entraînement qui se déroule sur les 5 années suivantes pour se préparer physiquement et mentalement à tuer son jumeau. C'est donc un choc pour elle de voir que si tôt après avoir activé son frère, Chord l'est lui aussi.
Elle est inquiète, trop de morts ont émaillé leur vie pour qu'ils se sentent sereins. Luc et elle se sont fait la promesse de tout faire pour gagner mais que fera Chord qui semble au bout du rouleau? Luc et elle décident donc de l'appuyer.
Alors quand les événements se précipitent, que de nouveau la mort s'invite dans leur parage, West prend une grande décision qui va changer son avenir, pour protéger les autres, pour elle aussi. Elle va devenir chasseuse.

Lorsque j'ai lu le résumé la première fois je me suis dit "je veux le lire". Alors quand grâce au Boudoir Ecarlate j'ai eu cette opportunité, je me suis jetée dessus. Hâte enfin de l'avoir dans mes mains et de le découvrir.
Cependant entre ces deux moments j'ai eu l'occasion d'en entendre quelques échos mitigés et mon enthousiasme s'il n'en a pas été douché, a cependant eu une petite baisse de forme. Qu'à cela ne tienne! Je me suis donc lancée dedans pour me faire ma propre idée.
Les premiers chapitres passants, je me suis sentie à l'aise avec l'écriture d'Elsie Chapman. Elle reste simple, directe et nous permet de facilement nous mettre dans l'ambiance.
Le sujet est précis, le jeune activé doit retrouver son double et l'éliminer de n'importe quel manière et ce en moins de 31 jours sinon c'est la mort pour les deux. Bien entendu comme dans toute civilisation nouvelle l'auteur nous explique pourquoi Kersh en est arrivée à cette extrémité et nous situe la position du Conseil qui décide.
On a l'occasion au fil de la lecture de découvrir que comme dans tout gouvernement, celui-ci a ses réfractaires ou ses opposants. Certains ont décidé de devenir chasseurs, tels des chasseurs de prime ils exécutent des contrats pour des individus qui ont décidé de tricher et de ne pas s'opposer eux-mêmes à leurs Alts.
West a décidé de devenir l'une d'entre eux et au départ on comprend ses raisons même si sa décision me paraît peut être un peu extrémiste. Comment peut-on croire que l'on va protéger ses proches en devenant hors-la-loi ?
Elle n'a que 15 ans et a vu déjà la mort frapper trop souvent autour d'elle c'est pourquoi j'ai du mal à comprendre qu'elle choisisse cette voie remplie encore et toujours de sang et d'horreur.
Surtout que déjà dès son plus jeune âge elle se posait des questions que ne se posaient pas les autres sur les différentes façons de voir les choses : comme elle le dit elle-même « l'Accomplissement c'est avant tout un Alt qui doit mourir, ou c'est plutôt un Alt qui parvient à survivre ? ». Rien que cette phrase anodine au début du roman nous laisse présager ou espérer une prise de conscience de la part de notre héroïne.

Les chapitres se suivent et parfois on pense qu'il se ressemble. West semble fuir et pourtant on sait que ce n'est pas son Alt à qui elle veut échapper mais à un sentiment de culpabilité d'être en vie là où tant d'autres ne sont plus. Elle se sent coupable aussi vis-à-vis de Chord, coupable de l'avoir détesté un instant pour la perte d'un être cher. On ressent bien que son rejet est plus un refus de reconnaître ses sentiments à cause de son activation que le sentiment de le protéger ainsi en ne l'ayant pas dans ses parages. Chord a prouvé qu'il était capable de se débrouiller seul et va continuer à le faire en la suivant à son insu. C'est elle qui n'y arrive plus dès qu'il s'agit d'elle-même et non d'un contrat.
West mûrit au fil des pages qui se tournent. Nous partageons ses réflexions et ses inquiétudes et notre fébrilité s'accroît de façon inversement proportionnelle au nombre de pages qu'il reste à lire. J'ai eu peur un instant de trouver le temps long, d'y trouver des temps morts qui n'étaient dus qu'à mon impatience. J'ai alors repris ma lecture et lorsque j'ai relevé la tête, je l'avais terminé sans voir le temps passé.
Vous connaissez ce sentiment lorsque vous savez que quelque chose doit arriver sans savoir réellement quand ? Cette incertitude, ce noeud dans l'estomac au pire qui vous rend fébrile et vous fait tourner les pages en tremblant d'anticipation. Parfois au détour de la page suivante cela va mieux car l'action est apparue ou d'autres vous continuez à vous enfoncer dans cet état fiévreux jusqu'au dénouement, telle la délivrance d'un accouchement ou les résultats reçus d'un examen. Voilà en gros comment je me suis sentie sur une bonne partie de ce livre.
West a su m'entraîner dans sa course effrénée vers son but, sa survie. Je me suis retrouvée à faire partie de ses bagages au même titre que ses couteaux ou son sac. Les événements se sont accélérés, ses pensées ont évoluées et ses sentiments envers le monde aussi.
Et moi j'ai commencé à frémir d'impatience et d'anticipation voyant s'approcher la fin du délai imparti. Comment vont-elles se retrouver ? Qui trouvera l'autre d'abord ?
Lorsqu'à plusieurs reprises nous avons l'occasion d'entendre parler de son Alt et de sa famille, le doute nous assaille. Mérite-t-elle de mourir ? Nous vivons le roman par les yeux de West mais nous aurions pu tout aussi bien être de l'autre côté. Qui alors aurions nous voulu voir triompher ?
Elsie Chapman a su nous impliquer dans son monde de telle façon que nous souhaitions voir mourir l'autre pour la survie de West. Lorsque nous relevons la tête de ce livre c'est pour mieux nous interroger sur son système et apprécier le notre quoiqu'imparfait.
Elle nous fait découvrir aussi le décor, les quatre zones de Kersh au hasard des missions ou de la fuite de West. Chacune avec ses spécificités et ses inégalités comparées aux autres. Là encore, l'argent permet aux Alts les mieux lotis de se débarrasser de leur activation sans se salir les mains, en engageant un chasseur pour faire le sale boulot. On peut donc se demander où est la règle d'origine de ne faire survivre que les meilleurs guerriers dans le cas où Kersh devrait se défendre de l'extérieur. Que fait alors ce Conseil qui laisse ces inégalités se dérouler en toute impunité car ils n'ont peut être pas les moyens de lutter contre ?
Dans les gens que va côtoyer ou croiser West au cours de ces 31 jours, on voit bien et elle aussi, qu'à vivre ensuite serein certains Accomplis s'amollissent ou n'ont plus ou pas cette vocation d'être le meilleur. Ils ont passé les premières années de leur adolescence à attendre l'activation pour gagner leur place dans ce système, puis une fois cette épée de Damoclès disparue certains ont oublié par distanciation ou par réflexe protecteur ce qui les a amené à tuer leur prochain. Vivre toute sa vie avec le sentiment que l'on doit cette vie à un meurtre ne doit pas être évident et pourtant les Accomplis semblent pour la plupart s'en contrefichent. Cela m'a troublée et m'a fait apprécier d'autant plus West et Chord qui semblaient avoir une conscience.
En conclusion, ce n'est peut être pas un coup de coeur mais un très bon moment de lecture que je recommande. L'écriture est belle et l'action nous transporte dans Kersh au même titre que West.

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orbe
  12 mars 2014
Chord vient d'être activé. Il a un mois pour tuer son double ou être tué. West et son frère Luke n'accepte pas l'absence de réaction de leur ami et décide de l'accompagner. Mais rien ne se passe comme espéré et West en ressort avec encore plus de doute. Comment peut-elle préparer au mieux son propre accomplissement alors même qu'elle perd peu à peu tous êtres qui lui sont chers ?
Cette épreuve, mise en place par le Conseil afin de permettre que seuls les meilleurs survivent est en réalité faussée. Les jeunes des quartiers riches ont un taux de survie plus important et ils peuvent même parfois acheter les services d'un chasseur... Mais si les données sur son "Alt" (son double) sont disponibles lors de l'activation, West va faire des choix pour le moins... surprenants !
Un roman d'action et de suspense ou l'aventure alterne avec des réflexions sur nos choix de vie et sur notre volonté à habiter notre existence, à accepter ou influer sur le destin. On y parle aussi d'amitié, d'entraide et d'amour même si le thème principal reste la survie. Notre héroïne doute et c'est ce qui fait son humanité en dépit des règles terribles de cette société où il faut mériter sa place avec des critères pour le moins faussés. Un excellent thriller. A lire (à partir de 14 ans).

Lien : http://cdilumiere.over-blog...
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Colibrille
  31 mai 2016
Alors que le pitch avait l'air plutôt alléchant, je n'ai finalement pas du tout accroché à l'intrigue de "Dualed", pas plus qu'à ses personnages ou à l'écriture de l'auteure.
L'univers d'Elsie Chapman, surfant sur la vague des dystopies, est plutôt original mais ne convint pas totalement. La société et le système d'Alts sur lesquels l'auteure base son intrigue ne sont finalement que peu développés et exploités. Pour moi, l'intérêt d'un roman dystopique est de nous faire réagir sur une société qui a basculé dans une forme de dictature, de nous rappeler l'importance de la lutte pour un système égalitaire et bienveillant. Je trouve que le genre dystopique possède une sorte de noblesse dans le sens où il nous amène à méditer sur notre société, ses acquis et les inégalités qui persistent au fil des siècles. Dans "Dualed", l'aspect dystopique est pour ainsi dire anecdotique. Il ne sert qu'à justifier le combat de West et son Alt, et ça s'arrête là. Sans vouloir être dure, j'ai déjà lu bien mieux que "Dualed" dans le genre de la dystopie...
Qui plus est, l'auteure est un peu chiche sur les descriptions, ce qui fait que j'ai eu du mal à me représenter les "décors", les lieux dans lesquels l'action se déroule. Je ne me suis pas sentie immergée dans l'univers de "Dualed".
Si l'univers d'Elsie Chapman ne m'a pas convaincu, ses personnages encore moins. Pour être honnête, j'ai même fini par prendre en grippe le personnage féminin principal, j'ai nommé West... Dès le début, le comportement de cette dernière m'a agacé. Elle se la joue solitaire et rebelle alors qu'elle est incapable de se débrouiller seule et s'apitoie sur son sort. Je m'attendais à ce que suite à son activation, elle finisse par remette en cause le système d'Alts. Mais non, on pourrait même dire qu'elle contribue à renforcer le système puisqu'elle devient chasseur d'Alts.
D'ailleurs, d'un point de vue moral, je trouve son personnage douteux. Elle m'a inspiré un peu de mépris. Si elle intègre le clan des chasseurs, ce n'est même pas pour enrailler la "jolie" mécanique du gouvernement, c'est seulement pour s'entraîner et être sûre de ne pas louper son Alt... Sympa, la nana. D'accord, ils sont "conditionnés" à tuer leur Alt mais quand même. Alors que West a du mal à envisager la possibilité de tuer son Alt, elle n'a en revanche aucun scrupule à tuer d'autres personnes qui, contrairement à son Alt, ne menacent pas sa vie. Bref, je n'ai pas trouvé cela cohérent.
Comme dans beaucoup de romans dystopiques, l'auteure a souhaité intégrer une romance à son intrigue. Hélas, une romance tellement mièvre et prévisible que ça en devient pathétique. West et Chord, c'est le genre "je t'aime moi non plus". Sauf que ça, ça va pendant un ou deux chapitres mais pas pendant tout le bouquin. Surtout que l'on sait pertinemment comment ça va se finir entre eux.
Sur le plan purement narratif, j'ai là aussi été déçue. Comme pas mal de lecteurs, je m'attendais à ce que l'auteure nous propose une double narration où nous aurions tour à tour les pensées de West et de son Alt. Ce n'est hélas pas le cas dans le roman, et c'est bien dommage. Je trouve qu'une double narration aurait apporté de la profondeur à l'intrigue et aurait complexifié (dans le bon sens du terme) la relation entre West et son Alt.

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Saiwhisper
  14 août 2017
J'ai craqué pour cet ouvrage dont la couverture m'intriguait… Je m'attendais à de la bonne dystopie avec un rythme haletant, des combats et beaucoup d'action. Malheureusement, j'en ressors assez partagée : l'ensemble m'a plu, cependant il y a aussi de nombreux éléments qui m'ont agacée, à commencer par l'univers. Comme dans toute dystopie, les Hommes ont repensé leur mode de vie et leur fonctionnement. Ici, les citoyens ont des doubles génétiquement conçus et doivent s'entretuer entre 10 et 20 ans, lorsque le gouvernement le leur dicte… Je n'ai pas forcément bloqué sur le concept qui est un choix de l'auteure plutôt original : ce qui m'a dérangée, c'est que personne ne se révolte ! Dans « Hunger Games », les jeunes lâchés dans l'arène finissent par avoir envie de changement grâce à Katniss Everdeen… Ensuite, les adultes suivent et s'insurgent à leur tour. Dans cet univers, personne n'agit ! Imaginez : on a tué votre mère par accident. Ce n'est pas grave, c'est un dommage collatéral, vous vous y ferez, c'est ainsi. Votre frère est mort lors de l'activation? Tant pis pour lui : il ne méritait pas de vivre, car il était trop faible. Il y a une sorte de résignation qui m'a hérissé le poil ! Je ne comprends pas que tout le monde accepte ce système. Pour les non-actifs, je peux le concevoir car, comme dans « Battle Royale » avec le collier explosif, une technologie est greffée dans leur oeil et peut imploser si les sujets n'ont pas exterminé leur Alter ego (Alt) avant le temps imparti… Sauf qu'une fois le meurtre du double effectué, l'objet disparait ! Alors pourquoi les Accomplis n'agissent-ils pas ensuite ? Ils sont simplement soulagés d'avoir survécu. Pourquoi accepter que leur enfant doive subir la même chose qu'eux ? N'aiment-ils pas assez leur progéniture pour leur souhaiter un monde meilleur ? Sont-ils trop lâches ou résignés ? Et à quoi sert le Conseil s'il ferme les yeux sur tous les chasseurs (des personnes employées pour tuer les Alt des autres) ? On en rencontre plusieurs dans l'intrigue. C'est à croire que n'importe qui peut devenir un tueur à gages et que, malgré les rumeurs, cela n'est pas puni… J'ignore si ces éléments vont se développer dans le second tome, toutefois cela m'a gênée ici, car je trouvais que l'univers avait un fort potentiel.
West est une jeune femme assez classique : elle n'a pas sa langue dans sa poche, veut protéger ceux qu'elle aime et a un fort caractère. En temps normal, c'est tout à fait le type d'héroïne qui me plait ! Hélas, elle a surtout un tempérament changeant et lunatique. À croire qu'elle ne sait jamais ce qu'elle veut ou ce qu'il est mieux de faire. C'est pénible ! À de nombreuses reprises, elle va effectuer des choix contradictoires, voire complètement incohérents ! Alors qu'elle a tout pour paraître badass ou pour se montrer humaine et attachante, elle va préférer opter pour la fuite et pour devenir une chasseuse alors qu'elle n'ose même pas tuer son propre Alt. Elsie Chapman va fortement insister sur ses doutes, ses prises de conscience et ses états d'âme… N'ayant pas réussi à m'attacher à West à cause de ses choix et de son caractère, cela m'a plus énervée qu'autre chose. C'est bien dommage, car cette demoiselle avait tout pour me plaire… À l'inverse, son ami Chord m'est paru comme très gentil, loyal, têtu, courageux et intéressant. Malgré tous les mensonges et les crasses que lui fait son amie d'enfance, il s'accroche et fait tout son possible pour veiller sur elle. Tout ça pour quoi ? Une énième trahison et de la déception… West a de la chance qu'il l'apprécie autant, parce que la plupart des gens aurait laissé tomber.
Le rythme est en dents de scie : certains chapitres sont prenants, tandis que d'autres sont lents et ne servent qu'à développer les idées noires fourmillant dans la tête de West. le fait que cette dernière erre sans agir et préfère fuir n'aide pas. En revanche, le dernier quart est bien rythmé et haletant. C'est presque un soulagement, car on attendait la confrontation depuis trop longtemps ! Certes, l'intrigue est plutôt plaisante, mais elle met trop de temps à décoller. En tout cas, j'ai laissé un ongle dans les cent dernières pages tant j'étais prise par l'avancée… Là, j'ai vraiment senti le côté thriller ! J'ai enfin été convaincue par l'héroïne qui, bien que naïve, a enfin su prendre son courage à deux mains. J'ai également apprécié le dernier chapitre mettant en scène Baer, un professeur de maniement d'armes dont l'entrée fracassante m'avait plu, mais qui avait disparu aussitôt ! C'est plutôt prometteur pour la suite… Cet ouvrage est donc une oeuvre avec du potentiel qui souffre de quelques défauts qui peuvent être rédhibitoires pour certains lecteurs habitués au genre (en particulier l'absence de remise en cause du système). Malgré mon ressenti mitigé, je n'exclue pas ma potentielle lecture de la suite un jour…

Lien : https://lespagesquitournent...
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orbeorbe   08 mars 2014
Se combattre soi-même et trouver malgré tout le moyen de l'emporter, c'est le plus grand défi qu'un soldat puisse relever.
Baer range l'ouvrage et saisit "Au fil du temps : l'origine des Alts".
- Foutaises
"Combattre son Alt avec le cœur et l'esprit".
- Baratin holistique.
Son discours est absolument déplacé, et pourtant je sens un fou rire s'emparer de moi.
"Par-delà le Conseil : la mission analysée".
- Ramassis de sornettes. Il ne faut pas me lancer sur le sujet...
Un cri, suivi de bruits de pas, retentit dans la salle. Ils se dirigent si rapidement vers nous que nous n'allons pas pouvoir les éviter. C'est une mission en cours de finalisation.
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orbeorbe   09 mars 2014
Il paraît que quand votre tour finit par arriver, c'est comme si le monde s'assombrissait, comme si toutes les lumières s'éteignaient d'un coup. Il paraît que soudain, on n'arrive plus à respirer, on a l'impression de mourir déjà. Il paraît qu'on est paralysé, qu'on ne veut pas faire face - ni attaquer, ni se cacher, juste essayer d'ignorer l'inévitable.
C'est ce qu'on dit. Mais c'est faux.
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SempiternelleSempiternelle   16 juillet 2014
Le pistolet de Luc -mon pistolet- propre et paré pour sa prochaine mission. A côté se trouve le vieil étui à couteaux d'Aave où je range maintenant ma propre collection de lames. Rien d'extravagant, mais c'est plus que suffisant.
Je ne suis pas encore aussi douée avec un couteau que l'étaient mes frères -surtout Aave, le meilleur de sa classe. Cependant je progresse, je deviens plus forte. Ma lame n'hésite plus, mon poignet ne s'ankylose plus. Les années d'entraînement aux côtés de mes frères, additionnées à mon travail de chasseuse, n'ont eu qu'un seul but : me préparer à une épreuve qui ne va pas durer plus de deux ou trois secondes.
Seule mon aptitude au lancer laisse à désirer. C'est mon seul point faible, ce à quoi la nature a décidé que je devrais travailler d'arrache-pied pour atteindre un niveau à peine convenable.
Je dépose l'étui dans mon sac, un cran d'arrêt dans chacune de mes poches et le pistolet dans la dernière. Ce sont eux qui vont me garder en vie. Pas la nourriture, pas les vêtements, pas l'argent. A quel point ces objets me seront-ils utiles, quand je la verrai ? Quand elle me verra ?
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Lizzie-oneLizzie-one   11 juin 2014
Je me trouve dans la rue où j'ai atterri après avoir rempli mon contrat et m'être glissée par la fenêtre des toilettes d'une librairie, quand je l'aperçois pour la première fois.
Je pensais que l'effet serait le même que de se regarder dans un miroir, mais en fait non. Pas exactement. La différence est aussi infime que celle qui existe entre votre propre reflet et la façon dont les autres vous perçoivent - votre visage est inversé, donc aucun des deux points de vue n'est le bon. Quand je la vois, tout ce à quoi je pense c'est : Alors c'est ainsi que les autres me voient?
Un nez légèrement retroussé. Des yeux bruns, presque noirs, en amande. Même couleur de peau que moi, mélange de plusieurs nuances. Même cheveux également, quoique beaucoup plus longs que les miens.
D'un noir de geai, raides comme une cascade, et qui, telle une aile de corbeau, dissimulent un oeil.
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OdlagOdlag   08 octobre 2014
Je veux croire que je peux dompter mes cauchemars, ceux qui reviennent à la nuit tombée et se font à peine discrets en plein jour. Mais ce n'est pas tout. Il y a aussi Chord, dont la proximité m'effraie. Mon Alt... une balle perdue... si je le perdais lui aussi, je serais anéantie.
Je suis égoïste. Assez égoïste pour nous deux. Devenir une chasseuse comblera le vide qui s'est installé dans ma poitrine, m'empêchera de devenir dingue. Et me rendra assez forte pour survivre.
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Le chasseur est désormais la proie ! Action en pagaille et rebondissements saisissants : les masques tombent enfin dans la suite de Dualed, le thriller dystopique haletant d?Elsie Chapman.
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